La myosite, également appelée « maladie du lundi matin » ou « coup de sang », est une inflammation des muscles consécutive à la dégradation d’un grand nombre de cellules musculaires. Il est important de comprendre cette affection pour mieux la prévenir et la traiter chez votre cheval.
Le syndrome du coup de sang, également appelé rhabdomyolyse à l’exercice, se définit comme une maladie musculaire très douloureuse suite à un exercice physique. Elle correspond plus ou moins à des crampes musculaires chez l’homme, intenses et généralisées. On lui a aussi donné le nom de « Maladie du lundi » car elle survient généralement à la reprise de l’exercice suite au repos du dimanche.
Le coup de sang se manifeste par une crise aiguë (occasionnelle), mais assez fréquemment récidivante chez des animaux prédisposés (forme chronique). Les signes cliniques apparaissent principalement de façon brutale à l’exercice.
La myosite est une inflammation des muscles (« myo » = muscles et « -ite » = inflammation), consécutive à la dégradation d’un grand nombre de cellules musculaires. Les muscles qui recouvrent les os du cheval sont appelés muscles squelettiques. Ils se composent de fibres musculaires dites striées. Cette destruction va libérer dans le sang de la myoglobine (molécule voisine de l’hémoglobine qui permet de stocker l’oxygène dans les cellules musculaires). Celle-ci sera éliminée dans les urines, leur donnant ainsi une couleur foncée.
Plusieurs mécanismes peuvent être à l’origine de ce phénomène, en perturbant l’équilibre de la cellule musculaire et en déclenchant une inflammation des muscles du cheval (myosite). La myosite, aussi appelée coup de sang est une inflammation musculaire.
Un coup de sang du cheval se produit le plus souvent suite à un exercice trop intense pour le niveau d’entrainement du cheval, lorsque l’échauffement n’est pas assez long, lorsque le cheval reprend le travail après une période de repos, ou lorsque le cheval est trop nourri par rapport à son niveau d’exercice. Il peut arriver que certains virus respiratoires comme la grippe et la rhinopneumonie favorisent les épisodes de myosite. De manière générale, faire travailler un cheval malade ou boiteux le prédispose à engendrer une myosite.
Le syndrome coup de sang se caractérise par un ensemble de signes cliniques dus à une destruction aigüe des muscles lombaires et de la fesse suite à un exercice ou un stress (transport, déplacement…). Le terme approprié est « rhabdomyolyse d’exercice », signifiant une destruction des muscles.
Il existe deux types de rhabdomyolyses à l’exercice :
Les rhabdomyolyses à l’exercice surviennent principalement :
Les rhabdomyolyses chroniques ou récidivantes sont dues à des prédispositions génétiques des chevaux et sont favorisées par les facteurs environnementaux décrits ci-dessus. Il existe plusieurs formes :
C’est une des formes les plus fréquentes, typiquement le cas du cheval resté au box un jour ou deux, qu’on va « défouler » à la longe. Chez ces chevaux prédisposés le coup de sang peut survenir au cours d’un exercice même léger. L’anomalie concerne un défaut de régulation du calcium à l’intérieur des cellules musculaires. Un changement d’environnement ou de routine de travail par exemple, peut être à l’origine d’une crise. Ici le gène a été identifié et le dépistage est possible pour la PSSM de type 1. Certaines races sont ainsi prédisposées comme le Cob Normand, le Selle Français ou encore le Quarter Horse.
Ces myosites peuvent être induites par un exercice souvent trop long ou trop intense par rapport à la condition physique du cheval. Il faut savoir que le plus souvent, elles apparaissent sur des chevaux performants qui subissent un déséquilibre entre l’alimentation et l’entraînement, ou lors de surentraînement.
Elles peuvent également se manifester lorsque le cheval est carencé en électrolytes (notamment lorsque l’animal sue beaucoup). Ces myosites, cette fois, ne sont pas créées par un effort quelconque, mais sont des myosites héréditaires et qui se répètent dans le temps.
Le PSSM (PolySaccharide Storage Myopathy) qui touche classiquement des chevaux plutôt calmes, ronds, et en bonne condition physique. Les Quarter Horse, Paint, Appaloosas et chevaux lourds, sont particulièrement prédisposés à cette anomalie génétique.
