La transition vers une alimentation durable est indispensable pour la transition écologique, tant au niveau français que mondial. Mais que recouvre exactement la notion d’alimentation durable ? Quels sont ses enjeux et comment les entreprises peuvent-elles en faire un levier de leur stratégie RSE ?
L’alimentation durable ne se résume pas à “manger bio” ou “réduire le gaspillage”. Elle vise donc à concilier plaisir, santé et responsabilité.
Selon l’ADEME, l’alimentation durable est « l’ensemble des pratiques alimentaires qui visent à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire ».
L’alimentation durable est devenue un sujet central dans les politiques publiques, les entreprises et la vie quotidienne.
Le modèle alimentaire mondial actuel contribue massivement aux émissions de gaz à effet de serre, à la déforestation, à la perte de biodiversité et à l’épuisement des ressources. Notre système alimentaire actuel, loin d'une alimentation durable, épuise les ressources, fragilise le climat et détruit la biodiversité, contribuant ainsi au dépassement de plusieurs limites planétaires.
Au niveau mondial, la chaîne d’approvisionnement alimentaire actuelle génère environ 13,7 milliards de tCO2e. C'est l'équivalent de toutes les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis et de la Chine réunies.
D’une part, ce dernier favorise les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l’air, l’érosion de la biodiversité, la dégradation des sols et de la ressources en eau, l’épuisement des ressources énergétiques et provoque des pertes et du gaspillage.
Sur le plan environnemental, l’alimentation représente actuellement un quart de l’empreinte carbone annuelle des consommateurs en France, soit 163 MtCO2e. C’est l’un des premiers postes d’émission de gaz à effet de serre avec les transports et le logement.
À savoir que la production agricole représente à elle seule les deux tiers de l'empreinte carbone totale du système alimentaire en France. Notre système alimentaire nuit ainsi aux sols, à l’air, à la biodiversité mais surtout à notre santé.
L'alimentation est le premier facteur de risque évitable de mauvaise santé. Obésité, diabète, cancer, maladie cardiovasculaire, les pathologies liées à l'alimentation sont devenues une cause majeure de décès. Elles représentent en effet 80 % des causes de décès prématurés par maladies non transmissibles.
Depuis les années 1950, notre façon de produire et de consommer a changé à toute vitesse. Mais cette transition s’est faite au prix fort : industrialisation des cultures, explosion des produits ultra-transformés, spécialisation extrême des territoires agricoles... À force d’optimiser la production et d'invisibiliser les distances, notre système alimentaire a fragilisé les sols, l’eau, le climat, la résilience territoriale et jusqu’à notre santé.
Aujourd'hui, un repas courant peut combiner des produits venus des quatre coins du monde, des fruits et légumes qui ne sont pas de saison, ou un “poisson” pané qui, une fois transformé, ne ressemble plus vraiment à du poisson.
L’empreinte carbone de notre alimentation représente 22% de l’empreinte de notre consommation totale, c’est en moyenne le deuxième poste d’empreinte après les transports pour les Françaises et Français. Mais où se cache tout ce carbone ?
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n’est pas le transport qui pèse le plus lourd sur le climat : c’est la production agricole elle-même. À elle seule, la viande pèse 70 % de l’empreinte carbone liée à notre alimentation. La production de viande, en particulier de viande rouge, est l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre.
L’empreinte de la viande est importante car son empreinte comprend toute l’alimentation qu’il a fallu produire pour nourrir les bêtes. En France, 47% des terres cultivées le sont pour l’alimentation animale ! L’empreinte carbone des ruminants (vaches, chèvres et moutons) est encore beaucoup plus élevée (elle est même doublée par rapport à la volaille ou au porc) car ces animaux émettent par leur digestion un puissant gaz à effet de serre : le méthane.
Attention : un produit local n’est pas toujours synonyme d’empreinte carbone minimale. Un camion peu rempli, même sur une courte distance, peut générer plus d’émissions par kilo transporté qu’un cargo bien optimisé venant de plus loin.
On parle beaucoup de l’impact carbone de notre alimentation, mais l’empreinte eau est encore plus impressionnante : elle représente environ les deux-tiers de notre empreinte totale en eau.
L’accès à une alimentation équilibrée et de qualité peut dépendre par exemple du revenu.
La plus grande part de cette empreinte (61 %) provient de la production des aliments, en particulier des produits d’origine animale. Contrairement à une idée reçue, le transport des aliments ne représente qu’une faible part de cette empreinte : entre 6 % et 14 % selon les produits, contre plus de la moitié pour la production agricole elle-même.
On observe aussi que 46 % des émissions liées à notre alimentation proviennent de produits importés. Cela concerne notamment des matières premières comme le soja, utilisé pour nourrir les animaux d’élevage, ou des produits comme l’huile de palme et certains fruits exotiques. Ces produits peuvent avoir un impact important sur l’environnement en raison de la déforestation associée dans les pays où ils sont cultivés, ou parce qu’ils doivent parcourir de longues distances avant d’être consommés en France.
L’impact environnemental des aliments varie fortement selon leur origine et leur mode de production.
L’usage d’engrais et de pesticides peut entraîner une pollution des rivières, des lacs et des nappes souterraines. L’élevage contribue également à la pollution de l’air. Il génère des émissions d’ammoniac issues des déjections animales et de particules fines. Par ailleurs, certaines constructions agricoles comme les bâtiments, serres, routes d’accès, rendent des sols artificiels.
Lorsque les aliments parcourent de longues distances avant d’arriver chez le consommateur, il faut plus de transport et de stockage. Enfin, certains aliments importés comme le soja ou l’huile de palme peuvent être liés à la déforestation dans les pays producteurs.
Une partie de ces déchets est des aliments encore consommables. Plus de la moitié de ces pertes comestibles ont lieu au moment de la consommation : 39 % à domicile et 13 % en restauration à la cantine ou au restaurant.
Le système alimentaire mondial est dominé par l’industrie agroalimentaire et l’agriculture productiviste et industrielle, générant une utilisation croissante de ressources naturelles non renouvelables et une production massive de déchets.
30% des superficies agricoles du monde servent chaque année à produire de la nourriture perdue ou gaspillée. A l’origine d’une déforestation massive, d’une surface équivalente à 6,5 fois la taille de la France (outre-mer compris) depuis 1990, notre système alimentaire est responsable de près du tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Selon l’ADEME, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année en France. Et on estime que le gaspillage alimentaire émet plus de gaz à effet de serre qu’un pays comme l’Inde (4ème plus gros pollueurs au monde).
Vous pensez être incollable sur la consommation durable ? On le sait, changer ses habitudes alimentaires peut vite devenir un casse-tête.
On ne va pas se mentir : changer nos habitudes alimentaire n’est pas évident. Elles sont souvent héritées et transmises depuis l’enfance, profondément ancrées en nous. Elles nous servent de repères, façonnées par notre éducation, notre culture et notre environnement. Mais il n’y a qu’en comprenant les racines profonde d’un problème que le changement devient plus naturel, plus évident.
C’est pourquoi on ne vous conseille pas de dire adieu à tous vos petits plaisirs coupables du jour au lendemain, mais plutôt d’ajouter des aliments sains et responsables à vos repas. Il est préférable de s’habituer progressivement à une meilleure alimentation pour arriver à diminuer (voire supprimer) nos mauvaises habitudes de consommation.
Changer durablement notre manière de manger, ce n’est pas seulement réduire notre empreinte. C’est aussi retrouver du plaisir et du sens à chaque bouchée.
Voici quelques pistes pour y parvenir :
Bien manger devrait être un droit pour toutes et tous. C’est l’ambition de la Sécurité Sociale de l’Alimentation, une démarche en cours d’expérimentation dans plusieurs territoires.
Voici quelques exemples d'aliments à intégrer dans votre alimentation :
Des céréales oui mais pas n’importe lesquelles. Aujourd’hui, 60% de la consommation céréalière mondiale provient de 3 céréales : le blé, le riz et le maïs. C’est pourquoi il devient urgent de varier les types de céréales dans notre alimentation. Il faut ainsi privilégier les céréales complètes qui sont bien meilleures pour votre santé.
On les appelle « complètes » car l’ensemble du grain et son enveloppe sont conservés. Et c’est justement dans cette enveloppe que se concentrent les fibres, protéines et vitamines.
Le sarrasin est par exemple peu calorique et très riche en acides aminés. Comme toutes les céréales complètes, il est sans gluten. On considère le sarrasin comme un produit alimentaire bon pour l’environnement et la biodiversité de par son aspect mellifère (les abeilles adorent butiner cette plante) et facile à cultiver même en agriculture bio. Et si l’on connaît évidemment les célèbres galettes bretonnes au sarrasin, vous ne savez peut-être pas qu’il est possible d’en faire du thé.
Autre exemple d’aliment bon pour votre santé et pour l’environnement : le millet. Cette céréale est pleine de fibres, de vitamine B1 et de minéraux. On retient également son intéressant bilan écologique. En effet, elle pousse sur des terres agricoles très sèches et nécessite peu d'eau et d’attention. Dans votre alimentation quotidienne, le millet peut remplacer le maïs.
Les légumineuses, aussi appelés légumes secs, sont des plantes dont le fruit est une gousse. La principale qualité des légumineuses est leur capacité unique à fixer et à utiliser l'azote présent dans l'atmosphère.
Côté agriculture, elles n’ont pas besoin d’engrais chimiques pour croître et ont ainsi des effets bénéfiques sur la biodiversité des sols ! Cela permet d’économiser du combustible fossile servant à la production des engrais azotés.
Lorsqu’on parle d’épinards, on pense souvent à cette horrible bouillie de feuilles hachées qu’on nous servait étant petit. Heureusement, on sait aujourd'hui que les épinards ce n’est pas que ça et c’est même bien plus ! En quiche, en soupe, en salade, en smoothie, cet aliment peut prendre de nombreuses formes pour s’adapter à tous les goûts.
Il est également riche en fer, en vitamines (A, B9, C, K...), en minéraux (calcium, potassium, magnésium, manganèse...), et en antioxydants. Bien-sûr, pensez à privilégier des épinards issus de l’agriculture bio. Et grâce à leur croissance rapide et donc leur faible impact environnemental, on peut en manger sans culpabiliser pour l’environnement.
Les épinards peuvent remplacer le Nutella ! La prochaine fois que vous ferez des crêpes, pensez à ajouter une touche de vert pour changer.
En Europe, les noix sont 10 fois trop peu consommées selon un rapport publié par la revue médicale The Lancet. En France métropolitaine, on privilégiera les noix de Grenoble ou du Périgord, les noisettes, les graines de lin ou de chanvre (qui ne contiennent pas de THC contrairement aux feuilles de cannabis). En revanche, on évite les noix de cajou, cacahuètes et autres fruits secs exotiques. Ils sont certes très nutritifs, mais surtout exportés de loin pour arriver dans nos magasins…
De plus, d’après une étude menée en 2012 sur l’empreinte eau de différentes cultures, les cacahuètes, les amandes et les pistaches représentent respectivement 4000 L/kg, 6800 L/kg, 8200 L/kg.
Bon à savoir : Les noix peuvent remplacer les gâteaux apéritifs. À déguster sous sa forme brute ou à transformer en purée.
Les algues sont riches en sels minéraux (iode, calcium, magnésium, phosphore, potassium, sodium et fer), en vitamines (A, B1, B6, B12, C, D et E), en oligoéléments ainsi qu’en fibres et en acides aminés.
Les algues sont souvent considérées comme le produit alimentaire du futur de par leurs nombreux avantages pour la santé et l’environnement. Elles régulent le taux de cholestérol et luttent contre les carences en fer.
Grâce à diverses propriétés, les algues ont un impact limité sur l’environnement. Premièrement, elles se développent presque toutes en milieu aquatique et n’ont donc pas besoin d’engrais. Deuxièmement, ce sont des végétaux chlorophylliens. Ces molécules de chlorophylle leur permettent de capter l’énergie du soleil pour croître et se multiplier.
Bon à savoir : l’algue Nori est principalement connue comme l’enveloppe des makis et sushis mais peut également remplacer les chips.
Chaque Français jette en moyenne 25 kg d’aliments encore mangeables chaque année, soit environ 100 € directement à la poubelle !
Pourquoi ne pas essayer le « Zero Waste Challenge » pour réduire le gaspillage alimentaire ? Le principe est simple, il ne faut RIEN jeter.
Un premier pas vers une alimentation plus durable peut être de faire ses courses dans un magasin bio. Le plus connu est évidemment Naturalia mais vous pouvez en trouver un peu partout surtout si vous habitez dans une grande ville. Sur internet, l’offre est encore plus importante.
Aujourd’hui, on assiste à un important développement des épiceries zéro déchet en France. Dans ces magasins, vous ne trouverez aucun emballage autour des aliments. Vous devez amener vos propres sacs et bocaux. On pense notamment à des magasins Day by Day ou à l’épicerie Kilogramme qui mettent en place ce système.
Pour retrouver de nombreux commerces responsables, on vous conseille l’association Réseau Vrac. Elle démocratise la vente en vrac en France et dans le monde afin de réduire le gaspillage alimentaire et les déchets d’emballages jetables. Vous pouvez trouver des magasins bio et zéro déchet en France sur leur site.
| Famille d'aliments | Exemples | Avantages |
|---|---|---|
| Céréales complètes | Quinoa, sarrasin, millet | Riches en fibres, protéines et vitamines, faible impact environnemental |
| Légumineuses | Lentilles, haricots, soja | Fixent l'azote, pas besoin d'engrais chimiques |
| Épinards | Épinards frais, surgelés | Riches en fer, vitamines et minéraux, croissance rapide |
| Noix et graines | Lin, sésame, chanvre (éviter cajou et amandes) | Riches en nutriments, privilégier les productions locales |
| Algues | Nori, spiruline, wakamé | Riches en sels minéraux, vitamines et oligoéléments, faible impact environnemental |
tags: #alimentation #durable #enjeux
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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