La Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule joue un rôle crucial dans la lutte contre la précarité alimentaire sur son territoire. Elle assure plus de 60% de l’aide alimentaire locale, en collaboration avec 42 associations partenaires et les travailleurs sociaux, accompagnant ainsi les personnes en situation de précarité.
La Banque Alimentaire a pour mission de collecter, gérer et redistribuer des denrées alimentaires aux personnes en situation de précarité. Pour réaliser cet objectif, elle a besoin de vous. Elle agit avec 42 associations locales partenaires, associées aux travailleurs sociaux pour accompagner les personnes en précarité.
Chaque année, l'association aide environ 18 100 personnes en situation de précarité, distribuant l'équivalent de 2,4 millions de repas sur le territoire. Pour cela, elle collecte plus de 1 000 tonnes de denrées alimentaires, dont 162 tonnes directement collectées par ses propres moyens.
Depuis sept mois, la Banque alimentaire béarnaise occupe les ex-locaux de l’ancienne carothèque de Total, dans la rue Corps-Franc-Pommies. L’association caritative, présidée par Jean-Bernard Cazenave, n’a pas perdu au change. Son ancien local, basé à Jurançon, proposait 1 000 m². Celui de Billère en fait 2 500.
« Grâce à ce déménagement, nous avons pu bénéficier d’un vrai local, soutenu par une mixité de financements publics-privé qui ont chacun contribué à répondre à nos besoins croissants », explique le vice-président, Jacques Gouzy, qui sert de guide dans les méandres de la structure. Le bâtiment a été réagencé en fonction des besoins de la Banque alimentaire.
« Deux entrées sectionnelles permettent de différencier les arrivées de denrées entre le sec et le frais. Elles facilitent aussi l’acheminement des marchandises dans les zones de stockage et les chambres froides ou climatisées. » Ce nouvel outil sur deux niveaux autorise aussi une meilleure gestion des flux, de la sécurité et de l’hygiène pour les 170 bénévoles qui œuvrent tous les jours.
« Chaque année, nous récoltons plus de 1 500 tonnes de marchandises. Elles sont ensuite réparties dans 37 associations différentes (collectif caritatif et d’insertion de Billère, Secours populaire, Croix-Rouge, Centre communal d’action sociale, Secours catholique…) », explique Jacques Gouzy.
Au niveau national, la collecte du dernier week-end de novembre représente un moment très important. Localement, elle permet de rassembler près de 150 tonnes de denrées, poursuit le vice-président. Une autre collecte, dite des jeunes, est également organisée par les collégiens et les lycéens au printemps et elle mobilise beaucoup d’énergie pour à peu près 17 tonnes de marchandises collectées.
Quatre chauffeurs sont salariés par la Banque alimentaire pour assurer les tournées matinales. « Il y a une émulation permanente qui motive les quatre tournées chaque matin auprès des supermarchés de la zone. Elle pousse les trieurs à se mobiliser et les bénévoles à s’engager. Avec ce nouvel espace, en cours d’aménagement, les perspectives sont nombreuses et le travail simplifié. L’aide de l’État et de l’Europe, qui offre environ 200 tonnes de produits, consolide notre action de façon pérenne. »
À l’avenir, la Banque alimentaire Béarn et Soule souhaite développer son activité par la mise en place d’ateliers de transformation. Objectif : fabriquer des compotes, des gâteaux ou des conserves à partir de produits frais.
La conjoncture actuelle fragilise toutefois cette mission. La fin de certains dispositifs publics, comme le bouclier anti-inflation, et la refonte des aides européennes réduisent les dotations. Parallèlement, les dons des entreprises et distributeurs diminuent, du fait d’une meilleure gestion de leurs stocks et d’un contexte économique incertain. Résultat : une baisse estimée à 10 % des volumes de denrées, soit environ 210 000 repas en moins sur une année.
« La baisse est estimée à 10 % des volumes de denrées, soit environ 210 000 repas en moins sur une année »
Pour lutter contre cette perte de denrées, une Banque Alimentaire doit acheter. Les dotations financières étant réduites, ces achats sont redevenus très faibles. « Au total, nous constatons une baisse d’au minimum 10% des volumes de denrées, soit 10% de repas en moins », précise Alain Paillet, président de la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule, dans un communiqué.
Face à ce défi, la Banque alimentaire du Béarn et de la Soule mise sur la prospection de nouveaux donateurs, l’investissement dans le conditionnement de denrées en gros volumes, et le renforcement de son ancrage local à travers le Programme Alimentaire Territorial Pays de Béarn. Afin de financer ces investissements logistiques et répondre aux besoins toujours plus pointus, la BABS peut compter sur un partenaire d'envergure : le MESA, Mouvement des Entreprises pour une Solidarité Alimentaire.
Ce fonds de dotation, une création originale dans le paysage associatif, a vu le jour en 2010, grâce à l'initiative de quatre entreprises fondatrices. Il est aujourd'hui alimenté par plus de 100 entreprises locales, et les dons qu'il a permis de collecter ont dépassé en 2025 la barre symbolique du million d'euros. Les fonds du MESA servent à l'achat de produits frais (viandes, laitages, légumes), de produits d'hygiène et de première nécessité, mais aussi au financement de l'équipement logistique (camions, véhicules frigorifiques, racks de stockage). Ce soutien couvre 30 % des besoins de la BABS, permettant ainsi de garantir la solidité et l'adaptabilité de l'organisation face à l'urgence.
En anticipant cette baisse des financements publics, la BABS s’est organisée pour aller chercher de nouvelles sources de dons. L’équipe de prospection s’est d’ailleurs renforcée pour démarcher les potentiels donateurs. L’association va également investir, malgré la conjoncture, pour pouvoir conditionner des denrées en gros volumes et permettre une distribution respectant les règles de sécurité alimentaire. Enfin, elle travaille pour adapter, durablement, son modèle financier, et ce, en coordination avec ses associations partenaires et le MESA (Mouvement des Entreprises pour une Solidarité Alimentaire) qui mobilise les entreprises du territoire depuis 15 ans.
Malgré ces difficultés, l’objectif reste clair : maintenir la qualité et la quantité de l’aide auprès des bénéficiaires. La Banque alimentaire en appelle donc à la solidarité de tous : particuliers, entreprises et collectivités.
« Vos suggestions, vos initiatives pour nous accompagner sont les bienvenues. Cette période 2024-2025 est marquée par des chiffres records en termes d'aide apportée, mais aussi par une mobilisation exceptionnelle et un besoin constant de ressources.
Chaque jour, de nombreuses personnes dans le Béarn et la Soule se retrouvent face à une situation difficile : la précarité alimentaire. La Banque Alimentaire Béarn et Soule est en première ligne pour lutter contre cette injustice, mais nous ne pouvons pas y arriver seuls.
La Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule porte plus de 60% de l’aide alimentaire sur son territoire. Les politiques de soutien des pouvoirs publics sont largement revues à la baisse (fin du bouclier anti-inflation, par exemple…) ou en cours de redéfinition (refonte des dispositifs européens d’aide alimentaire, nouvelles directives de certains organismes…). En parallèle, l’aide alimentaire se transforme : les sources de dons de denrées se tarissent. Les donateurs réduisent les volumes sous la double influence d’une meilleure gestion de leur activité et d’une conjoncture économique incertaine, qui devrait réduire leur profitabilité.
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