Aliments à éviter en cas de coliques du nourrisson : Conseils et solutions

Bébé se tord quand vous voulez le mettre au sein pour l’allaiter, et vous ne savez pas comment le soulager ? Il souffre peut-être de coliques. Les coliques sont des douleurs abdominales qui surviennent chez les nourrissons de moins de 3 mois. Pour autant, les coliques ne sont pas dangereuses.

Une des causes possibles est une immaturité du système digestif du nourrisson. Une autre cause possible est une intolérance ou une sensibilité alimentaire chez le nourrisson. La venue des coliques pour bébé peut être stressante pour les parents. Le nouveau-né n’arrête pas de se tortiller, ce qui rend difficile son alimentation.

Identifier les aliments problématiques

Il n’existe pas une liste universelle d’aliments à éviter pendant l’allaitement pour les coliques : chaque bébé réagit différemment. Pour y voir plus clair :

  • Tenez un journal alimentaire sur quelques jours : ce que vous mangez, l’heure, et les réactions éventuelles de bébé (coliques, pleurs, selles).
  • Si un aliment revient souvent juste avant des crises, testez une éviction temporaire de 5 à 7 jours.
  • Réintroduisez ensuite l’aliment en petite quantité, et observez.

En cas de coliques très intenses, de pleurs inconsolables, de vomissements répétés ou de sang dans les selles, parlez-en rapidement à votre pédiatre ou médecin : il peut s’agir d’autre chose qu’une simple sensibilité alimentaire.

Aliments et ingrédients spécifiques à surveiller

Votre bébé souffre de coliques et vous vous demandez si ce que vous mangez pourrait en être la cause ? En effet, il est possible que certains aliments consommés par la maman pendant l’allaitement jouent un rôle dans l’apparition de gaz ou de ballonnements chez bébé. On parle bien ici de ce que mange la maman et non l’enfant, dans la mesure où les coliques surviennent à un moment où il n’a pas débuté la diversification alimentaire.

Soulager les coliques du nourrisson - La Maison des maternelles #LMDM

Chocolat et cacao pendant l’allaitement

Le chocolat contient de la caféine et de la théobromine, deux stimulants qui peuvent, en grande quantité, rendre certains bébés plus agités. Cela ne signifie pas que le chocolat est interdit, mais plutôt qu’il est à consommer avec modération, surtout si vous buvez déjà du café ou du thé.

Si vous remarquez que bébé dort moins bien après plusieurs carrés de chocolat noir ou un gros bol de chocolat chaud, essayez :

  • De limiter les quantités (quelques carrés par jour)
  • De privilégier le chocolat au lait ou des desserts au cacao moins concentrés
  • De consommer le chocolat plus tôt dans la journée

Miel et édulcorants naturels

Le miel est souvent confondu avec un aliment interdit pendant la petite enfance. Ce qui est dangereux, c’est le miel donné directement au bébé de moins d’un an (risque de botulisme). En revanche, une maman qui allaite peut consommer du miel : les spores ne passent pas dans le lait comme telles.

Les autres édulcorants (sirop d’agave, érable, stevia, etc.) sont à considérer comme du sucre : modération, surtout si vous surveillez votre énergie, votre poids ou votre glycémie.

Œufs crus et charcuterie

Œufs crus, charcuterie et produits animaux peu cuits comportent un risque d’intoxication alimentaire. Ce risque concerne surtout votre confort et votre santé à vous, pas directement le lait maternel.

Pour limiter les problèmes :

  • Choisissez des œufs extra-frais et bien conservés
  • Évitez de consommer des préparations à base d’œufs crus qui ont longtemps traîné à température ambiante
  • Privilégiez la charcuterie de qualité, conservée au frais et consommée rapidement après ouverture

En cas de fièvre, vomissements importants ou suspicion d’intoxication, consultez un professionnel de santé. Sauf avis médical contraire, l’allaitement peut être poursuivi.

Herbes et épices : attention aux anti-galactogènes

Certaines plantes sont réputées « anti-galactogènes », c’est-à-dire susceptibles de diminuer la production de lait : la sauge, le persil en grande quantité, la menthe poivrée concentrée, etc. Les données scientifiques restent limitées, mais le principe de précaution est souvent appliqué.

