Alimentation du Lac du Bourget et Enjeux Environnementaux

Le lac du Bourget, plus grand lac d'origine naturelle de France, est alimenté par les contreforts des montagnes environnantes. Ce sont 1000 km de rivières qui alimentent le lac, rejoignant ensuite le Rhône par le canal de Savières.

Vue panoramique du lac du Bourget.

Un lac est naturellement soumis à une variation du niveau d’eau, influencé par les saisons, les conditions météorologiques et les débits des rivières qui l’alimentent. Le niveau du Rhône régule également celui du lac via le canal de Savières. Cependant, l'aménagement hydroélectrique du Haut-Rhône dans les années 1980 a perturbé ce fonctionnement, entraînant une baisse globale du niveau du canal et du lac. La construction de barrages par la CNR a permis de réguler et maintenir artificiellement ces niveaux depuis 1985.

Aujourd’hui, notre eau potable provient pour 20% des sources du territoire. Les 80% restants sont prélevés dans les nappes phréatiques ou le lac du Bourget. En période de sécheresse, l’eau fournie par les sources diminue et sa totalité peut parfois être captée pour satisfaire les besoins qui en dépendent. Pour cela, d’importants travaux ont été engagés, par les agglomérations, pour remonter l’eau depuis la nappe ou le lac, afin de sécuriser la distribution de l’eau potable : création de réseaux, agrandissement des réservoirs d’eau potable, augmentation des capacités de pompages, aménagement des captages….

Le Lac du Bourget

Le plus grand lac d’origine naturel de France, issu de la dernière ère de glaciation. Son nom actuel, lié à la commune qui borde sa partie méridionale « Le Bourget du Lac » remonte au XIIIème siècle. Le nom du « Bourget » vient du château éponyme qui était à l’époque la principale résidence des comtes de Savoie. C’est assez original car généralement les lacs de notre région prennent le nom de la ville la plus importante du secteur, avec par exemple « le Lac d’Annecy » ou « le Lac d’Aiguebelette ». Parmi les particularités qui le rende unique, c’est le seul, parmi les grands lacs à être relié directement au Rhône par le canal de Savières. Canal situé au Nord du Bourget, dont l’origine apparait comme naturel. Il fut toutefois améliorer au 19ème siècle pour faciliter la navigation des bateaux à vapeur entre le lac et Lyon.

Voici quelques lieux d'intérêts autour du lac :

  • La plage municipal d’Aix les bains située à l’entrée de la ville, intéressante car facile d’accès, facile également pour se garer grâce à son grand parking gratuit.
  • Le plus photographié : Le belvédère de la Chambotte bien sûr ! Très facile d’accès en voiture, le déplacement en vaut la peine.
  • Le plus haut : Le belvédère du mont Revard : situé à 1538 m d’altitude, comptez 30 minutes pour y accéder. Le paysage suivra les saisons vous offrant à chaque fois des souvenirs différents !
  • Le plus sportif : Depuis la dent du chat ! Comment de pas mentionner la très belle abbaye d’Hautecombe.
  • Abbaye en activité située sur la commune de Saint Pierre de Curtille sur la rive occidentale du lac du Bourget.

Nous vous suggérons la croisière promenade proposée par la compagnie des bateaux située au Grand port d’Aix les bains. Vous pouvez observer de nombreuses espèce d’oiseaux ! Se plonger dans les plus beaux poèmes d’Alphonse de Lamartine. Le poète français à laisser un souvenir indélébile de son séjour au bord du lac. Visiter la très jolie commune de Chanaz - surnommé la petite Venise savoyarde.

Gestion de l'eau et restauration écologique

Le CISALB (Comité intersyndical pour l’aménagement du lac du Bourget) engage des actions fortes de restauration du lac et de ses roselières. Elle favorise la minéralisation des sédiments exondés et le développement des roselières. Le gain écologique attendu sur le long terme est la diversification de la biodiversité, la création d’une zone tampon pour limiter les risques d’érosion et améliorer l’épuration naturelle.

Le CISALB procède à une baisse exceptionnelle du niveau du lac tous les 4 ans depuis 2017. Elle s’accompagne de restriction d’usages : plongeons interdits et navigation restreinte. En parallèle un suivi scientifique évalue les gains écologiques.

Le faible marnage impacte l’écosystème des roselières : zone de nidification, de protection, système d’épuration naturel, etc.

Enjeux environnementaux : Les Cyanobactéries

Du Lac Érié au Nord des États-Unis au Lac Victoria en Afrique de l’Ouest, les proliférations de cyanobactéries dans les milieux aquatiques sont de plus en plus fréquentes sur tous les continents. Bien que toutes les cyanobactéries ne soient pas nocives, certaines produisent des toxines qui peuvent s’avérer dangereuses voire mortelles pour les êtres vivants. Chaque année en France, elles se développent dans les plans d’eau et les cours d’eau durant la période estivale, entraînant des cas d’intoxications d’animaux et la fermeture de zones de baignade.

Plus connues sous le nom d’algues bleues, les cyanobactéries (Cyanobacteriota ou cyanophycées) ne sont pourtant pas des algues mais des bactéries. Comme les microalgues, ces micro-organismes peuvent faire partie du phytoplancton : ils se développent dans les milieux aquatiques et pratiquent la photosynthèse. C’est-à-dire qu’ils utilisent le dioxyde de carbone et l’énergie solaire pour former leur matière organique et libèrent de l’oxygène. Le phytoplancton produit plus de la moitié de l’oxygène de la planète, l’autre moitié étant issue des plantes.

Image de cyanobactéries.

Présentes sous toutes les latitudes, les cyanobactéries occupent les milieux d’eau douce comme les milieux marins. Avec un peu d’humidité, elles peuvent aussi se développer sur terre, à la surface des sols ou des roches, voire sur le sable, la neige et la glace.

Pour se développer, elles ont besoin de lumière, de nutriments (dont le phosphore et l’azote). Les températures les plus favorables à leur développement sont très variables en fonction des espèces, même si pour une majorité d’entre elles les températures optimales sont supérieures à 20°C. On les trouve ainsi toute l’année dans les climats tropicaux, et on les observe surtout durant la période estivale dans les climats tempérés.

Cyanobactéries dans la Loire : ce que vous devez savoir

Types de cyanobactéries

Il faut distinguer deux types de cyanobactéries, qui ont des stratégies de développement différentes :

  • Les cyanobactéries planctoniques : elles vivent en suspension dans la masse d’eau, et se développent principalement en zones pélagiques, c’est-à-dire hors des zones de fond et des rivages. Selon les espèces, leurs proliférations peuvent être observées dans toute la couche d’eau chaude des plans d’eau ou seulement en surface.
  • Les cyanobactéries benthiques : elles se développent sur les substrats présents au fond de l’eau (cailloux, sable, tiges et feuillage des végétaux aquatiques…). Associées à des bactéries et des microalgues, leur développement conduit à la formation de biofilms. Ces derniers vont s’épaissir de plus en plus (jusqu’à 1 à 2 cm), accumulant les bulles de l’oxygène produit. C'est ainsi qu'ils peuvent se détacher du substrat, remonter à la surface puis être transportés par le courant avant de s’échouer.

Comment reconnaître les cyanobactéries ?

Lacs, étangs, réservoirs et cours d’eau : c’est dans les milieux d’eau douce et en particulier les milieux lacustres où l’eau est la plus stagnante, que leurs proliférations sont les plus visibles. Voici les principaux indicateurs qui permettent de suspecter des proliférations de cyanobactéries :

  • Un changement de la couleur de l’eau : le plus souvent, l’eau prend une teinte vert-bleue intense voire rouge dans des cas beaucoup plus rares, selon les espèces en cause.
  • À la surface, cette couleur peut prendre différents aspects, telles que des couches plus ou moins épaisses à la texture mousseuse ou de type flaques d’encre, ou encore se présenter sous forme de plaques, biofilms flottants.
  • Une odeur particulière : présentes en masse, les cyanobactéries peuvent être très odorantes. Il peut s’agir d’une odeur nauséabonde, proche de celle d’une cave humide.

Toxicité des cyanobactéries

Toutes les cyanobactéries ne produisent pas de toxines, mais la plupart des cyanobactéries qui prolifèrent sont susceptibles d’en produire. Certaines espèces peuvent produire des toxines classées en trois catégories :

  • Hépatotoxines (affectent le foie)
  • Neurotoxines (affectent le système nerveux)
  • Dermatotoxines et toxines irritantes (affectent la peau et les muqueuses)

Les intoxications se font par l'ingestion d’eau contaminée au cours d’activités récréatives (baignade, activités nautiques…) ou au robinet si le traitement de l’eau est déficient, et la consommation de denrées animales ou végétales contaminées.

Les principales causes de prolifération des cyanobactéries observées ces dernières années sont liées à des facteurs anthropiques, c’est-à-dire aux activités humaines : l’eutrophisation des milieux (augmentation de la quantité de nutriments disponibles) et les épisodes de chaleur et de sécheresse qui s’intensifient en raison du changement climatique.

Mesures de prévention

En France, durant la période estivale la plus à risque, la surveillance des zones de baignade est réalisée tout au long de l’été. Ces contrôles sont effectués par les Agences régionales de santé (ARS) et peuvent conduire à l’interdiction totale d’accès à la zone.

Il ne suffit pas d’identifier la présence de cyanobactéries pour en déduire qu’un milieu présente un risque toxique. La caractérisation du risque implique des protocoles longs. Puisque la production de toxines n'est pas systématique, on ne peut pas se satisfaire de connaître la biomasse des cyanobactéries (l’évaluation de leur quantité) et les espèces présentes, on doit pratiquer aussi une recherche des toxines et une évaluation de leurs concentrations.

À l’échelle du territoire, la surveillance reste assez partielle puisqu’elle ne concerne que les plans d’eau et rivières utilisés pour la production d’eau potable ou pour des activités de baignade surveillées.

La loi sur l'eau et le SDAGE

La Loi sur l'Eau du 30 décembre 2006 a pour principe la gestion équilibrée de la ressource, notamment vis-à-vis des différentes activités humaines marchandes ou non marchandes (agriculture, pêche et cultures marines, tourisme, production d'énergie, transports, loisirs, cadre de vie...) qui en dépendent. L'eau se gère globalement et par bassin-versant.

Le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) définit la politique à mener pour stopper la détérioration et retrouver un bon état de toutes les eaux : cours d’eau, plans d’eau, nappes souterraines et eaux littorales.

Le SDAGE préconise que les zones humides, « quelle que soit leur taille, doivent être considérés comme des milieux remarquables ». Il souligne qu'abritant des espèces floristiques et faunistiques d'une grande diversité, et pour certaines rares ou protégées, « ils sont d'une très grande importance pour le patrimoine naturel du bassin et aussi qu'il est nécessaire de mettre en avant leur importance dans le cycle de l'eau que ce soit sur le plan qualitatif (auto-épuration) ou quantitatif (effet tampon pour les crues) ».

tags: #alimentation #lac #du #bourget #sources

Articles populaires: