Comprendre et Gérer les Troubles du Comportement Alimentaire et les Blocages Alimentaires Liés au Stress

On dénombre dans la classification internationale du DSM-5 plusieurs grandes catégories de troubles du comportement alimentaire. Les plus courants sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Ces affections complexes engendrent généralement une grande souffrance chez les patients, c’est pourquoi elles nécessitent une prise en charge adaptée, le plus tôt possible.

Les Troubles du Comportement Alimentaire Spécifiques

L’Anorexie Mentale

Il s’agit d’une restriction alimentaire visant une perte de poids significative. L’anorexie mentale se caractérise par une peur intense de devenir gros, malgré une maigreur apparente et un poids en dessous de la normale (établi à partir de l’IMC). Les personnes souffrant d’anorexie mentale sont principalement des femmes.

L’anorexie mentale se caractérise aussi par une altération de la perception du poids et de l’image du corps, proche de la dysmorphobie.

La Boulimie

La crise boulimique correspond à l’ingestion d’un volume alimentaire largement supérieur à la normale en un temps limité, de moins de 2 heures en général, de manière compulsive ou ritualisée. Le Dr Filsnoël souligne que les patients souffrant de boulimie sont généralement des personnes impulsives et émotives.

Les personnes boulimiques mettent souvent en place des comportements compensatoires pour neutraliser leur prise de poids : vomissements, prise de laxatifs ou de diurétiques, périodes de jeûne et exercices excessifs. Les crises de boulimie et les comportements compensatoires surviennent au moins deux fois par semaine pendant trois mois, en moyenne. Elles peuvent en outre devenir pluriquotidiennes et parfois nocturnes.

Les troubles boulimiques peuvent être associés à d’autres types d’addictions, tels que l’alcool ou le cannabis. Les patients (en grande majorité des femmes) affichent un poids normal ou sont parfois en sous-poids ou en surpoids.

Anorexie, Boulimie, Hyperphagie : comment en sortir ? Malnutrition 2024

L’Hyperphagie Boulimique

L’hyperphagie boulimique, ou accès d’hyperphagie, se présente sous la forme de crises de boulimie incontrôlées et récurrentes, sans comportements compensatoires. Généralement, une certaine restriction est observable, ce qui renforce les pulsions alimentaires.

L’individu va manger de grandes quantités de nourriture en l’absence de sensation de faim, jusqu’à ressentir une pénible distension abdominale. Il recherche cette sensation de distension même si elle est inconfortable. Il mange seul par gêne et va ensuite se sentir coupable et déprimé.

Cette pathologie, qui génère une grande souffrance psychique, occasionne généralement un surpoids important, voire une obésité, parfois morbide. Encore peu connue, l’hyperphagie est d’ailleurs souvent confondue à tort avec de l’obésité. Pourtant, on n’y retrouve pas de valorisation du surpoids telle que souvent observée dans l’obésité, les comorbidités sont moins nombreuses et l’évolution est plus favorable lorsqu’une prise en charge psychologique adaptée est proposée.

Dans le traitement de cette pathologie mentale, la mise en place d’un régime ne sert à rien.

Trouble des Conduites Alimentaires Non Spécifié

Le trouble des conduites alimentaires non spécifié est un diagnostic du DSM-5 utilisé pour qualifier toutes les problématiques qui ne répondent pas précisément aux critères des troubles du comportement alimentaire spécifiques, tels que l’anorexie mentale, la boulimie et l’accès hyperphagique.

Le Mérycisme

Il s’agit d’une régurgitation ou d’une re-mastication des aliments qui peut durer des heures. Ceux-ci sont à nouveau mastiqués, ruminés, puis généralement ravalés, en l’absence de nausées ou de sentiment de dégoût. Dans le DSM-5, il est précisé que cette conduite doit être fréquente, répétée, et donc « survenir plusieurs fois par semaine, en principe quotidiennement ».

Le mérycisme peut en outre débuter à tout âge, dès la première enfance. Le mérycisme est un trouble du comportement alimentaire lié à la notion de plaisir. En effet, par cette remontée volontaire des aliments, la personne revit, inconsciemment ou non, la satisfaction qu’elle a vécu lorsqu’elle les a ingérés.

