Un résidu est une portion alimentaire non digérée par l’intestin et non absorbable par l’organisme, principalement composée de fibres alimentaires végétales, et parfois animales. Le régime sans résidu vise à diminuer le volume des selles et le transit intestinal en supprimant ces fibres, réduisant ainsi les risques d’irritation de la muqueuse du côlon ou des intestins.
Ce régime est prescrit par un chirurgien pour traiter des maladies affectant les intestins ou le côlon, avant une coloscopie, ou après une intervention chirurgicale. Le but principal est d’éviter les fibres irritantes lorsque la muqueuse intestinale est altérée.
Celui-ci est indiqué en cas de:
Le régime pauvre en fibres consiste à apporter quantitativement entre 10 et 15 g de fibres par jour.
Les fibres alimentaires sont des éléments indispensables d’une alimentation saine et équilibrée. Longtemps sous-estimées, elles sont aujourd’hui reconnues pour leurs nombreux bienfaits sur la digestion, la satiété, la santé métabolique et même le système immunitaire.
Les fibres sont des glucides non digestibles présents dans les aliments d’origine végétale. Leur structure complexe empêche leur digestion par les enzymes de l’intestin grêle, ce qui leur permet d’atteindre le côlon intactes.
Il existe plusieurs types de fibres:
Les fibres se classent également en deux types : fibres solubles et fibres insolubles.
Les fibres solubles, présentes dans des aliments comme la pulpe des fruits, l’avoine et les légumineuses, se dissolvent dans l’eau et forment un gel dans le tube digestif.
Les fibres solubles représentent en moyenne environ 70 % des fibres dans notre alimentation.
Les fibres insolubles, comme celles présentes dans les parois cellulaires des légumes et la peau des fruits, ne se dissolvent pas dans l’eau et restent presque intactes tout au long de leur transit dans le système digestif.
La plupart des fruits et légumes contiennent à la fois des fibres solubles et insolubles.
Pour les personnes souffrant de syndrome de l’intestin irritable (SII) ou d’intolérance aux FODMAP, la consommation de fibres doit être particulièrement adaptée. Les FODMAP (fermentable oligo-, di-, monosaccharides and polyols) sont des glucides fermentescibles qui peuvent provoquer des ballonnements, des douleurs abdominales et des troubles digestifs chez les personnes sensibles.
Certains types de fibres, comme les fructanes (présents dans l’ail, l’oignon et le blé) et les galacto-oligosaccharides (GOS) (présents dans les légumineuses), sont des FODMAP et peuvent être particulièrement difficiles à digérer pour les personnes sensibles.
Les fibres alimentaires jouent un rôle crucial dans le maintien d’une bonne santé digestive, la gestion du poids et le soutien de l’immunité.
En gastroentérologie, la relation entre nutrition et pathologies digestives est fondamentale. Elle a notamment été étudiée depuis plusieurs décennies dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. De nombreuses stratégies nutritionnelles ont été utilisées comme traitement primaire ou adjuvant et sont notamment beaucoup utilisée en pédiatrie.
L’alimentation thérapeutique sans résidu consiste à réduire de l’alimentation les résidus de viande et les fibres, c’est-à-dire toutes les portions non absorbables des aliments (apports en fibres autour de 10 à 14 g/j). Un tel régime a prouvé son efficacité dans la préparation colique à l’endoscopie, permettant une bonne visibilité de l’opérateur lors de l’examen.
Les recommandations de la société européenne (ESGE) sont de le prescrire pour une durée de 1 jour avant l’examen. Ce régime était auparavant recommandé dans plusieurs situations difficiles comme les maladies inflammatoires en poussées, ou les diverticulites aiguës. Ce régime entraînerait une diminution du volume des selles, une diminution du transit intestinal et en éliminant l’apport de fibres insolubles, il éviterait d’irriter la muqueuse intestinale.
Il est conseillé une alimentation diversifiée, afin de répondre aux recommandations nutritionnelles nationales. Chez les patients avec une maladie de Crohn sténosante, il peut être envisagé au cas par cas de réduire la quantité journalière de fibres. En cas de diverticulite aiguë, un régime liquide est recommandé jusqu’à amélioration des symptômes pour une meilleure tolérance, et doit être élargi dès que possible. Un régime sans résidu n’est plus recommandé au long cours.
Ce régime consiste à éliminer les aliments riches en matières grasses et les graisses cuites. Il est conseillé dans la réalimentation des pancréatites aiguës modérées. Il permet d’éviter une stimulation importante de la sécrétion pancréatique.
Dans ce régime, il faut privilégier une cuisson simple aliments : viandes grillées, poissons au court-bouillon, œufs à la coque, pochés ou durs, légumes cuits à l’eau ou à la vapeur. Il faut supprimer les fritures, les plats en sauce, les charcuteries, les plats préparés. En revanche, les matières grasses crues sont autorisées en faible quantité et seront systématiquement ajoutées crues après toute cuisson. L’alcool est également proscrit pour éviter la survenue d’autres complications de l’alcoolisme.