Le RER (Recurrent Extertional Rhabdomyolysis) que l’on va trouver sur des chevaux jeunes, stressés et anxieux, et le plus souvent chez les femelles. Il existe aussi dans ce cas, des prédispositions raciales : Le Pur-Sang, le Trotteur Français, l’Arabe sont les chevaux qui sont les plus touchés par le RER.
C’est le cas notamment de la myosite atypique due à une ingestion de samares et de feuilles d’érable sycomore.
Les signes peuvent apparaître pendant le travail du cheval ou juste après. On note alors un raccourcissement de la foulée, un cheval qui se raidit et refuse de travailler ou même d’avancer. Lors d’une crise, votre cheval va raccourcir sa foulée et devenir raide. Il peut même s’immobiliser totalement en prenant une position campée.
Les muscles du cheval les plus touchés sont ceux de la croupe et du dos, ce qui explique la démarche raide et la position campée adoptée pour tenter de soulager la douleur. Les muscles sont souvent très durs à la palpation. Le cheval a une fréquence cardiaque et respiratoire élevées en raison de la douleur et les signes peuvent même parfois ressembler à des coliques (cheval qui se couche).
Cliniquement, le cheval sera raide, inconfortable, transpirant. On pourra observer des trémulations musculaires.
Un cheval touché peut exprimer de la nervosité, de la difficulté à bouger ou même rester figé, une sudation excessive, des muscles tendus et raides, une démarche rigide… Impossible alors de manquer le ralentissement inhabituel lors du travail ou ce refus soudain de mouvement.
Dans les cas les plus graves, lorsque le cheval urine, celle-ci peut prendre une couleur marron en raison de la présence de myoglobine. Dans les cas extrêmes, de l'urine foncée - signe possible de destruction musculaire - alerte immédiatement sur la gravité de la situation. Les stades précoces restent pourtant plus discrets. Raideur passagère, gêne légère lors des flexions ou simple baisse d’énergie indiquent déjà que les fibres sont fatiguées. Mieux vaut intervenir avant que cela ne devienne handicapant.
En cas de crise, le diagnostic est généralement assez aisé en se référant aux signes cliniques. Cela va permettre au vétérinaire de traiter le problème dans l’immédiat sans forcément attendre le résultat des analyses sanguines. Un dosage des enzymes musculaires permet d’établir le diagnostic.
En cas de suspicion de myosite sur votre cheval et afin de ne pas aggraver le problème, il faut absolument éviter qu’il bouge. Donnez-lui de l’eau et appelez votre vétérinaire. C’est une prise de sang qui permettra de mettre en évidence la myosite (les enzymes musculaires CK et ASAT seront augmentées).
Le traitement de la myosite chez le cheval doit être mis en place rapidement pour limiter les lésions, calmer la douleur et aider les reins à éliminer les déchets en circulation en évitant qu’ils ne soient eux-mêmes atteints par le travail d’élimination nécessaire. Pour cela l’intervention du vétérinaire est très recommandée.
Il est fortement recommandé de contacter votre vétérinaire en urgence lors de crises sévères afin qu’il examine le cheval. En effet, lors de crises sévères, le principal risque de complication de la myosite est l’insuffisance rénale.
La première chose à faire est de mettre le cheval dans un grand box avec une litière épaisse et de ne plus le déplacer. Il faut d’abord éviter de déplacer le cheval pour ne pas aggraver la destruction des muscles. S’il accepte de se déplacer de lui-même, il faut le mettre dans un endroit calme auquel il est habitué.
Il est souvent impératif de perfuser le cheval : après avoir mis en place un cathéter intraveineux, le vétérinaire lui administrera de grandes quantités de fluide isotonique sur plusieurs heures (plusieurs dizaines de litres) afin d’aider les reins à éliminer les déchets toxiques en circulation en particulier la myoglobine. Celle-ci est en effet une grosse molécule qui, quand elle passe dans le rein pour être éliminée, peut l’endommager.
Le vétérinaire pourra évaluer le cheval et le perfuser, afin de soulager le rein et d’aider l’organisme à évacuer les toxines. Le cheval peut aussi recevoir des sédatifs afin de le détendre et de décontracter les muscles.
