Quand il s’agit de leur alimentation, les consommateurs ne savent plus où donner de l’appli, tant l’offre est vaste : Yuka, OpenFoodFacts, MyLabel, Y’a quoi dedans, Etiquettable… Heureusement, des applications telles que la célèbre Yuka sont passées par là ! On est de plus en plus nombreux à utiliser notre smartphone pour tout savoir sur les aliments que l’on consomme au quotidien. Un petit coup de scanner et hop, on sait tout de suite si un produit est bon pour la santé ou non.
Il est bien loin le temps où l’on mettait n’importe quels produits dans nos caddies ! Et oui, avec les récents scandales alimentaires et l’avènement du bio, les consommateurs sont devenus un peu plus prudents. Le contenu de nos assiettes contribue à notre santé, et manger sain est important pour beaucoup. Certains ont même envie d’aller plus loin et veulent contribuer à un monde meilleur en favorisant les producteurs locaux ou le commerce équitable. Manger bien est une chose, manger durable en est une autre.
Pour nous aider à choisir les bons aliments, les applications de scan de produits alimentaires se sont considérablement développées ces dernières années. Il y en a aujourd’hui pour tous les goûts : ceux qui veulent manger local, ceux qui veulent améliorer leur santé, ceux qui ne veulent pas tomber dans la paranoïa, ceux qui veulent avoir un impact sur l’environnement, ceux qui veulent améliorer notre société…
Chez Clubic, on s’est dit qu’il était grand temps d’y voir plus clair. Nous avons testé pour vous les applications les plus utilisées dans les supermarchés. Open Food Facts, Yuka, QuelProduit, Y’a Quoi Dedans, ScanUp, MyLabel… Qu’est-ce qui différencie toutes ces applications disponibles sur Android ? Leurs données sont-elles fiables ? Quelle part est laissée à l’interprétation ? Cet article répond à toutes ces questions et vous aide à faire le bon choix.
Yuka, MyLabel, ScanUp, QuelProduit, Y’a Quoi Dedans et bien sûr, Open Food Facts… Les applications de scan de produits alimentaires ont envahi nos Play Store. Le but de ces outils ? Permettre aux utilisateurs de mieux lire les étiquettes des produits alimentaires.
En pratique, comment ça marche ? On fait ses courses dans le supermarché de notre choix et on tombe sur un produit qui nous fait envie. Mais comment savoir si ce produit n’est pas bourré d’additifs et de substances mauvaises pour la santé ? Comment savoir s’il est sain, d’un point de vue nutritionnel ? C’est là qu’interviennent les outils de scans de produits alimentaires. On dégaine son portable puis on lance l’application. On scanne le code-barre du produit et le verdict tombe.
Informations nutritionnelles, impact environnemental, substances controversées… Tout ce qu’il est possible de savoir sur le produit défile sous nos yeux ébahis, et une fois avertis, libre à nous d'emporter cet aliment chez nous ou de le reposer sur l’étagère. Si certaines applications ont choisi de rester objectives, d’autres ont pris le parti de donner leur interprétation et de guider les consommateurs dans leurs choix. Beaucoup se fondent sur le Nutri-Score, mais certaines vont plus loin : indice Siga, Eco-Score, etc.
Tout est fait pour accompagner les choix du consommateur et l’aider à manger mieux.
Les données alimentaires diffusées sont-elles fiables ?
La majorité des applications qui permettent de déchiffrer les étiquettes de nos aliments puisent dans la base de données Open Food Facts. Cet outil collaboratif et ouvert existe depuis près de dix ans : il rassemble des milliers de contributeurs dans 200 pays. En tout, près de 700 000 références sont recensées en France (et plus de 1,5 million dans le monde).
Open Food Facts collabore notamment avec Santé Publique France. L’objectif ? Permettre une plus grande disponibilité des données alimentaires et favoriser l’utilisation du NutriScore. Cet étiquetage coloré figure désormais sur bon nombre des aliments vendus en supermarché permet de connaître en un coup d’œil la qualité nutritionnelle du produit.