Le Syndrome d’Alimentation Nocturne (SAN)

Il s’agit d’une prise alimentaire non contrôlée, excessive, pendant la nuit. L’individu se réveille pour aller manger copieusement. Cette conduite alimentaire peut se produire dans un état de demi-sommeil, la personne n’en étant pas toujours consciente. Le lendemain, elle se réveille avec un souvenir plutôt imprécis de ce qu’elle a consommé pendant la nuit.

La Potomanie

La potomanie est un trouble du comportement alimentaire qui se définit par un besoin irrépressible de boire en grande quantité, principalement de l’eau (polydipsie) ou de l’alcool (dipsomanie). Ce trouble alimentaire s’inscrit dans une volonté de se purger, se purifier, se nettoyer. Il peut également avoir pour objectif de se remplir l’estomac au maximum et être associé à une anorexie mentale.

La Néophobie Alimentaire chez l'Enfant

Pendant la petite enfance, les enfants sont naturellement curieux et ouverts à l'exploration de nouvelles expériences, y compris en ce qui concerne les aliments. Cependant, vers l'âge de deux ans, de nombreux enfants commencent à manifester une méfiance envers les aliments qu'ils n'ont jamais goûtés auparavant. Il faut donc intégrer cette phase dans l’éducation alimentaire avec la découverte des nouveaux aliments et des nouvelles saveurs.

Qu’est-ce que la Néophobie Alimentaire ?

La néophobie chez l'enfant est un phénomène qui se caractérise par une aversion ou une peur irrationnelle des nouveaux aliments. Contrairement à chez l'adulte, la néophobie alimentaire chez l’enfant ne persiste pas et est considérée comme une phase normale du développement.

Cette réticence peut être due à une variété de facteurs, notamment les préférences alimentaires familiales, l’absence d’introduction de nouveaux aliments dès la phase de diversification alimentaire, les influences de pairs, et même la simple appréhension face à l'inconnu.

Causes de la Néophobie

Les causes de la néophobie chez l'enfant peuvent être multiples et complexes. Voici quelques facteurs qui peuvent contribuer au développement de ce phénomène :

  • Développement sensoriel : les enfants ont souvent une sensibilité accrue aux textures, aux odeurs et aux goûts des aliments.
  • Influence de l'environnement familial : les préférences et habitudes alimentaires des membres de la famille peuvent exercer une influence significative sur les choix alimentaires de l'enfant.
  • Anxiété et stress : les enfants peuvent ressentir de l'anxiété ou du stress lorsqu'ils sont confrontés à des situations nouvelles, y compris lorsqu'il s'agit de consommer de nouveaux aliments.
  • Expériences passées : les expériences alimentaires précoces de l'enfant peuvent influencer ses attitudes et ses comportements alimentaires ultérieurs.
  • Influence sociale : l'entourage de l'enfant peut exercer une influence sur ses choix alimentaires.
  • Influence éducative : les comportements néophobes des enfants peuvent être davantage exprimés en fonction des styles éducatifs adoptés.

Néophobie et Tempérament de l’Enfant

La néophobie alimentaire coïncide généralement avec la phase du “NON” pouvant apparaître entre 2 ans et 10 ans. À cet âge, les enfants développent une plus grande conscience de leur environnement et de ce qu'ils consomment. Si elle atteint souvent son pic entre 4 et 7 ans, période durant laquelle les enfants sont particulièrement résistants aux nouvelles expériences alimentaires, elle tend à diminuer progressivement avec l’âge.

Outre l’âge, la néophobie alimentaire chez les enfants est souvent associée à plusieurs traits de personnalité et comportements spécifiques :

  • L'émotivité
  • La timidité
  • L'anxiété face aux aliments
  • La défense tactile

Signes de la Néophobie

Les signes de la néophobie peuvent varier d'un enfant à l'autre, cependant, quelques indicateurs peuvent être surveillés :

  • Refus de goûter de nouveaux aliments
  • Réactions négatives face aux nouveaux aliments
  • Préférence marquée pour les aliments familiers
  • Évitement des repas ou des situations alimentaires
  • Inflexibilité alimentaire
  • Somatisation

Différents Degrés de Néophobie

La néophobie alimentaire chez l'enfant peut varier en intensité et en degré, allant d'une simple préférence pour les aliments familiers à une aversion prononcée et persistante envers tous les nouveaux aliments.

