Le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur en France, avec des conséquences environnementales et économiques significatives. En 2023, ce sont 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires qui ont été produites dans le pays, soit 142 kg par personne. Parmi ces déchets, 3,8 millions de tonnes étaient encore comestibles, représentant près de 40 % du total des déchets alimentaires.
Le gaspillage alimentaire est défini comme toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée.
On observe du gaspillage alimentaire depuis la production jusqu’à la consommation à domicile. Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre :
C’est lors de la consommation à domicile que l’on gaspille le plus : avec 19 kilogrammes d’aliments encore comestibles par habitant, c’est plus d’un tiers du gaspillage total. La production est responsable de 14 kilos de gaspillage par habitant : c’est un peu plus de trois-quarts des déchets alimentaires de cette étape. Pendant la transformation et la consommation des aliments en dehors du domicile, les pertes comestibles sont plus réduites : c’est 8 et 9 kilos par habitant.
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.
En France, chaque année près de 20% de la nourriture produite finit à la poubelle. La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
Au fil des années, le cadre réglementaire français s'est renforcé envers les entreprises, notamment avec la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC). Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Désormais, l’interdiction de rendre impropre à la consommation des denrées encore consommables s’applique aux industries agroalimentaires, aux grossistes, aux distributeurs et à la restauration collective. Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus.
Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
La lutte contre le gaspillage alimentaire est une priorité pour les consommateurs mais aussi pour les pouvoirs publics.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC)ou la date de durabilité minimale (DDM).
La date limite de consommation (DLC) indique une limite impérative. Elle est signifiée par la mention « à consommer jusqu’au… » suivie du jour, du mois, et éventuellement de l’année. Elle s'applique à la majorité des produits à conserver au frais qui sont très périssables (viandes, les poissons, la charcuterie, les plats cuisinés, produits laitiers frais etc.). Une fois la DLC dépassée, les aliments concernés sont impropres à la consommation car ils présentent un caractère dangereux pour la santé.
Pour les produits alimentaires qui ne sont pas soumises à la mention DLC, une date de durabilité minimale (DDM) est apposée, présentée sous la forme « à consommer de préférence avant… ». Celle-ci concerne les produits secs, stérilisés et déshydratés (café, lait, jus de fruit, gâteaux secs, boîtes de conserve, pâtes, riz, sucre, farine, etc.). Le dépassement de la DDM ne rend pas l'aliment dangereux pour la santé. Il peut en revanche avoir perdu son arôme ou sa consistance. Les aliments dont la DDM est dépassée, contrairement à ceux dont la DLC est dépassée, peuvent être commercialisés et consommés.
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
Au quotidien, de nombreux gestes permettent de réduire le gaspillage alimentaire. Quand on fait ses courses ou en cuisine, il existe plusieurs astuces faciles à adopter au quotidien pour lutter contre le gaspillage alimentaire. L'un d'eux : accommoder les restes. La congélation est un atout pour la conservation des aliments et permet donc pour lutter contre le gaspillage alimentaire mais des règles s'appliquent pour assurer une congélation des aliments en toute sécurité.
Le maître mot de la campagne « Stop au gaspillage alimentaire ! » : réduire le gaspillage alimentaire, c'est simple, accessible à tous et cela permet de faire des économies.
Les Journées nationales du don agricole, placées sous le haut patronage du ministère en charge de l’agriculture et initiées par l'association Solaal, ont lieu tout le mois de septembre. Chaque année, de nombreuses actions sont organisées afin d'associer les filières agricoles et alimentaires à cette démarche solidaire.
Depuis 2013, l’association « Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires » (Solaal) facilite le lien entre les donateurs et les associations d’aide alimentaire. Lors du Salon international de l’agriculture 2019, Solaal a dévoilé sa nouvelle plate-forme pour faciliter le don.
Dans les Bouches-du-Rhône, au mois de janvier 2022, la marque « Les Marmites Solidaires » a vu le jour.
La DGCCRF a mené tout au long de l’année 2021 une enquête pour s’assurer des dispositions prises par les professionnels pour réduire le gaspillage alimentaire. Cette enquête a démontré que les opérateurs sont sensibles aux enjeux de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Comment tous les acteurs de la chaine alimentaire se sont-ils appropriés les dispositions de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage ? Quelles solutions ont-ils mis en place ? Quels points restent encore à améliorer ?
Toutes les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) contrôlées pratiquent la vente « accélérée » des produits à DLC courte. Certains établissements proposent les produits à prix réduits quelques jours avant la DLC puis les donnent aux associations si ceux-ci n’ont toujours pas été vendus à J-1 ou J-2 de la DLC.
L’utilisation des invendus propres à la consommation humaine, par le don ou la transformation, génère pour les opérateurs un coût de gestion et parfois un coût pour l’entreposage de ces dons. Cependant, des disparités sont constatées entre milieu urbain et milieu rural. Dans certaines zones rurales, des conventions entre opérateurs donateurs et associations bénéficiaires ne peuvent pas être conclues pour des raisons géographiques, d’autant plus lorsque les volumes de dons sont faibles. Dans plusieurs départements, les collectes régulières sont impossibles du fait de l’éloignement entre l’opérateur donateur et les associations.
Quelques établissements ont mis en place un dispositif de gestion des déchets pour le compost et la valorisation.
L’enquête de la DGCCRF menée tout au long de l’année 2021 a donné lieu à 345 établissements visités, 66 avertissements, 2 injonctions.
| Type de déchet | Quantité (millions de tonnes) | Quantité par personne (kg) |
|---|---|---|
| Déchets alimentaires totaux | 9,7 | 142 |
| Déchets non comestibles | 5,9 | - |
| Gaspillage alimentaire (déchets comestibles) | 3,8 | 55 |
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Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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