Afin de calmer la douleur, le vétérinaire pourra administrer des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont en général préconisés pour soulager la douleur.
Dans les cas les plus bénins, il peut être suffisant de garder le cheval au box pour quelques jours en lui administrant des anti-douleurs. Dans les cas les plus graves, à l’inverse, les lésions peuvent être tellement étendues que le pronostic vital est engagé.
Lors d’un épisode sporadique (occasionnel), le repos est indispensable avant toute reprise d’entraînement. Il est nécessaire que les signes cliniques aient disparu et que les paramètres sanguins CK et ASAT aient diminué. Une cure drainante, à l’aide d’un complément alimentaire diurétique doux permet d’améliorer l’élimination des toxines.
Concernant la forme chronique, on ne préconise pas de repos prolongé lors de petites crises peu intenses. Plusieurs mesures préventives permettent d’éviter l’apparition d’une crise occasionnelle mais aussi de nouvelles crises dans le cas d’une forme chronique.
Le repos est impératif jusqu’au retour à la normale des enzymes musculaires. Laurioux
Dans les formes sévères, un traitement vétérinaire doit être mis en place rapidement :
Il faut faire très attention à ne pas administrer de médicaments à un animal déshydraté, cela pouvant être néfaste pour les reins.
Bien qu’une crise puisse être impressionnante, le pronostic est généralement bon. Il est cependant possible qu’elle soit à l’origine de contre-performances mais aussi d’une insuffisance rénale. Il est donc important d’être informé à ce sujet, d’autant plus qu’il tient aux cavaliers d’assurer un entraînement raisonné de leur cheval pour limiter le déclenchement d’une myosite.
Enfin, lorsqu’une crise survient, il faut surtout ne pas bouger son cheval et appeler son vétérinaire. Par la suite, le repos est indispensable.
Outre les recommandations classiques de prévention énumérées plus hauts, chez les chevaux prédisposés aux myosites il est possible de limiter les risques de récidive en adaptant l’alimentation : celle-ci doit contenir peu de sucres et apporter une grande partie de l’énergie sous forme de lipides. Des aliments de ce type sont disponibles dans la plupart des gammes d’aliments pour chevaux.
Cette alimentation est recommandée à la fois pour les chevaux atteints de myopathie par surcharge en polysaccharides ou PSSM (moins de stock d’énergie sous forme de glycogène) et pour les chevaux atteints de myopathie récurrente à l'exercice ou MER ou encore RER (le sucre augmente l’excitabilité des chevaux, qui est un facteur de déclenchement des myosites).
Plusieurs mesures préventives permettent d’éviter l’apparition d’une crise occasionnelle mais aussi de nouvelles crises dans le cas d’une forme chronique. Il est nécessaire d’adapter chaque exercice physique au cheval et à sa condition sportive sans négliger un bon échauffement et des temps de récupération après chaque effort.
Une bonne phase de repos est nécessaire après chaque course ou compétition, tout en diminuant la ration en conséquence. Après un arrêt, la reprise de l’exercice doit être progressive. Une pierre à sel à disposition est conseillée. Un exercice quotidien est important, il est préférable qu’il n’y ait pas de jours sans exercice. Il est important, s’il y a des jours de repos, de diminuer la ration alimentaire tout en faisant une sortie légère (au paddock par exemple).
Il faut veiller à réduire le stress chez les chevaux particulièrement nerveux : environnement calme, même routine quotidienne … Une supplémentation du cheval en anti-oxydants peut limiter la fréquence des crises. Ils vont jouer le rôle de protecteurs de la cellule musculaire, les deux principaux sont la vitamine E et le sélénium.
Il est nécessaire de diminuer les glucides dans la ration alimentaire en compensant par l’apport de matières grasses (par exemple : utilisation d’huile végétale comme colza, soja, maïs, tournesol, isio 4…). Parallèlement, une augmentation de la cellulose digestible est nécessaire en donnant du foin de bonne qualité, du son de blé, des carottes, des briques de fourrage compressées.
Dans tous les cas plusieurs mesures préventives permettent d’éviter l’apparition d’une crise, qu’elle soit aiguë ou chronique. Cela passe par des mesures alimentaires, à l’entraînement et par des mesures de gestion du stress.
