Alimentation et Hivernation de la Coccinelle : Guide Complet

Porte chance, catherinette, bête du paradis ou bête à bon Dieu, la coccinelle est un insecte qui est apprécié par les humains depuis très longtemps. La coccinelle, encore appelée bête à bon Dieu, est l'auxiliaire le plus apprécié du jardinier. Car elle est facile à observer, et à voir à l’œuvre !

La coccinelle est ovale, elle mesure de 5 à 8 mm. Comme tous les insectes, elle se compose de trois parties bien distinctes : tête, thorax, abdomen. Elle est de couleur rouge avec des points noirs, ou jaune avec des points noirs, ou encore noire avec des points jaunes. Bien entendu, les couleurs et les points varient selon les espèces.

Cycle de vie d'une coccinelle

Comment attirer les insectes auxiliaires

Caractéristiques morphologiques

Insectes coléoptères au corps très arrondi en 3 parties (tête, thorax, abdomen), aux couleurs vives avec des dessins variables qui peuvent servir à mettre un nom sur une espèce, 3 paires de pattes courtes, 2 antennes assez courtes, élytres robustes qui recouvrent les ailes permettant le vol, pièce buccale de type broyeur.

Distribution

Presque partout sur Terre, sauf dans les zones polaires et les hautes montagnes couvertes de neiges éternelles. Elles sont particulièrement abondantes sous les climats de l’Europe tempérée et de l’Amérique du Nord.

On la trouve dans les potagers, les jardins et dans les prairies, les plantations forestières, les champs et des larges zones de mauvaises herbes.

Régime alimentaire

Selon son espèce, le régime alimentaire de la coccinelle peut varier. Les coccinelles sont des insectes aphidiphages. C’est le terme employé pour désigner les animaux qui se nourrissent exclusivement d’insectes.

Les coccinelles raffolent principalement de pucerons, qui sont leur principale source d’alimentation. Outre les pucerons, les coccinelles peuvent également se nourrir d’autres insectes nuisibles tels que les acariens, les cochenilles et les aleurodes. Il arrive aussi qu’elles se nourrissent de manger les œufs et les larves d’autres insectes.

Les coccinelles phytophages sont des espèces qui se nourrissent de végétaux. Ce sont des coccinelles qui se nourrissent de champignons.

Les coccinelles sont essentiellement carnivores et dévoreuses de pucerons, et les larves de coccinelle sont généralement plus voraces que les adultes. Une coccinelle à 7 points peut manger à l'état larvaire et adulte jusqu'à 80 pucerons par jour.

Du pollen et du nectar peuvent être aussi consommés lorsque le nombre de pucerons diminue.

La coccinelle est connue pour manger les pucerons sans abîmer les plantes. Ces petits insectes se nourrissent en suçant la sève dès le début du printemps. On estime qu’une seule larve de coccinelle peut manger une cinquantaine de pucerons par jour.

Méticuleuses, les coccinelles et leurs larves viennent dévorer chaque puceron et ne laissent aucune trace derrière elles. Fine limière, la catherinette repère ses proies à l’odeur. Elle attrape le puceron à l’aide de ses mandibules et lui injecte sa salive mortelle qui dissout l’insecte. Elle le dévore ensuite en moins de dix minutes avant de passer à sa prochaine victime.

En France, on recense cent-trente espèces de coccinelles. Elles ne consomment pas toutes des pucerons, et pour celles qui le font, elles sont généralement spécialisées sur une espèce particulière.

“Chaque coccinelle a des préférences alimentaires, il est donc possible de viser une espèce de pucerons en particulier.”

Insectösphère produit majoritairement quatre espèces de coccinelles. Les coccinelles à deux points sont spécialisées les pucerons vivant dans les arbres . La plus commune, la coccinelle à sept points qui est efficace pour la plupart des plantes potagères. Celle à onze points consomme les pucerons jaunes du laurier rose qui sont toxiques pour les autres espèces d’insectes auxiliaires généralistes. Enfin, la coccinelle à virgule est utilisée contre les cochenilles pulvinaires des hortensias, des mûriers ou d’autres arbres d’ornement.

Les coccinelles aphidiphages sont les plus connues car ce sont elles qui se nourrissent principalement de pucerons. Elles sont d’autant plus utiles que les pucerons s'attaquent à de nombreuses plantes du jardin en suçant les éléments nutritifs de la sève mais aussi les racines des végétaux. Ces coccinelles peuvent aussi s’intéresser à d’autres insectes nuisibles comme les cochenilles et les acariens. Les coccinelles sont réputées manger des centaines de pucerons par jour. Leurs mandibules leur permettent de les saisir avec efficacité.

Les coccinelles phytophages sont des espèces de coccinelles qui se nourrissent principalement de végétaux. De ce fait, certaines d'entre elles peuvent causer des dommages aux cultures et sont d’ailleurs considérées comme des ravageurs agricoles dans certaines régions. C’est le cas de la coccinelle mexicaine du haricot (Epilachna varivestis). Les coccinelles phytophages se nourrissent tant des feuilles, que des fleurs, des tiges et des racines des plantes. Elles ont une préférence toute particulière pour les haricots, les cucurbitacées et les pommes de terre. Certaines espèces, comme la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), peuvent également se nourrir de fruits et de légumes.

Il existe aussi des coccinelles dites floricoles car elles se nourrissent principalement de pollen et de nectar de fleurs. Elles sont souvent attirées par les Astéracées et les pissenlits, les marguerites et les chrysanthèmes ont leurs préférences.

Les coccinelles aleurodiphages font partie des espèces carnivores. Elles préfèrent les mouches blanches, insectes de la famille des Aleurodes. Ces derniers sont des ravageurs agricoles importants qui sucent la sève des plantes, ce qui peut causer des dommages importants aux cultures et réduire leur rendement. Dans nos jardins, on les retrouve sur les plants de tomates, d’aubergines, de courges, de choux, de fraisier, ou encore sur la menthe, le géranium ou le rhododendron. Les larves et les adultes des coccinelles aleurodiphages se nourrissent des œufs, des larves et des adultes des mouches blanches.

Les coccinelles acariphages sont spécialisées dans les acariens comme les araignées rouges que l’on trouve fréquemment dans les pruniers, tilleuls, framboisiers, conifères, fraisiers, aubergines, haricots, gazon et même dans certaines plantes d’intérieur. Ce sont autant les larves que les adultes qui se nourrissent des acariens. Certaines espèces de coccinelles acariphages pondent leurs œufs directement sur les acariens, limitant ainsi la durée de leur vie et les ravages qu’ils peuvent causer.

Adalia bipunctata est l’une des espèces les plus utilisées dans la lutte biologique dans les jardins car elle a pour proie de nombreuses espèces de pucerons. Et même si ses préférences vont vers les pucerons, elle peut également consommer des acariens, des cochenilles, du pollen ou bien encore des champignons. Elle colonise également de nombreux milieux. Cela en fait donc un prédateur efficace car polyvalent. Il en va de même pour Coccinella septempunctata.

Delphastus pusillus est une toute petite coccinelle noire qui se nourrit d’Aleurodes à tous les stades. Ses larves et les adultes sont très voraces : elles consomment 10 000 œufs ou 700 larves au cours de leur vie. Si les Aleurodes manquent, elles se tourneront vers les Tétranyques et les pucerons. Les femelles sont surtout attirées par les foyers d’Aleurodes dans lesquels elles pondent leurs œufs. Elles se révèlent capables de faire la différence entre une larve parasitée et une larve non parasitée.

Stethorus punctillum est une autre coccinelle petite et noire. Elle se nourrit exclusivement d’acariens phytophages comme le Tétranyque tisserand.

Hivernation

Lorsque les rayons du soleil viennent réchauffer le sol, et que les températures dépassent les 10°C, les coccinelles sortent doucement de leur hibernation. On est courant février et la coccinelle à sept points n’a pas mangé depuis cinq ou six mois. Elle a résisté aux froids de l’hiver grâce aux réserves de graisse qu’elle a accumulées jusqu’à l’automne. Elle suit alors son instinct, et rassemble ses forces.

Depuis des milliers d’années, les coccinelles ont su dénicher toutes seules des abris naturels pour hiverner. On peut cependant donner un petit coup de pouce à la nature en créant des abris propices à leur installation. De simples planchettes en bois, espacées de 5 mm, peuvent faire l’affaire. L’abri en question doit être placé dans un lieu ensoleillé (au sud ou au sud-est), à l’abri de la pluie et du vent. Pour multiplier ses chances de colonisation, plusieurs abris peuvent être installés en différents points du jardin.

Sinon, tas de pierre, mur encastré, dessous de fenêtre, dessous de toit, cabane de jardin sont autant de bonnes adresses.

Son habitat, la coccinelle ne cherche un abri que durant l'hiver : dans le jardin ou dans la maison, dans un tas de bois, un muret de pierres sèches, dans les fissures d'un mur, sous un tas de feuilles mortes, dans les mousses ou sous les écorces.

Vu au potager de Valmer (37) : l'idée de planter le long des cordons de pommiers une ligne de Nepeta mussinii. Cette plante fleurit en nuage bleu très longtemps. Son feuillage grisâtre est aromatique. Si vous ne la taillez qu'une fois en fin d'hiver, vous obtiendrez un matelas dense idéal pour l'hivernage des coccinelles qui se réveilleront juste à temps pour vous débarrasser des premiers pucerons du jardin.

Mais d’autres plantes ont beaucoup d’attraits aux yeux des coccinelles, et, de façon générale, la biodiversité dans le jardin est une bonne démarche. Ortie, sureau, séneçon, molène, sont aussi de bons refuges hivernaux pour les coccinelles, et ce sont des hôtes pour leurs proies, hôtel-restaurant, c’est pas beau ça ? Fèves et capucines, elles, attirent les pucerons et donc les coccinelles.

Le fenouil et l’absinthe sont appréciés en tant que gîte et couvert, car ils offrent du pollen aux coccinelles, comme dessert après les pucerons qu’ils attirent.

L’achillée et la tanaisie sont des maternités pour les oeufs de coccinelles.

Au cœur de l'hiver, les températures basses les rendent inactives, comme tous les animaux à sang froid. C'est au printemps, avec la hausse des températures, que les adultes sortent de leur abri pour se nourrir avant de s'accoupler.

N.B. : Si la coccinelle trouve refuge pour l'hiver dans un lieu trop humide, elle est souvent victime d'un champignon, le Beauveria, capable de réduire de moitié la population de coccinelles. Pour éviter ces pertes, installez-leur un abri à coccinelles dans un lieu sans contact avec le sol qui ne craindra pas l'humidité.

Comment favoriser les coccinelles dans son jardin

Il existe plusieurs façons de favoriser la présence de coccinelles dans votre jardin. Tout d’abord, vous pouvez planter des fleurs qui ont les faveurs des coccinelles. Ensuite, même si c’est tentant, il faut arrêter d’utiliser des pesticides. Les coccinelles sont très sensibles à leur action et cela détruit leurs sources de nourriture.

Si vous aimez les coccinelles, vous pouvez aussi planter des plantes qui attirent les pucerons ! Roses, tournesols et dahlias sont idéaux. Toutefois, vous devez être sûr d’attirer des coccinelles en nombre, sans quoi vos végétaux ne seront pas beaux.

Enfin, la création d’habitats dédiés aux coccinelles est également une stratégie intéressante. Les coccinelles ont en effet besoin d'abris pour se reposer et pondre leurs œufs.

Les coccinelles ont la bougeotte si elles manquent de nourriture. Si vous souhaitez garder la colonie dans votre jardin, il est donc important de prévoir des refuges à pucerons comme une plage d’orties ou une haie composée d’essences indigènes (lauriers, fusains…). Au printemps, lorsque les pucerons se font encore rare dans le jardin, les coccinelles se nourrissent de pollen. Il est important de conserver des « plantes à fleurs » comme les pâquerettes et les pissenlits.

De même, à la fin de l’été, elles vont de nouveau consommer pollen et nectar à la disparition des pucerons. Installez des plantes sauvages comme la tanaisie et la grande berce.

Cycle de vie

Le cycle de vie d’une coccinelle est très bien connu : l’œuf, la larve, la nymphe (cocon) et l’adulte.

Après une hivernation, la coccinelle à 7 points s'active en fin d'hiver et pond en avril/mai une grande quantité d’œufs jaunes (500 à 1000) répartis dans des colonies de pucerons. Les adultes meurent au printemps quelques temps après l'accouplement et la ponte.

Une fois sorties de leur œuf, les larves s’activent et dévorent un grand nombre de pucerons pour parvenir à se développer rapidement en 15 à 20 jours avant de se fixer aux végétaux pour se transformer en chrysalides (ou nymphes) qui donneront en 7 jours les coccinelles adultes.

Dès le mois d'avril, la femelle coccinelle pond ses œufs au sein même des colonies de pucerons. Ils sont petits et jaunes. Chez la coccinelle à septs points, la femelle peut pondre jusqu'à 500 oeufs. L'éclosion a lieu après 5 à 10 jours d'incubation. La larve s'attaque alors aux pucerons, se déplaçant une fois qu'il ne reste plus rien de la colonie. Elle muera quatre fois au cours de sa croissance qui dure 10 à 14 jours. A son dernier stade, la larve est gris bleuté, ponctué de quelques taches rouges orangé. Elle s'immobilise sur une feuille, pour se transformer en une nymphe dodue rouge orangé, ne la confondez pas avec une larve de doryphore !

Au bout d'une semaine, l'adulte déchire l'enveloppe de sa nymphe, il est jaune, et en quelques heures se colore en rouge. Pour passer l'hiver, tous les adultes nés au cours de l'année se regroupent en automne soit pour migrer, soit pour hiverner sur place. Dans ce dernier cas, les coccinelles cherchent un abri (voir le paragraphe : son habitat).

Selon les espèces il peut y avoir une ou plusieurs générations par an.

Les différents types de coccinelles et leurs proies

Il existe plusieurs types de coccinelles, chacune ayant des préférences alimentaires spécifiques :

  • Coccinelles aphidiphages : Se nourrissent principalement de pucerons.
  • Coccinelles coccidiphages : Se nourrissent de cochenilles.
  • Coccinelles aleurodiphages : Se nourrissent d'aleurodes (mouches blanches).
  • Coccinelles acariphages : Se nourrissent d'acariens.
  • Coccinelles phytophages : Se nourrissent de végétaux (certaines peuvent être nuisibles).

Tableau récapitulatif des espèces de coccinelles et leurs proies :

Espèce de coccinelle Proies principales
Adalia bipunctata Pucerons, acariens, cochenilles, pollen, champignons
Coccinella septempunctata Pucerons
Delphastus pusillus Aleurodes (mouches blanches)
Stethorus punctillum Acariens phytophages (Tétranyque tisserand)

tags: #alimentation #coccinelle #hiver

Articles populaires: