Clichy-sous-Bois, ville aux multiples facettes, dévoile une scène culinaire aussi diverse que sa population. Des traditions locales aux influences turques, en passant par les incontournables chaînes de restauration rapide, la nourriture y est un marqueur social, un vecteur de partage et parfois, un défi pour le palais.
Dans la plupart des restaurants clichois, BFMTV est la chaîne de référence. On mange un kebab ou un hummer l’œil rivé sur le rythme effréné du monde. Certains établissements lui préfèrent les kilomètres de clips déversés par MTV. Plus que les images de chanteurs de R’n’B secondés par des escadrilles de mannequins, les messages diffusés au bas de l’écran et envoyés par les téléspectateurs ont un pouvoir hypnotique.
Est-ce pour cela que le fromage industriel a une telle cote dans certains restaurants de Clichy? Les effets rassérénants du Boursin y sont en tout cas connus. Dans son restaurant des Marronniers, Ticho propose un «menu Boursin» à 7,50 euros: un sandwich crème / escalope de dinde / champignons / Boursin, avec frites et boisson 33 cl incluses. Dans l’un des bars du centre commercial Anatole-France, on peut commander un Chicken Boursin. Pour le vin, en revanche, il faudra repasser.
Le goûter comme marqueur social. L’idée pourrait faire sourire. Et pourtant, quand on se promène dans les rues de Clichy, on se rend compte que cela a du sens. Ici, au goûter, les fratries se partagent de gros paquets de Curly ou de chips. On boit des bidons de Sunny Delight ou du Capri Sun: des boissons qui cachent sucre et gras sous des noms ensoleillés. À Clichy, comme dans d’autres banlieues populaires, il s’agit d’acheter en quantité suffisante avec un budget restreint. Le Sunny Delight compte seulement 5% de jus de fruits dans sa composition et 7,9 g de sucre pour 100 ml.
À Clichy, les noms de menu ont parfois des noms de voitures de luxe. Le menu Porsche (burger / frites / boisson) coûte 6 euros. On peut lui préférer un menu Espace, mais ça vend moins du rêve (ou alors c’est celui du daron du début des années 2000…). Évidemment, reste le Hummer, qui met tous les gastronomes des quartiers d’accord -un sandwich pain de mie / fromage / steak, et autant d’étages que nécessaire-, et se taille la part du lion.
Il faut bien gagner son pain, justement. Plus ou moins honnêtement. Certains l’arrachent de la bouche, comme ceux qui ont braqué la boulangerie de la cité de la Pama. Pour 200 euros dans la caisse. D’autres mangent leur pain blanc à la sauce discount: à La Baraka, on facture les quatre pains au chocolat 2,10 euros, moitié moins que le tarif ordinaire. En boutique, depuis des années, les pains à la semoule côtoient la baguette tradition. Les makrouts voisinent avec les religieuses. En cela, Clichy est précurseur. Depuis quelques années, en île-de-France, de nombreuses boulangeries sont reprises par des artisans originaires du Maghreb, plus précisément de la région de Tataouine, en Tunisie.
À Clichy, on ne mange pas dans son coin, on met en commun. À Clichy, les bouteilles de Cristaline sont vendues colorées: bleues, vertes ou jaunes. On leur a ajouté du sirop.
Chez Ela, le salon de thé du centre commercial du Chêne-Pointu, on peut déguster de bonnes pizzas turques. De forme oblongue, elles sont servies sur un plateau en bois et mesurent facilement un mètre de long. La pâte est ultrafine et la garniture se compose d’une sauce tomate, de viande hachée, d’œuf, selon la demande. Précisons que la sauce tomate est pimentée. Entre deux rendez-vous, Bahar fait un stop chez Ela, le supermarché du Chêne-Pointu. Alors qu’elle discutais avec l’une des vendeuses de chez Ela de mes relations «abrasives» avec la cuisine turque, celle-ci haussa les épaules: «Mais enfin, c’est normal! Il faut que vous buviez de l’ayran!» Et de m’offrir illico un pot dudit ayran: «C’est une sorte de yaourt salé. Ça tapisse l’estomac et c’est délicieux!» Effectivement, je suis ensuite devenue une véritable addict à l’ayran.
O’Tacos possède un établissement à Aulnay-sous-Bois où les jeunes de Clichy se rendent volontiers. Ce qui fait le mythe de la chaîne: le gigatacos. «Si tu le finis, c’est gratuit!», vante l’enseigne. Effectivement, mieux vaut ne pas être une mijaurée de l’estomac: le jeudi soir, les candidats ont trois heures pour manger le sandwich «de la taille d’un plateau» garni de 2,5 kilos de viande.
Son surnom, il le doit à son premier business: la vente de thés chauds à la criée. Il était capable d’en vendre deux cents en une journée. En vrai, Ticho s’appelle Mustapha. Depuis, il a ouvert un restaurant à Clichy. Il est un des premiers à avoir lancé le concept de livraison à domicile de nuit, histoire d’assommer la fringale qui vient torturer les fêtards à 3 heures du matin: la BAF, la Brigade anti-faim, opère sur le 93 mais aussi le 75 et le 95. Son slogan: «Pas de crédit pour les bandits.» Son truc? Chanter ses menus et ses promos.
Les AMAP, associations de maintien de l’agriculture paysanne, et le bien-manger ne sont pas l’apanage des bobos. Dans la petite yourte qui jouxte le chapiteau de la Fontaine aux images, l’association 360° Sud gère la sienne de main de maître. Le projet n’a rien de la douce utopie. Ou alors c’est un rêve qui a les deux pieds bien ancrés dans le réel. «Il s’agit de faire preuve de solidarité envers des producteurs locaux, explique Lisa Valverde, l’une des responsables de l’association.
Voici un tableau récapitulatif des prix et offres mentionnés:
| Produit/Menu | Prix | Description |
|---|---|---|
| Menu Boursin (Ticho) | 7,50 € | Sandwich crème / escalope de dinde / champignons / Boursin, avec frites et boisson 33 cl |
| Menu Porsche | 6 € | Burger / frites / boisson |
| 4 pains au chocolat (La Baraka) | 2,10 € | Prix discount |
| Paniers AMAP | 7,50 € ou 15 € | Selon la taille |
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