L'alimentation joue un rôle crucial dans la gestion du Syndrome du Côlon Irritable (SII). Les patients remarquent souvent un lien entre leur alimentation et l'exacerbation de leurs symptômes. En effet :
Il est donc essentiel de comprendre l'impact des aliments sur le SII et d'adopter des stratégies alimentaires adaptées.
Un aliment unique est rarement incriminé comme facteur déclenchant des douleurs, et l'existence d'une allergie alimentaire authentique semble peu fréquente. Des intolérances à certains aliments ont cependant été décrites. Une authentique hypersensibilité, confirmée par des tests d'allergie, a été retrouvée chez 20 % des patients avec SII.
Les recherches sur le syndrome de l’intestin irritable montrent que notre alimentation joue un rôle important dans l’apparition des symptômes. D’autres facteurs interviennent dans le syndrome de l’intestin irritable : le lien entre l’intestin et le cerveau, l’exercice, la génétique et même le système immunitaire. Il va sans dire que le syndrome de l’intestin irritable est une maladie complexe qui fait l’objet de nombreuses stratégies de prise en charge.Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’alimentation.
La consommation de fruits, légumes et céréales est importante dans l'alimentation car elle apporte des vitamines et des minéraux. Les fibres ne sont efficaces que dans les formes de SII avec constipation. Si l'on veut augmenter l'apport en fibres alimentaires (supplémentation de 20 à 40 g par jour), et cette augmentation doit être progressive sur une dizaine de jours.
Les fibres solubles (psyllium, avoine, son, orge, ispaghula, gomme guar, etc.) entraîneraient une amélioration symptomatique, à l'inverse des fibres insolubles (son de blé, céréales complètes, etc.) qui aggraveraient les ballonnements.
Le lactose est un sucre contenu essentiellement dans le lait, les yaourts, les desserts lactés et les glaces (mais presque plus dans les fromages affinés). Pour être absorbé, il nécessite l'action d'une enzyme appelée lactase. Certains patients peuvent présenter un déficit en lactase, qui peut être responsable de symptômes digestifs proches de ceux du SII.
En cas d'intolérance, si les quantités de lactose ingérées (lait, yaourt, glace) dépassent les capacités d'absorption du système digestif, il peut y avoir une fermentation par les bactéries coliques, entraînant des ballonnements, des gaz, un inconfort et/ou une diarrhée.
Les lipides sont des corps gras présents dans l'alimentation et l'organisme. Les repas riches en lipides peuvent augmenter les symptômes chez certains patients avec SII, et notamment avec diarrhée. Les lipides peuvent provoquer une rétention de gaz à l'origine de douleurs et de ballonnements, sans différence selon le type de SII (Constipation ou Diarrhée).
Le gluten est un terme désignant des protéines présentes dans certaines céréales : blé, seigle, avoine, orge, kamut, épeautre. Il ne faut pas confondre SII et maladie cœliaque, même si ces 2 maladies peuvent présenter des symptômes communs. En effet, la maladie cœliaque est une intolérance au gluten, touchant 1% de la population. Cette pathologie repose sur un diagnostic basé sur la recherche d'anticorps spécifiques et de biopsies duodénales effectuées lors d'une fibroscopie oeso-gastroduodénale.
Il ne faut pas confondre SII et maladie cœliaque, même si ces 2 maladies peuvent présenter des symptômes communs.
En effet, 3 pathologies peuvent être liées au gluten :
Ainsi, les principales différences entre les personnes intolérantes au gluten et celles hypersensibles au gluten résident dans :
Ces aliments ont subi divers procédés industriels de transformation. Ils contiennent des ingrédients eux-mêmes transformés (amidon modifié, huile hydrogénée, sirop de glucose ou dextrose, etc.) ainsi que des additifs de toutes sortes (certains d'origine naturelle, beaucoup issus de la chimie). La consommation accrue de ces aliments est associée à un risque plus élevé de 25 % d'avoir un SII.
Il existe plusieurs régimes alimentaires qui peuvent aider à gérer les symptômes du SII. Voici quelques-uns des plus courants :
Il est crucial d'éviter de s'imposer des restrictions alimentaires sans conseils professionnels, en raison des risques de :
Avant de commencer un régime, une enquête diététique est nécessaire. Les symptômes digestifs peuvent être favorisés par un déséquilibre alimentaire et/ou conduire à des régimes d'évictions inutiles. Il est très compliqué de suivre, seul, un nouveau protocole alimentaire sans aucune aide. Il est donc conseillé de consulter un professionnel de santé (médecin, nutritionniste / diététicien).
Ce régime consiste à exclure un ou des aliments, de façon temporaire voire permanente, de ses repas quotidiens. Ces aliments exclus sont souvent déterminés par le patient lui-même ou par un médecin (qui peut prescrire des tests sanguins). Bien que certains aliments puissent majorer des symptômes chez certains patients (comme par exemple l'ingestion de choux ou de haricots blancs chez les patients souffrant de ballonnements), toute exclusion d'aliments peut entraîner des carences en nutriments, vitamines et minéraux.
Il est donc important de conserver une alimentation la plus variée et la plus équilibrée possible, et ainsi de compenser les aliments exclus pour éviter toute carence. Le régime d'exclusion alimentaire est à limiter à cause des risques importants de carences.
Ce régime consiste à limiter les aliments qui augmentent le volume des selles et accélèrent le transit intestinal. Concrètement, il s'agit de consommer des féculents (pâtes, riz, pommes de terre), viandes et poissons maigres, sans aucune matière grasse. Ce type de régime est utile dans le cadre de certains examens (coloscopie par exemple).
Ce régime est prescrit uniquement aux personnes souffrant de maladie cœliaque formellement diagnostiquée. Suivre un régime sans gluten pour les souffrants du SII est déconseillé. En effet, la coexistence réelle des deux maladies est rare et ne justifie pas un régime sans gluten en l'absence de maladie cœliaque avérée.
Suivre un régime sans gluten consiste ainsi à supprimer, strictement et à vie, le blé, le seigle et l’orge, présents notamment dans les produits ultra-transformés. Ce régime est indiqué uniquement pour les souffrants de maladie cœliaque. De ce fait, le régime sans gluten n’est pas recommandé pour les patients du SII.
Contrairement aux idées reçues, ce régime ne consiste pas à exclure les aliments riches en FODMAPs, mais de déterminer ceux ayant un effet négatif sur les intestins, et ceux étant tolérés par l'organisme.
Le terme FODMAPs est l'acronyme de « Fermentable Oligo-, Di-, and Monosaccharides, And Polyols ». Les FODMAPs sont des aliments fermentescibles peu absorbés par l'intestin grêle, ce qui signifie qu'ils vont fermenter dans les intestins et vont créer des ballonnements, des douleurs ou des troubles du transit.
Le régime pauvre en FODMAPs a été développé par l'université Monash de Melbourne. Depuis, l'efficacité de ce régime alimentaire a été étudiée pour les personnes présentant des troubles intestinaux. Le régime pauvre en FODMAPs est dorénavant admis et recommandé auprès des souffrants du SII.
Les étapes de ce régime sont multiples et peuvent être complexes. C'est pourquoi nous vous conseillons de le suivre avec l'aide d'un(e) professionnel(le) de santé.
Etape 1 : Phase d'exclusion (2 à 6 semaines). Ne consommer que des aliments pauvres en FODMAPs.
Etape 2 : Phase de réintroduction (8 à 12 semaines). Réintroduire un aliment riche en FODMAPs pendant une période de 3 jours afin d'identifier son effet sur les intestins. Puis, réintroduire un autre aliment riche en FODMAPs pendant 3 jours, et ainsi de suite.
Etape 3 : Phase de personnalisation. Au final, vous aurez identifié les aliments que vous supportez et ceux que vous ne supportez pas. Il s'agit de trouver un équilibre entre :
Fodmapedia est un site d'informations et une application qui permettent d'identifier facilement les aliments pauvres / riches en FODMAPs et de bénéficier de conseils pratiques pour pouvoir les consommer. Cet outil peut être utile au quotidien pour les souffrants et les professionnels.
En 2008, le National Institute of Clinical Excellence (NICE) a publié des lignes directrices pour la prise en charge du syndrome de l'intestin irritable qui diffèrent du régime pauvre en FODMAP2. Au lieu d'une élimination progressive du régime alimentaire, ces lignes directrices mettent l'accent sur des facteurs liés à l'alimentation et au mode de vie qui sont en général plus simples et plus durables. Depuis leur création, ces lignes directrices ont été réexaminées et mises à jour au fur et à mesure de l'apparition de nouvelles recherches. En fin de compte, ils restent une excellente approche de première ligne pour les patients avant de passer à une élimination plus stricte, telle que le régime pauvre en FODMAP.
Bien que les lignes directrices du NICE fournissent également des conseils sur la pleine conscience, l'exercice physique et les thérapies pharmacologiques, nous nous concentrerons ici sur les lignes directrices alimentaires.
Les lignes directrices du NICE recommandent de limiter les composants des aliments qui peuvent irriter l'intestin et entraîner des changements dans la digestion. Cela signifie qu'il faut éventuellement limiter la consommation des types d'aliments et de boissons suivants :
Outre les aliments à limiter, d'autres principes nutritionnels de base peuvent améliorer les symptômes du syndrome de l'intestin irritable. Par exemple, la quantité de liquide à boire chaque jour - pour la plupart des gens, il est recommandé de boire au moins 8 tasses d'eau ou d'autres boissons non caféinées.
| Régime Alimentaire | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Exclusion | Exclure temporairement ou définitivement certains aliments. | Identification des aliments déclencheurs. | Risque de carences nutritionnelles. |
| Sans Résidus | Limiter les aliments augmentant le volume des selles. | Utile avant certains examens médicaux. | Peu adapté à long terme. |
| Sans Gluten | Supprimer le gluten (blé, seigle, orge). | Bénéfique en cas de maladie cœliaque. | Non recommandé sans diagnostic de maladie cœliaque. |
| Pauvre en FODMAPs | Identifier et limiter les aliments riches en FODMAPs. | Réduction des ballonnements et douleurs. | Complexe à mettre en œuvre, nécessite un suivi professionnel. |
L’APSSII peut mettre en relation ses adhérents avec des praticiens en diététique/nutrition, formés au régime pauvre en FODMAPs (Fermentable Oligo-, Di-, and Monosaccharides, And Polyols) et sensibilisés au SII. Consulter un professionnel permet de vous aider à élaborer un protocole alimentaire personnalisé, tout en veillant à respecter un équilibre nutritionnel.
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