Concrètement :

  • Le persil saupoudré sur vos plats ne posera pas de problème.
  • Une tisane à la sauge de temps en temps ne va pas couper votre lait.
  • En revanche, évitez les cures prolongées ou les compléments très concentrés à base de sauge, menthe poivrée ou autres plantes réputées diminuer la lactation, surtout si votre production est déjà limite.

Gingembre, ail et clou de girofle

L’ail et le gingembre ont parfois la réputation de donner des coliques ou de modifier trop fortement le goût du lait. Des études montrent que les bébés allaités s’adaptent très bien à ces variations de goût, et que cela ne provoque pas plus de coliques en moyenne. Dans les quantités utilisées en cuisine, ces épices ne sont pas à éviter pendant l’allaitement.

Seules les prises massives de compléments ou de tisanes très concentrées doivent être discutées avec un professionnel de santé.

Produits laitiers et intolérance au lactose

On confond souvent intolérance au lactose et allergie aux protéines de lait de vache (APLV). Le lait maternel contient naturellement du lactose, même si vous-même ne consommez pas de produits laitiers.

Chez un petit nombre de bébés, on peut suspecter une APLV lorsqu’on observe :

  • Des coliques très intenses et récurrentes
  • Des selles avec sang ou mucus
  • Un eczéma important ou des régurgitations sévères

Dans ce cas, ne supprimez pas tous les produits laitiers sans accompagnement : parlez-en d’abord à votre pédiatre. Si une éviction des produits laitiers maternels est décidée, elle doit être encadrée pour éviter les carences (calcium, vitamine D, protéines, etc).

Soja et phytoœstrogènes

Les produits à base de soja contiennent des phytoœstrogènes (isoflavones). On déconseille souvent d’en consommer en grande quantité de manière quotidienne pendant la grossesse et l’allaitement.

La plupart des recommandations suggèrent de limiter le soja à 1 portion par jour (tofu, boisson au soja, dessert au soja) et d’éviter les compléments fortement dosés, par mesure de précaution.

Fruits à coque et allergies

Autrefois, on conseillait parfois aux mamans d’éviter les fruits à coque (noix, amandes, noisettes, cacahuètes) pour prévenir les allergies. Les données récentes ne confirment pas cette approche de manière systématique.

Aujourd’hui, la tendance est plutôt :

  • Ne pas bannir automatiquement les fruits à coque pendant l’allaitement
  • Éviter un aliment si vous êtes vous-même allergique ou si bébé présente déjà des réactions cutanées ou digestives après vos consommations
  • Demander conseil à un allergologue ou pédiatre en cas d’antécédents familiaux lourds

Signes que bébé réagit à votre alimentation

Symptômes digestifs à surveiller

Il n’est pas toujours simple de distinguer les coliques « classiques » du nourrisson d’une vraie réaction à un aliment. Consultez sans attendre en cas de :

  • Vomissements répétés ou en jet
  • Selles très liquides, verdâtres, avec du sang
  • Perte de poids ou stagnation de la courbe
  • Fièvre ou bébé très abattu

Dans les cas moins graves (gaz, ballonnements, coliques en fin de journée), un journal alimentaire et de petites adaptations peuvent suffire pour trouver un équilibre.

Troubles du sommeil et irritabilité

Un bébé allaité qui se réveille souvent, ça peut être… juste un bébé. Le sommeil du nourrisson est très immature, et de nombreux réveils n’ont aucun lien avec ce que vous mangez.

Cependant, certains bébés semblent plus sensibles à la caféine ou aux changements alimentaires brusques. Si vous constatez que votre enfant est systématiquement très agité après vos cafés serrés, vos boissons énergisantes ou de gros repas très riches, vous pouvez tester :

  • Une réduction de la caféine sur quelques jours
  • Des repas plus simples le soir
  • Des tétées plus fréquentes mais plus courtes en fin de journée

Conseils pratiques pour une alimentation équilibrée

Maintenir une nutrition optimale

Une alimentation favorable à l’allaitement, c’est tout simplement une alimentation équilibrée pour adulte, avec quelques points d’attention :

  • Des fruits et légumes variés chaque jour (frais, surgelés, compotes sans sucre ajouté)
  • Des protéines de qualité : poissons pauvres en mercure, œufs, volailles, légumineuses, fruits à coque si tolérés
  • Des féculents complets : pain complet, riz semi-complet, pâtes complètes, céréales riches en fibres
  • Des matières grasses de bonne qualité : huiles de colza, d’olive, de noix, poissons gras riches en oméga-3
  • Une consommation limitée de produits ultra-transformés riches en sucres, gras saturés et additifs

Certaines vitamines et minéraux sont particulièrement importants en période d’allaitement (vitamine D, iode, zinc, vitamines A, B6, C). En cas de doute, n’hésitez pas à faire le point avec votre médecin ou votre sage-femme, qui pourra décider d’une supplémentation si nécessaire.

