L'Histoire et la Production du Biscuit de Sèvres

Aux portes de Paris, la Manufacture de Sèvres s'attache à transmettre un savoir-faire vieux de près de trois siècles ! Depuis la création de cette manufacture de porcelaine sous Louis XV en 1740, Sèvres a su se construire une renommée à la hauteur de son talent.

Mais peut-on encore être moderne lorsque l’on a soufflé sa 280e bougie ?! Aujourd’hui, Sèvres collabore avec les plus grands artistes contemporains pour réaliser des pièces remarquables, poussant toujours plus loin les limites techniques sans pour autant tourner le dos à sa riche histoire.

Initialement créée pour concurrencer la porcelaine de Saxe, la Manufacture de Sèvres naît en 1740 sous les auspices de Louis XV et de sa favorite, Madame de Pompadour. La Manufacture est rapidement pionnière, tant du point de vue technique qu’artistique. La porcelaine de Sèvres opère une véritable rencontre entre l’art et la science. En effet, avec l’arrivée de la pâte dure les modèles et les couleurs se diversifient. Alors qu’elle souffre de la Révolution de 1789, elle se maintient à travers les régimes successifs du XIXe siècle.

Aujourd’hui Sèvres - Cité de la céramique, connue également sous le nom de Manufacture nationale de Sèvres et anciennement Manufacture de Vincennes, il s’agit probablement de la manufacture de porcelaine européenne la plus connue tant elle a concouru à l’évolution de la porcelaine depuis 1740.

Née en Chine, la porcelaine fascine par sa blancheur et par sa translucidité. Sous l’Ancien Régime, on la surnommait « l’or blanc » : c’était un bien d’ultra luxe, extrêmement recherché, à tel point que plusieurs cours européennes se mirent en quête de percer les secrets de sa fabrication.

La porcelaine est une matière composée de trois roches : le kaolin, le feldspath et le quartz. Au début du XVIIIe siècle, la découverte d’un gisement de kaolin en Saxe permit de créer la première manufacture de porcelaine hors de Chine, la manufacture royale de Meissen.

Le Père François-Xavier d’Entrecolles, un jésuite originaire de Limoges en mission en Chine, décrivit pour la première fois la technique de fabrication de la porcelaine - ce fut l’un des premiers cas d’espionnage industriel !

Parallèlement, Louis XV, encouragé par Madame de Pompadour, finança la création de la Manufacture de Vincennes en 1740, qui parvint à réaliser des essais concluants. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres sous l’impulsion de Madame de Pompadour qui possède non-loin son château de Bellevue. Cette même année, Louis XV devint l’actionnaire unique de la manufacture et la rattacha au domaine de la Couronne en 1759.

En 1709, Johann Friedrich Böttger met au point la formule de la porcelaine dure grâce à la découverte d’un gisement de kaolin en Saxe : la porcelaine de Saxe est née. Il créé alors la première manufacture de porcelaine dure hors de Chine qui jouit d’un grand succès. Les manufactures de porcelaine tendre essaient alors de pallier cette concurrence, notamment la manufacture de Chantilly.

En France, Jean-Louis Henri Orry de Fulvy achète en 1738 à des ouvriers transfuges les secrets de fabrication de Chantilly et installe en 1740 un atelier de porcelaine tendre dans une tour du château de Vincennes. Louis XV et Madame de Pompadour soutiennent ce projet, avec pour pareil objectif de concurrencer les porcelaines de Meissen et de Chantilly.

Mais la Saxe gardera jalousement le secret de la porcelaine dure (composée à près de 75 % de kaolin) pendant près d’un demi-siècle, porcelaine dure pourtant si convoitée par les cours européennes.

Suite à la mort de Orry de Fulvy, la Manufacture de Vincennes devient royale en 1752 et répond à des commandes de grande envergure : outre Louis XV, l’impératrice de Russie commandera par exemple un service de table en 1754. C’est cette même année que le très connu Vase à oreilles commence à être produit.

Ce vase, dont la forme est due à Jean-Claude Duplessis, est caractéristique du goût pour les décors poudrés de l’époque dans l’esprit de Boucher. Il séduira entre autres Madame de Pompadour ou encore le Prince de Condé, dont deux des exemplaires sont aujourd’hui conservés au Musée du Louvre.

Pendant cette période, la création de la Manufacture ne peut également échapper au goût naissant pour l’Orient. Cette Boîte à thé des Indes, datée 1753, fait partie des premiers objets créés par Vincennes, et, déjà, affirme l’esthétique légère et élégante qui caractérisera la production future de la fabrique.

La Manufacture, contrôlée entièrement par la Couronne, jouit ainsi d’une grande renommée et, pour répondre à des commandes toujours grandissantes, est transférée à Sèvres en 1756 dans un bâtiment plus important construit à l’initiative de Madame de Pompadour par l’architecte Lindet.

L’excellence des matières, des techniques et des créations, au goût du jour, concourent à la réussite de la Manufacture dont les modèles sont réalisés par des artistes de renom tel Duplessis père, orfèvre du Roi, créateur de nombreux modèles à partir de 1748, comme l’Assiette plate Duplessis, Décor aux oiseaux en 1758 dont la scène naturaliste révèle l’influence des l’histoire naturelle et de ses illustrations, alors très en vogue.

Avec cette découverte, la Manufacture de Sèvres se développe véritablement, notamment à partir du début du XIXème siècle. Les productions se caractérisent alors par leur modernité et la diversité des styles. Pendant le Premier Empire, les productions de la Manufacture ne manquent pas de célébrer Napoléon. Ses conquêtes sont ainsi évoquées par des créations dont le décor, alors tout à fait nouveau, est révélateur de la vague d’égyptomanie tels que ce Sucrier Égyptien conçu au retour de la campagne de Bonaparte.

La Manufacture est administrée jusqu’en 1847 par le savant Alexandre Brongniart qui participe à son rayonnement. Il met au point de nouvelles techniques, comme le calibrage ainsi que le coulage qui attire de nombreuses louanges lors de l’Exposition Universelle de 1851 . Il s’attelle par ailleurs à la création dès 1802 de la collection qui servira au Musée Céramique et Vitrique, premier musée exclusivement voué à la céramique et aux arts du feu ouvert au public en 1824. Le Musée entend alors présenter les céramiques de toutes les époques et de tous les lieux. Avec la Restauration et le règne de Louis-Philippe, l’iconographie se diversifie et s’inspire de l’antiquité grecque comme du Romantisme ambiant.

Ce vase Lancelle de forme ovoïde traduit ainsi le goût néo-classique. Le Second Empire est quant à lui marqué à Sèvres par le retour de la sculpture, tombée entre temps en désuétude. Bien que l’industrie se fasse de plus en plus pressante et présente à partir de la IIIème République, la Manufacture de Sèvres entend perpétuer des savoir-faire artisanaux et des techniques traditionnelles tout en se faisant l’écho des tendances nouvelles. Le Japonisme puis l’Art Nouveau ne tardent ainsi pas à investir les créations comme en témoignent ce Service Uni, au décor dessiné par Jules Auguste Habert-Dys, ainsi que ce Vase des Pommerets "pins". C’est de cette époque que datent aussi les rares collaborations entre la Manufacture et Rodin dont le décor de ce vase Les Centaures est le témoignage. La forme a quant à elle était imaginée par Albert Ernest Carrier-Belleuse, autre grand nom ayant travaillé avec Sèvres.

C’est aussi pendant la IIIème République que sont construits les six grands fours au corps cylindrique séparé en trois niveaux par Ambroise Milet à partir de 1877, aujourd’hui classés monuments historiques. La cuisson qu’ils permettent - chaleur répandue de manière uniforme et enveloppante suivie d’un refroidissement très progressif - est à l’origine de la qualité inégalable des émaux et la taille des fours rend possible la production de pièces monumentales dont Sèvres s’est fait une spécialité.

En 1876, la Manufacture et le Musée sont transférés dans des bâtiments construits par l’État en bordure du parc de Saint-Cloud, bâtiments classés monument historique où une création contemporaine se poursuit tout au long du XXème siècle et aujourd’hui encore. Naissent ainsi pendant les années Art Déco des porcelaines épurées et minimalistes, comme cet ensemble de Tasse et soucoupe dessiné par Jacques Emile Ruhlmann (1879-1933). Car, ce qui caractérise la Manufacture, c’est bien sa capacité à créer de nouvelles formes et à puiser dans les thèmes modernes, création dont les Expositions Universelles se font les parfaites intercesseurs.

Sèvres. Pousser les portes de la manufacture de Sèvres donne l’impression de voyager dans le temps car si les avancées technologiques ont pu faciliter sur certains points les méthodes de production, cela ne s’est jamais fait au détriment de la main. Ainsi, les fours ont évolué, le tournage de certaines pièces se fait grâce à l’électricité… mais la quasi-totalité des taches restent manuelles car la porcelaine est une matière capricieuse que la machine peut difficilement dompter.

La fabrication d’une porcelaine passe par plusieurs étapes. La manufacture possède six fours à bois mais un seul est toujours en état de fonctionnement. Parmi les différents ateliers de Sèvre, l’un des plus impressionnants est celui dédié à la peinture. Ici, les artisans travaillent à l’aveugle car les teintes changent à la cuisson. Ils doivent donc se servir d’une « palette » élaborée lors de leur apprentissage qui leur sert de repère.

On distingue les couleurs de grand feu et de petit feu, qui cuisent respectivement au-dessus et au-dessous de 1000 degrés. La plupart des pièces nécessitent plusieurs essais de peinture avant de valider la version définitive. Certains motifs demandent jusqu’à 300 heures de travail !

La palette de Sèvres compte aujourd’hui plus de 1000 couleurs dont le fameux « bleu de sèvres » devenu l’identité de la manufacture ! La plupart des pièces produites à Sèvre, notamment celles liées à l’art de la table (tasses, assiettes…) passent ensuite à l’atelier de filage-dorure.

Tous les agents de Sèvre sont des techniciens d’Art. En parlant avec les artisans, on réalise que chaque pièce a une anecdote, une histoire à raconter. Et si ces mêmes artisans vous confieront avec beaucoup de modestie que ce ne sont pas eux les artistes et qu’ils ne font « que » produire la pièce qui leur a été demandée, ne vous fiez pas à leur témoignage car leur savoir-faire nécessite une longue expérience et une haute technicité.

Dès le XVIIIe siècle, la Manufacture de Sèvres a pris l’habitude de collaborer avec des artistes. En 1800, Alexandre Brongniart est nommé à la tête de la manufacture. Pendant 47 ans, ce savant va considérablement développer Sèvres et lui donner une renommée internationale. Ce musée à la vocation internationale et universelle n’est pas dédié uniquement à Sèvres.

Il s’agit d’un musée d’inspiration qui a permis de faire se confronter des formes, des décors, couleurs et techniques du monde entier, de l’antiquité à nos jours. La manufacture produit essentiellement pour l’État et fournit notamment le service de table de l’Elysée. Certaines porcelaines anciennes refont régulièrement surface dans les Maisons de ventes aux enchères. Attention, seul le musée se visite.

Le célèbre " vase de Sèvres ", cadeau officiel typique, remonte évidemment aux origines mêmes de la Manufacture nationale; chose étonnante, il a été créé pour mettre des fleurs. Des fleurs en porcelaine d'ailleurs. Dans le magistral ouvrage consacré à l'histoire et aux productions de cette illustre industrie (1) on apprend qu'au temps où " Sèvres " était à Vincennes, c'est-à-dire entre 1745 et 1756, la mode était d'offrir des bouquets de fleurs en porcelaine montées sur des laitons vernis.

Ces bouquets avaient Jusqu'à quatre cent quatre-vingts fleurs et atteignaient presque un mètre de haut. Ces fastueuses gerbes devinrent le grand succès de la Manufacture, qui créa des vases français pour leur présentation. Ainsi fut évité le lourd tribut payé à Meissen. D'autant que le goût du jour était de placer cinq vases " formant ensemble " sur chaque cheminée ou console. On voit l'importance de cette " guerre des porcelaines " où le kaolin Jouait, nous dit Pierre Verlet, le rôle actuel de l'uranium. Le roi, les grands et les marchands surent lancer Sèvres.

Une grande marque de fards, celle de la demoiselle Martin, commandait en 1785 deux mille petits pots pour ses produits de beauté. Le succès des pièces de porcelaine françaises fut inouï, et la découverte tant attendue du kaolin à Saint-Yrieix, par un chirurgien limousin, permit une exportation dont on connaît l'importance et qui dure encore.

Dans les pâtes tendres se mêlaient le sable de la forêt de Fontainebleau, le plâtre de Paris, le salpêtre, la soude, l'alun, le blanc d'Espagne et la marne d'Argenteuil : leur secret fut bien gardé. On les fabriquait quand les trois cents ouvriers avaient tous quitté la maison. L'eau, bouillante, le savon vert et la colle de peau en achevaient la préparation.

Mais l'époque était hantée par la " vraie porcelaine " dure et plus blanche, résistant aux traces des couteaux, celle dont la Chine avait donné l'exemple. La possession du kaolin fut donc la grande date : elle ouvrait un champ illimité à la porcelaine.

Contrairement aux décorations de Chinoiserie en vogue à la fabrique de Sèvres depuis sa création, cette statuette n'est pas une figure fantastique mais un véritable portrait - celui de l'empereur chinois Qianlong (1736-1795). Il était basé sur un portrait à l'aquarelle de Giuseppe Panzi, un père jésuite à la cour de Pékin, et a été prêté à l'usine par le secrétaire d'État Henri Bertin, un client important qui n'a pas hésité à influencer les choix artistiques de l'entreprise en suggérant des décorations et en fournissant des modèles.

En 1776, Bertin, un érudit passionné par la Chine, publie ses Mémoires concernant l'histoire, la science, les arts, les mœurs et les coutumes des Chinois, avec un frontispice représentant une représentation imprimée du portrait de Qianlong. Ce portrait aquarellé a également servi de modèle pour des peintures sur porcelaine ; en 1776, lorsque le portrait en biscuit a été produit, une première plaque de porcelaine, peinte par Charles-Éloi Asselin, a été vendue à Louis XVI pour la somme considérable de 480 livres, et a été suivie de deux autres.

La figure de l'empereur de Chine, probablement créée en 1775, a été attribuée au sculpteur Josse-François-Joseph Le Riche, modeleur à Sèvres de 1757 à 1801 (bien que rien dans les archives ne confirme cette attribution). La première figurine en biscuit a été vendue en août de l'année suivante à la duchesse de Mazarin pour soixante-douze livres, une somme relativement modeste en raison de la simplicité de la figurine qui a été réalisée en utilisant seulement sept moules, alors que les figurines de groupe les plus ambitieuses pouvaient nécessiter jusqu'à une centaine de moules.

La fabrique a acquis du prestige pour sa production de petites figurines faites d'un nouveau matériau céramique, laissées sous forme de "biscuit" non émaillé, avec une surface blanche finement polie évoquant le marbre. A partir du milieu du siècle, cette production s'est développée à tel point qu'en 1757, la fabrique de Sèvres a nommé un directeur de la sculpture, un poste occupé jusqu'en 1766 par Étienne-Maurice Falconet (1716-1791) ; il a été remplacé par le peintre Jean-Jacques Bachelier (1724-1806) jusqu'en 1773, puis par le sculpteur Louis-Simon Boizot (1743-1809) qui a occupé le poste jusqu'à sa mort. Les figurines de Sèvres étaient exportées et imitées dans toute l'Europe.

Malgré ses prestigieux principaux acheteurs - la reine Marie-Antoinette, la tante de Louis XVI, Madame Adélaïde, la duchesse de Durfort et l'ambassadeur de Sardaigne - la figure de l'empereur de Chine n'a pas connu un grand succès, et seulement treize exemplaires ont été vendus.

Lors de l'Exposition universelle de 1900, la Manufacture de porcelaine de Sèvres crée la sensation avec un surtout de table en biscuit, composé de quinze statuettes dansant et jouant avec leurs voiles. La prouesse technique de ces plis délicats, presque translucides, dans la draperie a été rendue possible grâce au développement d'une nouvelle argile à porcelaine dure, d'une résistance exceptionnelle. La nouveauté du sujet, la qualité des statuettes et leur composition harmonieuse et dynamique, ont impressionné le public.

Le modèle de cette Danseuse a été tiré de ce surtout de table. A partir du moment où Alexandre Sandier a été nommé au poste de directeur artistique en 1896, la Manufacture a commencé à chercher à relancer sa production. En 1897, au Salon de la Société nationale des Beaux-arts, Sandier voit "Dix modèles représentant une danse avec des ‘écharpes' et des reliefs en terre cuite qui préfiguraient la décoration d'un ‘centre de danse'". Il contacte l'artiste, Agathon Léonard. Il demande à Léonard de modifier et d'adapter ses figures pour un surtout de table. Cela représente une rupture significative avec la tradition des centres de table du XVIIIe siècle et ce choix introduit une nouvelle esthétique où tout était lignes fluides et arabesques.

Aujourd'hui, ce surtout de table La Danse de l'écharpe, est considéré comme emblématique de l'Art Nouveau. Sèvres a ensuite produit chaque figure en deux tailles. Celle-ci est la ‘deuxième taille'. Nous savons grâce aux archives de l'usine que 125 exemplaires des deux tailles différentes ont été vendus entre 1901 et 1923.

En 1745, alors que la manufacture de Vincennes reçoit des privilèges royaux, elle commence à signer les pièces qu’elle produit. Deux L entrecroisés servent alors de signature. Cette signature est d’application jusqu’en 1794, date de la Première République. A cette signature s’agrémente d’une lettre date. Une lettre est attribuée à chaque année et est apposée avec les L entrecroisés. Cela permet de dater précisément la pièce.

Après la Révolution, les régimes politiques se succèdent et les signatures de Sèvres avec. Voici quelques exemples de signatures durant la première moitié du XIXe siècle. A partir de 1804, alors que Sèvres devient Manufacture Impériale, la signature comporte la mention “Man Imple de Sèvres” au tampon et a date. Sous la Restauration, les lettre LL (Louis XVIII) et CC (Charles X) sont d’application. Durant la Monarchie de Juillet,la signature comporte un LP, avec, à sa gauche un SV pour Sèvres et, à sa droite, les deux chiffres de l’année de production. Nous avons également la signature RF pour la Seconde République.

Au niveau esthétique, la porcelaine de Sèvres recoure à de nombreuses couleurs. La première d’entre elles est le jaune, en 1749. Le bleu est une des couleurs de prédilection de la manufacture. Cette couleur apaisante fait rêver et se décline sous plusieurs teintes. Rapidement, la manufacture de Vincennes utilise du bleu lapis. Il est appliqué au pinceau et est nuageux.

Le bleu cobalt, dit bleu de Sèvres, est sans doute le bleu le plus connu de la manufacture. Le bleu céleste, quant à lui, se veut plus clair et tire vers le bleu ciel. Il ne peut s’appliquer que sur des pièces en pâte tendre. Sous l’Ancien Régime, seule la Manufacture Royale de Sèvres peut utiliser l’or. De fait, à partir de 1756, son mandat royal lui accorde le monopole de la dorure. A sa sortie du four, l’or est noir. Il est alors poli avec un clou, et non à l’agate.

Le rose pompadour orne un bon nombre de vases et pièces de formes. L’idée première, en créant une manufacture à Vincennes, et de concurrencer la porcelaine de Meissen. Dès lors, les motifs de Saxe deviennent des décors privilégiés. Il s’agit notamment de fleurs esseulées ou de motifs naturistes. Les œuvres du peintre François Bouchez inspirent également certains décors. Il s’agit de scènes avec des amours, entre autres.

Enfin, d’autres décors font la renommée des porcelaines de Sèvres. Nous pouvons citer, à titre d’exemple, le décor polychrome et or dit « à la feuille de chou ». Il est généralement composé de de fleurs cernées de motifs de feuilles de chou, rehaussées de bleu et d’un filet or. Un autre modèle est celui des “oiseaux Buffon” dont la plus belle collection se trouve au musée Nissim de Camondo. Buffon représente des spécimens du monde entier sur ce service.

En outre, certains modèles d’ornementation deviennent célèbres en raison de leur premier commanditaire. Tel est le cas du petit vase qui ornementé un service de Madame du Barry. Enfin, le service de Catherine II de Russie représente une des commandes les plus colossales jamais passées à Sèvres. Il évoque des décors antiques et des camées. Chaque médaillon comprend un motif différent.

L'histoire de la porcelaine française - La manufacture de Sèvres - Francéclat

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