L'alimentation bovine est un sujet crucial qui englobe des aspects économiques, techniques et écologiques importants. Cet article vise à vous fournir une compréhension détaillée de l'alimentation bovine, en abordant l'anatomie et la physiologie de la digestion, les besoins nutritionnels spécifiques des bovins, les différents types d'aliments utilisés, et les avantages de l'alimentation liquide pour optimiser la santé et la productivité des troupeaux.
Les ruminants, tels que les vaches, sont principalement des consommateurs de végétaux. Leur système digestif unique leur permet de dégrader et de valoriser la cellulose contenue dans les fibres végétales. La vache possède un système digestif sophistiqué, adapté à la dégradation des végétaux, comprenant trois pré-estomacs (le réseau, le feuillet et le rumen) et un véritable estomac (la caillette). Le rumen, ou panse, est le lieu essentiel où se déroulent la digestion et l'assimilation des aliments.
La physiologie de la digestion est complexe et implique plusieurs mécanismes :
La vache, comme les autres ruminants, possède 3 pré-estomacs et 1 véritable estomac. Découvrons dans l’ordre de la digestion ces organes, leurs particularités et leurs rôles.
Grâce à ses incisives inférieures, une langue très mobile et son bourrelet dentaire, la vache est capable d’attraper des fourrages et aussi de pâturer ras. Ses molaires et pré-molaires permettent de broyer les aliments et de les envoyer dans l’œsophage. Les plus grosses particules n’accèderont pas au rumen, et seront renvoyées à la bouche pour être remastiquées : c’est la rumination. Grâce à plus de 150 litres de salive produits par jour, cette substance tampon va neutraliser les acides produits par la fermentation du rumen.
Les aliments suffisamment broyés par la mastication vont arriver dans le rumen. Le rumen est composé de deux sacs : un ventral et un dorsal, situés côté gauche de l’animal. Le volume total du rumen atteint environ 150 litres. Les parois kératinisées du rumen permettent des contractions mécaniques et donc un brassage quasi permanent du contenu digestif. L’intérieur du rumen est lui parsemé de papilles ruminales, qui ne sont pas sécrétrices, mais permettent, entre autres, d’absorber les nutriments.
Les aliments poursuivent leur circuit en passant par le réseau, aussi appelé reticulo-rumen ou rumino-réticulum. Comme son nom l’indique, il est en communication directe avec le rumen. Grâce à ses muqueuses alvéolaires non sécrétrices en forme de nids d’abeilles, il joue un rôle capital dans le tri des particules : il ne laisse passer que les particules de taille inférieure à 2 mm. Il effectue un brassage et une humidification des particules alimentaires pour faciliter l’absorption des nutriments.
Le feuillet, aussi appelé l’omasum, permet le recyclage de certains nutriments. Grâce à sa muqueuse, non sécrétrice, formée de lamelles disposées en série, le feuillet permet d’absorber principalement l’eau, le sodium, le phosphore et les acides gras volatils.
La caillette, aussi appelée l’abomasum, est le véritable estomac chez un animal polygastrique, puisque c’est le seul organe digestif sécréteur. La caillette sécrète donc de l’acide chlorhydrique et des enzymes. Elle permet de digérer à la fois les protéines non assimilées dans le rumen, et aussi de digérer les protéines bactériennes produites dans le rumen.
Gardez en tête qu’un veau naît avec une caillette fonctionnelle, qui lui permet de digérer le lait, mais son rumen est à développer, d’où l’importance de lui proposer des fibres à volonté. Le chemin digestif se poursuit dans l’intestin grêle, puis dans le caecum et enfin le gros intestin. D’autres organes et glandes feront partis des étapes du voyage digestif, comme le foie, le pancréas et bien d’autres encore !
La physiologie permet de passer d’un aliment (composé d’eau et de matières minérales et organiques) à des nutriments assimilables par l’animal. La digestion chez le ruminant est permise par 3 phénomènes : le mécanique, le biologique et le chimique.
La digestion mécanique est possible grâce à la rumination. C’est un phénomène réflexe. L’objectif est de réduire la taille des particules pour qu’elles passent dans le réseau et le rumen. Pour vérifier la bonne mastication, il faut compter environ 60 coups de mâchoire par bol alimentaire régurgité.
La digestion biologique se déroule dans le rumen. Il est constitué de nombreux micro-organismes, à savoir des bactéries et des protozoaires. Ils trouvent des conditions favorables à leur développement dans le rumen grâce à : une température entre 39 et 40°C, une absence d’oxygène, un pH plutôt constant entre 6 et 7, un milieu aqueux grâce à l’abondante salivation. Cette grosse population bactérienne permet la dégradation de la ration dans le rumen.
Les bactéries se distinguent en 2 groupes :
Les protozoaires, eux, dégradent les glucides et les « petites » matières azotées, telles que les acides aminés. En résulte dans le rumen, un mélange de bactéries et protozoaires qui travaillent à la dégradation des aliments ; et des gaz, des acides gras volatils et des protéines issus de la dégradation des aliments.
La digestion chimique a lieu dans la caillette. Grâce à l’action des enzymes digestives, sont dégradés et absorbés les protides (les protéines et les acides aminés), les glucides (du glucose principalement) et les lipides (les acides gras et les triglycérides), qui proviennent tous du rumen.
Sur le terrain, l’éleveur peut vérifier le bon fonctionnement anatomique et physiologique de la digestion par 3 pratiques :
En se positionnant à l’arrière de la vache, l’éleveur vérifie que le rumen est bien rempli. Pour cela, la vache doit être en forme de coing puisque le rumen se situe côté gauche de l’animal. Une vache creusée à gauche signifie probablement qu’elle n’a pas assez ingéré assez de fibres.
L’examen des flancs permet aussi de vérifier le bon fonctionnement du rumen. Grâce à un stéthoscope, vous pouvez écouter les différentes phases du rumen : la phase gazeuse en haut, qui crépite, la phase liquide, au centre, qui donne un bruit d’écoulements et la phase solide, en bas, sans bruit.
L’observation des bouses est aussi un excellent moyen de vérifier la bonne digestion. Par sa couleur, texture, odeur, présence de fibres et de grains, vous pouvez avoir un aperçu de l’équilibre de votre ration.
Les ruminants ont des besoins alimentaires spécifiques qui peuvent être calculés pour adapter les rations aux caractéristiques de l'animal. Le métabolisme de la vache et ses déplacements entraînent des dépenses énergétiques, azotées, minérales et vitaminiques. Il est crucial de couvrir ces besoins pour maintenir la santé et les performances zootechniques.
La vache laitière a des besoins alimentaires variés : en énergie, en matières azotées, en minéraux et vitamines, et en eau. Quand ces apports alimentaires sont suffisants, la vache peut alors couvrir ses besoins d’entretien ; puis de production, qui se déclinent selon l’animal en besoins de croissance, de gestation et de lactation.
Les besoins en énergie permettent de maintenir la température de l’animal et d’assurer les fonctions vitales de son organisme. Pour couvrir les besoins en énergie, l’apport de glucides dans la ration est indispensable. Les lipides fournissent également de l’énergie. On peut citer différents glucides tels que les sucres simples et composés, l’amidon, la cellulose.
Ces besoins s’expriment en unités fourragères chez les ruminants. Comme on parlerait de calories chez l’humain ! L’unité utilisée est donc l’UFL en vache laitière pour Unité Fourragère Lait. 1 UFL correspond à l’énergie nette trouvée dans 1 kg d’orge, que peut utiliser l’animal pour alimenter son organisme en énergie.
Les besoins d’entretien et de production sont régis par des formules mathématiques simples. Les besoins d’entretien d’une vache laitière sont donnés par la formule : BE (UFL /j) = 1,4 + 0,006 PV. Retenez que pour une vache de 650 kg vivant en bâtiment, ses besoins d’entretien sont de 5,3 UFL/jour.
Les besoins de production d’une vache laitière sont eux aussi donnés par la formule : BP = 0,44 UFL/L de lait ; à 4 % de matière grasse et 31 g de TP . Ils sont exprimés selon la quantité et la qualité du lait produite. Retenez que pour une vache de 650 kg produisant 25 kg de lait à un TB 40 et un TP 31, ses besoins en énergie sont de 16,3 UFL.
Les besoins en matières azotées sont nécessaires dans la constitution de l’organisme et pour la production de l’animal. Pour couvrir les besoins en azote, l’apport de matières azotées dans la ration est indispensable. On peut citer les protéines, les peptides, les acides aminés, l’urée, etc.