Dans les pancréatites aiguës modérées, il est recommandé par la société européenne de nutrition d’utiliser un régime pauvre en graisse au cours de la phase de réalimentation. Les patients peuvent reprendre une alimentation orale dès que leurs symptômes le permettent (nausée et douleur) et que les paramètres inflammatoires s’améliorent. De même après une nécrosectomie, une alimentation orale doit être préférée, sauf en cas de complications.
Ce régime est beaucoup moins strict qu’il y a quelques années, et varie d’une équipe à l’autre devant l’absence de recommandations claires. Aucun régime restrictif n’est en revanche recommandé dans les pancréatites chroniques, y compris avec insuffisance pancréatique exocrine. Les patients dénutris doivent au contraire avoir une alimentation hypercalorique et hyperprotidique. Chez certains de ces patients lorsque les symptômes de stéatorrhée ne peuvent être contrôlés avec le traitement médical, peut se poser la question de proposer un régime pauvre en graisse.
L’alimentation thérapeutique pauvre en lactose consiste à supprimer l’ensemble des laits et des produits dérivés qui contiennent du lactose (table 2). Lorsque le lait est hydrolysé, il ne contient plus de lactose. Les laitages ayant subi une hydrolyse comme les fromages à pâte cuite peuvent donc être consommés.
Cette alimentation n’est indiquée que lorsque la malabsorption du lactose s’accompagne de signes d’intolérance (définis par la présence de symptômes digestifs suite à l’ingestion de lactose). Un apport en moyenne de l’ordre de 12 à 20 g de lactose par jour est habituellement toléré par les malades ayant une authentique malabsorption du lactose. Il faut en effet éviter les régimes stricts qui exposent à un risque d’ostéoporose.
Le lactose est un disaccharide composé de glucose et de galactose. Il s’agit du principal sucre contenu dans le lait. Habituellement bien toléré, le lactose peut être responsable de symptômes lorsqu’il n’est pas absorbé par la muqueuse intestinale. L’absorption du lactose nécessite une hydrolyse préalable au niveau de la bordure en brosse, par une bêta-galactosidase.
En cas de malabsorption, le lactose peut causer des symptômes gastro-intestinaux (diarrhée, ballonnement, douleur abdominale, flatulences…) par un effet osmotique, source potentielle de diarrhée et par fermentation colique, entraînant la production accrue de gaz. Il est important de souligner qu’il n’existe pas de corrélation entre la malabsorption vraie du lactose (démontrée par un test respiratoire après charge en lactose) et l’intolérance au lactose.
La malabsorption du lactose à l’âge adulte résulte le plus souvent de la non-persistance de la lactase. Une cause fréquente de déficit en lactase est la gastroentérite aiguë, à la suite des lésions des microvillosités (riches en lactase). Heureusement, la plupart des individus avec une malabsorption n’ont pas d’intolérance. L’intolérance au lactose est multifactorielle. Elle est dépendante de la dose ingérée, de la prise concomitante d’autres aliments, de l’expression de la lactase, des antécédents du patient et du microbiote intestinal.
L’alimentation thérapeutique pauvre en FODMAP consiste à réduire l’ensemble des hydrates de carbone, peu absorbés dans l’intestin grêle et qui sont à risque de générer des symptômes (les galacto-oligosaccharides, les fructanes, le lactose, le fructose, le sorbitol et le mannitol). Ce régime est celui ayant le meilleur niveau de preuve dans le syndrome de l’intestin irritable.
La première phase consiste à exclure les FODMAP sur une période de 4 à 6 semaines. En l’absence d’amélioration, l’alimentation contrôlée devra être arrêtée. En cas d’amélioration symptomatique, une phase de réintroduction des aliments concernés par catégorie de FODMAP sera effectuée afin de définir la tolérance par catégorie de FODMAP. Cette phase est la plus importante du régime mais également la plus fastidieuse à suivre.
Ensuite, le patient rentre dans la troisième phase de régime, où il adapte son régime à ses symptômes avec comme objectif de consommer plus de FODMAP que pendant la période stricte initiale. Cela permet de maintenir l’amélioration des symptômes dans le temps sans s’exposer aux risques nutritionnels à long terme. Ce régime doit absolument être encadré par un diététicien expérimenté et le patient doit-être réévalué par son gastroentérologue.
Il est déconseillé de le prescrire chez les patients éliminant déjà beaucoup d’aliments, chez ceux à risque de dénutrition, ainsi que ceux avec antécédent de troubles du comportement alimentaire.
Aujourd’hui les régimes « sans » se sont beaucoup allégés en gastroentérologie. Certains d’entre eux reposaient sur de faibles niveaux de preuve.
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