Charbon Colorant Alimentaire : Dangers et Alternatives

Les industriels semblent raffoler des colorants alimentaires et pour cause, ils en ajoutent partout, des pâtes aux biscuits, en passant par les plats cuisinés ou la pâte à modeler. Habilement déguisés sous des appellations chiffrées, les E100 à E199 & co ne devraient pas tarder à se faire démasquer par le grand public. Car avec le retour du naturel, ces additifs chimiques sont maintenant connus de tous, ou presque. Alors, par quoi et comment remplacer les colorants industriels ?

Les additifs alimentaires sont des produits ajoutés aux denrées alimentaires commerciales (notamment aliments industriels) destinés à l'alimentation humaine et/ou animale. Pour les animaux, on parle en Europe d'« additifs zootechniques », qui comprennent notamment le groupe fonctionnel des « améliorateurs de digestibilité ». Il peut s'agir de produits d'origine naturelle, ou de produits chimiques de synthèse. Plus de 300 additifs alimentaires sont autorisés dans l’Union européenne.

Les additifs alimentaires définis à l'origine par la directive 89/107/CEE de l'Union Européenne, du 18 septembre 1989 établissant les catégories dans son annexe I et par la directive 95/2/CE concernant les additifs alimentaires autres que les colorants et les édulcorants, a inspiré le Codex Alimentarius. Tous font l’objet d’une évaluation de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Pourtant, des publications scientifiques jettent régulièrement le doute sur certains d’entre eux. Tous les additifs autorisés ne sont donc pas forcément à mettre dans le même panier. Mais comment faire le tri ?

La Commission du Codex Alimentarius élabore aussi des normes et des lignes directrices applicables à l’étiquetage alimentaire. Ces normes sont mises en œuvre dans la plupart des pays et les producteurs d’aliments sont obligés d’indiquer quels additifs sont présents dans leurs produits. Dans l’Union européenne par exemple il existe une législation régissant l’étiquetage des additifs alimentaires conformément à un ensemble prédéfini de codes commençant par la lettre E.

Le Charbon Colorant Alimentaire (E153)

L'étude sur la carcinogénicité de ce colorant noir naturel est rattachée à sa teneur en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) parmi lesquels figure le benzoapyrène, un cancérogène avéré (groupe 1 selon la classification du Centre international de recherche sur le cancer). Compte tenu de la très faible exposition au benzoapyrène via la consommation du colorant E153, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) conclut qu'il ne s'agit pas là d'un point critique. Cette analyse repose aussi sur l'historique de l'usage du charbon végétal comme substance médicinale non absorbée au niveau du tractus gastro-intestinal.

Néanmoins, si l’utilisation de colorants est interdite dans le pain (et pas uniquement dans le pain de tradition française), cela ne signifie pas que la coloration du pain est interdite : la coloration du pain peut se réaliser par le biais d’un ingrédient (et non d’un colorant).

Le charbon actif végétal est reconnu depuis l’Antiquité pour favoriser la digestion et détoxifier l'organisme .

Le charbon actif peut être obtenu par carbonisation de différentes matières végétales : bois, coques de noix de coco, coques de cacahuètes, noyaux d’olive, etc.

Le charbon actif à usage interne est produit tout autour de la planète, majoritairement en Asie. Il est fabriqué dans de nombreux pays. Le principal pays producteur est la Chine, suivie par l’Inde. De nombreux charbons naturels sont fabriqués en Europe, dont une petite partie en France.

Sa fabrication se fait en deux temps. Tout d'abord, la matière première est calcinée ou carbonisée à haute température. Puis, grâce à une carbonisation réalisée avec de l’eau et de l’air, on l'active. Cette étape transforme le charbon en y créant des millions d’alvéoles microscopiques.

Le charbon actif présente une surface d'absorption incroyable : 1 cm³ de charbon activé = 1 km² de surface d'absorption. 5 g de charbon représentent 500 millions de pores.

Différentes qualités de charbon activé existent sur le marché des compléments alimentaires . La matière première utilisée et le mode de fabrication influencent la capacité d’adsorption du produit.