Si Open Food Facts fait figure de référence et est reconnu pour sa fiabilité, certaines applications ont choisi d’aller plus loin et travaillent en circuit fermé. C’est le cas de Yuka, qui a privatisé sa base de données en 2018. Elle utilise désormais les retours de ses utilisateurs ainsi que les données de la start-up Alkemics, récemment rachetée par l’américain Salsify. Même source pour ScanUp, qui a aussi une base de données fermée et utilise la classification Siga, laquelle permet de connaître le niveau de transformation des aliments.
L’UFC-Que Choisir, enfin, se base sur Open Food Facts mais enrichit également sa proposition grâce à une autre base de données du nom de Code Online Food.
Par ailleurs, même entre les applications utilisant Open Food Facts, le traitement des données diffère. Le scanner est de mise, mais les fonctionnalités varient, en effet, d’un outil à l’autre. Les analyses aussi dépendent de l'application. Certaines choisissent de mettre l’accent sur les aspects nutritionnels, d’autres mettent en avant l’impact environnemental, voire sociétal des aliments.
Certaines interprètent les résultats et proposent des évaluations qui leur sont propres, d’autres choisissent de rester objectives. Certaines sont sévères, d’autres pas du tout. C’est donc au consommateur de poser ses limites et de savoir jusqu’où il souhaite aller dans le tri de ses aliments.
Lancé en 2012, le projet open source Open Food Facts a été créé par Stéphane Gigandet et Pierre Slamich. L’objectif ? Indexer les produits alimentaires de façon collaborative et mettre à disposition de tous et toutes des données pour mieux comprendre la composition des aliments. L’application du même nom permet d’avoir accès à cette gigantesque base de données, qui comporte plus de 1,5 million de références.
Référence s'il en est, Open Food Facts sert aujourd’hui de source à la grande majorité des applications spécialisées dans le scan de produits alimentaires : Yuka, MyLabel, Quel Produit ?, etc. C’est dire si le projet est fiable. Précurseur dans le domaine du décryptage des étiquettes alimentaires, Open Food Facts a gagné un surnom pour le moins flatteur : le « Wikipédia de l’alimentation ».
L’application mobile permet de consulter en quelques clics cette base de données extrêmement complète. D’apparence plutôt simpliste, elle est composée d’un scan, d’un comparateur de produits, d’un historique et d’une section dédiée à la création de listes.
Pour chaque produit scanné, Open Food Facts propose :
La rigueur des évaluations proposées grâce à la variété des sources utilisées.
Dotée d’une interface de qualité et d’une base de données conséquente, Yuka est l’application de scan de produits la plus connue en France : elle recense, en effet, plus de 25 millions d’utilisateurs.
Lancée en 2017, cet outil freemium se veut totalement indépendant et évalue les produits alimentaires, mais aussi cosmétiques. Il inclut un système de notation qui lui est propre, et qui va de A à E (ce dernier est d’ailleurs souvent remis en question). Pour un produit alimentaire, Yuka évalue trois critères :
Le premier critère vaut pour 60 % de la note, le second vaut 30 % de la note et le dernier, 10 %. Yuka est connue pour ses notations assez sévères : elle applique, en effet, un principe de précaution. Si un aliment contient un ingrédient comportant un risque, même non avéré, la note est diminuée.
L’application s’est d’abord basée sur la base de données libre Open Food Facts. Cependant, elle fonctionne désormais en outil fermé : plus de 1,5 million de produits alimentaires y sont référencés ! Yuka continue cependant d’alimenter la base Open Food Facts. Ses sources sont nombreuses :
Yuka souhaite, comme l’a affirmé sa co-fondatrice, mettre la pression sur le secteur agroalimentaire afin de contribuer à une amélioration sur le long terme des aliments et leur mode de fabrication. Et ça marche : des marques comme Intermarché se sont mises à changer la composition de certains de leurs produits pour obtenir un meilleur score sur l’application.
L’une des grandes forces de cet outil est aussi de proposer des alternatives saines aux produits peu recommandables.
Y’a Quoi Dedans est une application gratuite lancée par les Supermarchés U en 2018. Elle utilise la base de données Open Food Facts et reconnaît plus de 374 000 références. Il suffit de scanner un code-barre pour accéder à la fiche produit de l’aliment. Cette dernière présente les informations de façon objective et répond à plusieurs questions :
Développée par Niji, Y’a Quoi Dedans peut être utilisée sans connexion et dispose d’une bonne expérience utilisateur : elle est fluide, rapide et facile à manier. Quatre sections sont présentes : « Recherche », « Favoris » « Scan » et « Préférences ». L’accent est mis sur les substances controversées. Y’a Quoi Dedans permet d’ailleurs en amont de choisir les éléments que l’on ne souhaite pas retrouver dans sa nourriture. Il est également possible d’indiquer si l’on préfère les produits bio.
