L'humanité utilise des couvre-chefs depuis longtemps pour se protéger la tête des agressions extérieures ou par souci esthétique. Depuis l'ancêtre du bonnet de la période antique, de nombreux types de chapeaux ont vu le jour.
Le terme « chapeau » vient du mot médiéval « chapel », lui-même issu du latin « caput » (pour tête). Il désigne un couvre-chef porté à l'origine pour se protéger des intempéries ou de l'ensoleillement. Il devient un symbole de nationalité, de branches ou de rang dans le milieu militaire. Il peut aussi être un indicateur de statut social ou du métier du porteur. Aujourd'hui, cet accessoire vestimentaire montre la sensibilité de celui qui le porte et dévoile un aspect de sa personnalité.
Dans l'histoire, le premier grand développement dans l'histoire du chapeau est la découverte du feutre. Ce matériau a l'avantage d'être imperméable. Il protège encore mieux des agressions extérieures et apporte un réel confort.
Évolution des couvre-chefs en Europe à travers les siècles.
La doublure intérieure est le matériau situé à l'intérieur du chapeau. Cette pièce est appelée bougran dans les chapeaux structurés, comme les ascots et les chapeaux hauts de forme. Le chapeau peut être équipé de boutons semblables à ceux que l'on trouve sur les chemises sur le haut de la couronne pour relier les différents panneaux.
Au lieu d'une bordure, certains chapeaux ont une visière (ou bec) qui dépasse à l'avant.
Les chapeaux font partie de la garde-robe humaine depuis des milliers d'années. Il n'a pas été trouvé de couvre-chef datant de la Préhistoire, mais cet accessoire est toutefois représenté dans une peinture pariétale datant d'environ 15 000 ans av. J.-C. dans une grotte à Lussac-les-Châteaux (centre de la France). On retrouve aussi la représentation d'un homme portant un chapeau de paille de forme conique sur une tombe de Thèbes en Égypte (environ 3200 av. J.-C.).
Le chapeau tel qu'on l'imagine remonte à l'Antiquité. À l'époque, il servait de protection contre les intempéries et comme symbole du statut social. À ses débuts, le chapeau est exclusivement porté par les hommes. Les chapeaux en fibres végétales sont associés aux anciennes traditions de la campagne d'Europe et d'Anatolie. Les artisans de l'époque classique d'Athènes et de Rome portaient généralement des chapeaux coniques avec des couronnes ovoïdes en feutre. Le matériau qui dépassait sous le bandeau a évolué pour devenir un bord.
À Rome, le « pileus » a inspiré le bonnet phrygien, c'était un signe permettant d'indiquer qu'un esclave avait retrouvé sa liberté. À cette époque, les hommes des classes supérieures ne portaient généralement pas de chapeau, sauf par mauvais temps, à la chasse ou en voyage.
Les premiers chapeaux de l'époque sont assez rudimentaires. Ce sont surtout les campagnards qui utilisent des couvre-chefs pour se protéger du soleil et des intempéries. Cette tendance est adoptée en milieu citadin, mais uniquement lors des jours de pluie pour protéger sa coiffe.
Durant cette période, le chapeau devient un marqueur social et s'utilise pour cibler certains groupes. Le chapeau et le métier de chapelier (et de bonnetier) existent au moins depuis le 14e siècle. La royauté et la noblesse faisaient confectionner leurs chapeaux sur mesure.
En Angleterre et en Europe du Nord-ouest, le simple chapeau de crâne devient ensuite le capotain. Il s'agit d'un chapeau haut avec un petit bord, il aurait inspiré le haut-de-forme plus tard. Le capotain est porté du 16e au milieu du 17e siècle. En France, François 1er rapporte la mode du chapeau qui est reprise par ses courtisans. Le couvre-chef évolue pour devenir le chapeau à bord large pour se protéger du soleil et de la pluie.
Homme portant un chapeau au 17e siècle.
Au 17e siècle, les Européens portaient des chapeaux à l'intérieur comme à l'extérieur. Deux grands types de chapeaux prédominent chez les hommes aux 17e et 18e siècles. L'un était un chapeau à couronne basse avec un large bord relevé, ou arqué, sur trois côtés (le tricorne) ou deux côtés (le bicorne). L'invention du tricorne est stratégique : le chapeau étant gênant pour le maniement des armes, il fallait donc un couvre-chef qui soit adapté. Le tricorne est ensuite devenu le chapeau militaire de l'Ancien Régime et l'étiquette dans la haute société. L'autre type de chapeau était rond, rigide et avec une haute couronne. Il était porté par les bourgeois hollandais, ainsi que les puritains anglais et américains.
Après la Révolution française, le tricorne est détrôné par le haut-de-forme dans la tenue standard des gentlemen. L'époque coloniale crée également un nouveau style vestimentaire : le chapeau ou le casque colonial sont par exemple portés par les représentants des empires jusqu'au 19e siècle.
