L'alimentation du Lièvre: Un Herbivore Adaptable

Le lièvre est un animal emblématique des campagnes européennes. Malgré sa présence familière dans nos paysages, son alimentation reste assez méconnue du grand public. Que mange vraiment un lièvre ? De quels végétaux dépend-il au fil des saisons ?

Le lièvre est un petit mammifère de la famille des léporidés, tout comme son cousin le lapin. On retrouve le lièvre en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. Le Lièvre commun (ou Lièvre d’Europe, « capucin ») est un mammifère de taille moyenne.

Il se reconnaît à ses oreilles plus longues que la tête, à son pelage gris-brun-roux sur le dos, blanc sur le ventre et noir sur le dessus de la queue et l’extrémité des oreilles, ainsi qu'à son iris jaunâtre. C'est un animal assez léger, qui ne pèse que 1 à 7 kg, pour une longueur de 38 à 70 cm environ. Ses oreilles sont plus longues que la tête et sont noires aux extrémités.

Ce mammifère de plaine et des terrains découverts (prairies, pâtures, plaines, landes, friches et marais) se rencontre également en forêt. Le lièvre vit dans toute l’Europe, jusqu’à 3000 mètres d’altitude, sauf dans le nord de la Scandinavie. À l’origine résident de la steppe, il préfère les zones peu peuplées.

Les lièvres vivent - la plupart du temps solitaires - dans des gîtes, des cavités peu profondes dans les bois, sous une végétation basse, dans les hautes herbes ou dans les sillons profonds d’un champ. Un gîte de lièvres a généralement une profondeur de 10 à 20 cm et une longueur de 25 cm.

Plutôt nocturne, le capucin est à un maximum d’activité en début et en ?n de nuit. La journée, il se terre dans une petite cuvette creusée dans le sol : le « gîte ». Les pattes postérieures du lièvre sont très musclées, et lui donnent la capacité de courir très vite, jusqu'à 80 km/h.

Les lièvres sont de véritables herbivores et se nourrissent principalement d’herbes (en hiver) complétées par des graminées (en été). Ils aiment aussi s’offrir quelques de produits issus de nos champs, comme des céréales, du maïs et des pommes de terre.

Le lièvre se nourrit de plantes, de graines, de racines, de plantes, de légumes, d'herbes, de fleurs de jardins, de champignons, etc. L'alimentation du Lièvre est exclusivement végétarienne (plantes herbacées, céréales, baies, etc.).

Le lièvre est un herbivore strict, ce qui signifie qu’il se nourrit exclusivement de végétaux. Son alimentation varie en fonction de la saison, de la région et de la disponibilité des plantes.

Tout comme le lapin et le castor, le lièvre produit deux types de selles. Après un premier passage dans le système digestif, des « pâtés » mous se forment dans les intestins. Le lièvre mange ces aliments prédigérés une seconde fois.

Le lièvre variable miraculé

Le Lièvre et les Saisons

Le printemps est une période d’abondance pour le lièvre. C’est durant cette saison que le lièvre reconstitue sa réserve d’énergie après l’hiver, période naturellement plus difficile. Le printemps est idéal pour repérer les lièvres, car l’herbe est encore courte.

Vous avez plus de chance d’en rencontrer un au crépuscule, la nuit ou à l’aube. En été, le lièvre se montre parfois pendant la journée. L’été est plus compliqué. Les jeunes pousses deviennent rares, la sécheresse peut limiter la disponibilité en eau, et les plantes deviennent plus fibreuses.

Durant cette période, il privilégie les zones où la végétation reste plus fraîche : lisières de bois, friches, fossés, pâturages humides. Avec l’automne, les pluies reviennent, la végétation repousse, et de nouvelles plantes deviennent disponibles.

L’hiver est la saison la plus difficile pour le lièvre. Le froid ralentit la pousse des plantes, le gel rend certains végétaux inaccessibles, et la neige recouvre les sources alimentaires. Cette alimentation est pauvre, très fibreuse, et nécessite un appareil digestif particulièrement performant, ce que le lièvre possède.

Cette espèce inféodée aux milieux froids a un avenir très incertain devant elle. Dans le même temps, le lièvre d’Europe, quant à lui suit une dynamique inverse. L’élévation généralisée des températures l’invitent à s’aventurer plus haut en altitude.

Le Lièvre Variable

Son pelage changeant fait la particularité du lièvre variable. Pour se fondre dans le milieu qui l'entoure, son pelage est blanc en hiver et gris-brun en été. Puis, il passe par toutes les nuances intermédiaires en automne et au printemps. Cette stratégie s’appelle l’homochromie. Il se distingue du lièvre d’Europe par plusieurs particularités : sa taille est plus petite, ses oreilles sont plus courtes et sa queue reste toujours blanche.

C’est une espèce discrète qui est essentiellement active la nuit. En journée, le lièvre variable recherche l’abri d’une souche ou d’un bloc de rocheux qui lui sert de gîte. On trouve le lièvre variable en haute montagne dans les Alpes uniquement. Il est absent du massif des Pyrénées.

Dans la partie la plus haute en altitude de son biotope, le lièvre variable occupe sensiblement les mêmes habitats que le lagopède alpin, au dessus de la limite des arbres aux étages alpin et nival. Il fréquente aussi volontiers les forêts de résineux des étages montagnard et subalpin comme le tétras-lyre.

Son habitat est composé essentiellement de pelouses alpines à végétation rase parsemées de rochers. Le lièvre est également présents dans les forêts de résineux avec une nette préférence pour les versants nord, aussi appelé ubac.

Le lièvre variable est sédentaire mais il effectue des migrations altitudinales selon le niveau d’enneigement. En hiver, il peut avoir deux stratégies. Gagner les crêtes ventées où le sol déneigé laisse apparaître des brindilles. Ou alors, descendre dans les forêts de résineux (épicéa et sapin pectiné, pins cembro et pins à crochets) où il trouve une nourriture plus abondante et de nombreuses caches possibles.

Il est discret à l’extrême et capable d’une immobilité complète passant souvent inaperçu pour se protéger. Il est probable que le randonneur soit souvent épié par un lièvre variable gîté mais l’inverse est beaucoup plus rare !

Le lièvre variable est un végétarien exclusif. Son système digestif unique lui permet de digérer les matières ligneuses (le bois). On dit du lièvre variable qu’il est caecotrophe. En d’autre terme, il a recours à une double digestion en ingérant ses crottes.

La durée de vie du lièvre variable est de 4 à 5 ans. Il s’accouple de mars à juin et les mises bas ont lieu de mai à août, après environ 50 jours de gestation. La femelle peut avoir 1 à 2 portées de 2 à 4 levrauts par an.

Les jeunes naissent couverts de poils, ils sont mobiles et leur régime alimentaire est identique à l’adulte. Réfugié dans les Alpes au Quaternaire suite à l’important réchauffement qui a suivi les grandes glaciations, il est aujourd’hui menacé.

Le développement des activités touristiques hivernales, un enneigement irrégulier, le changement des pratiques pastorales sont autant de menaces pour le lièvre variable.

Difficilement observables, les rencontres sont fortuites et souvent très brèves car les lièvres s’enfuient promptement lorsqu’ils sont dérangés de leur gîte. Été comme hiver, l’examen long et patient d’un versant ponctué de gros blocs rocheux vous donnera peut-être l’occasion de l’observer, immobile et tranquille.

Bien que très discret, le lièvre variable laisse tout de même bon nombre d’indices en hiver. Comme le lièvre d’Europe, il laisse dans la neige des traces en Y dues à ses pattes arrière ramenées en avant. Ces traces caractéristiques sont souvent parsemées de quelques crottes en billes rondes et sèches.

Toutefois, ces traces ne vous mèneront que rarement au gîte de l’animal car ce dernier est expert pour brouiller les pistes, il tourne, change de direction, etc.

Tableau récapitulatif des caractéristiques du Lièvre Européen :

Caractéristique Description
Pelage Brun marqué de noir, ventre beige, oreilles grises
Taille 55 à 70 cm de long (sans la queue)
Poids 2,5 à 6 kg
Mode de vie Nocturne et crépusculaire
Habitat Espaces découverts et peu boisés (landes, pâturages)
Altitude Jusqu'à 2 000 m
Reproduction Combats et courses-poursuites (bouquinage), gestation de 41 jours, 1 à 3 levreaux
Chasse Espèce chassable, traditionnellement aux chiens courants

Reproduction et Développement

La femelle du lièvre s'appelle la hase et le mâle reproducteur s'appelle un bouquin. En période de reproduction, les bouquins se livrent à des combats et des courses-poursuites dans le but d’attirer l’attention des femelles ; c’est le bouquinage.

La période de reproduction commence dès le mois de janvier et se poursuit jusqu’à la ?n de l’été. Des mises bas peuvent alors être observées jusqu’en octobre (gestation de 42?jours). La saison de reproduction commence à la fin du mois de décembre. La période de gestation dure 40 jours environ.

La femelle, ou « hase » peut être fécondée avant la mise bas de ses levrauts prêts à naître : cette caractéristique est appelée « superfétation ». La hase a une gestation de 41 jours et donnera naissance de 1 à 3 levrauts. La hase donne naissance à 2 à 4 levrauts.

Les petits, nidifuges, naissent à même le sol, couverts de poils et les yeux ouverts. Le jeune lièvre, appelé levraut, naît déjà couvert de poils et capable d’ouvrir les yeux. Après une période de gestation de six semaines, les petits lièvres - appelés levreaux - naissent entièrement velus.

Ils quittent le nid après quelques jours et sont répartis par la mère dans différents gîtes individuels. Ils y retournent chaque nuit pour y être allaités par leur mère. Au cours de la période de février à octobre, la mère élève quatre portées, avec un total d’environ onze jeunes. Parmi eux, seuls quelques lièvres atteignent l’âge adulte.

Les dangers les plus importants pour un jeune lièvre sont les prédateurs (y compris le renard) et les conditions météorologiques froides et humides.

Préservation de l'espèce

Depuis les années 1970, la population de lièvres a fortement chuté, probablement en raison de méthodes d’élevage plus intensives. Comme la tonte est plus fréquente et qu’il y a moins de régions sauvages, les endroits tranquilles où les lièvres peuvent créer un gîte sûr se font rares.

Pour donner aux lièvres une chance de se mettre à l’abri, il est recommandé aux agriculteurs de moissonner ou tondre d’un côté à l’autre de leur champ et non de l’extérieur vers l’intérieur.

De plus, les lièvres font partie du régime alimentaire humain et sont aussi chassés pour limiter les dégâts agricoles. Le Lièvre européen est une espèce qui peut-être chassée en Isère, traditionnellement aux chiens courants. Les chasseurs procèdent également à mi saison à des palpations de pattes consistant à analyser l’âge des lièvres déjà prélevés.

Le lièvre a longtemps été considéré comme un “consommateur de cultures”, mais son impact est largement surestimé.

Confusion possible avec le lapin

Le lièvre est parfois confondu avec son petit cousin, le lapin. Avec leur fourrure brunâtre et leur ventre de couleur claire, ces deux bêtes à longues oreilles se ressemblent.

Caractéristiques : Le Lièvre européen est un mammifère léporidé au pelage brun marqué de noir, avec un ventre beige et des oreilles grises. Il mesure de 55 à 70 cm de long (queue non comprise) pour 2,5 à 6 kg.

  • peut atteindre des vitesses allant jusqu’à 65 km/h ?
  • mange ses propres déjections ?
  • n’est pas un rongeur ? Tout comme le lapin, il s’agit d’un léporidé.

Contrairement aux rongeurs, le lièvre présente une paire supplémentaire de (petites) incisives derrière les grandes incisives de la mâchoire supérieure.

Pour résumer, l’alimentation du lièvre est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Cet herbivore strict a développé, au fil des millénaires, une capacité incroyable à s’adapter aux fluctuations de son environnement.

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