  • Néophobie légère: l'enfant peut montrer une certaine réticence à essayer de nouveaux aliments, mais cette réticence n'interfère pas significativement avec son alimentation globale.
  • Néophobie modérée: les enfants peuvent manifester une aversion plus marquée envers les nouveaux aliments.
  • Néophobie sévère: l'enfant peut présenter une aversion extrême envers tous les nouveaux aliments.
  • Néophobie sélective: certains enfants peuvent être ouverts à essayer certains types d'aliments mais refusent catégoriquement d'autres types.

Dans la plupart des cas, la néophobie alimentaire est une phase normale du développement qui tend à s'atténuer avec le temps. Cependant, si les symptômes de la néophobie alimentaire persistent et semblent affecter le bien-être général de l'enfant, il peut être utile de consulter votre pédiatre ou médecin traitant pour obtenir des conseils et un soutien supplémentaires.

Comment Aider un Enfant Atteint de Néophobie ?

Aider un enfant atteint de néophobie alimentaire peut nécessiter une approche douce et patiente. Voici quelques conseils pour l’aider à surmonter ce trouble :

  • Encourager l'exposition progressive aux nouveaux aliments.
  • Familiariser l’enfant avec un aliment rejeté.
  • Favoriser un environnement alimentaire positif.
  • Impliquer l'enfant dans la préparation des repas.
  • Modéliser un comportement alimentaire positif.
  • Parlez-en autour de vous.

Si la néophobie alimentaire de votre enfant persiste et semble avoir un impact négatif sur sa croissance, son développement ou son bien-être général, il peut être utile de consulter un pédiatre, un nutritionniste ou un psychologue spécialisé dans les troubles alimentaires pour obtenir des conseils supplémentaires et un soutien adapté.

Gérer les Compulsions Alimentaires

Quelle que soit leur origine, les fringales compulsives, appelées aussi pulsions ou compulsions alimentaires, peuvent être freinées et prévenues par quelques recommandations psychologiques ou diététiques.

La fringale compulsive ou compulsion alimentaire, nommée « craving » en anglais, est une envie incontrôlable de manger de toute urgence un aliment « plaisir » pour obtenir un réconfort immédiat. Elle devient pathologique dès lors que les aliments sont absorbés sur un temps très court, sans réelle sensation de faim, sans arriver à s’arrêter, et souvent en grande quantité.

Les compulsions alimentaires peuvent avoir plusieurs causes : stress, anxiété, fatigue, mal-être, émotions difficiles, baisse d’estime de soi, dépression, manque de sommeil… Elles peuvent aussi être le symptôme d’un trouble du comportement alimentaire (TCA).

Chez certaines personnes, les compulsions alimentaires sont ponctuelles et disparaissent rapidement, sans avoir de conséquences importantes sur le corps et la santé. Mais pour d’autres, à long terme, elles peuvent entraîner une prise de poids rapide, une addiction au sucre, mener au surpoids ou à l’obésité, et par conséquent favoriser le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension artérielle et de maladies cardiaques.

Trop se priver provoque des fluctuations de la glycémie qui déclenchent les fringales et des carences en vitamines et minéraux responsables du stress et des baisses de moral. Et cette restriction cognitive induit des frustrations qui, en se cumulant, déclenchent les dérapages puis la culpabilité, la privation et de nouveau les pulsions.

Il n’y a rien de pire pour générer des pulsions que de sauter un repas ou de trop l’alléger : l’organisme a besoin d’un apport énergétique réparti tout au long de la journée. On programme donc un vrai petit-déjeuner, un déjeuner et un dîner à heures régulières. C’est le minéral antistress par excellence ! On peut aussi programmer des cures d’un mois de compléments alimentaires magnésium + vit.

Ni le chocolat, ni les chips, ni même la charcuterie ne sont “méchants” : ce sont les abus qui posent problème ! Aussi, pour éviter les débordements, mieux vaut les mettre de temps en temps au menu et les savourer. Peur de déraper ? On achète des portions individuelles.

De nombreuses personnes grignotent compulsivement le soir, en rentrant chez elles, lorsqu’elles relâchent la pression après une journée de travail. Ou bien se lèvent la nuit pour manger, même si elles n’ont pas faim.

Respiration profonde, sophrologie, méditation, cohérence cardiaque, hypnose, pleine conscience… De nombreuses techniques existent pour canaliser rapidement les émotions et favoriser un meilleur équilibre psychique sur le long terme. La pulsion alimentaire est souvent d’origine psychologique. Ainsi, n’ayez pas peur de faire appel à un psychologue, un psychiatre ou même un nutritionniste.

Les pulsions alimentaires peuvent être des symptômes des TCA tels que les crises d’hyperphagie, de boulimie ou encore l’anorexie.

Si on ne dort pas assez, l’organisme sécrète plus de ghréline, une hormone qui stimule l’appétit, et moins de leptine, une hormone qui favorise la satiété.

Difficile de se goinfrer compulsivement devant les autres ! Lorsque la pulsion arrive, mieux vaut rester entourée, même d’inconnus, donc éviter de rester seul.e chez soi.

Trouver une « alternative plaisir » est également une excellente solution. Voir un film, faire du shopping, aller chez le coiffeur, pratiquer un sport, préparer une recette, peindre, chanter… Peuvent procurer autant de plaisir qu’une tablette de chocolat. En amont, on liste ses activités préférées et, en cas de pulsion, on pioche dedans.

Enfin, autorisez-vous à relâcher la pression dans tous les domaines, pas seulement la nourriture (travail, famille, sport…). Les pulsions sont souvent l’expression inconsciente d’une personne qui essaie de tout contrôler. Pour casser le cercle vicieux pulsions-culpabilité-pulsions, il faut savoir être indulgent envers soi-même.

Troubles Alimentaires et Stress : Une Expérience Personnelle

Depuis le confinement de 2020 et une période difficile, une personne a partagé avoir de nombreux problèmes avec la nourriture. Son problème s’est déclenché lors d'examens scolaires, une période de stress. En fait, elle a faim mais au moment de passer à table, au bout de 5 bouchées elle a des sensations de nausées et impossible de continuer le repas malgré la faim. Ce problème était passé mais maintenant dès qu'elle est un peu stressée cela revient et cela l'empêche de manger à sa faim.

Elle a aussi développé une peur par rapport à certains aliments, plus ils sont gros et plus elle a l’impression de ne pas pouvoir avaler correctement. Il a été conseillé d'en parler à un médecin traitant pour éliminer une cause somatique et envisager une assistance psychothérapeutique pour explorer les angoisses liées à cette période stressante.

Tableau récapitulatif des troubles alimentaires :

Trouble Alimentaire Caractéristiques principales Comportements associés Solutions possibles
Anorexie Mentale Restriction alimentaire sévère, peur intense de prendre du poids Perte de poids importante, altération de l'image corporelle Prise en charge médicale et psychologique, thérapie cognitive
Boulimie Crises de boulimie suivies de comportements compensatoires Vomissements, utilisation de laxatifs, exercice excessif Thérapie comportementale, soutien psychologique
Hyperphagie Boulimique Crises de boulimie sans comportements compensatoires Consommation de grandes quantités de nourriture, culpabilité Thérapie cognitive, soutien psychologique
Néophobie Alimentaire Aversion ou peur irrationnelle des nouveaux aliments Refus de goûter de nouveaux aliments, réactions négatives Exposition progressive, environnement alimentaire positif
Compulsions Alimentaires Envie incontrôlable de manger pour obtenir un réconfort Consommation rapide et excessive de nourriture, culpabilité Techniques de relaxation, soutien psychologique

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