L’étude du rôle de l’alimentation dans la genèse des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) suscite un intérêt grandissant. Les patients atteints de MICI associent souvent leur alimentation à leurs symptômes ou à un risque de rechute. Ainsi, ces croyances conduisent à des régimes restrictifs afin de limiter l’exposition à certains composants alimentaires.
Les facteurs de risque de cette restriction alimentaire sont maintenant établis et sont liés à la pathologie, à l’activité de la maladie, à la santé psychique des patients mais également à des sources d’information nutritionnelles divergentes. Ces régimes restrictifs sont à risque de dénutrition, de carence mais également de troubles anxio-dépressifs.
Comme l’ESPEN l’indique dans ses recommandations avec un consensus fort, chaque patient devrait bénéficier d’un suivi diététique par un professionnel de santé dans le cadre d’une approche multidisciplinaire.
Les études épidémiologiques ont pu démontrer le rôle de facteurs alimentaires dans le risque de développer une MICI. Globalement, les régimes méditerranéens réduisent le risque de développer une MICI. À l’inverse, le régime « occidental » (riche en graisses, en sucres, en sel, en protéines animales et en aliments ultra-transformés) majore le risque de survenue d’une MICI.
Les études expérimentales démontrent la capacité des nutriments à moduler la réponse inflammatoire intestinale en jouant sur la composition du microbiote intestinal, la fonction de barrière intestinale ou les différents acteurs de l’immunité. Le niveau de preuves scientifiques est actuellement insuffisant pour proposer un régime anti-inflammatoire pour les patients atteints de MICI. Cependant, des pistes de recherche clinique prometteuses méritent d’être investiguées à l’avenir par le biais d’études interventionnelles randomisées.
Les liens entre nutrition et santé sont de mieux en mieux connus, et le risque de développer de nombreuses maladies - cancer, maladies cardiovasculaires, obésité ou encore de diabète de type 2 - peut être réduit en suivant les recommandations nutritionnelles nationales. Fondées sur de multiples études scientifiques, ces recommandations évoluent avec l’acquisition de nouvelles connaissances.
Ainsi, le Programme national nutrition santé (PNNS) propose depuis 2001 des recommandations nutritionnelles pour prévenir l’apparition de certaines maladies et promouvoir la santé publique. Ces recommandations sont assorties de repères visant à favoriser une consommation adéquate des différents types d’aliments et la pratique régulière d’une activité physique. Les repères proposés permettent de couvrir les besoins nutritionnels de la quasi-totalité de la population adulte et de maximiser les bénéfices en termes de prévention nutritionnelle des maladies chroniques, dans l’état actuel des connaissances.
L’actualisation des repères réalisée en 2017 par le Haut conseil de la Santé publique (PDF, 630 Ko), a introduit les fruits à coque et les légumineuses et revu à la baisse la consommation de protéines d’origine animale (en particulier celle de charcuterie).
Par principe de précaution, il est en outre désormais recommandé de :
Les repères clés sont les suivants :
Afin de permettre au consommateur de comparer facilement la qualité nutritionnelle des produits qui lui sont proposés, un arrêté interministériel (ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Economie et des finances) a validé, en octobre 2017, l’usage officiel du label Nutri-Score. Placé sur la face avant des emballages, ce logo classe les aliments selon leur qualité nutritionnelle dans une des 5 catégories identifiées par une couleur (du vert foncé au rouge) associée à une lettre (de A à E).
Le Nutri-Score a été élaboré, étudié et testé pendant quatre ans par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN, unité Inserm 1153). Il s’appuie sur un système établi par la Food standards agency du Royaume-Uni, adapté au contexte français. Concrètement, un algorithme mathématique validé et transparent permet de résumer la qualité nutritionnelle globale des aliments.
Il prend en compte les éléments essentiels de la composition des produits (ingrédients, énergie et nutriments) pour lesquels des associations avec la santé sont avérées (obésité, maladies cardiovasculaires, cancers…), en comptabilisant les éléments favorables (fruits, légumes, fruits à coque, fibres, protéines) comme les éléments à limiter (sucre, sel, acides gras saturés, apport énergétique). Ce système a montré son efficacité sur les choix des consommateurs, notamment défavorisés, en conditions réelles d’achat.
L’application du Nutri-Score par les fabricants n’est pas obligatoire, mais plus de 70 industriels de l’agroalimentaire se sont déjà engagés à l’apposer sur leurs produits. L’algorithme est public et se fonde sur les éléments de composition déclarés de façon obligatoire. Ainsi, le Nutri-Score est facilement calculable par tous et a d’ores et déjà été intégré à différentes applications permettant de scanner le code barre des produits, notamment la base publique Open Food Facts.