Notons que cette application est la seule de ce comparatif à ne pas être indépendante. Elle compense cette position en proposant des fiches objectives où il n’y a pas de place pour l’interprétation. Aucune alternative n’est proposée aux produits et elle repose sur des engagements tels que le soutien de l’agriculture locale et de l’emploi en France, l'amélioration des produits vendus dans les chaînes U et la protection des ressources terrestres et aquatiques.
Y’a Quoi Dedans se montre toutefois moins sévère que ses concurrentes. Aussi, là où la plupart de ses consœurs, Yuka en tête, alertent quant à la composition de certains aliments en appliquant le principe de précaution, Y’a Quoi Dedans reste en retrait. Même certains produits notoirement trop gras, trop sucrés ou trop salés semblent trouver grâce à ses yeux.
Consommer bien, c’est une chose, mais consommer tout en faisant du bien à la planète, c’est encore mieux ! C’est le pari de l’application française MyLabel. Fondé en 2019 par Christophe Hurtin à Lyon, ce logiciel simple et maniable se met au diapason avec nos valeurs.
En effet, MyLabel demande à ses utilisateurs de définir leurs priorités. On y trouve une vingtaine de choix :
Les évaluations disponibles proviennent de partenaires variés et reconnus : la base Open Food Facts, l’Ademe, l’institut de la consommation, mais aussi des associations comme Greenpeace.
MyLabel est organisée en trois parties : un scan, un bilan mensuel de la consommation de l’utilisateur et les paramètres de profil (dans lequel on peut indiquer et mettre à jour nos valeurs).
Le scan se lance dès qu’il est placé au-dessus d’un code-barre. Si le produit est retrouvé (et c’est généralement le cas, vu que la base de données inclut plus de 800 000 références), MyLabel ouvre une fiche détaillée, dans laquelle on trouve notamment :
MyLabel est l’application parfaite pour ceux et celles qui veulent consommer plus juste. Fluide et simple à utiliser, elle plaira aux personnes qui aiment s’instruire en toute simplicité.
Totalement gratuite et indépendante, QuelProduit a été lancée par la très renommée association de consommateurs française UFC-Que Choisir. Elle est de fait financée par le fonds de dotation de l’organisme et les dons des utilisateurs.
QuelProduit a été créée pour prendre la suite de QuelCosmetique, une application mobile datant de 2018. Utilisant en partie, comme beaucoup de ses concurrents, la base de données Open Food Facts, QuelProduit est en fait un service trois-en-un. Il est en effet possible de décrypter les étiquettes de références alimentaires, cosmétiques, mais aussi ménagères.
L’application a une apparence sobre et n’est dotée que de deux volets :
Une barre de recherche permet de taper les noms de produits et de les rechercher dans la base. Si le produit n’est pas présent dans les 372 000 références listées, le consommateur peut toujours créer et proposer une fiche produit.
QuelProduit met la santé au cœur de ses préoccupations et repose sur un système de notation simple. L'application évalue, en effet, les risques qu’il y a à consommer ou utiliser un produit. Elle s’appuie pour ce faire sur le Nutri-Score (pour les produits alimentaires) et complète les informations par les évaluations et les recherches réalisées par les ingénieurs de l’association UFC-Que Choisir.
Une start-up créée en 2017, Siga (« suivre », en portugais), s’est lancée dernièrement, avec une approche originale : classer les aliments selon l’ampleur des transformations subies lors de leur fabrication. Cette idée est intéressante : il s’agit de clarifier pour le grand public cette notion peu connue, développée par une équipe de chercheurs brésiliens à l’origine de la première classification en la matière, Nova (« nouveau », en portugais).
En effet, les études scientifiques montrent que la consommation des aliments les plus transformés, dits aliments ultratransformés (AUT), est corrélée à un risque accru de développer des maladies métaboliques : cancers, maladies cardiovasculaires, diabète… Le Plan national nutrition santé (PNNS) recommande d’ailleurs de réduire de 20 % la part des aliments ultratransformés dans l’alimentation des Français.
