Au palmarès des insectes les plus embêtants, la mouche domestique remporte sans conteste le premier prix. Aux beaux jours, elle s’invite dans nos maisons, nous harcèle au moment des repas ou de la sieste. La mouche domestique nous répugne à maints égards, mais que savons-nous d’elle ?
Dans cet article, nous allons explorer en détail la vie de la mouche domestique, son rôle dans l'écosystème, et les risques potentiels qu'elle représente pour notre santé.
La mouche domestique (Musca domestica) est la plus commune de toutes les mouches. Comme tous les diptères, elle possède 2 ailes fonctionnelles. L’insecte appartient à la famille des muscidés, composée de 5000 espèces, dont 450 vivent en Europe.
Contrairement aux chiens et aux chats, la mouche n’est pas la meilleure amie de l’homme et pourtant, on la qualifie de domestique. La raison ? Elle entre volontiers dans nos maisons (domus en latin).
Mouche domestique de près
La mouche domestique adulte mesure de 6 à 8 mm de long et son poids moyen est de 10 mg, les femelles étant légèrement plus massives que les mâles. Son thorax est de couleur grise, avec quatre lignes longitudinales dans le dos, et la partie inférieure de l’abdomen est de couleur jaune. Le corps de cet insecte est recouvert de poils. Les mouches ont des yeux à facettes rouges.
Cette espèce animale possède la capacité de marcher à la verticale en utilisant un mécanisme appelé adhérence capillaire. La nuit, quand elle trouve refuge dans nos maisons, la mouche domestique se repose sur les murs, les plafonds, les tables.
La mouche domestique est probablement l'insecte qui possède la répartition la plus large au monde. Elle est présente partout où l’homme se trouve, on la rencontre ainsi dans toutes les régions peuplées d'Europe, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique et d’Océanie.
La mouche est qualifiée d’insecte synanthrope, ce qui signifie qu’elle est capable de s'adapter aux conditions environnementales créées ou modifiées par l'activité humaine. À la ville ou à la campagne, le diptère fréquente tous les endroits propices à sa reproduction et au nourrissage de sa progéniture : décharges, fermes d’élevage, abattoirs...
Voici comment se forment les mouches. Elles ont un cycle de vie holométabole, qui comprend 4 phases morphologiques : œuf, larve ou asticot, nymphe ou pupe, puis adulte.
Cycle de vie d'une mouche
Pour résumer, le cycle de vie de la mouche domestique se divise en 4 stades distincts : l'œuf, la larve, la nymphe et l'adulte.
Dans des zones de la planète où les conditions sont favorables tout au long de l'année (températures entre 25 et 30 °C, nourriture abondante), la mouche domestique peut donner naissance jusqu’à 12 générations annuelles qui accomplissent leur cycle de vie en 2 semaines.
La femelle pond des œufs ovales et blancs dans les déchets organiques humides, souvent des excréments d’animaux, de préférence exposés à la lumière. Une mouche pond environ 2 000 œufs tout au long de sa vie. Par chance, à cause de la sélection naturelle, une grande partie des œufs et des larves ne survivent pas. Les œufs sont blancs et mesurent environ 1,2 mm de long. La femelle ne s'accouple généralement qu'une seule fois et retient les spermatozoïdes pour la fécondation future des ovules. qu’elle dépose en 5 à 6 grappes comprenant de 75 à 150 œufs.
À l’éclosion, la larve mesure de 3 à 9 mm de long et revêt une couleur blanc crème. Elle possède une paire de crochets buccaux foncés avec laquelle elle fouillent les matières fécales, les végétaux en décomposition ou les restes alimentaires pour se nourrir. Au bout d’une journée, les larves, de couleur pâle, en sortent ; elles vivent et se nourrissent généralement de détritus organiques, d’ordures ou d’excréments. Sensibles à la lumière, les larves cherchent à pénétrer profondément dans la nourriture, ce qui les placent également à l’abri des prédateurs.
Le ver doit traverser 3 mues pour grandir, chacune durant entre 3 jours (à des températures tempérées) et 8 semaines (si le climat est plus froid). Une larve complètement développée mesure jusqu’à 1 cm de long et présente un corps lisse de couleur blanc jaunâtre.
Au stade nymphal, l’insecte ressemble à une capsule appelée pupe. D’abord de couleur jaune-orangé, il devient marron clair puis brun, à mesure qu'il vieillit. Au terme de cette métamorphose, les larves se transforment en nymphes, de couleur rouge ou marron.
Sa peau s’durcit pour créer une carapace protectrice, où la nymphe peut développer complètement les segments de son corps et les appendices d’une mouche domestique adulte. La nymphose dure entre 3 jours (à des températures supérieures à 30 °C) et 3 semaines, lorsque la température est basse (environ 15 °C).
Après avoir émergé, la mouche adulte a besoin de quelques heures de séchage pour pouvoir s’envoler. Arrivé à ce stade de sa vie, le diptère affiche une longévité de 2 semaines à 2 mois, dans de bonnes conditions.
À l'état larvaire, Musca domestica se nourrit de matières organiques en décomposition et d’excréments. Au stade adulte, elle est omnivore. Musca domestica est attirée par tous les types d’aliments.
Dépourvue de mandibules, la mouche domestique ne peut pas mâcher de la nourriture solide, elle consomme donc des substances liquides qu’elle aspire avec ses pièces buccales de type suceur-lécheur, qui ressemblent à une trompe. Son régime alimentaire comprend des déchets alimentaires, des déjections animales, des charognes ou des fruits et légumes pourris.
Pour faciliter sa digestion, la mouche domestique dépose sa salive sur la nourriture afin de l’humidifier et de la dissoudre puis elle l’absorbe sous forme liquide. Les mouches se nourrissent d’excréments, d’ordures, de fruits pourris et de tout ce que l’homme peut manger. Elles régurgitent sur les aliments pour les dissoudre et pouvoir ainsi les absorber. Les taches jaunâtres qu’elles laissent sur la nourriture proviennent de leurs vomissures.
Comment se nourrit une mouche
Avant de voir si la mouche domestique est dangereuse pour l’homme, soulignons son rôle important au sein de l’écosystème. Que ce soit au stade adulte ou larvaire, le diptère fait partie de la chaîne alimentaire en tant que proie pour de nombreux oiseaux insectivores (hirondelles, martinets, moineaux…), pour les araignées, les batraciens (grenouilles, crapauds) ou encore, pour les chauves-souris.
Les mouches ont bel et bien une utilité. Toutefois, du fait de son appétence pour les matières en décomposition, la mouche a aussi son utilité, notamment en participant activement à l'élimination des déchets organiques, que cela soit ceux de la nature ou ceux produits par l’homme. Elles servent également d'excellentes pollinisatrices.
Voici une liste des rôles écologiques des mouches :
En mettant sa trompe dans les excréments, les déchets alimentaires et les cadavres d’animaux, l’insecte est toutefois vecteur d’une multitude d’éléments pathogènes tels que des bactéries, des champignons, des virus et des parasites. Elles sont porteuses de nombreuses bactéries qu’elles déposent sur la nourriture.
Des recherches ont démontré que les mouches domestiques peuvent être porteuses de plus de 200 agents pathogènes, dont des bactéries qui causent des maladies d'origine alimentaire comme le choléra, la fièvre typhoïde, la diphtérie, la dysenterie, E. coli, les salmonelles et d'autres encore.
Dans certains pays, les mouches peuvent transmettre des maladies à l’homme, comme la fièvre jaune, la dengue, l’éléphantiasis, le choléra et bien d’autres encore. L’insecte le plus craint comme véhicule de maladies est sans aucun doute le moustique. Toutefois, la mouche n’est pas en reste. Elle est capable de porter plus de 100 agents pathogènes : typhoïde, choléra, salmonelle, dysenterie bacillaire, tuberculose, anthrax ophtalmique, sans compter les vers parasites.
Est-ce dangereux de manger une viande où s’est posée une mouche ? Par définition, une mouche bleue ou verte aime à fréquenter les matières en putréfaction, les matières fécales ou les cadavres. Donc, potentiellement, les pattes et les ailes sont porteuses de nombreuses bactéries, sources de transmission de nombreux agents pathogènes à l’origine de plusieurs maladies comme la salmonellose, la dysenterie, la fièvre typhoïde, l’anthrax… Plus certainement, elle peut être à l’origine d’intoxications alimentaires ou d’infections gastro-intestinales plus ou moins graves.
Si la mouche pond ses œufs, au-delà du simple dégoût, est-ce dangereux de manger ces œufs ? A priori non car les sucs gastriques vont faire leur travail et détruire ces œufs grâce aux enzymes digestifs. Pour autant, si vous voyez ces œufs, abstenez-vous par précaution de consommer le morceau « infecté » car la mouche y a forcément laissé quelques bactéries ou virus.
La seule solution pour éviter que les mouches utilisent votre viande comme pouponnière est avant tout de ne pas la laisser à l’air libre. Il suffit donc de la fermer hermétiquement dans un récipient quelconque. C’est d’ailleurs le principe du garde-manger de nos grands-mères : l’air passe mais pas les mouches !
Déjà, le simple fait de ne pas exposer la viande ou de laisser traîner des matières organiques est une solution en soi.
Voici quelques méthodes de lutte intégrée :
En conclusion, bien que souvent perçue comme une nuisance, la mouche domestique joue un rôle important dans notre écosystème. Comprendre son cycle de vie et ses habitudes alimentaires peut nous aider à mieux gérer les risques sanitaires associés à sa présence et à apprécier son rôle écologique.
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