Les besoins en matières azotées des ruminants s’expriment en grammes de P.D.I. (protéines digestibles dans l’intestin). Cette unité détermine la valeur azotée de chaque aliment en termes de quantités d’acides aminés absorbés dans l’intestin grêle.
Les besoins d’entretien d’une vache laitière sont donnés par la formule : BE (g PDI/j) = 95 + 0,5*PV. Retenez que pour une vache de 650 kg vivant en bâtiment, ses besoins d’entretien sont de 425 g de PDI par jour.
Les besoins de production d’une vache laitière sont eux aussi donnés par la formule : BP = 48 g de PDI /L de lait ;à 4% de MG et pour un TP = 31 g ; selon TP : 2 g de PDI / point de TP supplémentaire . Ils sont exprimés selon la quantité et la qualité du lait produite. Retenez que pour une vache de 650 kg produisant 25 kg de lait à un TB 40 et un TP 31, ses besoins en énergie sont de 1625 g de PDI.
Les besoins en minéraux permettent le bon fonctionnement de l’organisme car ils agissent comme des catalyseurs de différentes réactions chimiques. Une mauvaise couverture minérale peut être à l’origine d’une mauvaise croissance, d’un manque de production ou de problèmes de reproduction.
Les besoins d’entretien d’une vache laitière sont donnés par la formule :
Retenez que pour une vache de 650 kg vivant en bâtiment, ses besoins d’entretien sont de 17,2 g de phosphore et 17,9 g de calcium.
Les besoins de production d’une vache laitière sont eux aussi donnés par la formule : 0,9 g de phosphore / kg de lait produit ; 1,25 g de calcium / kg de lait produit . Ils sont exprimés selon la quantité et la qualité du lait produite. Retenez que pour une vache de 650 kg produisant 25 kg de lait à un TB 40 et un TP 31, ses besoins en énergie sont de 39,7 g de phosphore et 49,15 g de calcium.
En alimentation bovine, les besoins en eau ne sont pas à négliger. En production laitière, il a été prouvé qu’une restriction de 50% de l’abreuvement fait diminuer de 20% la production de lait !
Un litre de lait contient 870 grammes d’eau. Cette donnée vous montre l’importance de la quantité d’eau à apporter à une vache. Au quotidien, une vache boit en moyenne 110 litres d’eau, selon son gabarit, sa production et sa température.
En alimentation pour bovin, trois catégories d’aliments sont distribuées aux vaches : les fourrages, les concentrés, les compléments minéraux et vitaminiques (CMV). Environ 80% des aliments consommés par les bovins sont des fourrages : principalement de l’herbe (sous différentes formes) et du maïs ensilé.
Pour calculer une ration cohérente en alimentation bovine, il est nécessaire de connaître précisément pour chaque aliment distribué : sa composition chimique, ses valeurs nutritives, son ingestibilité.
Un aliment est composé d’eau, de matières minérales et organiques. La quantité de matières « solides » détermine le taux de matière sèche de l’aliment. Il varie beaucoup d’un aliment à un autre. Il n’y a pas de lien entre la matière sèche et les valeurs nutritives (UFL, PDI). En revanche, le taux de matière sèche joue sur la digestibilité et la conservation de l’aliment.
Pour l’alimentation des bovins, il est d’usage de parler en taux de matière sèche et non en taux de matière brute en élevage.
Pour l’alimentation des vaches, les fourrages constituent la base d’une ration, puisqu’ils apportent à la fois un encombrement du rumen et des valeurs nutritives à l’animal. Ce sont des aliments frais, ou conservés sous différentes formes, constitués des appareils aériens de plantes fourragères cultivées. On distingue différents types de fourrages :
D’autres aliments, plus rarement distribués en alimentation bovine, sont considérés comme des fourrages, tels que les racines et tubercules : la betterave et la pomme de terre par exemple. Dans la majorité des élevages laitiers, les fourrages sont produits sur la ferme. Il est donc d’autant plus intéressant de maximiser cette part d’utilisation des fourrages dan...
Exemple de valeurs nutritives pour différents fourrages :
| Fourrage | Matière Sèche (%) | UFL | PDI (g/kg MS) |
|---|---|---|---|
| Herbe pâturée | 20 | 0.85 | 150 |
| Ensilage de maïs | 35 | 0.92 | 70 |
| Foin de prairie | 85 | 0.75 | 100 |
L’aliment complémentaire liquide mélassé a pour objectif de valoriser tous les fourrages de l’exploitation. Composé de matières végétales et/ou laitières c’est un aliment riche en matière sèche. Arrosé sur botte de paille ou incorporé en mélangeuse, les gammes d’aliment liquide permettent une digestion supérieure de 30% des fourrages grossiers.