Le charbon actif est composé à 100% de sa matière première et peut donc être certifié bio . Aucun produit n'a besoin d'être ajouté durant sa fabrication.

En cosmétiques, il permet d’adsorber les toxines et donc de nettoyer la peau en profondeur en éliminant les impuretés.

En raison du manque d'études sur le sujet, le charbon végétal est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu'aux nourrissons et aux enfants de moins de six ans.

Le principal danger du charbon actif est lié au fait qu’il diminue drastiquement l'efficacité de nombreux médicaments. Une étude a mis en évidence que la prise de charbon avec un antibiotique diminue de 99% la concentration fécale de l’antibiotique.

C’est pourquoi il ne faut pas prendre de charbon actif en même temps que les médicaments. Il faut espacer sa prise d'au moins deux heures par rapport à celle des médicaments. Avant ou après, sans distinction.

Pour la gestion des lipides, une prise de 3 semaines peut être faite avec 8 à 40 g de charbon activé par jour.

Les procédés de fabrication du charbon activé ont pour objectif de former des pores dans le charbon. La taille des pores formés est garante de la qualité du produit.

Le charbon actif végétal bio de Dynveo, résultant d'une activation physique à la vapeur d’eau, possède de nombreux avantages. Son pouvoir adsorbant s'élève à 25%.

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Le charbon végétal activé est à choisir avec soin, son efficacité et la qualité de sa fabrication sont intimement liées.

Il est placé sur la liste des actifs essentiels de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par contre, il faudra prendre en compte ses dangers, notamment par son interaction avec les médicaments.

Alternatives Naturelles aux Colorants Alimentaires Industriels

Les colorants alimentaires ne sont pas tenus d’être nocifs pour la planète et la santé humaine, ils peuvent aussi être 100% naturels et même tout à fait bénéfiques !

Voici quelques alternatives naturelles pour colorer vos aliments :

  • Spiruline : Grâce à son pigment colorant : la phycocyanine, la spiruline a la capacité de transformer vos aliments en bleu vif ! Du fait de sa sensibilité à la chaleur, la « super algue » s’utilise plutôt pour colorer les préparations culinaires froides à tièdes.
  • Poudre de Matcha : Comme l’est le thé éponyme, la poudre de matcha est un colorant naturel très populaire. En décoction, les feuilles de thé permettront d’obtenir un vert plutôt clair ; en poudre, le matcha apportera un vert plus foncé en fonction du dosage.
  • Jus d’épinards : Le jus d’épinards quant à lui, permet aussi de colorer des produits alimentaires en vert. D’autres légumes riches en chlorophylle permettront également de colorer en vert tout type de préparation culinaire. C’est notamment le cas des plantes aromatiques (la menthe par exemple), des blettes, des pelures de courgettes ou encore des feuilles de poireaux.
  • Charbon Actif : Le charbon actif (ou activé) est une poudre d’origine végétale capable de colorer d’un noir intense de nombreuses préparations, sans en altérer le goût.
  • Encre de Seiche : L’encre de seiche s’utilise fréquemment pour colorer les aliments salés comme les pâtes biologiques, par exemple.
  • Épices : Les épices traditionnellement utilisées dans la cuisine indienne comme le curry, le curcuma ou le safran sont parfaitement adaptés à la coloration alimentaire naturelle.
  • Jus de Betterave : Le jus de betterave fait partie des colorants alimentaires naturels les plus populaires. Une fois cuites, les betteraves rendent un jus rose à violet au fond de la casserole, à filtrer avant d’utiliser.
  • Fruits Rouges : Quand ils sont mixés, les fruits rouges permettent d’obtenir un colorant rose naturel idéal !
  • Jus de Chou Rouge : Le jus de chou rouge est également exploité pour ses propriétés naturellement colorantes.
  • Hibiscus : Enfin, l’hibiscus est une plante parfaite pour obtenir une teinte rosée. En décoction, ses feuilles permettront de colorer vos plats sucrés et salés, pour voir la cuisine en rose !
  • Jus de Carotte : Le jus de carotte est bien connu pour ses propriétés teintées.
  • Chocolat en Poudre : Le chocolat en poudre (ou la chicorée) permet de teinter certaines préparations sucrées en marron clair.

Additifs Alimentaires : Exemples Spécifiques

Voici quelques exemples d'additifs alimentaires courants :

  • E160b : Issu de la cire du fruit rouge du rocou, un petit arbre d'Amérique tropicale. Riche en bêta-carotène, en vitamine E, contient beaucoup de sélénium, magnésium et calcium.
  • E163 : Les anthocyanes sont des colorants d'origine naturelle de couleur rouge ou bleue.
  • E330 : Acide citrique. Dans les produits de qualité, il est le plus souvent d'origine naturelle et végétale, extrait de la moisissure Aspergillus niger. Mais dans la plupart des boissons industrielles c'est un produit chimique de synthèse.
  • E407 (alginates et carraghenanes) : Ces additifs désignent des extraits d'algues marines utilisés pour leurs propriétés gélifiantes.
  • E960 ou glycosides de stéviol.

Additifs Alimentaires à Surveiller

Certains additifs alimentaires sont sujets à controverse en raison de leurs potentiels effets néfastes sur la santé :

  • Aspartame : L'aspartame est un des édulcorants les plus utilisés au monde. On l’utilise notamment pour sucrer des aliments et des boissons. On le trouve dans plus de 6000 produits, des sodas « light » au chewing-gum en passant par des produits laitiers et des médicaments. Selon le Réseau Environnement Santé (RES), près de 200 millions de personnes consommeraient régulièrement de l’aspartame.
  • L'acésulfame K ou l'acésulfame de potassium : est un édulcorant artificiel environ 200 fois plus sucré que le sucre. Il est soupçonné d'être cancérigène pour l'homme.
  • Le glutamate monosodique : est un exhausteur de goût de synthèse que l'on retrouve dans de nombreux produits alimentaires. Il est un additif neurotoxique, c'est-à-dire qu'il peut détruire les neurones du cerveau.
  • Le nitrite de sodium : est un conservateur chimique qui est également utilisé pour colorer et aromatiser les viandes et les charcuteries.
  • Le "bleu brillant FCF" : est un colorant synthétique. Après avoir été interdit dans de nombreux pays européens, il a finalement été autorisé dans toute l’Union Européenne. Sa consommation présentant divers risques : allergies, hyperactivité, asthme...
  • Le dioxyde de titane : est un colorant blanc. Il est le résultat de la combinaison de deux atomes d’oxygènes avec du titane.
  • Le gallate de propyle : est un antioxydant de synthèse. Il peut être responsable de troubles sanguins, causer des irritations de l'estomac et des muqueuses buccales, et engendrer des réactions allergiques.
  • L'érythrosine : est un colorant rouge de synthèse. Des études menées dans les années 1980 ont démontré que l'érythrosine provoquait la formation de tumeurs de la thyroïde chez le rat. Cela n'a pas été suffisant pour conduire à son interdiction.
  • Le jaune orangé S : est un colorant jaune de synthèse. Il est suspecté d'être cancérigène. Le problème avec lui, c'est que notre organisme a du mal à l'identifier (vu qu'il est 100% artificiel), et qu'il fait monter notre glycémie en flèche. D'où les risques de diabète accrus qu'il représente !

Résumé des Principaux Colorants Alimentaires et leurs Alternatives Naturelles

Colorant Alimentaire Type Dangers Potentiels Alternatives Naturelles
Charbon végétal (E153) Noir Teneur en HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) Encre de seiche, charbon actif végétal
Bleu brillant FCF Bleu Allergies, hyperactivité, asthme Spiruline (pour le bleu)
Jaune orangé S Jaune Suspecté d'être cancérigène, impact sur la glycémie Curcuma, safran
Érythrosine Rouge Tumeurs de la thyroïde (chez le rat) Betterave, fruits rouges, hibiscus

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