Aux États-Unis, le rôle des banques alimentaires est crucial pour soutenir les populations vulnérables, en particulier en période de crise économique et de perturbations budgétaires.
Distribution alimentaire typique dans une banque alimentaire américaine.
Un Américain sur huit bénéficie du programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), qui permet aux foyers les plus modestes d’obtenir des bons alimentaires. Le ministère de l’Agriculture américain a prévenu que 42 millions de bénéficiaires ne recevraient rien tant que le "shutdown" - la paralysie budgétaire du gouvernement fédéral - perdurera. Le prochain versement devait avoir lieu samedi 1er novembre. L’administration Trump a déclaré que l’aide alimentaire dont bénéficient quelque 42 millions d’Américains sera réduite en novembre en raison de la paralysie budgétaire qui dure depuis un mois.
Le gouvernement va utiliser 4,65 milliards de dollars d’un fonds d’urgence pour financer les versements liés au programme SNAP, principal programme public d’aide alimentaire aux États-Unis, ce qui couvrira environ « 50 % des aides des foyers éligibles », a affirmé un responsable du ministère de l’agriculture dans des documents judiciaires. Cette annonce fait suite à une décision d’un juge fédéral de Providence, dans le Rhode Island (nord-est), l’un des deux à avoir ordonné, le 31 octobre, à l’exécutif d’utiliser des fonds d’urgence pour assurer la continuité du programme SNAP.
L’administration Trump affirme que le programme est à court de fonds après un mois de "shutdown", démocrates et républicains ne parvenant pas à s’entendre pour adopter un nouveau budget et s’en rejetant mutuellement la faute. Le président Donald Trump a assuré vendredi qu’il était prêt à débloquer les fonds nécessaires si la justice le décidait, disant « ne pas vouloir que les Américains aient faim ».
Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, a accusé dimanche M. Trump et son parti républicain « d’instrumentaliser la faim » des 42 millions de bénéficiaires de ce programme.
Cette suspension des activités de l'administration fédérale, ou "shutdown", est la deuxième plus longue enregistrée. Le record est pour l'instant tenu par le "shutdown" de 2019, sous le président Trump cette fois-ci encore.
Alors que le blocage entre Républicains et Démocrates se poursuit au Congrès depuis le 1er octobre, syndicats de fonctionnaires et organisations de la société civile ont organisé jeudi à Washington une action symbolique pour réclamer le déblocage en urgence de fonds publics.
Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies autour d’une collecte de nourriture organisée par des syndicats de fonctionnaires et organisations de la société civile au pied du ministère de l’Agriculture. « Personne ne devrait avoir faim. Nourrissez les gens », est-il écrit sur une banderole.
Les conserves de thon, bocaux de beurre de cacahuète et autres paquets de pâtes sont destinés aux banques alimentaires de la région de Washington. Celles-ci s’attendent à faire face dans les prochains jours à un afflux de personnes dans le besoin.
Retraité et bénévole dans une banque alimentaire de la proche banlieue de Washington, John Romano a apporté « des lentilles, des céréales, des soupes », décrit-il à l’AFP. « J’espère que des dizaines, des centaines de personnes feront la même chose. (…) Les dons privés vont devoir prendre le relais », regrette-t-il. Les organisateurs savent que les dons récoltés ne couvriront qu’une portion infime des besoins.
« On cherche surtout à faire pression sur le gouvernement pour qu’il débloque des fonds d’urgence. (…) La priorité ne devrait pas être de construire une salle de bal à la Maison Blanche », cingle Alexis Goldstein, une responsable syndicale, en référence aux lourds travaux initiés par le président Donald Trump.
« Je suis vraiment inquiète à l’idée que de nombreuses personnes dans le pays n’auront pas assez à manger, beaucoup d’enfants », dit une fonctionnaire préférant se faire appeler « Megan », un prénom d’emprunt, pour ne pas avoir de souci avec son employeur. Elle a donné environ 80 dollars de nourriture, calcule-t-elle.
Selon elle, le gouvernement « joue un jeu politique » avec le non-versement des bons alimentaires, pour faire plier le camp démocrate.
Le gouvernement de Donald Trump accuse les démocrates, qui disent qu'ils n'accepteront pas de remettre l'administration fédérale en route tant que les républicains n'auront pas négocié avec eux la prolongation des subventions de la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act), qui arrive à expiration.
Mais une note du ministère de l'Agriculture qui a fait surface vendredi indique que "les fonds de prévoyance ne sont pas légalement disponibles pour couvrir les prestations régulières".
La perspective que des familles ne reçoivent pas d'aide alimentaire a profondément inquiété les États dirigés par les deux partis. D'autres États indiquent aux bénéficiaires du SNAP qu'ils doivent se préparer à l'arrêt des prestations.
Selon le sénateur Chris Murphy, élu démocrate du Connecticut, le principal problème réside dans le fait que les républicains et M. "La réalité est que s'ils s'asseyaient pour essayer de négocier, nous pourrions probablement parvenir à quelque chose assez rapidement", a déclaré le sénateur dimanche lors de l'émission "State of the Union" sur CNN.
Distribution alimentaire typique dans une banque alimentaire américaine.
Le Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP, « Programme d'aide supplémentaire à la nutrition ») est un programme alimentaire fédéral des États-Unis. Historiquement et communément connu comme le Food Stamp Program (« Programme de bons alimentaires »), il fournit une assistance aux personnes et familles à faible ou aucun revenu vivant dans le pays.
En avril 2011, ce programme concernait 46 millions d'Américains, soit 15 % de la population. Le nombre d'Américains qui bénéficient de ce programme a atteint 44 millions en mai 2011, le plus élevé depuis que le programme a été mis en place en 1939 (c'est aussi le 37e mois de suite que ce nombre augmente). À Washington, D.C. et au Mississippi, plus d'un cinquième des habitants reçoit des bons alimentaires. En juin 2009, le montant mensuel moyen était de 133,12 $USD par personne.
À la fin de novembre 2009, un adulte sur huit et un enfant sur quatre profitaient des bons alimentaires et le nombre de bénéficiaires augmentait au rythme moyen de 20 000 personnes par jour. Les participants doivent avoir un revenu de quasi-pauvreté (selon des critères établis par le gouvernement fédéral américain) pour recevoir des bons.
Pour l'année fiscale 2018, 20 millions de foyers représentants 40 millions de personnes ont bénéficié du programme. Le montant moyen était de 250 $ par foyer.
Plusieurs organisations jouent un rôle crucial dans la lutte contre la faim aux États-Unis :
| Organisation | Mission Principale | Impact |
|---|---|---|
| Feeding America | Lutte contre la faim | Dessert 40 millions de personnes |
| Disabled American Veterans | Soutien aux vétérans | Soutient plus d'un million de vétérans et leurs familles |
| American Cancer Society | Lutte contre le cancer | Améliore la vie des personnes atteintes de cancer |
| United Way | Développement communautaire | Stimule l'éducation, la mobilité économique et la santé |
C'est à John van Hengel, bénévole dans une soupe populaire, que l'on doit la création de la première banque alimentaire. Apprenant que des commerces jetaient de la nourriture consommable en raison d'une péremption proche ou d'emballages endommagés, il persuada les commerçants de faire don de ces aliments à des fins humanitaires.
Van Hengel parvint à collecter tellement de dons d'aliments que l'association dans laquelle il œuvrait ne pouvait plus gérer toutes ces marchandises. En 1967, il décida alors de créer un entrepôt central pour stocker ces denrées et auprès duquel les autres associations humanitaires de Phoenix pourraient venir s'approvisionner gratuitement. Cette toute première banque alimentaire est toujours connue sous le nom de St. Mary's Food Bank.
En 1976, le gouvernement fédéral accorda une aide à la banque alimentaire créée par Van Hengel dans le but de lui permettre d'étendre le modèle à tout le pays. La même année, une réforme fiscale donna un coup de pouce décisif aux banques alimentaires en rendant plus avantageux les dons des entreprises.
En France, à la suite de la parution d’un article dans La Croix dénonçant la pauvreté et le gaspillage alimentaire, plusieurs associations caritatives (Secours Catholique, Emmaüs, Armée du Salut, Entraide d’Auteuil et Entraide protestante) fusionnent pour créer la première banque alimentaire sous l’impulsion de Bernard Dandrel.
Celui-ci cherchait un local pour stocker les marchandises, il obtient de l’Evêché de Créteil la mise à disposition d’une église à Arcueil qui était devenue inutile après la modification du plan d’urbanisation et qui n’avait donc pas été consacrée.
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