L’aliment liquide est un aliment complémentaire riche en sucre et matières azotées rapidement assimilables. Il nourrit et stimule la flore ruminale grâce à son apport d’azote soluble et d’énergie fermentescible. En assurant le bon fonctionnement du rumen, l’aliment liquide permet une meilleure ingestion et digestibilité des fourrages et des rations chez le ruminant sevré : vaches laitières (taries et en lactation), vaches allaitantes, taurillons, chèvres & brebis.
Grâce à la synchronisation des apports de sucres et d’azote, l’aliment liquide permet une nette amélioration de la digestion des rations. Son apport de pouvoir sucrant améliore également l’appétence de la ration et son pouvoir liant permet de limiter le tri des rations par le troupeau. Grâce à son apport de valeurs alimentaires l’aliment liquide densifie la ration et sécurise l’apport d’urée (selon les formules), apporte du soufre pour la synthèse microbienne, de l’énergie fermentescible et des protéines digestibles par l’intestin (PDIMN).
L'aliment liquide trouve sa place dans l'alimentation des bovins viande pour complémenter des fourrages grossiers. Il apporte simultanément de l'énergie rapidement fermentescible et de l'azote rapidement dégradable, ce qui améliore le fonctionnement ruminal pour la dégradation des fibres. L’aliment liquide fait progresser en même temps l’ingestion, car il est appétent.
En libre-service au pâturage, l’aliment liquide est un moyen très peu exigeant en temps de travail pour complémenter des vaches allaitantes placées sur des prairies lignifiées, à faible valeur alimentaire. Il faut dans cette situation choisir une formule dont la teneur en MAT est supérieure à celle en sucres, afin que les vaches autorégulent leur consommation.
Les fabricants proposent des gammes d’aliments liquides plus ou moins riches en sucre et en azote soluble. Parmi les aliments riches en azote, les moins coûteux contiennent de l’urée (ils sont à réserver aux animaux adultes). Les formules avec urée apportent le plus d’azote, avec 30 à 32 % de MAT. Les aliments liquides ne contenant pas d’urée titrent plutôt autour de 16 à 28 % de MAT, avec 10 à 25 % de sucres.
L’aliment liquide est un aliment constitué principalement de mélasse (de betterave et/ou de canne) et d’autres coproduits issus de l’agro-industrie de fermentation en France ou de l'industrie laitière.
« L’aliment liquide s’intègre pleinement dans le développement de l’économie locale. D’autres usages de l’aliment liquide sont intéressants en élevage allaitant. Pour les vaches allaitantes, l’aliment liquide est un moyen simple d’enrichir une ration en azote non protéique, y compris pour celles qui sont engagées dans une filière qui proscrit l'utilisation de l'urée ».
L’aliment liquide est également souvent employé pour sa fonction de liant de la ration, notamment pour des jeunes bovins en engraissement. « En évitant le tri par les animaux dans l’auge, l’efficacité alimentaire de la ration est améliorée. »
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Pour répondre aux attentes et aux besoins de chaque éleveur, Vitalac a décliné la Glycoline® en une formulation 100% végétale, une version verte composée de MPG* d’origine végétale (issu d’un process de transformation d’huiles végétales). Les qualités et les effets de la Glycoline® Verte sont identiques à la Glycoline® classique. Les précurseurs de glucose qui la composent agissent en synergie pour réduire les corps cétoniques et donc les cétoses.
L’aliment liquide est un véritable atout pour les élevages de ruminants. Mélange de plusieurs matières premières à forte valeur ajoutée pour le ruminant, l’aliment liquide est un aliment complémentaire riche en sucres et en matières azotées rapidement assimilables. Grâce à un apport simultané d’azote soluble et d’énergie fermentescible, l’aliment liquide nourrit et stimule la flore ruminale. La ration est mieux valorisée et les progrès technico-économiques sont assurés.
Pour toutes espèces, vaches laitières ou allaitantes, chèvres ou brebis, l’aliment liquide répond aux besoins nutritionnels de tous les ruminants.
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