Des aliments mal conservés, pas assez cuits ou contaminés peuvent nous rendre malades. S’ils provoquent le plus souvent des troubles digestifs, ils peuvent aussi parfois conduire à une hospitalisation.
Chaque année en France, 1 200 à 1 800 toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) sont comptabilisées et 10 000 à 16 000 personnes sont touchées. La survenue de ces événements est strictement surveillée par les autorités sanitaires.
L'intoxication alimentaire est une affection courante qui survient après la consommation d’eau ou d'aliments contaminés par des bactéries, des virus ou des parasites. Elle peut survenir à la suite par exemple d’une manipulation des aliments par des mains sales, d’aliments mal lavés, d’une cuisson insuffisante des viandes, d’une rupture de la chaîne du froid ou de produits périmés.
L’intoxication alimentaire, aussi appelée toxi-infection ou infection alimentaire, apparaît lorsque je consomme un aliment contaminé ou plusieurs aliments contaminés. Ce trouble infectieux est provoqué par un agent pathogène, comme des germes, des virus ou des bactéries, notamment les salmonelles.
N’importe quel aliment, qu’il soit d’origine animale ou végétale, peut être contaminé par un micro-organisme pathogène et provoquer des intoxications alimentaires.
Les aliments d’origine animale, comme les viandes, poissons, coquillages, lait non pasteurisé et œufs, ne sont jamais stériles et peuvent être infectés par des bactéries comme la salmonella ou Escherichia coli. Côté végétal, les fruits et légumes en contact avec la terre peuvent également être contaminés par des agents pathogènes.
Les signes d’une infection alimentaire sont fonction du pathogène responsable. Le plus souvent, il s’agit de salmonelle, un type de bactéries que l’on trouve habituellement dans l’intestin des animaux, ou d’agents producteurs de toxines (Clostridium perfringens, Bacillus cereus et Staphylococcus aureus). Mais d’autres bactéries, comme Escherichia coli, ou des virus (norovirus) peuvent aussi être en cause.
Ces agents pathogènes provoquent, dans les 24 heures après l’ingestion, des troubles digestifs (douleur abdominale, diarrhées, nausées, vomissements), parfois accompagnés de fièvre et d’une sensation de fatigue. Parfois, des symptômes comme des maux de tête ou des tremblements peuvent accompagner l’intoxication alimentaire.
Les symptômes de l’intoxication alimentaire ressemblent fortement à ceux de la gastro-entérite. Ces symptômes se manifestent en général quelques heures (mais parfois quelques jours) après l’ingestion de l’aliment selon le temps d’incubation.
La durée des symptômes d’une intoxication alimentaire peut varier d’un cas sur l’autre, mais la crise passe généralement au bout de 2-3 jours maximum. Parfois, cela ne dure que quelques heures.
Faire la distinction entre une intoxication alimentaire et une gastro-entérite peut être délicat en raison de la similitude de leurs symptômes.
Bien qu’il s’agisse de deux infections digestives, la gastro-entérite diffère de l’intoxication alimentaire notamment par une survenue des symptômes en général plus tardive (24 à 72h) après la contamination.
Voici quelques points à considérer pour différencier les deux :
Généralement, la situation s’améliore d’elle-même, sans traitement, en quelques jours. Si les symptômes persistent ou s’ils sont difficiles à supporter, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin qui pourra prescrire des médicaments dont des antibiotiques (si l’origine est bactérienne).
Le traitement de l’intoxication alimentaire sert avant tout à calmer les symptômes.
Si vous avez des symptômes de l’intoxication alimentaire, il est préférable de consulter un médecin pour recevoir un diagnostic et un traitement adapté.
En cas d'intoxication alimentaire, il est essentiel d'adopter une alimentation adaptée pour favoriser la guérison, soutenir le système digestif et assurer une bonne réhydratation de l'organisme.
Face à une intoxication alimentaire, la réhydratation fait partie du traitement. Le corps perd énormément de liquides et d’électrolytes essentiels (sodium, potassium) à travers les vomissements et diarrhées.
La priorité est de maintenir une hydratation adéquate pour compenser les pertes en eau dues aux vomissements et à la diarrhée. Il est recommandé de boire régulièrement de petites quantités d'eau, de bouillons de légumes ou de tisanes.
Pour les cas légers à modérés, les solutions de réhydratation orale disponibles en pharmacie font parfaitement l’affaire. Vous pouvez également préparer une solution maison en urgence : un litre d’eau, une demi-cuillère à café de sel et six cuillères à café de sucre. Ce n’est pas aussi parfaitement dosé que les solutions commerciales, mais ça dépanne efficacement en attendant.
Côté médicaments, les anti-émétiques comme le métoclopramide peuvent soulager les nausées persistantes, tandis que certains antidiarrhéiques comme le lopéramide aident à réduire la fréquence des selles. Attention toutefois : ces derniers sont contre-indiqués en cas de diarrhée sanglante ou de forte fièvre.
Quant aux antibiotiques, ils ne sont généralement pas recommandés pour la plupart des intoxications alimentaires. Ils peuvent même prolonger l’excrétion de certaines bactéries comme les salmonelles. En revanche, ils deviennent indispensables dans certains cas spécifiques :
C’est pour cela qu’il est souvent conseillé de consulter car un médecin peut vous prescrire un traitement antibiotique pour soigner votre intoxication alimentaire si celle-ci dure trop longtemps par exemple. Il faudra probablement réaliser une analyse (coproculture) pour trouver la bactérie responsable et adapter le traitement.
Bon à savoir : beaucoup de patients se demandent si l’on peut utiliser l’amoxicilline, un médicament antibiotique, pour traiter une intoxication alimentaire.
Après une intoxication, la logique est simple : commencer doucement et augmenter progressivement la réintégration de la nourriture. Durant les premières 24 à 48 heures, il vaut mieux privilégier les liquides clairs (bouillon, thé léger, eau).
Ensuite, on peut réintroduire progressivement :
À l’inverse, certains aliments risquent d’irriter davantage votre système digestif fragilisé : produits laitiers (sauf yaourts), aliments épicés, alcool, café, et aliments gras. En effet, vous pouvez rechuter simplement pour avoir mangé un plat trop riche trop tôt.
En cas de diarrhée aiguë, l'alimentation doit être poursuivie. La déshydratation doit être prévenue par des boissons abondantes, des potages, sans omettre la prise de sel. Les épices doivent être limitées. Les laitages sont habituellement déconseillés du fait de la possibilité d'intolérance au lactose. En cas de traitement de réhydratation, l'alimentation doit être reprise après 2 à 4 heures.
Concernant les probiotiques, la recherche montre des résultats prometteurs, particulièrement pour les souches Saccharomyces boulardii et certains Lactobacillus. Une méta-analyse publiée récemment a démontré qu’ils peuvent réduire la durée de la diarrhée d’environ 25 heures.
L’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a listé les recommandations pour éviter les intoxications alimentaires à la maison.
Une cuisson suffisante est le moyen le plus efficace de détruire les micro-organismes. Pour la plupart des bactéries, la cuisson à cœur de l’aliment à plus de 65 °C pendant quelques minutes suffit. Cuire suffisamment les aliments est donc un premier rempart contre l’intoxication alimentaire.
Le respect de la chaîne du froid est essentielle dans la prévention des intoxications alimentaires. À la maison : je ne laisse pas les produits frais et mes plats préparés à température ambiante, je les refroidis rapidement et les stocke au réfrigérateur. Un tiers des intoxications alimentaires en France surviennent au domicile : ces bonnes pratiques sont donc indispensables pour limiter leur survenue.
Voici d'autres mesures d'hygiène à adopter :
Si vous êtes une femme enceinte ou une personne fragile en raison de votre état de santé, il est d’autant plus important de consulter en cas d’intoxication alimentaire.
En période de grossesse, les femmes doivent faire plus attention si elles présentent les symptômes d’une intoxication alimentaire. Une intoxication alimentaire chez la femme enceinte peut être beaucoup avoir des conséquences.
Par ailleurs, les bébés courent plus de danger de déshydratation lorsqu’ils font une intoxication alimentaire, d’autant plus qu’ils cumulent diarrhée et vomissements.
Les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) sont révélées par des symptômes principalement digestifs, accompagnés de fièvre, mais des manifestations extradigestives isolées sont également possibles en cas de listériose, botulisme, toxi-infection liée à des toxines de crustacés ou de poisson, etc.
Les TIAC sont définies par l'apparition d'au moins 2 cas groupés, similaires, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire. Leur déclaration est obligatoire auprès de l'ARS.
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