En Afrique subsaharienne, plus de 20% de la population souffre de la faim. La malnutrition en Afrique est un fléau profondément enraciné, qui impacte chaque année des millions d’enfants, de manière souvent invisible.
La malnutrition n’est pas seulement liée au manque de nourriture mais aussi à un déséquilibre multifactoriel qui combine pauvreté, inégalités, crises climatiques, conflits, maladies et défaillances systémiques.
L’Afrique subsaharienne est la région du monde où la part de la population agricole est, en proportion, la plus importante (près des deux tiers), mais où la ration alimentaire par personne est la plus faible en calories (2392 kcalories/j/hab, alors que les pays de l’OCDE sont à 3900 kcalories/j/hab) ainsi qu’en protides et en lipides.
C’est aussi la région où la population devrait augmenter le plus fortement, passant de 700 millions en 2003 à 1,6 milliard en 2050. Pour faire face à la fois à cette augmentation de population et à une amélioration de la ration alimentaire à un niveau correct de 3000 kcalories/j/hab, la production agricole devrait être triplée d’ici à 2050.
Dans cette région où le potentiel d’augmentation de production est important, il s’agit de maîtriser l’utilisation d’une abondante énergie solaire, d’une eau à la disponibilité aléatoire et de sols souvent difficiles à cultiver.
L'agriculture en Afrique subsaharienne est confrontée à des défis majeurs en raison de la dégradation des sols et du changement climatique.
La malnutrition en Afrique est causée par un enchevêtrement de facteurs biologiques, sociaux, économiques et environnementaux. Ce phénomène ne peut être traité efficacement qu’en agissant sur plusieurs niveaux à la fois.
Les populations rurales, sans réserve de nourriture ni revenus stables, en sont les premières victimes. Leur impact cumulé affaiblit les capacités de survie des enfants et des familles les plus pauvres.
Les conséquences de la malnutrition sur les populations africaines sont profondes, durables et multidimensionnelles. Elles touchent l’individu comme l’ensemble du tissu social, économique et sanitaire.
Les enfants malnutris ont plus de mal à réussir à l’école, à résister aux infections, et sont plus exposés à des maladies récurrentes à l’âge adulte. La malnutrition est aussi un facteur de vulnérabilité sociale et politique.
Le retard de croissance est l’une des conséquences les plus visibles et les plus graves de la malnutrition infantile en Afrique. Il touche des millions d’enfants, en particulier dans les zones rurales ou dans les contextes de grande pauvreté.
Les enfants souffrant de retard de croissance présentent souvent une stature inférieure à la moyenne, mais aussi une faiblesse musculaire, une fatigue, des troubles de l’apprentissage, une capacité de concentration réduite et une immunité affaiblie.
Comment appuyer les agricultures familiales subsahariennes ? Ceci ne nécessite-t-il pas avant tout une volonté politique africaine forte, et pas seulement au niveau gouvernemental, pour promouvoir des politiques publiques réellement concertées, nationales et régionales ?
Les priorités ne doivent-elles pas être choisies avec les organisations agricoles, mais aussi avec les autres acteurs, dont les consommateurs urbains ? Même en cas d’augmentation substantielle de la production vivrière de l’Afrique subsaharienne, au vu de la diversité des situations et des aléas multiples, les échanges agricoles seront toujours nécessaires entre zones excédentaires et déficitaires régionales.
D’après tous les prévisionnistes, il est illusoire de compter sur de fortes augmentations des prix agricoles en Afrique subsaharienne, vu la pauvreté des populations urbaines, pour permettre aux agriculteurs familiaux d’investir sur leurs exploitations. Ceci renvoie à la nécessité de transferts financiers en leur faveur et d’investissements publics pour améliorer leur environnement économique et social, à l’exemple de ce qui a été fait et est encore fait dans le cadre des pays de l’OCDE.
Il est essentiel de mettre en place des dispositifs en particulier pour les enfants de moins de 5 ans car c’est à cette période que se jouent les bases du développement physique et cognitif.
Des programmes de prévention et de sensibilisation sont essentiels pour lutter contre la malnutrition infantile.
Les trop faibles rendements agricoles en Afrique sont dus à plusieurs raisons, parmi lesquelles le manque d’infrastructures, le mode de production encore traditionnelle, le changement climatique et surtout la très faible fertilité des sols.
Globalement, les sols africains sont très pauvres en carbone et en nutriments - phosphore, calcium, azote, magnésium, etc. - ce qui a pour conséquence une faible activité biologique des micro-organismes. Or ceux-ci participent d’une part à la décomposition de la matière organique des sols ce qui permet la libération d’éléments nutritifs pour la plante.
D’autre part, ils contribuent à la structure physique des sols qui assure la rétention d’eau et leur stabilité. Gérer la fertilité du sol revient donc à gérer ces trois types de fertilités - chimique (les nutriments), biologique (les micro-organismes) et physique (la structure) - car elles sont interdépendantes.
« Nos travaux ont montré qu’augmenter les quantités d’engrais phosphaté ne permet pas d’accroitre indéfiniment le rendement du riz, d’où la nécessité de définir la valeur optimale. Et ce d’autant plus que cet engrais a un effet cumulatif dans le temps et qu’une rotation avec des légumineuses permet de réduire encore plus les quantités nécessaires.
Plus largement, les engrais minéraux seuls ont montré leurs limites et peuvent favoriser la survenue de maladies pour les plantes. Il faut donc les associer à des engrais organiques, qui eux-mêmes présentent des combinaisons entre eux plus ou moins efficaces. Enfin, les pratiques agroécologiques comme l’agroforesterie contribuent aussi à améliorer les stocks de carbone ».
L’agriculture africaine dispose déjà devant d’un spectre assez vaste de solutions soit alternatives, soit complémentaires, empruntant à l’un, à l’autre, voire aux trois modèles (conventionnel, transgénique, agroécologique). Les potentialités de la combinaison de l’ingénierie génétique et de l’ingénierie écologique sont importantes pour construire une « agriculture écologiquement intensive ».
Depuis 50 ans, l’essor des villes africaines a induit une transformation profonde du modèle alimentaire. Diversification des systèmes alimentaires et croissance de la population se joignent pour doper la demande en produits animaux. Des mutations qui questionnent la capacité des systèmes d’élevage locaux et des filières à s’adapter à une demande exigeante.
Il est important que la part des aliments non sains et ultra-transformés soit limitée autant que possible par des mesures politiques. Les « évolutions sous contraintes » pourront profiter à la consommation de denrées locales.
Infléchir durablement les habitudes alimentaires en substituant par exemple les mil et sorgho aux céréales importées dans les pays sahéliens ou en valorisant davantage les légumineuses n’est plus un obstacle infranchissable.
Le besoin d’une meilleure infrastructure de transport rural en Afrique subsaharienne est pressant et évident. Une protection aux frontières est structurante si elle est bien conçue et bien ciblée.
Les arguments pour une augmentation raisonnée des droits de douane sur les produits agricoles en Afrique, au moins à hauteur des mesures de sauvegarde pour les produits sensibles autorisés par l’OMC, ne manquent pas : réduction de la concurrence des importations à bas prix pour renforcer les chaînes de valeur locales, baisse du déficit commercial, moindre dépendance alimentaire à l’égard des marchés mondiaux.
L’échelon régional sera pertinent pour penser l’avenir. Les attentes sont grandes et la marge de progression des échanges au sein du continent est importante. La demande régionale croissante de produits alimentaires de qualité offrira une occasion d’impulser la transformation durable du secteur agroalimentaire. La création de chaînes de valeur régionales (CVR) peut devenir un objectif réaliste.
Des organismes caritatifs comme l’Ordre de Malte œuvrent sur le terrain pour développer des programmes de prévention en coordination avec des acteurs locaux dans des centres de santé maternels. Sont ainsi réalisés des dépistages systématiques de la malnutrition infantile, des formations aux pratiques nutritionnelles, des distributions de micronutriments, un soutien à l’allaitement, etc.
L’Ordre de Malte France s’est implanté au cœur du Bénin et du Togo pour aider la population locale à vaincre la malnutrition et à comprendre les bonnes pratiques alimentaires. Plusieurs centres hospitaliers permettent de prendre en charge les enfants avec des cas de malnutrition sévère tandis que les centres nutritionnels proposent des stratégies avancées.
| Indicateur | Description | Impact |
|---|---|---|
| Retard de croissance | Stature inférieure à la moyenne pour l'âge | Faiblesse musculaire, troubles de l'apprentissage, immunité affaiblie |
| Émaciation | Réduction du poids corporel en dessous de 80% du poids normal | Risque élevé de mortalité |
| Carences en micronutriments | Manque de fer, zinc, vitamine A, iode et protéines | Effets irréversibles sur la croissance et la santé |
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