En France, de plus en plus de personnes sont touchées par une intolérance alimentaire. Nos médecins généralistes et gastro-entérologues vous disent tout sur cette affection en constante augmentation. Il est important de distinguer l'intolérance alimentaire de l'allergie alimentaire, car bien qu'elles puissent produire des symptômes similaires, elles impliquent des mécanismes différents dans le corps.
Les intolérances alimentaires surviennent lorsque le corps réagit négativement après l’ingestion de certains aliments, généralement en raison de l'incapacité de l’estomac à digérer certaines substances présentes dans ces aliments. Contrairement aux allergies alimentaires, les intolérances ne déclenchent pas de réaction immunitaire. Cela peut être dû à un manque d'enzymes nécessaires à la digestion ou à une sensibilité à certaines substances présentes dans les aliments et n’implique pas le système immunitaire.
Elles peuvent se manifester par des symptômes digestifs tels que des maux d'estomac, des ballonnements, des diarrhées ou des problèmes de peau. Les intolérances peuvent varier en intensité selon la sensibilité individuelle et les personnes affectées doivent souvent éviter ou limiter la consommation des aliments incriminés pour éviter les symptômes.
Les intolérances alimentaires et les allergies alimentaires sont deux réactions différentes du corps face aux aliments, bien qu'elles puissent produire certains symptômes similaires.
Les allergies alimentaires impliquent une réponse du système immunitaire. Lorsqu'une personne allergique consomme un aliment allergène, son système immunitaire réagit de manière excessive, produisant des anticorps pour combattre la substance perçue comme une menace.
Les aliments pouvant déclencher une intolérance varient d'une personne à l'autre, mais certains aliments sont plus susceptibles de causer des intolérances. Il s’agit du lactose (le sucre naturellement présent dans les produits laitiers), du gluten (trouvé par exemple dans le blé, l'orge et le seigle), des sulfites (souvent présents dans les aliments transformés et les vins), ainsi que certains additifs alimentaires tels que les colorants ou les édulcorants artificiels.
Chaque enfant réagit différemment aux aliments, il est donc essentiel d'être attentif aux symptômes et de consulter un professionnel de santé pour un obtenir un diagnostic précis.
Les symptômes d'une intolérance alimentaire peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils incluent souvent des problèmes digestifs tels que :
Des symptômes cutanés comme des éruptions, des démangeaisons ou de l'eczéma peuvent également survenir. Parfois, des maux de tête, de la fatigue, des douleurs articulaires ou musculaires peuvent également être associés à une intolérance alimentaire. Il est important de noter que ces symptômes peuvent se manifester quelques heures ou même quelques jours après la consommation de l'aliment incriminé et dépendent de la quantité ingérée, ce qui peut rendre difficile l'identification de l’aliment déclencheur.
Si des symptômes d'intolérance alimentaire sont suspectés, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.
Les rhumatismes sont souvent déclenchés par une inflammation qui engendre douleur et raideur des articulations. Or l’alimentation est un facteur important d’inflammation. Certains aliments sont pro-inflammatoires, et il est donc préférable de les éviter, d'autres sont au contraire bénéfiques. La plupart des aliments que nous consommons ont tendance à acidifier notre métabolisme, et ainsi à créer de l'inflammation qui rouille nos articulations. C'est le cas des glucides raffinés (sucres) et des aliments protéiques (composés d'acides aminés). Pour neutraliser cette acidité, il faut toujours associer les végétaux aux menus, et même leur faire la part la plus belle (70 % de fruits et légumes et 30 % pour le reste). Ce sont les sels alcalins essentiellement à base de potassium qui maintiennent le bon équilibre acide-base.
Il existe 2 groupes de bons acides gras polyinsaturés qui sont essentiels à l’organisme, puisque celui-ci ne sait pas les fabriquer. Les huiles végétales sont les pourvoyeuses de ces acides gras essentiels et la plupart contiennent plus favorablement des acides gras omega-6 (huile d’arachide, de tournesol, de maïs, de soja). Alors que la tendance alimentaire actuelle est plutôt en faveur des omega-6, il serait souhaitable d’optimiser l’apport en omega-3 qui améliorent la construction des membranes cellulaires et contribuent à restreindre les phénomènes inflammatoires et allergiques.
Les hautes températures de cuisson favorisent un phénomène appelé la glycation (ou encore la production de protéines glyquées). D'une manière générale, le sucre est un agent inflammatoire majeur dans notre alimentation, tout comme les graisses saturées. Or, de nombreuses sucreries comme les glaces et les gâteaux contiennent des niveaux élevés de sucre et de graisses saturées. Les viandes rouges persillées et les charcuteries sont à limiter, car elles favorisent l'inflammation par production d'acidité. Les glucides raffinés, comme le pain blanc, non seulement sont des calories vides, mais peuvent également alimenter la production de composés acides.
Diminuez les laitages, parce que le lait contient un sucre spécifique : le lactose. Ce sucre est mal toléré si vous avez un déficit en lactase, l’enzyme intestinale qui permet de le digérer. Alors la consommation de produits laitiers déclenche des réactions inflammatoires, douleurs articulaires et abdominales. Testez le sans-gluten, parce que vous pourriez faire partie de ces personnes qui souffrent d'un syndrome d’hypersensibilité au gluten (si vous avez des ballonnements intestinaux et des douleurs articulaires). Irritée par le gluten auquel elle est trop sensible, la muqueuse de la paroi intestinale ne joue plus son rôle de barrière protectrice et devient perméable à tout ce qui engendre de l’inflammation. Ainsi, évincer le gluten durant quelque temps pourrait être bénéfique sur les douleurs articulaires.
L’utilisation de l’huile de colza, la consommation de noix et de salades de mâche et de pourpier apportent des acides gras omega-3 et sont des fondamentaux dans la cuisine crétoise. Les alliacés : ail, oignon, échalote, ciboule, ciboulette et poireau jouent un rôle anti-inflammatoire grâce à leurs composés soufrés antioxydants. Les légumes crucifères (choux, radis et navets) sont riches en vitamine C, en flavonoïdes, en fibres et en composés soufrés qui stimulent des enzymes bloquant les processus inflammatoires, ainsi, la destruction des cellules du cartilage est freinée. Mangez régulièrement des poissons gras (maquereau, hareng, sardine, anchois, thon, saumon, anguille et flétan), qui aident à réguler les douleurs articulaires inflammatoires grâce aux apports en omega-3 et en vitamine D. Utilisées diluées dans une huile végétale, en massage, les huiles essentielles d’eucalyptus citronné et de pin sylvestre sont anti-inflammatoires.
La maladie cœliaque (MC) ou intolérance au gluten est une entéropathie auto-immune induite par un antigène alimentaire survenant chez des sujets génétiquement prédisposés (haplotypes DR3-DQ2 ou DR4- DQ8). Ainsi, en cas d’apparentés du 1er degré atteints de MC, la prévalence augmente à 10-15 %. Elle est déclenchée par une cause environnementale, la consommation de gluten. L’atteinte auto-immune sur la surface absorbante de l’intestin entraîne une inflammation intestinale chronique avec une atrophie villositaire responsable d’une malabsorption. La MC fait partie des intolérances alimentaires les plus courantes dans le monde. Elle concerne 1 à 3 % de la population des pays développés et, comme la plupart des maladies auto-immunes (diabète de type 1, thyroïdite auto-immune), a tendance à augmenter dans les pays industrialisés. Les athlètes ne sont pas épargnés.
Chez l’adulte, le diagnostic est plus difficile que chez l’enfant. Les signes peuvent être multiples et variés, plus ou moins marqués : anorexie, amaigrissement, fatigue chronique et/ou syndrome dépressif. Le diagnostic est plus facile s’il existe des signes digestifs comme des douleurs abdominales, une diarrhée chronique, des nausées ou vomissements, voire des aphtes buccaux récidivants. Il faut également évoquer la MC devant des pathologies osseuses comme des douleurs osseuses, des fractures pathologiques, ou encore une ostéoporose. On la suspecte aussi devant une infertilité ou des avortements à répétition, des ecchymoses faciles, une petite taille.
Biologiquement, ce sont des signes de malabsorption qui orientent : hypoalbuminémie, carence en vitamine D, en vitamine B12, en folates, anémie par carence martiale, diminution du TP (temps de prothrombine). Le diagnostic est affirmé sur le dosage des anticorps anti-transglutaminases de classe IgA et IgG et des anticorps anti-endomysium de classe IgA (se méfier des déficits en IgA qui faussent les résultats chez 2 % des coeliaques). Une biopsie de l’intestin grêle est nécessaire pour confirmer le diagnostic.
Le traitement repose sur la correction des carences et l’exclusion complète et définitive du gluten de l’alimentation, avec la suppression de tous les aliments contenant les céréales toxiques et leurs dérivés (blé, orge et seigle) et leur substitution par les autres céréales pour éviter les carences. L’avoine pourrait être maintenue du fait de sa bonne tolérance. Le régime d’exclusion a deux objectifs : d’une part, la régression complète de l’atrophie villositaire donc de l’anémie et du syndrome de malabsorption, et d’autre part, la prévention des complications de la maladie coeliaque, en particulier le lymphome ou autre carcinome du tube digestif, l’ostéoporose, les troubles neurologiques ou la stérilité.
L’amélioration clinique sous régime d’exclusion peut être assez rapide, de quelques jours à quelques semaines. La réponse biologique des anticorps s’évalue à 6 mois et à 1 an, la réponse histologique de l’atrophie villositaire et de l’hyperlymphocytose à 1 an. L’absence de réponse après 6 à 12 mois doit faire suspecter une mauvaise observance du régime, voulue ou non par le patient, mais dans 5 % des cas on peut noter une vraie résistance.
Le régime sans gluten est un régime très contraignant, puisque le gluten est présent dans tous les produits à base de blé, comme la farine, le pain, les pâtes, les pizzas et dans beaucoup de produits issus de l’industrie agroalimentaire, où des additifs contenant du gluten sont utilisés comme agent de texture ou de stabilité. Sont donc à exclure les plats cuisinés, les desserts et les entremets, les produits contenant de l’amidon, de l’amidon modifié ou des substances amylacées d’origine végétale. Une directive européenne impose que soit spécifiée sur l’emballage la présence ou non de gluten dans ces substances (2). La seule solution est d’apprendre aux patients la lecture attentive des étiquettes, avec si besoin le recours à une diététicienne.
L’observance du régime est une astreinte considérable. Le suivi du régime n’est pas toujours facile à réaliser et à suivre pour l’athlète, surtout lors des déplacements. Une approche multidisciplinaire pour aider l’athlète nouvellement diagnostiqué porteur d’une maladie coeliaque est importante. Depuis 1996, l’Assurance maladie prend en charge une partie des dépenses supplémentaires liées à la réalisation du régime sans gluten (arrêté de 30/04/96 publié au JO du 18/05/96). Toute interruption du régime sans gluten peut conduire à une reprise de symptômes ou à une diminution des performances.
L’intolérance alimentaire est de plus en plus répandue et un nombre croissant d’athlètes souffrent de maladie cœliaque. Les médecins d’équipe doivent savoir la diagnostiquer sur des signes qui peuvent paraître discrets, comme une carence en vitamine D ou en fer. Il faut donc y penser systématiquement lors de l’évaluation des athlètes ayant des maladies prolongées inexpliquées et prescrire les examens pour établir le diagnostic. C’est un défi, puisque les recommandations diététiques pour l’exercice sont basées en grande partie sur les nourritures riches en glucides contenant du gluten.
Par exemple, la course cycliste K4 qui couvre 384 km autour de la péninsule Coromandel, en Nouvelle-Zélande, se déroule dans des conditions particulières, avec un manque de sommeil et des variations de température qui posent un certain nombre de défis nutritionnels. Les choix alimentaires sont limités pour les athlètes présentant une MC. Il faut tenir compte de la valeur énergétique des aliments sans gluten et essayer de maintenir l’apport énergétique adéquat, la consistance des aliments et leur satiété sensorielle spécifique.
Enfin, il ne faut pas confondre la maladie cœliaque avec l’anorexie athletica ou l’anorexie mentale. Le tableau peut être trompeur quand surviennent une fatigue et une perte de poids. L’absence de troubles du comportement alimentaire ainsi que les carences orientent vers la maladie coeliaque.
L’allergie alimentaire est assez fréquente. Elle concerne 4 % de la population générale et 6 % des enfants. Elle est en augmentation, surtout du fait de l’industrialisation et des manipulations technologiques de l’industrie agroalimentaire ainsi que de la consommation d’aliments plus exotiques. Certains évoquent les conditions d’accouchement comme les césariennes et l’usage des antibiotiques qui modifient la sensibilité des récepteurs Toll digestifs et l’équilibre du microbiote.
Le diagnostic d’une allergie alimentaire comporte plusieurs étapes. Il peut être difficile et implique une démarche rigoureuse et policière en trois temps : étape clinique, étape biologique et étape d’examens complémentaires. L’entretien est capital. Il permet de préciser les antécédents, l’histoire familiale, les réactions, les aliments suspectés, le contexte de survenue (médicaments, alcool, exercice physique) ainsi que d’éventuels facteurs favorisants ou aggravants. Le diagnostic est posé après un bilan allergologique avec dosage des IgE sériques spécifiques et, si nécessaire, des tests multiallergéniques ou des tests cutanés. Des tests de provocation ou de réintroduction peuvent être envisagés dans certaines situations.
Bien que rare, il faut se méfier des allergies induites par l’effort (6, 7). L’aliment, jusque-là bien toléré au repos, va induire une allergie lorsque sa consommation est suivie d’un effort. L’ingestion alimentaire et l’effort, réalisés indépendamment, sont asymptomatiques. Si la prévalence est très faible, moins de 0,02 %, les manifestations peuvent être graves avec la possibilité d’urticaires, d’oedèmes de Quincke, voire de chocs anaphylactiques. En cas d’allergies dévoilées à l’effort, il est fortement déconseillé de prendre de l’alcool, de l’aspirine ou des antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) avant l’effort.
Les intolérances alimentaires n’impliquent pas le système immunitaire de la même manière que les allergies.
En cas de doute, la première étape sera d’analyser les menus et la nature des symptômes. Si un aliment paraît suspicieux (aliment récurrent, connu comme non-digestible…) il peut être retiré de l’assiette durant un mois, afin d’observer les éventuelles améliorations. Si l’expérience n’est pas concluante, une visite chez le médecin est nécessaire pour faire des plus amples investigations comme par exemple des analyses médicales.
Une fois l’intolérance identifiée, plusieurs actions sont à mettre en place avec l’aide d’un naturopathe ou un diététicien-nutritionniste.
Il est recommandé d'adopter plusieurs gestes pour gérer les symptômes :
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé en cas de :
En cas de doute ou de préoccupations concernant des symptômes liés à l'alimentation, consultez votre médecin traitant. Cela permettra d’écarter d’autres pathologies digestives telles que la maladie de Crohn ou la maladie coeliaque par exemple.
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