L'utilisation d'antibiotiques dans l'élevage est une pratique courante, mais elle soulève des préoccupations croissantes concernant la santé publique. Cet article explore les risques associés à la présence de résidus d'antibiotiques dans la viande, les facteurs contribuant à ce problème et les mesures prises pour atténuer ces risques.
Les résidus d’antibiotiques dans la viande présentent plusieurs risques pour la santé publique ; ils sont notamment associés à l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques, transmissibles de l’animal à l’homme et dangereuses pour la santé humaine. L’inhibition a lieu lorsque les résidus d’antibiotiques sont présents dans la viande en quantité supérieure aux Limites Maximales de Résidus (LMR) éditées par le Codex Alimentarius.
L'utilisation inappropriée et répétée d'antibiotiques dans les élevages représente une grave menace pour la santé des animaux et la rentabilité des exploitations, mais aussi, et surtout, pour la santé humaine. En effet, tout comme en médecine humaine, cela favorise la sélection et le développement de bactéries résistantes aux traitements. Près de 1,3 million de personnes meurent chaque année d’infections liées à des bactéries antibiorésistantes. Et ce chiffre ne fait qu’augmenter : il pourrait atteindre 10 millions en 2050, faisant de ce fléau la première cause de mortalité dans le monde à cet horizon.
Cette « pandémie silencieuse » s’explique par un usage trop répété, et souvent inapproprié, des antibiotiques : si des bactéries ne sont pas tuées par ces produits, elles ont l’opportunité d’occuper l’espace libéré par les autres et de s’y propager. En France, plusieurs mesures ont été prises pour limiter ce risque de sélection, qui peut rendre de plus en plus difficile l’élimination de pathogènes comme les staphylocoques ou E. coli.
L’apparition de l’antibiorésistance est un phénomène naturel de défense des bactéries vis-à-vis de l’action exercée par l’antibiotique qui est là pour détruire ou arrêter la multiplication de la bactérie. Certaines bactéries auparavant sensibles à l’antibiotique ne sont plus détruites ou leur multiplication n’est plus arrêtée. C’est la bactérie qui devient résistante et non pas l’homme ou l’animal.
Le développement de la résistance aux antibiotiques est devenu une préoccupation majeure en termes de santé humaine et animale, car il réduit les possibilités de traitement en cas d’infection. Ce phénomène de résistance est naturel, certaines bactéries ne sont pas sensibles naturellement à certains antibiotiques. Cependant la résistance peut être acquise par des bactéries préalablement sensibles.
Ce phénomène de résistance acquis repose sur le mécanisme de la sélection des espèces. Toute utilisation d’antibiotique en médecine humaine ou vétérinaire va sélectionner des bactéries résistantes. En médecine vétérinaire, les antibiotiques sont en effet utilisés pour traiter certaines infections dans les élevages. L’apparition de résistance à un antibiotique a pour conséquence d’affaiblir l’efficacité de l’antibiotique dans le traitement des infections dues à la bactérie résistante chez l’animal ou l’homme.
Cette résistance peut se propager dans l’environnement, être transmise à d’autres bactéries, être à l’origine du développement de nouvelles résistances croisées à des antibiotiques de la même famille.
Les animaux d’élevage n’échappent pas à cette règle et leurs bactéries contaminent l’environnement : d’une part, elles sont relarguées au travers des déjections animales, contaminant l’eau qui va arroser les cultures agricoles, ou alimenter les réseaux d’eau potable.
En mangeant de la viande contaminée par des bactéries résistantes à un antibiotique utilisé en médecine vétérinaire, on peut facilement y « gagner » des bactéries résistantes aux antibiotiques utilisés chez l’homme !
Peut-on se passer d'antibiotiques dans les élevages ?
Plusieurs facteurs contribuent à la présence de résidus d'antibiotiques dans la viande, notamment :
Globalement, les taux de viandes de porc contaminées par les résidus d’antibiotiques sont élevés à Madagascar ; ils sont compris entre 17 et 40% selon les années. Des analyses ont été réalisées dans les trois mêmes zones d’étude (Tsiroanomandidy, Arivonimamo, Imerintsiatosika) afin de comparer les contaminations de viande en fonction de la zone. Les résultats obtenus ne montrent aucune une variation significative des prévalences d’échantillons positifs pour les trois zones (16,7% ; 13,3% ; 11,7% respectivement). Les contaminations sont donc considérées comme similaires (test du Khi 2, p-value=0,05).
Concernant les mesures d’hygiène, on a constaté qu’aucun élevage interrogé ne possède de pédiluve, de quarantaine pour l’introduction d’animaux, d’équipement ou de matériel spécifique dédié à l’élevage. Seulement 8 élevages sur 90 disposent d’une infirmerie pour les animaux malades. La désinfection des bâtiments est effectuée dans 46% des cas, de façon plus ou moins régulière. Globalement, les mesures d’hygiène ne sont pas appliquées dans les élevages porcins interrogés.
Pour réduire les risques liés aux antibiotiques dans la viande, plusieurs mesures sont mises en œuvre :
Pour qu’ils adoptent une vision à long terme, « il faut leur proposer des alternatives, et leur montrer au cas par cas que celles-ci ne sont pas plus coûteuses, explique Alain Riggi, vétérinaire responsable des produits Volailles chez Phileo by Lesaffre. C’est ce que nous avons fait par exemple au Vietnam en 2021 : en y formant 115 fermes familiales à de nouvelles pratiques, qui limitent le risque d’infections, nous avons réussi à les convaincre de réduire de 66 % leur recours aux antibiotiques ».
Parmi les solutions présentées, les plus efficaces sont la vaccination, une bonne hygiène dans les bâtiments, une densité réduite et des conditions d’élevage qui tiennent mieux compte du bien-être animal.
En y ajoutant certains compléments alimentaires à base de levures ou contenant des produits issus de la fermentation, on peut même obtenir un effet « facteur de croissance ». « Safmannan®, par exemple, a une action anti-inflammatoire. Composé de parois de levures isolées, riches en bêta-glucanes et en mannanes, il aide à préserver l’équilibre de la flore intestinale, notamment lors d’épisodes de stress (sevrage, castration, coups de chaud ou de froid, transport…). Il contribue aussi à renforcer le système immunitaire et à réduire le nombre de bactéries pathogènes dans le tube digestif, sans pour autant prendre le risque d’en rendre certaines résistantes aux antibiotiques, explique Alain Riggi.
| Mesure | Description | Objectif |
|---|---|---|
| Réglementation stricte | Autorisation de mise sur le marché (AMM) obligatoire | Garantir la sécurité et l'efficacité des antibiotiques utilisés |
| Contrôles réguliers | Surveillance des résidus d'antibiotiques dans la viande et le lait | Détecter et prévenir les non-conformités |
| Promotion du bon usage | Formation et sensibilisation des éleveurs | Réduire l'utilisation inappropriée des antibiotiques |
| Alternatives aux antibiotiques | Vaccination, amélioration de l'hygiène et du bien-être animal | Diminuer la dépendance aux antibiotiques |
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