Aliments à éviter en cas de coliques néphrétiques : Guide complet

La colique néphrétique est une douleur aiguë qui résulte d’un blocage dans l’une des voies urinaires, souvent à cause d’un calcul rénal. Ce blocage empêche l’urine de circuler normalement, ce qui provoque des spasmes dans l’uretère et une douleur intense.

Avec environ 110 000 épisodes survenant chaque année en France, la colique néphrétique est un problème médical fréquent qui touche aussi bien les femmes que les hommes. Elle représente 1 à 2 % des consultations aux urgences hospitalières. Les coliques néphrétiques représentent 1 % des urgences hospitalières. Cet article aborde en profondeur la nature des coliques néphrétiques en examinant leurs causes, symptômes, les approches de diagnostic et de traitement, ainsi que des conseils préventifs pour esquiver ces épisodes douloureux.

Qu'est-ce qu'une colique néphrétique ?

La colique néphrétique est due à une obstruction dans les voies urinaires : le plus souvent, un calcul, qui s’est formé dans le rein, se bloque, entraînant une douleur brutale et irradiante dans le dos. La colique néphrétique est une douleur aiguë qui résulte d’un blocage dans l’une des voies urinaires, souvent à cause d’un calcul rénal.

Plus spécifiquement appelée lithiase rénale, un calcul rénal est une masse solide qui se constitue à partir de dépôts de minéraux et de sels présents dans l’urine. La colique néphrétique est due à la présence de calculs d’acide urique ou de sels de calcium dans les voies urinaires. Elle se manifeste par une douleur aiguë au niveau des lombaires, dans le bas du dos. Ces épisodes très douloureux, sont consécutifs, le plus souvent, à la présence d’une masse solide dans les voies urinaires, les fameux calculs.

Types de calculs rénaux

  • Les calculs de calcium : Ce sont les plus courants. Ils se forment à partir de cristaux de calcium combinés à d’autres substances comme l’oxalate ou le phosphate. 85 % des calculs sont composés de calcium.
  • Les calculs d’acide urique : Ils se produisent lorsque l’urine est trop acide.
  • Les calculs de struvite : Ils sont souvent associés à des bactéries productrices d’uréase qui modifient le pH de l’urine, favorisant ainsi la formation de ces calculs.
  • Les calculs de cystine : Beaucoup plus rares, ils sont causés par un trouble héréditaire appelé cystinurie, qui provoque l’accumulation de cystine, un acide aminé, dans l’urine.

Causes des coliques néphrétiques

La colique néphrétique est causée par un obstacle des voies urinaires qui provoque une augmentation de pression brutale dans les voies urinaires (uretère et rein). Dans 80 % des cas, cet obstacle est un calcul rénal qui s’est déplacé et qui bloque l’écoulement des urines au niveau de l’uretère.

Les coliques néphrétiques, souvent déclenchées par un obstacle dans les voies urinaires sont influencées par divers facteurs de risque comme :

  • la génétique : elle joue un rôle prépondérant, surtout chez ceux qui ont des niveaux d'acide urique élevés, les rendant plus susceptibles aux crises de goutte ;
  • une faible consommation d'eau et une alimentation riche en protéines et en sel favorisent la formation de calculs urinaires ;
  • l'obésité ;
  • l'hypertension ;
  • l’hyperplasie : pour les hommes de plus de 50 ans, l'hyperplasie bénigne de la prostate peut entraîner le vidage complet de la vessie, favorisant ainsi la formation de calculs ;
  • les déséquilibres hormonaux, notamment ceux liés à un dysfonctionnement des glandes parathyroïdes ;
  • les infections urinaires chroniques, particulièrement chez les femmes et les individus avec une sonde vésicale ;
  • la prise de certains médicaments peut créer la formation de cristaux ;
  • l'abus de laxatifs, la diarrhée chronique et un excès de vitamine D sont également des facteurs contribuant à l'urolithiase.