Le chapeau se démocratise ensuite et pénètre toutes les couches de la société. On assiste au développement du métier de chapelier et de l'industrie, principalement à Paris et à Lyon au début. Le 19e siècle voit aussi l'apparition de chapeaux originaux et extravagants, comme le chapeau melon. Les casquettes en tissu avec visière sont ensuite devenues la norme pour les ouvriers et les garçons. Le port du chapeau est généralisé jusqu'au début des années 60.
Les chapeaux ont fait partie intégrante de la mode masculine jusque dans les années 1960 en tant qu'accessoires pratiques. Le port était la norme dans de nombreuses parties du monde, avant un brusque déclin pendant les années 60. Les chapeaux pour homme sont revisités et deviennent des accessoires de mode dans les années 80-90.
L'Akubra, ce célèbre chapeau des westerns, est d'abord utilisé par le personnel militaire australien en 1885 avant de devenir le chapeau de bush. Le fez est un chapeau de feutre à la forme cylindrique datant du 17e siècle en Turquie. Il est ensuite porté à Chypre et en Afrique du Nord. Il est encore porté à l'heure actuelle en Tunisie, au Maroc et en Libye. En Inde, le chapeau Gandhi est doté d'une large bande et il est pointu à l'avant et à l'arrière. En Amérique latine et dans le sud-ouest des États-Unis, le sombrero est un chapeau haut de forme en feutre ou en paille avec un large bord retroussé.
Un Sombrero traditionnel.
Les chapeaux existent dans différentes tailles : connaitre son tour de tête est essentiel pour trouver la bonne taille de chapeau pour soi. Pour connaitre ses mesures, on utilise un mètre ruban de couturière. Le chapeau doit également être choisi en fonction de la forme du visage. Les modèles à bord court conviendront parfaitement aux visages fins ou aux personnes de petite taille.
De manière générale, il est recommandé de choisir une couronne de chapeau qui soit différente de celle du visage du porteur. Une personne au visage ovale ou triangulaire peut généralement porter tout type de chapeau. Pour un visage rond, on évite justement tout ce qui est rond, comme le chapeau melon ou le porkpie. Les traits durs d'un visage carré doivent être adoucis : le porkpie et le haut-de-forme sont généralement à éviter pour cette morphologie. Cette règle est toutefois discutable en fonction des variantes de ces chapeaux.
Le haut-de-forme est un chapeau habillé caractérisé par une calotte cylindrique et haute. Une variante de ce chapeau est plus haute avec des côtés légèrement convexes, ce qui lui a valu son nom de chapeau en tuyau de poêle. Le haut-de-forme fait partie de la tenue traditionnelle du magicien. C'est un Français - Louis Comte - qui créé le tour du lapin sortant de ce chapeau en 1814.
Dans la culture populaire, ce chapeau est associé avec les classes supérieures et il est devenu un symbole du capitalisme. Son inventeur pourrait être John Hetherington, un mercier anglais, ou Georges Dunnage, un chapelier anglais du Sussex. Le haut-de-forme tel qu'on le connait aujourd'hui apparaît vers 1810 et tirerait ses origines du chapeau pain de sucre ou du capotain. Le haut-de-forme est le chapeau par excellence du 19e siècle et il se décline en soie noire et en soie grise.
Abraham Lincoln portant un haut-de-forme.
Après la Première Guerre mondiale, les chapeaux mondains sont de moins en moins portés au profit du chapeau melon ou du Fédora. Le haut-de-forme est alors confiné à la haute société, d'autant plus après la Seconde Guerre mondiale.
De nos jours, le chapeau haut de forme est surtout porté en Angleterre pour certaines audiences, pour des bals ou des courses de chevaux. L'étiquette british veut que le chapeau soit associé à un costume de jour, qu'il soit porté sur le devant de la tête et retiré en passant à l'intérieur d'un lieu. On peut le porter comme sur l'image avec une veste très voyante et une cravate de la même couleur. Il vient compléter la tenue d'un porteur qui ne passera pas inaperçu.
De nos jours, le haut-de-forme se porte élégamment lors des mariages ou des réceptions dans les milieux les plus aisés. Pour cette pièce visuelle marquante, les indispensables sont le costume croisé, l'épingle à cravate et les gants chamois. Ce type de chapeau conviendra particulièrement aux visages de forme ronde, car sa hauteur permet d'affiner et d'allonger les traits. On note que pour des soirées mondaines et raffinées, il s'agit de l'accessoire qui pourra transformer une tenue.
Elle se distingue par l'aspect bombé sur le haut de la casquette - qui permet une parfaite tenue sur le crâne - et une visière précourbée. La casquette bombée anglaise a une forme rigide et elle est généralement faite de tweed, de coton ou de laine.
La casquette fait partie de l'histoire et de la culture anglaise. Elle a été créée pour protéger le porteur du froid, mais aussi pour relancer l'économie du pays. À partir de 1571, le Parlement oblige tous les hommes n'appartenant pas à la noblesse et tous les enfants de plus de 6 ans de se couvrir la tête avec des casquettes en laine. Le port de chapeau est imposé les dimanches et les jours fériés.
Au fil des siècles, les Anglais continuent d'apprécier le confort apporté par ces chapeaux, et notamment par la casquette qui s'inscrit solidement dans leur culture. Ce type de chapeau est revenu à la mode depuis ces deux dernières décennies. Il tient chaud, rajoute du cachet à une tenue et convient aux hommes de tout âge.
La casquette bombée anglaise se porte uniquement avec la visière à l'avant, de manière décontractée ou même chic, avec le bon modèle et la tenue qui va avec. En ce qui concerne la matière, le traditionnel tweed, la laine et le coton sont des valeurs sûres. Un modèle en tweed se choisit dans une couleur qui va contraster avec le manteau ou la veste. Si le manteau est à rayures ou à carreau, on préférera un modèle de couleur unie, et inversement. Il n'est généralement pas recommandé de porter ce type de casquette pendant l'été, même si elle est conçue avec un matériau plus léger, comme du lin.
La casquette Brooklin est une version moderne de la casquette Gavroche, qui est plus volumineuse sur les côtés et moins habillée. Ce modèle a été popularisé par la marque Stetson. Ce type de casquette est dérivé de la casquette Gavroche. Il est équipé de 6 panneaux, d'un bouton sur le dessus, d'une courte visière à l'avant et d'une basque à l'arrière. Simple et élégant, il se prête à de nombreuses occasions.
On privilégie les matériaux de qualité pour une casquette qui va durer. Il faut porter une attention particulière à sa doublure, en particulier au bandeau absorbant. Pour l'été, le coton, la soie ou le lin donnent une casquette légère, aérée et confortable. Les motifs à rayures et les couleurs claires s'accorderont aux tenues estivales. Pour l'hiver, on la choisit en laine, en tweed, en cachemire ou encore en cuir pour le confort.
La casquette Brooklin est proposée avec différentes visières, qu'on choisira en fonction de ses goûts. Ce modèle de casquette est surtout recommandé pour les personnes au visage fin et celles qui ont une petite tête. Ce chapeau au style résolument urbain apporte une touche chic et désinvolte à la tenue.
Elle se porte toujours à l'endroit et idéalement sur une tenue sobre et pas trop vintage, à moins de vouloir faire dans le total look rétro. Sur la photo, le modèle porte une casquette Brooklin dont la couleur renvoie à celle de sa cravate. Il est toujours préférable que la couleur du chapeau se retrouve (ou se rapproche) dans la palette de la tenue. Pour un look décontracté, on l'assortira par exemple avec le pantalon ou avec ses accessoires.
Ce modèle est aussi appelé casquette irlandaise (Hatteras) et casquette Poulbot en France, en référence au peintre des « titis parisiens » ou enfants des rues. Sa forme et sa visière rigide sont similaires à d'autres types de casquettes, mais son corps est plus rond et plus volumineux. La partie supérieure de la casquette est traditionnellement large et repliée sur l'avant et les côtés. Elle est constituée de 8 panneaux cousus et retenus par un bouton central sur le haut.
Des vendeurs de journaux portant des casquettes gavroche.
La casquette Gavroche est traditionnellement faite de tweed ou de laine, ou encore de coton. En fonction de sa matière, ce chapeau très polyvalent tient au chaud pendant l'hiver et au frais en été. La casquette Gavroche ou Hatteras est un chapeau d'origine irlandaise. Elle est très populaire au début du 20e siècle (newsboy) aux États-Unis : on la retrouvait sur la tête de tous les petits livreurs de journaux. Elle gagne ensuite la classe ouvrière vers les années 20, et les paysans par la suite.
Après avoir été adoptée dans le milieu hip-hop vers la fin du siècle, la casquette irlandaise est reprise par les plus grandes maisons de la mode pendant les années 2000. En France, la casquette irlandaise est un symbole de révolte populaire.
Comme sa couronne est déjà large, le modèle doit être bien ajusté au porteur. Incliner la casquette Gavroche peut faire ou défaire le look. Elle doit pencher vers l'avant, mais ni trop haut ni trop bas. Elle doit tomber justement sur les oreilles, sans serrer ni être trop lâche. Beaucoup considèrent que cette casquette est difficile à porter.
On remarque que le haut de la visière est dégagé et que le volume disparait. Il s'agit du type de casquette le plus répandu et le plus commercialisé de nos jours. Généralement souple, en coton ou en matière synthétique, elle est caractérisée par une visière à l'avant et une couronne arrondie. Comme son nom l'indique, elle a d'abord été fabriquée à la fin du XIXe siècle pour les joueurs de baseball.
La casquette de baseball est une casquette souple et arrondie avec une visière incurvée. Elle est généralement composée de 5 panneaux, parfois plus en fonction des modèles. Elle peut présenter un logo (sportif ou commercial) à l'avant et elle est généralement équipée d'un ajustement en plastique ou en élastique à l'arrière pour s'adapter à la t...
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