L'alimentation de la marmotte : Un guide complet

La Marmotte des Alpes, un rongeur emblématique des montagnes, est un animal à la silhouette trapue, dont les pattes sont courtes mais robustes.

Une marmotte des Alpes se nourrissant dans son habitat naturel.

Son museau est court et large. Elle a de petites oreilles. La couleur de son pelage est variable, allant du gris-brun au jaunâtre ou roussâtre, ses flancs et le dessous de son corps apparaissant plus clairs. Le bout de sa queue est noir et son museau est gris, ses incisives orangées.

Habitat et terrier

Elle vit sur les versants ensoleillés et dégagés et installe ses terriers sur les prairies et pelouses d’altitude. Elle peut également s’installer dans des clairières forestières avec éboulis. Grâce à ses pattes robustes, munies de griffes longues et épaisses, elle creuse plusieurs terriers comprenant galeries et chambres pouvant atteindre 10 mètres de long et s'enfonçant jusqu'à 3 mètres de profondeur.

Le nid se trouve dans une pièce garnie d'herbes séchées. L’entrée du terrier est souvent sous un rocher. On peut reconnaître les terriers régulièrement fréquentés par l’accumulation de déblais à l'entrée. Avant l'hibernation, la marmotte bouche l’entrée du terrier avec de la terre.

Vie sociale et reproduction

La marmotte vit en petits groupes familiaux de 2 à 15 membres développant une sociabilité très élevée. Les jeunes restent avec leurs parents jusqu’au début de l’été suivant leur naissance.

Le régime alimentaire de la marmotte

La marmotte est principalement herbivore. Elle ne dispose que de 6 mois pour se nourrir et accumuler des graisses pour l’hiver. Pour cela, la marmotte avale en moyenne 400 grammes de nourriture chaque jour pendant la période d’éveil.

Feuilles, racines, tiges et fleurs constituent l’essentiel de ses repas. Elle se régale de tiges, feuilles, fleurs, bulbes et racines et également de baies telles que les myrtilles et framboises. Elle affectionne les plantes à fleurs avec une préférence pour le pissenlit, le thym serpolet, le trèfle alpin.

La rosée déposée sur les plantes lui fournit à boire. Détail insolite : ce petit mammifère ne boit pas d’eau.

Une marmotte mangeant des fleurs dans les montagnes.

Au printemps, elles se nourrissent principalement de racines, puis de jeunes pousses, et enfin de fleurs estivales.

La marmotte est exclusivement herbivore. Sa dentition est caractéristique avec 4 incisives séparées des 18 molaires par une zone sans dents appelée barre (comme pour le chamois, le chevreuil …). Elle mange donc de l’herbe mais aussi, de temps à autre, des écorces, des baies, de jeunes pousses de mélèze voire des insectes ou des escargots. Elle ingurgite 400 grammes de nourriture par jour soit, au total, 70 kg pendant ses 6 mois d’activité.

Le repas de la marmotte : un moment très organisé

Une marmotte en train de manger est moins attentive à ce qui l’entoure, donc plus vulnérable aux attaques de prédateurs. Le renard et l’aigle représentent les deux principales menaces pour elle.

Heureusement, la colonie dispose d’un système de défense efficace : les animaux se nourrissent à tour de rôle, pendant que l’un des leurs monte la garde.

Les secrets de l'hibernation des marmottes

Hibernation

La Marmotte hiberne d’octobre à mars. Sa température interne baisse pour atteindre entre 4,5° et 6°C. Son cœur bat alors très lentement : 1 ou 2 battements par minute. Elle vit uniquement sur ses réserves de graisse accumulées tout au long de l’été. Elle se réveille toutes les 3 semaines environ pour faire ses besoins.

La marmotte commune, que l’on trouve dans les Alpes et les Pyrénées, ainsi que ses cousines habitant le nord du continent américain, passent environ six mois de l’année en hibernation. Cette période d’hibernation est essentielle pour assurer la survie de la colonie, à condition que les marmottes aient pu accumuler suffisamment de réserves de graisse.

Lorsque la marmotte hiberne, plusieurs changements significatifs se produisent dans son corps. Pendant cette période, la seule activité de la marmotte consiste à éliminer ses urines toutes les trois semaines environ. Cette phase est appelée « euthermie » et diffère des périodes de sommeil ou d’ « hypothermie ».

Le métabolisme de la marmotte fonctionne au minimum, permettant de maintenir sa température interne au-dessus de 5°C. Durant les six mois d’hibernation, le rongeur montagnard perd entre 35 et 50% de son poids corporel.

Les marmottes hibernent en groupe, se serrant les unes contre les autres pour limiter les déperditions de chaleur. De plus, elles ne choisissent pas n’importe quel endroit pour passer l’hiver.

La glande épiphyse, située dans le cerveau de la marmotte, joue un rôle crucial pour déterminer le moment de l’hibernation. Cette glande est sensible à la photopériode, c’est-à-dire la durée du jour. Elle réagit à la baisse de la luminosité en produisant davantage de mélatonine, communément appelée « hormone du sommeil ».

Un autre facteur déclencheur est la diminution des températures, qui commence dès le début de l’automne. L’hibernation est donc un « sommeil » anticipé, préparé longtemps à l’avance pour être efficace et viable.

Ne pas nourrir les marmottes

De nombreux touristes se laissent attendrir par les marmottes qui viennent quémander de la nourriture. Cependant, il est crucial de ne leur donner que des végétaux et de proscrire les aliments gras et encore plus les chips et sucreries, ces derniers pouvant se révéler dangereux pour leur santé et provoquer un diabète sucré.

Il faut savoir qu'une marmotte a besoin d'environ 70 kg de réserve et que chaque minute compte !

Une infographie expliquant pourquoi il ne faut pas nourrir les marmottes.

La cæcotrophie

Une particularité intéressante et peu connue des marmottes, partagée avec les lapins, est la cæcotrophie. Le régime alimentaire de la marmotte est assez varié.

Réintroduction dans les Pyrénées

Disparue des Pyrénées à la fin de la dernière période glaciaire (15 000 ans environ), la Marmotte a été réintroduite avec succès dans les Pyrénées dès 1948, dans le Parc national en vallée de Luz, dans les Hautes-Pyrénées. A la création du Parc national des Pyrénées en 1967, de nouveaux lâchers ont été effectués et le Parc national a favorisé son expansion jusqu’à la fin des années 1970.

Suite aux lâchers effectués dans le Parc national, d’autres lâchers ont aussi eu lieu dans d’autres zones des Pyrénées : Ariège, Pyrénées-Orientales. Aujourd’hui, la Marmotte est présente dans toutes les vallées des Pyrénées. Elle s’est parfaitement adaptée au milieu pyrénéen.

Menaces et prédateurs

L’aigle et le renard sont les plus farouches ennemis de la marmotte dans la nature. Pour se défendre, elle peut compter sur son champ de vision à 300°, qui lui permet de voir devant derrière et dessus.

Si autrefois, l’homme l’a chassée pour sa viande, sa graisse et sa peau, c’est surtout l’aigle qui, aujourd’hui, est son plus grand prédateur. Le renard et le chien errant sont également friands de marmottes.

Tableau récapitulatif de l'alimentation de la marmotte

Saison Aliments principaux Particularités
Printemps Racines, jeunes pousses Recherche d'aliments après l'hibernation
Été Fleurs, feuilles, tiges Accumulation de réserves de graisse
Automne Graines Préparation à l'hibernation
Hiver Réserves de graisse Hibernation

tags: #alimentation #marmotte

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