D’autres facteurs spécifiques peuvent aussi augmenter le risque de coliques néphrétiques, tels que :

  • un long voyage ;
  • un séjour dans un climat chaud ;
  • une immobilisation prolongée (après une maladie par exemple) ;
  • une activité sportive sans hydratation adéquate.

Enfin, les anomalies anatomiques des reins ou des voies urinaires, ainsi que les tumeurs ou les rétrécissements dus aux inflammations ou cicatrices, peuvent provoquer des coliques néphrétiques non liées à la présence de calculs.

Symptômes des coliques néphrétiques

Les calculs rénaux peuvent provoquer des douleurs dorsales, généralement entre les côtes et les hanches. La douleur peut également s’étendre au niveau du ventre allant parfois jusqu’à l’intérieur des cuisses. Avant d’être expulsé en urinant, le calcul migre jusqu’à la vessie et l’urètre et la douleur s’active chaque fois que le calcul est coincé au cours de son trajet. Elle entraîne ce que l’on appelle des coliques néphrétiques.

Les coliques néphrétiques sont caractérisées par des symptômes spécifiques, souvent très handicapants, tels que :

  • une douleur intense et soudaine, localisée généralement dans la région lombaire, au niveau des reins, et peut se propager vers le bas de l'abdomen et les organes génitaux. Habituellement, la douleur est unilatérale, c’est-à-dire qu’elle affecte un seul côté du corps, en fonction de l'emplacement de l'obstruction dans les voies urinaires. Elle est particulière car elle n'est pas soulagée par le changement de position, ce qui la distingue d'autres types de douleurs abdominales ou dorsales ;
  • des nausées ;
  • des vomissements ;
  • des ballonnements ;
  • une fréquente envie d'uriner : même si l'envie d'uriner est pressante, l'obstruction peut rendre difficile la vidange complète de la vessie ;
  • la présence de sang dans les urines (hématurie), résultant de l'irritation et des lésions des parois urinaires par le calcul ;
  • de l'anxiété et de l'agitation dues à l'intensité de la douleur et au malaise général.

Si la colique néphrétique est accompagnée de fièvre, cela peut signifier la présence d’une infection telle qu’une pyélonéphrite (infection du rein). Non traitée, la colique néphrétique peut également évoluer vers l’insuffisance rénale.

Diagnostic des coliques néphrétiques

Le diagnostic des coliques néphrétiques est essentiellement basé sur la présence des symptômes caractéristiques de l’affection. Cependant, certains examens vont être prescrits par le médecin, afin de confirmer le diagnostic :

  • une analyse d’urine, à la recherche d’une infection ;
  • une prise de sang pour doser la créatinine sanguine, afin de mettre en évidence une éventuelle détérioration rénale due à l'obstruction ;
  • une échographie, pour visualiser et mesurer le calcul et la dilatation de l’uretère et du rein ;
  • une radiographie, pour mettre en évidence le calcul ;
  • un scanner, pour confirmer le diagnostic de la lésion responsable de l’obstruction

Traitements des coliques néphrétiques

Le traitement des coliques néphrétiques a pour but principal de soulager la douleur, de favoriser l'élimination des calculs rénaux et de prévenir les complications.

Les principales approches thérapeutiques envisagées sont :

  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que le diclofénac (voie intramusculaire) ou le kétoprofène (voie intraveineuse) ;
  • des analgésiques morphiniques : ils sont utilisés seuls, ou associés aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ;

Dans le cas où le calcul à l’origine des coliques néphrétiques ne s’élimine pas naturellement, d’autres techniques peuvent être envisagées pour le dissoudre :

  • la lithotritie extracorporelle : des ultrasons sont envoyés à travers la peau et vont désintégrer le ou les calculs par un effet d’ondes de choc ;
  • la fragmentation du calcul avec un laser par voie endoscopique ;
  • exceptionnellement, la chirurgie.