L’exercice doit être régulier, adapté à l’âge et à la condition physique de chaque cheval. Le déroulement de l’entraînement doit respecter un échauffement suffisant, des périodes de pause et de relâchement musculaire et un temps de récupération active après le travail. Il est conseillé d’éviter le confinement au box. Chez les jeunes chevaux nerveux, l’environnement du travail et la prise en compte de l’excitation et la gestion du stress du jeune cheval sont primordiaux. Une routine de travail et le respect d’horaires réguliers sont à privilégier chez les sujets sensibles aux coups de sang.
La ration de concentrés doit être adaptée à la charge de travail du cheval. Les glucides peuvent être remplacés par un apport en matières grasses comme source d’énergie. Pour les chevaux au travail léger, un régime alimentaire constitué de foin de bonne qualité peut être suffisant. En tout état de cause, l’apport en glucides doit être diminué les jours de repos.
Tout d’abord, il est indispensable d’adapter le travail en fonction de la condition du cheval. Il convient de lui faire réaliser une bonne détente en favorisant le stretching, afin d’échauffer au mieux ses muscles. Ensuite, il faut revoir l’alimentation du cheval : la ration doit être adaptée en fonction de l’exercice du cheval et il ne faut pas oublier de la diminuer lorsque l’animal est au repos. L’apport en glucides doit être réduit (limiter la quantité de concentrés) et il est préférable de donner du foin de très bonne qualité. De manière générale, une supplémentation en vitamine E et sélénium est conseillée afin de soutenir la fonction musculaire du cheval. Il est également recommandé de lui mettre à disposition une pierre à sel afin de couvrir ses besoins en chlore et en sodium.
D’autre part, il faut éviter autant que possible les jours de repos au box, sans déplacement. Pour les chevaux atteints de PPSM, il est préférable de privilégier des périodes sans exercice.
Le mieux étant d’éviter que votre cheval ne passe une journée entière au box. On peut aussi adapter l’alimentation : diminuer la ration lors des jours de repos, donner accès à une pierre à sel, supplémenter en anti-oxydants, diminuer la teneur en amidon et glucides dans la ration.
Plutôt que d’attendre l’apparition des problèmes, miser sur une nutrition anticipatrice réduit fortement le risque de coup de sang. Les rations doivent être adaptées au niveau d’activité réel afin de ne jamais dépasser la capacité musculaire à utiliser efficacement l’énergie fournie. Éviter l’excès de céréales ou de sucres lents, diminue l’accumulation de glycogène non utilisé pendant les phases de moindre exercice. Intégrer systématiquement dans l’alimentation quotidienne des sources fiables de vitamines, de minéraux et surtout d’antioxydants favorise la résistance musculaire. Varier entre compléments liquides ou granulés selon la préférence du cheval facilite aussi l’administration régulière. Plusieurs formules existent pour convenir à toutes situations, qu'il s'agisse de séances intensives, de convalescence ou simplement d'une routine préventive.
Enfin, dans tous les cas, rester attentif à la silhouette, à la vivacité et à la qualité de vie du cheval permet d’intervenir en amont. S’entourer de professionnels comme la Boutique de l’Arbalou assure un suivi optimal et une adaptation précise des mesures à prendre en cas de besoin.
Voici quelques exemples de compléments alimentaires qui peuvent être utilisés pour soutenir la fonction musculaire des chevaux :
| Aspect | Mesures préventives |
|---|---|
| Entraînement | Adapter l'exercice à la condition physique, échauffement suffisant, récupération active. |
| Alimentation | Diminuer les glucides, augmenter les lipides, ration adaptée à l'activité, pierre à sel à disposition. |
| Environnement | Réduire le stress, routine stable, éviter le confinement au box. |
| Compléments | Supplémentation en vitamine E et sélénium. |
En conclusion, le coup de sang chez le cheval est une affection musculaire douloureuse et fréquemment rencontrée. Dans tous les cas plusieurs mesures préventives permettent d’éviter l’apparition d’une crise, qu’elle soit aiguë ou chronique. Cela passe par des mesures alimentaires, à l’entraînement et par des mesures de gestion du stress.
tags: #alimentation #cheval #coup #de #sang
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic