La Boucherie de Viande Humaine en France : Histoire et Témoignages

Bien que les exemples d’anthropophagie soient nombreux, les informations précises sur la saveur de la viande taboue ne courent ni les rues ni les articles scientifiques. Cet article explore l'histoire et les témoignages liés à la consommation de viande humaine en France.

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Répartition du cannibalisme dans le monde.

Le Goût de la Chair Humaine : Entre Mythe et Réalité

Mais ni l'étude ni les deux premières saisons de la série ne répondent à la question : quel goût a la chair humaine ? Je me suis donc permis de reprendre les informations rassemblées en 2010 par Martin Robbins dans le blog qu'il tient sur le site du Guardian.

Témoignages de Cannibales

Pour se renseigner, mon collègue a fouillé dans les récits de tueurs en série véritables. Le premier et l’un des plus célèbres d’entre eux est l’Allemand Armin Meiwes, connu sous le surnom de “Cannibale de Rotenburg”, qui avait passé des annonces où il déclarait chercher un volontaire désirant être mangé. Il en trouva facilement un, qui vint se faire dévorer chez lui en mars 2001.

Lors d’une interview donnée en 2007, Armin Meiwes, condamné à la prison à vie, expliqua comment il avait préparé son steak d’ingénieur, qu’il l’avait trouvé un peu dur et que la viande “avait un goût de porc, en un peu plus amer, plus fort”. Evidemment, étant donné la personnalité très particulière du sujet, il est difficile de lui faire confiance à 100 %.

Comparaison avec la Viande de Porc

Le rapprochement avec la viande de porc prend un peu plus de consistance avec les histoires, tout aussi réelles et horribles, du Polonais Karl Denke et de l’Allemand Fritz Haarmann, deux personnages dignes du film Delicatessen, de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, ou des Bouchers Verts, du Danois Anders-Thomas Jensen. Ces deux hommes ont vécu dans les années 1920 et tué des dizaines de personnes, dont ils revendaient la viande au marché en la faisant passer pour du porc.

Il y aurait de bonnes raisons, scientifiquement parlant, pour que l’homme ait un goût de porc… Le cochon est en effet considéré comme un bon analogue, sur le plan physique et physiologique, d’Homo sapiens : un mammifère pas trop gros qui mange de tout. Les organes internes des deux espèces font à peu près la même taille.

Je me souviens d’ailleurs qu’un médecin de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, à Rosny-sous-Bois, m’avait expliqué que les travaux sur la décomposition - très utiles pour dater les crimes lorsqu’on retrouve les cadavres tardivement - se faisaient principalement sur des cochons. L’homme a un goût de cochon, emballé c’est pesé ? Pas si vite.

Avis Divergents

Tout le monde n’est pas d’accord. A commencer par un autre assassin anthropophage, Nicolas Cocaign, surnommé le “Cannibale de Rouen”, condamné en juin 2010 à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué un codétenu, dont il a ensuite mangé un morceau de poumon : “Ce qui est terrible, c’est que c’est bon. Ça a le goût de cerf. C’est tendre”, avait-il déclaré à un psychologue en 2007.

Autre témoignage discordant, celui de William Buehler Seabrook. Journaliste au New York Times après la Première Guerre mondiale, il voyagea de par le monde, et notamment en Afrique, où il s’interrogea sur le cannibalisme au point de vouloir tenter lui-même l’expérience. Revenu en France, il réussit à se procurer un morceau de chair auprès d’un interne de la Sorbonne et, dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, se livra enfin à son expérience, devant témoins.

Seabrook cuisina la viande comme il l’aurait fait pour du bœuf, s’attabla avec un verre de vin et une assiette de riz, et goûta : “Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne viande de veau bien développé que je pense que personne qui soit doté d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu le distinguer du veau. C’était une viande bonne et douce, sans le goût marqué ou fort que peuvent avoir, par exemple, la chèvre, le gibier ou le porc. (…) Et pour ce qui est de la légende du goût de porc, répétée dans un millier d’histoires et recopiée dans une centaine de livres, elle était totalement, complètement fausse.”

Anthropophagie à travers l'Histoire et les Cultures

Lors du deuxième voyage de Christophe Colomb en Amérique (1493-96), le médecin de l’expédition, Diego Alvarez Chanca, rédige ce qui est le premier récit ethnographique consacré aux peuples du Nouveau Monde. Les cannibales dont Colomb avait entendu parler sans les voir au cours de son premier voyage sont enfin au rendez-vous. Chez ces Indiens Caraïbes, on trouve quantité d’ossements humains.

Le Cannibalisme : Un Phénomène Exotique ?

Angelica Montanari : Pas du tout, dès le VIe siècle, l’historien byzantin Procope de Césarée évoque un cannibalisme féminin. On sait que l'anthropophagie a existé dans la Préhistoire, dans l’Antiquité. Et qu'à chaque famine, l’Europe connaissait des scènes d’anthropophagie. Seulement, au Moyen Age, quand le terme cannibale n’existe pas encore, on utilise plutôt des expressions comme "se dévorer entre eux" ou "manger de la viande humaine" ce qui prouve bien le poids du tabou, l'indicible de cette pratique.

Légendes Urbaines et Histoires Macabres

Un barbier et un pâtissier sanguinaires auraient mené ensemble un projet démoniaque à Paris : tuer et transformer leurs victimes en chair à pâté. Une histoire glaçante.

La très chic île de la Cité à Paris est un lieu où l’on aime se balader en toute quiétude et profiter des bords de Seine. Elle est pourtant le lieu d’un terrifiant fait divers qui aurait eu lieu au 14ème siècle, mettant en scène un pâtissier et un barbier auraient commis l’innommable.

Des Pâtés Fait de Chair Humaine

C’est au cœur de l’Île de la Cité, à l’angle de la rue des Marmousets et de la rue des Deux-Hermites, là où se dresse aujourd’hui l’Hôtel-Dieu, qu’auraient eu lieu des crimes abominables de 1384 à 1387. Selon la légende, le barbier se chargeait d’égorger, dépouiller et dépecer ses victimes, souvent des étudiants du chapitre de Notre-Dame.

Mais il n’en restait pas là, envoyant ensuite la chair hachée par une trappe qui débouchait directement dans la cave de son voisin, le pâtissier, qui en faisait des pâtés. Des mets qui, selon certains auteurs, auraient eu un véritable succès auprès des Parisiens.

Préparation de viande humaine au Mexique il y a plus de 2 500 ans.

La Viande : Un Marqueur de l'Évolution Humaine

Omnivore par nature, nous consommons des aliments aussi bien d’origine végétale qu’animale. Avec une suite logique, la chasse qui va favoriser l’émergence de l’Homme sociétal. C’est cet écheveau que Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS, va patiemment dérouler et étudier, avec un souci du détail qui rend son ouvrage passionnant de bout en bout.

Ce long cheminement, c’est ce à quoi s’est attelée Marylène Patou-Mathis avec toute sa connaissance de préhistorienne, qui lui permet de chevaucher les millénaires et de passer avec aisance de l’Homo Habilis, il y a deux millions d’années à notre ancêtre Homo Sapiens, chasseur-cueilleur apparu il y a un peu plus de 100 000 ans. Ces sauts générationnels donnent à l’auteur des arguments pour confirmer le rôle prééminent de la viande au cours des âges.

« Les rituels de consommation existent dans la plupart des sociétés, cette constance atteste que l’Homme, en mangeant, assimile non seulement des calories, mais également les qualités ou les défauts supposés des aliments ingérés. L’idée qu’on est ce que l’on mange est quasi universelle. D’où l’importance des choix alimentaires. »

En ce temps-là, pour l’Homo sapiens comme pour les Néandertaliens, qui cohabitent, le mammouth est une véritable grande surface, un garde-manger : « La viande de mammouth fournissait de la graisse et de la moelle à profusion. Avec ses deux tonnes de viande, il était la nourriture providentielle ». De quoi alimenter le groupe pendant des semaines et plus, selon sa population.

Brassant les époques et voyageant à travers les continents, Marylène Patou-Mathis aborde tous les sujets liés à la viande animale mais aussi à la chair humaine lors de repas cannibales. Elle nous rappelle que « le cannibalisme plonge ses racines dans notre plus lointain passé et qu’il a perduré jusqu’à aujourd’hui ». N’est-il pas pour Freud, « à l’origine du mythe expliquant la vie sociale, le meurtre du père par les fils d’une horde primitive » ?

Le Rôle Vital de la Viande dans Toutes les Civilisations

Ce qui ressort de cet ouvrage, c’est le rôle essentiel de la viande dont l’étymologie latine (vivanda, vivere) est on ne peut plus explicite : la vie ! La viande avait alors « un sens très large de nourritures animales et végétales, solides ou liquides » au point que le poisson était appelé « viande de carême ».

Une relation complexe qui place l’animal au cœur de nos préoccupations, physiques et métaphysiques dont témoigne l’art pariétal et tous les récits où la figure animale est omniprésente, indissolublement associée à la nature humaine, des divinités égyptiennes au Minotaure.

A travers ces « Mangeurs de viande, de la préhistoire à nos jours », c’est une histoire de l’humanité qui apparaît en filigrane. Car la viande est un nutriment mais elle est également porteuse de symboles, de force, de fougue, de puissance, de richesse. C’est bien pourquoi elle occupe une place à part dans les mythes et les croyances. De quoi nourrir le débat autour de son imaginaire et de sa consommation.

Tableau des Témoignages sur le Goût de la Chair Humaine

Nom Origine Description du Goût
Armin Meiwes Allemand Goût de porc, en un peu plus amer, plus fort
Nicolas Cocaign Français Goût de cerf, tendre
William Buehler Seabrook Américain Ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé

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