Pendant la gestation, une alimentation adéquate est cruciale pour assurer le développement sain des agneaux à naître. En effet, cette période est caractérisée par une demande accrue en nutriments pour soutenir la croissance des fœtus et maintenir la santé maternelle. Il est donc primordial de fournir aux brebis une alimentation équilibrée et adaptée à leurs besoins spécifiques pendant cette phase critique.
Entre sécheresse, faibles repousses d’automne et explosion des infestations parasitaires, les brebis des zones herbagères en particulier peuvent avoir du mal à retrouver un bon état corporel. Si au sein du troupeau, on observe un grand nombre de brebis maigres, il est essentiel de commencer par réaliser une coproscopie afin de déceler ou non un problème parasitaire.
La fin de gestation est une période clé dans la maîtrise de la santé des agneaux. En effet l’alimentation des brebis pendant les six semaines avant la mise bas a des conséquences directes sur la vigueur des agneaux à la naissance, entraînant des répercussions sur le travail à l’agnelage et le revenu des éleveurs.
De la qualité de la préparation de ses brebis en fin de gestation va dépendre la qualité des agneaux à naitre. Les soins apportés aux brebis gestantes dans les 6 semaines précédant l’agnelage sont très importants. En effet, c’est pendant cette période que l’agneau dans le ventre de sa mère grandit le plus, que la mamelle de la brebis se prépare à entrer en lactation.
Parallèlement au développement des agneaux dans son utérus, la brebis a tendance à de moins en moins manger en raison de l’encombrement dû à ces derniers. Les besoins de la future mère en énergie et protéines peuvent passer du simple au double entre une gestante d’un seul agneau à 1,5 mois du terme et une gestante de 3 agneaux à 2 semaines du terme.
Les apports d’oligoéléments (comme le sélénium qui augmente la vitalité des agneaux) et de vitamines ne sont pas non plus à négliger. Pour vérifier la qualité de la ration, il est possible de mesurer quelques paramètres (glycémie, Béta OH, etc.) sur le sang de quelques brebis au moins 3 semaines avant la mise-bas.
Des brebis porteuses de vers sont plus fragiles. En lutte naturelle avec des agnelages en hiver nous conseillons de faire un bilan parasitaire lors de la rentrée en bergerie. On mesurera aussi l’excrétion d’œufs de strongles gastro-intestinaux dans les crottes et la présence de Grande Douve par des prises de sang.
Le piétin, la gale du corps, les mammites de tarissement affaiblissent les brebis. De plus, ces maladies interfèrent sur la qualité des agneaux à naître. La fin de la gestation sera aussi le moment propice de certaines vaccinations. Toutes ces précautions participent au bon état des futures mères et la qualité des agneaux à naître.
S’il n’y a pas d’objectif de remise en état, une brebis en milieu de gestation (soit jusqu’à 6 semaines avant l’agnelage) est peu exigente au niveau alimentaire. En effet, ses besoins s’établissent à 0,8 UFL et 60 g de PDI par jour pour un poids de 70 kg et un état corporel de 2,5 à 3,5 sur une grille de 0 à 5, de très maigre à très grasse.
Ainsi, des brebis en bon état en bergerie s’entretiennent avec une ration exclusivement à base de foin moyen de première coupe et sans légumineuses. Par contre, 200 à 300 g de céréales sont nécessaires si les brebis présentent un état corporel inférieur ou égal à deux.
Si les brebis sont à la paille, il n’y a pas le choix : il faut ajouter de l’énergie dans la ration avec 500 g de céréales même si les brebis sont en bon état (orge, blé, triticale…en majorant de 20% s’il s’agit d’avoine car elle est beaucoup moins énergétique).
Selon les résultats d’une étude réalisée au Ciirpo, un déficit alimentaire énergétique et azoté de 20 % (soit entre 200 et 300 g d’aliment en concentré en moins par jour) au cours des six dernières semaines de gestation a des conséquences importantes dès l’agnelage. Le poids des agneaux et leur vigueur sont directement impactés.
Les brebis nourries conformément à leurs besoins agnèlent plus facilement (14 % de brebis en plus qui agnèlent sans aide, 9 % de brebis en moins avec un agnelage difficile). Leurs agneaux sont plus lourds de 690 g à la naissance, et les aides majeures à la tétée, c’est-à-dire plus d’une fois pour le même agneau, sont diminuées de 19 %.
L’alimentation en fin de gestation a donc un impact direct sur le nombre d’agneaux produits. De plus, des agneaux plus lourds à la naissance ont la capacité de présenter des poids de carcasse supérieurs sans augmenter l’état d’engraissement. Les impacts de l’alimentation de la brebis en fin de gestation sont donc importants sur le produit agneau de l’élevage.
La facilité d’agnelage et les aides à la tétée ont des conséquences importantes sur le travail de l’éleveur.
La Notation de l’État Corporel (NEC) est un outil essentiel pour évaluer la condition physique des brebis pendant la gestation. Les brebis gravides présentant une NEC inférieure à 3 nécessitent une ration plus riche, comprenant du foin de qualité et une quantité appropriée de céréales. En revanche, pour les brebis vides avec une NEC inférieure à 2, une distribution de foin de qualité moyenne ou médiocre associée à des céréales est recommandée pour favoriser leur remise en état.
La meilleure solution pour ne pas avoir des brebis maigres aux deux stades clefs que sont la mise à la reproduction et la fin de gestation est de ne pas les laisser maigrir en amont. Les brebis taries ou en milieu de gestation se satisfont de foin de qualité moyenne, à condition toutefois qu’elles soient en bon état corporel (notes de 3 ou plus sur une échelle de 0 à 5).
Les brebis maigres sont alors triées et complémentées à raison de 300 g de céréales par brebis et par jour. Si les brebis qui vont être prochainement mises en lutte sont en bon état (notes de 3 ou plus sur une échelle de 0 à 5), il est inutile d’ajouter des céréales à la ration déjà composée de foin.
Si elles ne maigrissent pas pendant la période de lutte, elles seront aussi fertiles. Le taux de prolificité ne sera pas diminué non plus sans apport de céréales pour assurer un flushing. Il restera de toute façon inférieur à celui de luttes avec de l’herbe pâturée.
Une ration équilibrée pour les brebis gestantes doit fournir les nutriments essentiels nécessaires à la santé et au développement adéquat des agneaux à naître. Elle devrait comprendre une combinaison appropriée de fourrage de qualité, de concentrés énergétiques et azotés, ainsi que de minéraux et de vitamines pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques pendant la gestation.
Les concentrés énergétiques jouent un rôle crucial dans l'alimentation des brebis gestantes en fournissant une source concentrée d'énergie et de protéines. Ils aident à compenser les déficits nutritionnels éventuels et à soutenir la croissance optimale des agneaux à naître.
Un autre levier consiste à faire coïncider au mieux la qualité du fourrage et les besoins des animaux afin de distribuer le moins d’aliment concentré possible (tableau). Par exemple, les fourrages stockés de très bonne qualité (enrubannage et foin) sont à réserver aux brebis qui allaitent. Les analyses pour déterminer leurs valeurs alimentaires sont alors d’une aide appréciable.
Les températures semblant devenir supportables pour les animaux en bâtiment, il est plus simple d’alimenter les brebis au cours des 4 à 6 dernières semaines de gestation en bergerie que de leur apporter la totalité de la ration dehors : foin et concentré. Compter alors 65 kg de matière sèche de foin par brebis pour la fin de gestation. Les quantités de concentré sont adaptées à la taille de la portée (voir tableau).
| Nombre d'agneaux | Quantité de concentré |
|---|---|
| 1 | 200g |
| 2 | 400g |
| 3 | 600g |
Exemple de rations dans les trois dernières semaines de gestation avec du foin de qualité moyenne à volonté (par brebis et par jour).
Si les stocks de foin sont insuffisants, il peut être remplacé par de la paille pour les agneaux sevrés. Les indices de consommation et qualités de carcasse ne sont pas modifiés par rapport à un foin de graminées. Les agnelles de renouvellement sont rentrées en bergerie ou bien laissées à l’herbe avec du foin de qualité moyenne sur une parcelle « sacrifiée ».
Du concentré doit alors être apporté aux jeunes de l’année mises en lutte en fin d’année.
Plusieurs alternatives sont envisageables pour économiser le stock de fourrage disponible :
Le troupeau peut également bénéficier d’opportunités avec d’autres surfaces que les prairies dès que la pluie sera revenue, sur l’exploitation ou bien en dehors. C’est le cas par exemple :
Une fois la lutte terminée, il faut actualiser le plan d’alimentation jusqu’à l’agnelage. La NEC d’avant-lutte a déjà permis d’établir le plan d’alimentation pour l’hiver et il sera actualisé suite à l’échographie. Durant cette période, il est important de maîtriser l’ingestion préconisée pour ne pas se retrouver en déficit alimentaire à la fin de la gestation.
L’échographie aura lieu durant cette période (85 à 100 jours après le début de la lutte) afin d’identifier la taille de portée et le cycle de fécondation. Les multiples en dessous de NEC 3 seront triés et prioritaires pour l’alimentation afin d’assurer un bon poids des agneaux à la naissance et un faible taux de mortalité.
40 jours avant la date du premier agnelage, toutes les brebis multiples sont prioritaires. La quantité ingérée passe de 2 % du poids vif à 2,4 % de 40 à 15 jours avant l’agnelage, puis à 2,6 % durant les 15 derniers jours. Attention de ne pas surnourrir les brebis simples, le risque étant d’avoir des agneaux trop gros à l’agnelage.
En conclusion, l'alimentation des brebis en gestation est un facteur déterminant pour la santé des mères et la vigueur des agneaux. Une gestion attentive des besoins nutritionnels, une évaluation régulière de l'état corporel et l'adaptation des rations sont essentiels pour assurer une production ovine optimale.
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