En présence de complications comme une infection urinaire sévère (pyélonéphrite aiguë), de la fièvre élevée ou d'une obstruction importante qui nécessite une intervention chirurgicale, une hospitalisation d'urgence est souvent requise. Des antibiotiques et des traitements adaptés à chaque complication seront alors administrés.

Bon à savoir : il est recommandé de ne pas trop boire durant la crise, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein malade. En dehors de l’épisode de crise, il est conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour, voire davantage, pour faciliter l’élimination du calcul et prévenir les nouvelles formations.

L'origine des calculs rénaux

Alimentation : que faut-il éviter pour prévenir les coliques néphrétiques ?

Les mauvaises habitudes alimentaires représentent une cause majeure dans la formation des calculs calciques, oxaliques et uriques. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un régime mais d’un ajustement de vos habitudes alimentaires, indique l’Association française d’urologie (AFU).

La prévention des calculs rénaux repose avant tout sur une bonne hygiène de vie et notamment, de bonnes pratiques alimentaires. Il est donc indispensable de faire attention à ce que l’on mange et à ce que l’on boit pour éviter que des calculs ne se forment.

La courbe des lithiases urinaires évolue de façon parallèle au PIB d’un pays. C’est le signe que cette maladie est essentiellement due au mode de vie, et en premier lieu à l’alimentation. Alors comment faire pour prévenir les calculs urinaires ?

Réduire l'apport en protéines animales

Limitez la quantité de protéines animales. Plus la consommation de protéines animales (viande, poisson, œuf) est élevée, plus l’excrétion urinaire du calcium augmente. Cela acidifie en outre les urines. En pratique, 150 grammes quotidiens suffisent dans le cadre d’un régime équilibré. Un bon moyen pour respecter cette règle : prendre un seul repas carné par jour. Plus la consommation de protéines animales (viande, poisson, œuf…) est élevée, plus l’excrétion urinaire du calcium augmente.

Limiter le sel

Le sel favorise l’excrétion de calcium dans les urines et donc la formation de cristaux d’oxalate de calcium. Faire attention au sel : pas plus de 6 à 8 g par jour. Pour savoir si sa consommation est trop importante, il est possible de mesurer en laboratoire la quantité de sodium présente dans les urines de vingt-quatre heures. Ne resalez jamais un plat. Evitez par ailleurs les charcuteries.

Limitez votre apport en sel et en sucre : évitez dans rajouter dans vos assiettes et limitez les aliments riches en sodium comme les plats préparés, les charcuteries et les snacks salés.

Sel et protéines animales... le mauvais combo !

Attention à certains aliments

  • Éviter les aliments riches en oxalate : l’oxalate est la molécule qui, en se combinant avec le calcium, donne la majorité des calculs rénaux. Le cacao et donc le chocolat noir sont parmi les aliments les plus riches en oxalate. En cas de calculs à oxalates, il faudra éviter le chocolat, la plupart, des fruits secs, les asperges, la rhubarbe, l’oseille, les épinards, le thé, etc.
  • Limiter les aliments riches en sucres raffinés et en acides gras saturés : ils augmentent la production et la rétention d’acide urique. Les sucres raffinés quant à eux, peuvent également augmenter l’excrétion de calcium dans l’urine.
  • Consommez des protéines animales avec modération : la viande rouge, la volaille, les œufs et même les fruits de mer augmentent la quantité d’acide urique dans. Ces aliments d’origine animale peuvent réduire la quantité de citrate, qui aide à prévenir la formation de calculs.
  • En cas de calculs à acide urique, il faut limiter la consommation de charcuterie, d’abats et de fruits de mer.

Quelle eau choisir ?

« Toutes les eaux sont bonnes à condition d’adapter votre choix au type de calculs dont vous souffrez et à votre alimentation », explique l’Association française d’Urologie.

Il est essentiel de s’hydrater régulièrement dans la journée et de boire au moins un demi-litre entre le repas du soir et le coucher. N’hésitez pas non plus à boire la nuit, si vous vous réveillez. En effet, on ne consomme pas d’eau la nuit et les urines se concentrent, favorisant la formation des calculs. Le matin, pour surveiller si les urines sont assez diluées, on peut utiliser des bandelettes urinaires pour mesurer la densité.

  • Au moins deux litres par jour, voire plus s’il fait chaud ou en cas d’intense activité physique. Ainsi, vous éviterez la concentration de cristaux dans les urines.
  • En cas de calcul d’oxalate de calcium, préférer des eaux à faible teneur en calcium (eau du robinet ou Volvic).
  • Si c’est un calcul d’acide urique, choisir plutôt une eau alcaline (comme Vichy St-Yorre).
  • Évitez les eaux minérales trop riches en sels minéraux (en particulier en calcium comme Contrex, Hépar ou Vittel).
  • « Les eaux pétillantes bicarbonatées sont bénéfiques en prévention des calculs uriques (urines acides).

Le magnésium est un inhibiteur de la formation des cristaux. A ce jour il n’existe aucune recommandation officielle, néanmoins si vous aimez les eaux magnésiennes, n’hésitez pas.

Autres recommandations

  • Limitez enfin la consommation de sodas, d’alcool et de sucres rapides.
  • Privilégiez les aliments riches en potassium qui réduit l’excrétion de calcium dans les urines et aide ainsi à prévenir les calculs.
  • Hydratez-vous : un bon apport hydrique est indispensable pour prévenir les calculs rénaux. Boire suffisamment d’eau (entre 1.5 et 2 litres chaque jour) permet de diluer l’urine, réduisant ainsi la concentration des substances pouvant former des dépôts.
  • Évitez les eaux minérales trop riches en sels minéraux et privilégiez les eaux minérales riches en bicarbonates.

Lorsqu’il fait chaud, ou lors d’activité sportive, il est nécessaire de boire davantage, au moins trois litres dans la journée. Idéalement, les urines devraient rester pâles en toute circonstance.

Quand consulter ?

  • Il est recommandé de consulter en urgence si :
  • la colique néphrétique s’accompagne de fièvre, de frissons ;
  • la personne souffre d’anurie (plus d’émissions d’urines) ;
  • la colique néphrétique survient chez la femme enceinte ;
  • les douleurs ne disparaissent pas après la prise d’antalgiques et d’anti inflammatoires prescrits par le médecin.

Prévention des coliques néphrétiques

Les coliques néphrétiques ont tendance à récidiver. Environ la moitié des personnes ayant souffert de cette affection récidive dans les 5 ans. La prévention des coliques néphrétiques est donc indispensable pour éviter qu’elles ne reviennent et améliorer la qualité de vie des personnes à risque de développer des calculs urinaires.

Adopter certaines mesures peut réduire considérablement ce risque :

  • Hydratation adéquate : boire au moins deux litres d'eau par jour permet de diluer les urines et donc, de diminuer la concentration en sels minéraux ;
  • Ajustement du régime alimentaire : La prévention par l’alimentation dépend du type de calcul dont a souffert la personne. De façon générale, il est conseillé de limiter la consommation de protéines animales, de sel et de produits laitiers.

Tableau récapitulatif des aliments à privilégier et à éviter

Catégorie Aliments à privilégier Aliments à éviter
Hydratation Eau (faiblement minéralisée), eaux alcalines (si calculs d'acide urique), tisanes diurétiques Eaux trop chargées en calcium (Contrex, Hépar)
Fruits et légumes Aliments riches en potassium (banane, pomme de terre, avocat, concombre, tomate, abricot, poivron, pruneau, persil) Aliments riches en oxalate (chocolat noir, épinards, rhubarbe, oseille)
Protéines Consommation modérée Excès de protéines animales (viande, poisson, œuf)
Autres Aliments naturellement faibles en minéraux Aliments riches en sucres raffinés et acides gras saturés, sel (charcuteries, plats préparés)

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