La crêpe, aujourd'hui traditionnellement rattachée à la Bretagne, possède en réalité des origines aussi vastes qu'est grande sa popularité. En France, c’est bien en Bretagne que les plus anciennes traces de crêpe ont été retrouvées.
Dans le folklore populaire, la Bretagne est connue pour son drapeau noir et blanc, ses coiffes bigoudènes, sa météo capricieuse mais aussi, et surtout, pour ses crêpes. Preuve en est, sur le site de l'Office du tourisme breton, une rubrique entière est dédiée à la crêpe, présentée comme "la star de la cuisine bretonne".
Mais, n’en déplaise à nos lecteurs bretons, ce type de préparation à base de farine de froment, d’œufs et de lait existe un peu partout dans le monde.
Les archéologues ont mis au jour le fragment d’un large plat en céramique, une galettière, lors de fouilles réalisées sur le site de l'ancienne l’abbaye de Landévennec dans le Finistère. Les analyses ont montré que l'objet avait servi, au XIIIe siècle, à cuire à haute température des ingrédients tels que du beurre ou du lait, exactement comme on le fait encore aujourd’hui pour les crêpes !
Pour trouver les premières traces de la spécialité, il faut remonter loin dans le passé. Car si l'on considère la crêpe comme une galette réalisée à partir de céréales, son histoire est liée à celle de l'arrivée du pain, vers 14.000 avant JC, date à laquelle des premières traces du plat ont été retrouvées en Jordanie actuelle. Plus tard, durant l'Antiquité, les Romains continuent de confectionner des galettes, notamment les légionnaires, payés en grain.
Les premières traces de la crêpe moderne font leur apparition dans un ouvrage publié au XIIIème siècle, comme le rapporte dans une vidéo de vulgarisation historique publiée sur YouTube Thibault Gagnage, de la chaîne Histoire Appliquée. À cette époque, le chevalier anglo-normand Walter de Bibbesworth écrit Le Tretiz, un recueil de poèmes destiné aux enfants de la noblesse pour leur apprendre le Français. Dans ce texte, son auteur évoque, lorsqu'il mentionne différents plats, des "crispes". Dérivé du latin crispus, qui renvoie à un élément ondulé, ce terme est la première mention des crêpes modernes.
Plus tard, vers la fin du XIVe siècle, le Ménagier de Paris est publié. Cet ouvrage, écrit par un bourgeois de l'époque à destination de son épouse, comporte des principes et préceptes, mais également des recettes. Parmi ces dernières, on retrouve une recette de crêpes, "à la mode de Tournay". Les ingrédients? De la farine des œufs, du beurre, de l'huile, et du vin blanc.
Alors que la crêpe devient au fil des siècles un plat très apprécié par l'ensemble de la population, de par sa simplicité et son faible coût, des régions en font progressivement leur spécialité. Notamment en Bretagne, où la crêpe, ou galette selon le territoire, peut se préparer à base de sarrasin. Elément constitutif de la gastronomie bretonne, le blé noir a historiquement toujours été très apprécié, car il restait abordable même en période de famine, comme le rapporte l'historien Erwan Le Gall dans un article paru en ligne.
Mais à l'époque, pas question de garnir sa crêpe de jambon ou de fromage. "Autrefois, la crêpe de sarrasin, on la coupait en lanières, on la mettait dans la soupe. C'était comme le pain. C'est à partir de la fin du XIXe siècle qu'on a garni les crêpes", détaille la journaliste culinaire Emmanuelle Jary dans son émission C'est meilleur quand c'est bon.
Il y a des traditions qui ne tiennent parfois qu'à un seul homme. Celle des crêpes que l'on déguste avec plaisir pour la Chandeleur, chaque 2 février de l'année, est de cette trempe-là. Cette drôle de coutume ne s'est en effet pas imposée par hasard, poussée par la mafia boulangère ou le cartel de la farine et des œufs, qui y voyaient là un lucratif moyen de remplir leurs caisses une fois par an. Non, la Chandeleur et ses fameuses crêpes, c'est bien plus que cela.
Si l'on se plonge dans le passé, on trouve déjà des traces de fêtes païennes antiques à chaque début de mois de février. On y célébrait alors l'allongement des jours après le solstice d'hiver. Les Romains baptisèrent cette période les Lupercales, nom faisant référence à Lupercus (ou Faunus), dieu romain de la fécondité des troupeaux et qui les défend contre les loups. Une divinité que l'on implorait alors pour qu'elle fasse revenir la lumière du soleil, pour mettre un terme à la pénombre hivernale. À croire qu'à l'époque, déjà, on rêvait de pouvoir se dorer à nouveau la pilule et faire le plein de vitamine D.
Vient ensuite le christianisme. Selon la tradition, le 2 février tombe quarante jours après Noël et correspond à la Présentation de Jésus par Marie et Joseph, au Temple de Jérusalem. Sur leur chemin, ils rencontrent Syméon, un vieillard qui reconnaît en l'enfant Jésus le Messie promis et le décrit comme une «lumière pour éclairer les nations païennes». Encore cette fameuse référence à la lumière, mais toujours pas de crêpes à l'horizon.
Il faudra attendre le Ve siècle pour que les choses s'ancrent telles que nous les connaissons. Le fautif? Un certain Gélase Ier, le pape de l'époque (492-496). Ce dernier a un objectif: christianiser les fêtes païennes encore très populaires dans l'Empire romain. Pour remplacer ces rites, il instaure alors des processions nocturnes aux cierges et aux chandelles, symboles de purification et de renouveau. Une «fête des chandelles», dont la première procession officielle aurait eu lieu en 472, qui deviendra la Chandeleur avec le temps!
Initialement, cette célébration remonterait à l’Antiquité chez les Romains. On y fêtait les "Lupercales" en l’honneur du dieu de la fécondité et des troupeaux, Lupercus.
Bon, ce n'est pas tout, mais que diable viennent faire les crêpes dans tout ça? Pourquoi ne pas distribuer des matcha lattes, par exemple? Là encore, il faut remonter aux fêtes païennes antiques. À l'époque, les coffee shops n'existaient pas, donc pour célébrer la fin de l'hiver début février, on consommait des… galettes de céréales, rondes et chaudes, qui évoquaient le disque solaire!
Le pape Gélase Ier, fin stratège de la christianisation, décide là encore de reprendre cette habitude. Il aurait distribué ces mêmes galettes de blé aux nombreux pèlerins arrivant à Rome pour la «fête des chandelles». Faciles à partager, nourrissantes, les galettes ont de quoi plaire et s'ancrer dans le temps. D'autant plus qu'elles projettent un symbole fort.
Les galettes, qui deviendront des crêpes avec le temps, ont en effet une forte dimension symbolique: elles sont souvent confectionnées avec la farine restante de la récolte précédente et représentent autant l'abondance que la prospérité. De quoi «flex» sans forcer, juste avec un peu de farine et des œufs.
Sans forcer, c'est un bien grand mot: il y a d'autres rituels qui ont tendance à compliquer légèrement les choses. Dans certaines régions, notamment en Bretagne ou dans le Sud-Ouest, il fallait carrément placer, puis conserver, la première crêpe en haut d'une armoire jusqu'aux… prochaines récoltes!
Pire, selon une superstition plus récente, il faut faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant une pièce dans la main gauche (un louis d'or si possible). Si la crêpe retombe correctement dans la poêle, c'est la prospérité assurée pour toute l'année à venir.
C’est la spécialité culinaire de la région : la galette de sarrasin. Ou blé noir comme on l’appelle aussi, même si le sarrasin n’est pas une céréale. La plante est rapportée en France par les Croisés, et c’est en Bretagne qu’elle prend racine car elle affectionne les sols acides et pousse vite sous les climats bien arrosés… Mais je n’ai rien dit ! Toujours est-il que le sarrasin est rapidement adopté par les paysans bretons.
Dès le XVe siècle, la galette y devient un plat de base. On la cuit sur une galettière ou sur une billig, une plaque circulaire en fonte posée dans l’âtre. À partir du XVIIIe siècle, des femmes proposent dans les rues crêpes et galettes à emporter. Les premières crêperies voient le jour en Bretagne au siècle suivant. Depuis, la galette a fait recette aux quatre coins du pays : en 2023, elle a même remporté le concours du plat régional préféré des Français au salon de l’Agriculture !
Ah, les Bretons ! Ils traînent derrière eux toute une ribambelle de clichés, souvent répétés avec un brin d’humour et un soupçon d’exagération. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce qu’il pleut tout le temps ? Sont-ils vraiment tous marins et têtus ?
1. « En Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour »
Cette petite blague est désormais un grand classique dans la bouche des touristes. Pour être honnête, les courtes intempéries à répétition, ça nous connaît. Un vrai Breton sort toujours paré d’un solide parapluie, caché au fond de sa besace.
Mais une vraie question demeure : pleut-il vraiment plus dans cette région qu’ailleurs ? Le bilan climatique dressé par Météo France sur ce début d’année 2024, prouve que ce n’est pas en Bretagne qu’on sort le plus les bottes de pluie. Si on regarde les précipitations enregistrées ces douze derniers mois, on note qu’à Brest, ville bretonne connue pour son ciel gris, il a plu en moyenne 879 millimètres (mm), contre 831,5 mm à Aurillac (Auvergne-Rhône-Alpes) et... 982,2 mm à Biarritz (Nouvelle-Aquitaine). La différence est encore plus parlante si l’on prend Rennes comme ville bretonne de comparaison. Sur les douze derniers mois, seulement 425,9 mm de pluie y ont été enregistrés.
La Bretagne n’a donc pas à rougir, il n’existe pas de microclimat qui enferme la région dans un nuage de pluie constant. Même sous la pluie, le charme de la région reste inchangé.
2. « Nantes, c’est en Bretagne ? »
N’allez surtout pas poser cette question aux amateurs bretons de foot, vous risqueriez de les énerver. Loin de nous l’idée de vouloir semer la zizanie mais il est temps de clore le débat, au moins géographiquement. Pour bien comprendre, il faut remonter le cours du temps.
Historiquement, le pays de Nantes était bel et bien considéré comme breton selon le découpage provincial d’antan. Ville de résidence des ducs de Bretagne au XVe siècle, elle a connu de ce fait, un important développement économique et culturel. Elle est restée partie intégrante de la province de Bretagne jusqu’à la création des départements en 1790.
Le 13 janvier 1790, l’Assemblée nationale, fraîchement composée par les députés du tiers état, décrète la division de la région bretonne en cinq départements. Le 4 mars de cette même année, un décret officiel crée le département de la Loire Inférieure (future Loire-Atlantique), avec Nantes comme chef-lieu.
La véritable scission intervient au cours de l’entre-deux-guerres : à l’époque, l’idée de regrouper les départements en régions administratives germe dans la tête de l’administration française. Un premier découpage régional est opéré sous le gouvernement de Vichy et vient séparer la Loire Inférieure des autres départements bretons. Nantes fait alors ses premiers adieux à la région. Si le décret a été annulé à la chute du régime de Pétain, une seconde décision gouvernementale entérine l’idée. Le 13 juillet 1956, le gouvernement de Guy Mollet (SFIO) signe un arrêté ministériel créant les 22 régions. Nantes devient définitivement la capitale du Pays de la Loire.
Administrativement et géographiquement, la ville n’est plus dans la péninsule bretonne. Pour autant, au sein de la grande région historique, le débat est loin d’être réglé.
3. « Et le Mont-Saint-Michel, alors ? »
Même débat pour le célèbre rocher ! Si un vieux proverbe dit « le Couesnon, dans sa folie, a mis le Mont en Normandie et le rendra aux Bretons dès qu’il retrouvera la raison », il n’en est rien depuis plus de mille ans. Ce monument, parmi les plus visités de France, n’est pas compté dans le riche patrimoine de la Bretagne.
Pour comprendre la maxime et les origines géographiques de ce que l’on surnomme « la Merveille de l’Occident », il faut revenir à l’an 709. Cette année-là, l’évêque d’Avranches décide d’aménager le rocher graniteux encore vierge de toute empreinte humaine, en l’honneur de l’archange Michel. En 849, les petits royaumes bretons sont réunis sous l’égide du Royaume unifié de Bretagne. La propriété bretonne ne sera que de courte durée puisque Guillaume Ier de Normandie réussi à négocier avec la royauté un agrandissement de son territoire et récupère son précieux rocher tant convoité par les Bretons.
4. « Les Bretons, vous picolez beaucoup ! »
Les Bretons jouissent d’une sacrée réputation de fêtards, difficile à démentir… Entre les fest-noz, les foires et les pintes de bière en terrasse au moindre rayon de soleil, on peut comprendre qu’on nous prenne pour des ivrognes. La culture de l’apéro n’est pas réservée qu’à la Bretagne.
Une synthèse publiée en 2021 par Santé publique France démontrait que l’Occitanie (11 %), la Nouvelle-Aquitaine (10,2 %) et les Pays de la Loire (9,7 %) comptaient le plus grand nombre de buveurs quotidiens chez les 18-25 ans. Dans ce classement, la Bretagne n’arrive qu’en huitième position (7,9 %). De quoi tordre un peu le cou à ce cliché. Yec’hed mat ! (traduisez « santé ! »)
5. « Plutôt crêpes ou galettes ? »
Sempiternel débat qui divise les Bretons eux-mêmes. Il existe une vraie guerre des termes entre « crêpes salées », « galettes » et « crêpes sucrées ». Pour ne pas se prendre un regard noir en commandant cette spécialité au restaurant, il suffit en fait de faire attention à votre localisation.
En Basse Bretagne (Finistère, une partie du Morbihan et des Côtes-d’Armor), on appelle le plat confectionné avec de la farine de sarrasin, une « crêpe de blé noir » ou une « crêpe salée ». Pour les territoires de Haute Bretagne en revanche (Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et partie orientale du Morbihan et des Côtes-d’Armor), ce nom est un sacrilège, il faut parler de « galette » quand le plat est salé.
6. « Attention à la mouette ! »
Les touristes se méprennent souvent. En Bretagne, ils ne sont jamais sûrs de savoir si l’espèce qui leur pique les paquets de chips sur la plage ou leur kouign-amann sur les remparts de Saint-Malo est une mouette ou un goéland. Pour ne plus se tromper, il faut connaître les signes distinctifs de ces volatiles. La mouette est petite et dodue et chope votre nourriture avec son bec fin et pointu, souvent rouge. Un peu plus agressif que sa cousine la mouette, le goéland, quant à lui, est bien plus massif. Il se distingue par son bec jaune, crochu et imposant, et il est passé maître dans l’art de vous chiper votre glace, votre gaufre et votre crêpe (ou galette !) directement dans la main.
Et si on vous disait que plonger dans le monde des expressions bretonnes, c’est un peu comme partir à l’aventure dans un pays étranger, où chaque mot est une nouvelle découverte culturelle ? En Bretagne, il n’y a pas de pénurie d’expressions qui illustrent l’esprit indomptable et l’héritage culturel riche de la région. Accrochez-vous, Bec’h dei !
La nuit est tombée sur la Bretagne et la fête bat son plein. Les rires et les conversations joyeuses résonnent dans les rues, les bars et les maisons.
Avant l’apéro, révisez votre breton ! Quelques mots pour commander une bière, baragouiner avec le sourire et lancer la soirée. S’imprégner de la langue Entre les chants traditionnels (kan ha diskan), les conversations animées, les musiques entraînantes et les danses qui mélangent toutes les générations, c’est l’occasion idéale d’écouter, de répéter et de s’imprégner de la langue tout en s’amusant.
Ce sont ces petites pépites linguistiques que vous entendrez au marché, au café ou en famille lors de votre séjour sur la Côte de Granit Rose.
C'est quoi exactement, un bretonnisme ?
Le terme « bretonnisme » désigne l’influence de la langue bretonne sur la langue française. On en distingue deux types :
Ces expressions sont le reflet d’une culture vivante et d’une identité régionale forte que les Bretons ont plaisir à partager.
Combien de personnes parlent encore breton aujourd'hui ?
Plus de 200 000 locuteurs selon l’Office Public de la Langue Bretonne, et le nombre augmente chaque année grâce aux écoles Diwan (écoles où l’on enseigne le breton) !
Le breton est-il difficile à apprendre ?
Comme toute langue, ça dépend ! Elle ne recèle aucune difficulté insurmontable pour les débutants et avec des expressions courantes, on peut vite s’amuser.
Est-il possible de prendre des cours particuliers ?
Oui, tout à fait ! De nombreux professeurs, répartis dans tout le Trégor, proposent leurs services entre 15 et 25€ de l’heure. Il est possible de réserver des cours sur les différents sites web à disposition.
Quelle est l'expression bretonne la plus utile ?
« Demat ! » qui veut dire bonjour et « Trugarez ! » qui veut dire merci.
Inspirez-vous de nos épingles thématiques pour organiser votre prochain voyage, que ce soit pour des escapades en pleine nature, des découvertes culturelles ou des moments de détente en famille.
Le 2 février marque le moment de la Chandeleur. Une fête traditionnelle ancienne devenue célébration populaire, il est coutume de déguster des crêpes.
Le 2 février marque le jour de la Chandeleur dans notre calendrier, soit 40 jours après Noël. Une fête traditionnelle qui tiendrait ses racines de la religion à travers le temps.
C'est au Ve siècle que cette fête est associée aux "chandelles" par le pape Gélase Ier. Il est indiqué dans l'évangile que Marie et Joseph présentèrent Jésus au temple 40 jours après Noël, c'est-à-dire le 2 février. Ainsi, la Chandeleur symbolise la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, où une marche aux chandelles était alors organisée pour représenter la lumière apportée sur Terre par le fils du Christ.
Les crêpes, rondes et dorées, étaient autrefois des symboles de lumière, de soleil et du retour des beaux jours. Aujourd'hui, la Chandeleur offre l'occasion idéale de déguster de délicieuses crêpes en famille ou entre amis. Qu'elles soient de blé noir ou de froment, elles sont les bienvenues chez nous le 2 février, mais également tout au long de l'année pour régaler nos papilles !
Hormis les divers symboles évoquant sa forme et sa couleur, la crêpe reste aujourd’hui un aliment très apprécié des Français, qui n’hésitent pas à la déguster de plusieurs manières. Enroulée ou pliée en quatre, saupoudrée de sucre, étalée de confiture ou de pâte à tartiner, il y en a pour tous les gouts. L’occasion aussi pour certains internautes (très gourmands) de faire preuve d’humour sur les réseaux sociaux.
| Ville | Précipitations (mm) |
|---|---|
| Brest | 879 |
| Aurillac | 831.5 |
| Biarritz | 982.2 |
| Rennes | 425.9 |
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Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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