De nombreuses idées reçues circulent sur l’alimentation des mères allaitantes. Tu lis ou entends des informations contradictoires, alors tu aimerais enfin y voir clair ? Même s’il y a beaucoup moins de restrictions lors de l’allaitement que pendant la grossesse d’un point de vue alimentaire, il y en a quelques-unes à connaître. Dans cet article, nous faisons le tri entre idées reçues et recommandations validées par la science.
Découvre tout de suite la liste des aliments à éviter, ceux à consommer avec modération et les meilleures alternatives pour une alimentation variée, équilibrée et adaptée à cette période unique de ta maternité.
Certains aliments sont cités comme étant déconseillés durant l’allaitement, voire à proscrire totalement, parfois à tort, faisons le point !
Contrairement à la période de grossesse, aucun aliment n’est interdit pour la maman durant l’allaitement. Or, à l’exception de l’alcool qui est à proscrire, il n’existe pas de restrictions médicales actuelles ou d’aliments interdits pendant l’allaitement. Toutefois, certains produits sont à consommer avec modération car la qualité du lait est influencée par l’alimentation de la maman.
Manger du poisson pendant l’allaitement est tout à fait autorisé, voire recommandé. Toutefois, comme pour la population générale, certains poissons riches en mercure sont à limiter fortement. Leur impact sur la santé et le développement du cerveau de bébé est documenté par les autorités de santé publique.
L’ANSES (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande :
Tu peux consommer des œufs quelle que soit leur forme lorsque tu allaites. Pendant la grossesse, on évite les œufs crus ou peu cuits en raison d’un risque de présence de salmonelle qui peut être dangereux pour le bébé. D’après le Traité de l’Allaitement maternel de La Leche League, la salmonelle ne passe pas dans le lait humain. Alors, même si tu l’attrapes, bébé au sein ne risque rien. Tu peux donc te faire plaisir et manger à nouveau tous les desserts contenant des œufs crus !
La caféine contenue dans le café excite le bébé car elle passe dans le lait. Néanmoins, cela n’en fait pas un aliment interdit pendant l’allaitement. Tu peux consommer du café en allaitant, mais veille à limiter la caféine ingérée au cours d’une journée. En trop grande quantité, la caféine peut provoquer des difficultés d’endormissement et une irritabilité chez ton bébé (tu trouves des exemples de doses trop élevées dans l’article de la Leche League qui traite aussi du chocolat). N’oublie pas qu’il y a de la caféine ailleurs que dans ta tasse de café, notamment les sodas.
Aucune étude de déconseille le soja pendant l’allaitement. Que ce soit sous forme de lait de soja ou de produits à base de soja, rien ne t’interdit d’en consommer.
Il est vrai que le chocolat contient des molécules ayant un effet excitant. Mais il faudrait en consommer une grande quantité par jour avant d’observer des conséquences néfastes sur ton bébé. Tu peux donc manger du chocolat de manière raisonnable quand tu veux ! (Tu trouveras des exemples concrets dans cet article de la Leche League.)
Tu peux tout de même privilégier le chocolat noir qui contient davantage de nutriments bons pour la santé (teneurs en fer, zinc et magnésium intéressantes).
Si tu allaites, tu peux consommer de la charcuterie sans te poser de question ! Certains types de charcuterie sont à éviter pendant la grossesse, car des bactéries peuvent être présentes et causer une listériose ou une toxoplasmose. Comme pour les œufs, ces infections ne sont pas transmissibles par le lait maternel.
Non, ton lait ne deviendra pas gazeux si tu consommes de l’eau gazeuse 😉. Tu peux te faire plaisir avec tes boissons pétillantes préférées pendant l’allaitement sans problème. En gardant tout de même à l’esprit que pour être en bonne santé, mieux vaut éviter de consommer trop de soda et de boissons sucrées, qui sont pauvres en apports nutritionnels mais riches en calories.
Oui, tu as le droit manger des sushis quand tu allaites ! Le poisson cru bien préparé dans le respect de la chaîne du froid et des règles d’hygiène n’est pas du tout proscrit pendant l’allaitement (même s’il l’était pendant la grossesse à cause des risques de listériose et de parasitose (via la présence d’œufs d’anisakis). La listeria (qui peut être présente dans le saumon) ne passe pas dans le lait maternel, d’après le Traité de l’Allaitement maternel de la Leche League. Après l’accouchement, vous pourrez manger à nouveau des sushis au poisson cru même en allaitant votre enfant. Pour ce qui est des restrictions concernant le poisson, n’hésite pas à relire la partie qui y est consacrée.
Les fruits de mer sont strictement interdits durant la grossesse, mais pas pendant l’allaitement. Malgré tout, il vaut mieux éviter de consommer des fruits de mer trop exotiques dans lesquels peuvent se trouver des toxines dangereuses tant pour la mère que pour le bébé. Dans tous les cas, privilégie toujours une préparation bien cuite, pour limiter les risques liés à une mauvaise conservation ou cuisson.
La Leche League cite plusieurs substances nocives présentes dans les fruits de mer, mais peu courantes en France Métropolitaine :
Le persil (comme l’oseille et la sauge) est réputé pour diminuer la production de lait maternel. La vérité est qu’il faudrait en manger une quantité astronomique pour que cela coupe totalement ta lactation. Tu peux donc l’utiliser dans ta cuisine comme d’habitude ! En plus, les propriétés anti-inflammatoires et diurétiques du persil peuvent t’aider à faire face à un engorgement.
Ton lait maternel est produit à partir de ton plasma sanguin. Donc le régime alimentaire influence la composition du lait maternel ainsi que son goût.
Certains aliments ayant un goût prononcé comme le chou-fleur, peuvent parfois déranger bébé. Mais ce n’est pas une vérité générale et cela dépend de chaque bébé. Tu peux essayer d’en manger et si tu ne constates aucune réaction particulière chez ton enfant, tu n’as pas besoin de changer tes habitudes.
On entend souvent que le citron et les agrumes causent des coliques aux bébés, et que ce sont des fruits à éviter pendant l’allaitement. Cela peut se vérifier, mais pas chez tous les bébés, car certains le tolèrent très bien. Comme pour le chou-fleur, le mieux c’est d’essayer pour voir si cela provoque une réaction chez bébé, ou pas.
Le clou de girofle est utilisé de différentes manières : en tisane, en huile essentielle, en pansement dentaire… La consommation d’huiles essentielles pendant l’allaitement est un sujet à part entière, il est indispensable de demander un avis médical avant toute utilisation. Par contre, d’après la Leche League, l’utilisation de pansement dentaire au clou de girofle est compatible avec l’allaitement. Par conséquent, il doit être possible de consommer du clou de girofle en tisane ou dans des recettes. Toutefois, comme aucune source sûre ne le mentionne explicitement, demande conseil à ton médecin ou ta sage-femme.
On trouve souvent le fenouil dans les conseils nutritionnels pour favoriser la production lactée, donc produire plus de lait. Mais il semblerait que les recommandations aient évolué, puisque d’après un article de la fédération suisse des sages-femmes, l’Agence européenne des médicaments déconseille les infusions au fenouil aux femmes enceintes, allaitantes, aux nourrissons et aux enfants de moins de 4 ans. En effet, il semblerait que l’estragol soit un composant cancérigène de ces tisanes. Pour le moment, on ne trouve pas d’article à ce sujet de la part de la Leche League…
L’ail est parfois cité parmi les aliments pouvant gêner la digestion de bébé. Comme pour les autres aliments, cela dépend des bébés. L’ail a de nombreux bienfaits et tant que tu ne remarques rien du côté de bébé, tu peux consommer de l’ail sans problème.
Il en va de même pour le poireau, que certains accusent de provoquer des coliques. Tant que bébé boit ton lait sans rechigner, pas de problème !
Le gingembre est souvent utilisé comme galactogène, en association avec le fenugrec et le curcuma. D’après une étude citée par la Leche League, il semblerait que cela n’ait pas de réel impact sur la production de lait maternel. Par contre, si tu aimes le gingembre, tu peux le consommer comme d’habitude en assaisonnement ou en tisane.
Contrairement aux idées reçues, le chou n’est pas responsable des coliques, donc tu peux en manger sous toutes ses formes pendant ton allaitement. D’ailleurs, savais-tu que le chou utilisé en cataplasme sur la poitrine permet de soulager les engorgements ? D’après la Leche League, il serait plus efficace que certains produits spécifiques.
Après la grossesse, se priver de fromage (ou ne manger que du pasteurisé) n’est plus d’actualité ! Tu peux donc manger à nouveau du fromage à pâte crue sans risque pour bébé. Attention toutefois, certains bébés présentent une allergie aux protéines de lait de vache ou une intolérance alimentaire. Elles peuvent se manifester au niveau digestif, cutané ou respiratoire. Dans ce cas bien particulier, il sera nécessaire d’adapter ton alimentation pour éviter les allergènes. Si tu penses que ton bébé est concerné, demande conseil à ton médecin, à ta sage-femme ou encore à ta consultante en lactation.
Contrairement aux idées reçues (dont certaines sont encore largement véhiculées sur le web), il n’y a aucun aliment strictement interdit pendant l’allaitement. Tu peux manger de tout en quantité raisonnable. Par précaution, il vaut mieux s’abstenir de consommer des poissons et fruits de mer exotiques, comme ceux cités plus haut.
L’essentiel est de ne surtout pas te priver d’aliments nutritifs qui t’apportent de l’énergie, des fibres, des protéines, des glucides, du calcium, de bons acides gras oméga 3, des vitamines et des minéraux, et de privilégier une alimentation variée et équilibrée.
S’il n’y a pas de nourriture à éviter pendant l’allaitement, ce n’est pas le cas de certains médicaments et des drogues, car ils contiennent des substances nocives pour le bébé qui passent dans le lait. Pour ce qui est des médicaments, réfère-toi à l’avis de ta sage-femme, ton pédiatre, ou au site du CRAT (Centre des Agents Tératogènes) qui est une source sûre en la matière.
On trouve sur Internet encore de nombreux articles qui affirment que l’alcool est totalement interdit pendant l’allaitement. Or, c’est faux ! Il est également courant d’entendre de jeunes mères dire qu’elles ne souhaitent pas allaiter, car elles ont envie, après 9 mois de restrictions, de pouvoir boire un verre de vin de temps en temps.
En réalité, d’après la Leche League, consommer de l’alcool avec modération pendant l’allaitement est possible. En revanche, en cas de consommation importante, il te faudra patienter quelques heures avant de donner le sein à nouveau. Pas facile dans les situations où bébé pleure et que tu ne sais pas s’il a faim ou veut combler son besoin de succion. C’est pourquoi il peut être judicieux d’attendre que bébé ait grandi et que les tétées soient prévisibles.
Petit rappel : la consommation excessive d’alcool est dangereuse pour la santé.
Mais si tu décides quand même de consommer de l’alcool sans te priver, il est préférable de :
La plupart du temps, tu peux manger de tout sans provoquer de coliques chez ton bébé allaité. Si tu constates qu’il en a, sache que cela ne provient pas forcément de l’allaitement. Par exemple, des mères ont constaté que certains composants de la Vitamine D prescrite à la naissance étaient responsables de coliques. Il n’y a pas de preuve scientifique à cela, mais il semblerait qu’un changement de marque de vitamine D permette parfois une diminution des coliques.
Certains aliments gazogènes ou épices fortes sont pointés du doigt, mais il n’existe pas de règle absolue. Chaque bébé réagit différemment : ce qui cause une réaction allergique ou des problèmes digestifs chez l’un peut être sans effet chez l’autre.
Si tu penses que ce sont certains aliments qui provoquent des coliques chez ton bébé, tu peux essayer de ne plus en ingérer pour confirmer ou non ta théorie. Par contre, si tu constates des symptômes qui peuvent s’apparenter à une allergie, consulte un allergologue.
Pour ce qui est des gaz, ce n’est pas tant la nourriture que tu consommes qui en provoque que l’immaturité du système digestif de bébé. Pour l’aider à les évacuer s’il est gêné, tu peux :
Tous les aliments passent dans le lait, mais toutes les molécules ne le font pas à la même vitesse. D’après un article paru dans Allaiter aujourd’hui, n°78, p.3, des chercheurs danois ont prouvé que :
Voici un tableau récapitulatif des recommandations alimentaires pendant l'allaitement :
| Aliment | Recommandation |
|---|---|
| Poisson | Limiter les poissons riches en mercure, éviter l'espadon, le marlin, le siki, le requin et la lamproie |
| Oeufs | Autorisés, même crus (la salmonelle ne passe pas dans le lait) |
| Café | Limiter la consommation de caféine |
| Soja | Autorisé |
| Chocolat | Consommation raisonnable, privilégier le chocolat noir |
| Charcuterie | Autorisée |
| Boissons gazeuses | Autorisées avec modération (éviter les boissons trop sucrées) |
| Sushi | Autorisés (en respectant les règles d'hygiène) |
| Fruits de mer | Éviter les espèces exotiques, privilégier une cuisson complète |
| Persil, oseille, sauge | Consommation modérée (peuvent diminuer la production de lait en grande quantité) |
| Chou-fleur, citron | Tester la tolérance de bébé, consommer avec modération |
| Fenouil | Consommation déconseillée (Agence européenne des médicaments) |
| Ail, poireau, gingembre, chou | Consommation selon la tolérance de bébé |
| Fromage | Autorisé, attention aux allergies ou intolérances de bébé |
| Alcool | Consommation modérée possible, attendre quelques heures avant d'allaiter en cas de consommation importante |
Lorsqu'une mère mange un aliment contaminé par certaines bactéries ou toxines, elle peut déveloper une "intoxication alimentaire" pouvant causer des vomissements, des crampes abdominales et de la diarrhée. Les bébés aussi peuvent souffrir d’intoxication alimentaire, et ce même avant la diversification alimentaire.
Infection digestive assez courante, l’intoxication alimentaire est due à la consommation d’aliments ou d’eau souillés par des agents pathogènes. Une intoxication alimentaire peut survenir à n’importe quel âge, aussi les bébés ne sont-ils pas épargnés.
Une intoxication alimentaire est rare chez un bébé qui est uniquement nourri au sein, car le lait maternel est très riche en anticorps. Un bébé nourri au biberon avec du lait infantile ou en pleine diversification alimentaire a plus de risque d’intoxication alimentaire, car ces aliments peuvent être accidentellement contaminés par des pathogènes.
Elle se manifeste le plus souvent dans les 4 à 24 heures qui suivent l’ingestion de la nourriture ou de l’eau contaminée, par des douleurs abdominales, une diarrhée, des nausées ou des vomissements. En cela, elle peut se confondre avec une gastro-entérite ou une indigestion.
Parce qu’ils sont encore fragiles en termes de défenses immunitaires, les bébés peuvent souffrir de graves complications à la suite d'une intoxication alimentaire, la principale étant la déshydratation.
Si l’état du bébé ne s’améliore pas dans les heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes, si de nouveaux symptômes apparaissent ou empirent, mieux vaut consulter rapidement.
Le traitement de l’intoxication alimentaire du bébé ou de l'enfant dépendra du ou des pathogène(s) identifié(s). Si une bactérie est en cause, des antibiotiques pourront être prescrits.
Une intoxication alimentaire se manifeste souvent par des symptômes tels que des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des crampes abdominales, de la fièvre et parfois des frissons. Ces signes peuvent être ressentis quelques heures après avoir mangé un aliment contaminé.
L’allaitement maternel au sein et le contact peau à peau permettent à votre enfant de créer un lien unique avec vous et de bien se développer. Cependant, en tant que maman qui allaite, vous devez être particulièrement vigilante si vous êtes malade.
Si les symptômes s’aggravent, persistent plus de 24 heures ou s’il y a manifestement une déshydratation, par exemple une soif excessive, une diminution de la fréquence des urines, ou une urine foncée, une consultation médicale devient nécessaire. Ces signaux d’alerte indiquent que le corps lutte contre une infection sérieuse, nécessitant souvent l’intervention d’un professionnel de la santé.
Souvent, pour éliminer l’aliment contaminé, la réaction immédiate et logique qui vient à l’esprit, est de se faire vomir. Cependant, en plus d’être contre-productif, les risques de se faire vomir ne sont pas négligeables. En effet, en plus d’être particulièrement désagréable, se faire vomir peut causer des lésions à l’œsophage ou même aggraver votre état.
D’abord, rester hydraté est important, car les vomissements et la diarrhée peuvent rapidement conduire à une déshydratation. Vous avez à votre disposition plusieurs solutions pour aider à rétablir l’équilibre hydrique. Dans les cas plus légers, pensez à boire de l’eau et des bouillons légers tout au long de la journée. Mais en cas de symptômes plus sévères de déshydratation, procurez-vous des solutions électrolytiques, disponibles en pharmacie.
Pendant la phase de récupération, l’alimentation est importante. Optez pour des aliments doux et faciles à digérer tels que le riz, les bananes et les pommes cuites et le pain grillé, c’est le principe du régime BRAT, réputé pour faciliter la digestion. De plus, évitez les aliments gras, épicés ou contenant beaucoup de fibres et concentrez-vous sur une alimentation simple qui aide le système digestif à se rétablir.
La question de poursuivre l’allaitement se pose si l’intoxication est confirmée. Les experts en santé recommandent généralement de continuer , car les agents pathogènes responsables de l’intoxication ne se transmettent pas par le lait maternel. En effet, maintenir l’allaitement au sein est vital pour le bien-être du bébé et pour soutenir la production de lait. Par exemple, utiliser du lait que vous aurez auparavant tiré, peut être une solution temporaire si vous vous sentez trop faible. Toutefois, consultez un médecin pour des conseils personnalisés, surtout si vous devez prendre des médicaments sur prescription, durant cette période.
Pour minimiser le risque d’intoxication alimentaire, prenez ces précautions simples afin de garantir votre sécurité et celle de votre enfant.
D’abord, lavez-vous systématiquement les mains avant de préparer les aliments et utilisez des planches à découper séparées pour les aliments crus et cuits. De plus, soyez prudentes avec certains aliments à haut risque tels que les produits laitiers non pasteurisés, les viandes et poissons crus et certains types de fromages à pâte molle.
tags: #allaitement #et #intoxication #alimentaire
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