Depuis le début des années 2000, des études menées sur des échantillons représentatifs de la population permettent de suivre l’évolution des habitudes alimentaires et d’activité physique des Français. L’étude Esteban montre que, malgré les actions conduites dans le cadre du programme national Nutrition-Santé pour promouvoir des choix alimentaires favorables à une bonne santé, les comportements alimentaires de la population française ont peu évolué entre 2006 et 2015.
Seuls 42 % des adultes et 23% des enfants consomment au moins cinq fruits et légumes par jour, avec toujours trop d’apports en acides gras saturés, en sucre et en sel, et des apports insuffisants en fibres. Par ailleurs, il apparaît que c’est parmi les plus riches et les plus éduqués que les recommandations nutritionnelles sont les plus appliquées, contribuant ainsi à accroître les inégalités sociales de santé en nutrition.
L’étude INCA 3 montre qu’il existe une association entre faible revenu et consommation d’une alimentation de moindre qualité nutritionnelle, en moyenne plus dense en énergie, avec plus de produits sucrés et moins de fruits, de légumes et de poissons. Cette alimentation, qui favorise l’obésité et les maladies chroniques, est aussi la plus accessible aux petits budgets.
Plus largement, l’offre alimentaire (à l’école, au travail, dans les grandes surfaces accessibles), l’aménagement urbain plus ou moins propice à l’activité physique, mais aussi le marketing, les normes sociales, les filières de production et certaines régulations ont un effet déterminant sur les comportements (alimentation et activité physique) et contribuent aux inégalités de santé.
De nombreuses études ont montré que les personnes ayant un accès facilité à une offre alimentaire de meilleure qualité nutritionnelle, ainsi qu’un environnement favorable à l’activité physique avaient tendance à avoir une alimentation plus équilibrée et à pratiquer davantage d’activité physique.
L’effet du milieu socioéconomique sur la santé nutritionnelle est criant chez les enfants et les adolescents. Les enfants de parents sans diplôme ou aux revenus modestes, plus nombreux à être obèses ou en surpoids, ne consomment pas quotidiennement des fruits, légumes et produits laitiers et consomment plus de produits sucrés.
Ils sont trois fois moins nombreux à déjeuner à la cantine, où les repas pourraient contribuer à équilibrer leurs apports nutritionnels. Et ces inégalités démarrent très tôt : les conditions nutritionnelles lors du développement in utero et des premières années de vie ont en effet une influence sur le développement ultérieur d’un très large spectre de maladies, en particulier métaboliques telles que l’hypertension, le diabète de type 2 ou l’obésité. On parle de l’origine développementale de la santé et des maladies de l’adulte.
Les enfants et les adolescents sont particulièrement ciblés par des stratégies publicitaires agressives. De nombreuses études réalisées ces dernières années montrent que la publicité destinée à promouvoir des produits trop gras, trop salés et trop sucrés (fast food, bonbons, céréales, pâtes à tartiner...) provoque une attirance pour les marques concernées et, plus largement, pour les produits de même type.
Cette attirance se concrétise par une augmentation de 45 % du grignotage dans les minutes qui suivent le spot publicitaire. Elle agit particulièrement sur les enfants et les adolescents, qui ne disposent pas des capacités de résistance de l’adulte, et contribue à la mise en place de comportements alimentaires qui perdureront à l’âge adulte.
La reconnaissance de cet effet délétère a conduit la France, en 2007, à imposer l’apposition d’un message sanitaire sur les publicités diffusées sur les supports classiques (magazines, affiches, télévision).
Pendant les soins à l’IHOPe, les diététiciennes interviennent sur demande du médecin, pour l’évaluation des besoins nutritionnels, le dépistage des troubles nutritionnels, l’éducation de l’enfant et de sa famille lors de la prescription de régime ou alimentation particulière (alimentation protégée par exemple). L’alimentation protégée a pour but de limiter l’apport de germes (bactéries, moisissures ou virus) par certains aliments. La diététicienne vous expliquera en détail les consignes et pourra vous aider pour la mise en pratique de ce régime.
En cas de difficultés d’alimentation ou de perte de poids pendant les traitements, une alimentation enrichie peut être conseillée. L’adaptation des modes de cuisson et le choix des aliments peuvent suffire à stabiliser la situation mais parfois il est nécessaire d’ajouter des compléments nutritionnels. Ils sont prescrits par le médecin, adaptés à l’âge et aux besoins de l’enfant. Dans la mesure du possible, la nutrition artificielle se fait par le tube digestif en utilisant une sonde d’alimentation (nutrition entérale).
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