L’équipe de Siga note donc les recettes des aliments selon le degré de transformation. Jusqu’ici, rien à dire. En revanche, son évaluation de l’équilibre nutritionnel des produits pose problème. Le choix de ne prendre en compte que les sucres, graisses et sel ajoutés, et non leur teneur totale dans le produit final, aboutit à des classements déconcertants pour les consommateurs.
Ainsi, des jus de fruits aussi riches en sucres que des sodas, des rillettes et des foies gras sont estimés « équilibrés ». Le terme « gourmand » désigne, avec un qualificatif positif, des produits dont il est préférable de limiter la consommation : gâteaux, charcuteries…
Le président de Siga, Aris Christodoulou, justifie ce choix : « Nous testons les seuils d’équilibre nutritionnel des produits uniquement sur les ajouts réalisés. » Exit, dans le calcul, les sucres, sel et gras initialement présents… L’objectif est de ne pas désavantager par exemple un produit peu transformé mais très sucré, face à un aliment ultratransformé bourré d’additifs mais allégé en sucre. Malheureusement, ce choix aboutit aux aberrations constatées. Aris Christodoulou concède d’ailleurs être « en réflexion sur ces seuils ».
Conséquence, les médailles d’or (« meilleure recette de sa catégorie ») ou d’argent (« qui se distingue de la concurrence ») décernées par Siga peuvent récompenser des produits affichant un Nutri-Score défavorable. À l’instar des cookies Nakd, qui contiennent 39 g de sucre et 23 g de matières grasses pour 100 g (Nutri-Score C), ou de ceux de Michel et Augustin (respectivement 33 g de sucres et 23 g de matières grasses, Nutri-Score E).
Des foies gras à plus de 60 % de matières grasses et des huiles de coco à 100 % de matières grasses, tous invariablement Nutri-Score E, sont aussi médaillés d’or. De quoi induire le consommateur en erreur s’il ne comprend pas ce qu’il y a derrière cette note - le degré de transformation, et non la qualité nutritionnelle - et qui peut l’amener à acheter des aliments riches en gras, sucre ou sel en pensant être dans une démarche santé.
« Il est très gênant de voir des rillettes et des lardons médaillés d’or, alors que ce sont des aliments dont il est préférable de limiter la consommation, regrette Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm. La relation entre la qualité nutritionnelle et la santé est validée scientifiquement. Or, même si les études sur le lien entre le degré de transformation et la santé s’accumulent, on est encore loin du même niveau de preuve. » Cette application prend donc les choses « à l’envers ».
« La démarche ne peut pas être sincère, s’ils ne comptent pas le sel, le sucre et le gras initialement présents, critique également Pierre Méneton, chercheur en santé publique à l’Inserm. Les systèmes de classification comme Siga mais aussi Yuka ou Innit, par exemple, sont plus faciles à contourner que le Nutri-Score, sans avoir à modifier les formulations des aliments, ou en changeant peu de choses. Ils ne visent pas à améliorer l’information au consommateur. »
L’ampleur de la distribution des médailles - déjà plus de 10 000 produits récompensés - apparaît trop peu discriminante pour être utile.
| Application | Objectif principal | Base de données | Particularités |
|---|---|---|---|
| Open Food Facts | Indexer les produits alimentaires de manière collaborative | Collaborative et ouverte (1,5 million de références) | Référence, sert de base à d'autres applications |
| Yuka | Évaluer les produits alimentaires et cosmétiques | Privatisée (1,5 million de produits alimentaires) | Notations sévères, propose des alternatives saines |
| Y'a Quoi Dedans | Informer sur la composition des produits | Open Food Facts | Fiches objectives, moins sévère que les concurrents |
| MyLabel | Consommer en accord avec ses valeurs | Open Food Facts, Ademe, Greenpeace, etc. | Évalue l'adéquation aux valeurs de l'utilisateur |
| QuelProduit | Évaluer les risques liés aux produits | Open Food Facts, UFC-Que Choisir | Évalue les risques pour la santé |
| ScanUp (Siga) | Classer les aliments selon leur degré de transformation | Base de données fermée | Classement basé sur le degré de transformation, controversé |
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