Hydratation et production de lait

On entend parfois qu’il faut boire énormément pour produire du lait. En réalité, c’est la succion de bébé qui stimule la production, pas la quantité d’eau que vous buvez. Les bons repères :

  • Buvez à votre soif, en gardant une bouteille d’eau à portée de main lors des tétées.
  • Surveillez la couleur de vos urines (claires = hydratation suffisante).
  • Privilégiez l’eau, les tisanes non sucrées, éventuellement les eaux aromatisées maison.
  • Évitez de compter sur la bière, l’alcool ou les boissons sucrées pour augmenter votre lactation : ce sont des idées reçues.

Si vous avez le sentiment de manquer de lait, le premier réflexe n’est pas de modifier radicalement votre assiette, mais de demander l’aide d’une consultante en lactation ou d’une association comme La Leche League, qui pourra vérifier la position de bébé, la fréquence des tétées et vous conseiller sur l’organisation des journées et nuits.

En résumé, il n’existe pas une liste universelle et figée d’aliments interdits pendant l’allaitement. Il y a surtout quelques boissons à éviter (alcool, boissons énergisantes), certains poissons à limiter, et beaucoup d’observation bienveillante de votre bébé… tout en vous autorisant à manger varié, équilibré et avec plaisir.

En cas de doute, ne restez pas seule : parlez-en à votre médecin, sage-femme ou consultante en lactation, qui adaptera les conseils à votre situation.

Positions d'allaitement anti-coliques

Si vous allaitez, sachez qu’il existe des positions d'allaitement anti-coliques qui réduisent la quantité d'air ingérée par le bébé.

  1. La position “ballon de rugby”: Dans cette position, votre bébé est allongé à côté de vous, sa tête soutenue par votre main et son corps repose sur votre avant-bras. Sa tête se trouve au niveau de votre sein et ses pieds sont dirigés vers l'arrière, comme si vous portiez un ballon de rugby sous votre bras. Cette position permet au bébé de prendre le sein sans avoir à tourner la tête, ce qui facilite la tétée et limite l'ingestion d'air.
  2. La position verticale: Vous tenez votre bébé contre votre corps, sa tête reposant juste au-dessus et contre votre sein. Le corps du bébé est soutenu par votre main et votre avant-bras, de sorte qu'il est presque assis en travers de vos genoux ou sur un coussin à vos côtés. Cette position favorise non seulement une meilleure prise du sein, mais aussi la digestion, car le bébé est en position verticale, aidant ainsi à la descente naturelle des aliments et des gaz à travers l'estomac et les intestins.

Solutions naturelles pour soulager les coliques

Par ailleurs, pour diminuer les douleur abdominales, il peut être utile de pratiquer des massages doux sur le ventre de votre nourrisson. Massez dans le sens des aiguilles d’une montre, pour aider à soulager les gaz et les douleurs abdominales.

Le fenouil est réputé pour ses bienfaits digestifs, notamment pour réduire les coliques du nourrisson. Grâce à ses propriétés antispasmodiques et carminatives, le fenouil aide à relaxer les muscles intestinaux et à diminuer les gaz, soulageant ainsi les douleurs abdominales des bébés. Les tisanes à base de fenouil apaiseront votre bébé et faciliteront sa digestion. Si vous allaitez vous pouvez boire la tisane de fenouil.

Aliments à éviter en cas d'allaitement et de coliques

Ainsi, voici la liste d’aliments à éviter en cas d’allaitement et de coliques :

  • Légumes fermentés : choux, brocolis, oignons, crudités… Leur digestion produit des gaz, qui peuvent passer dans le lait maternel.
  • Produits laitiers : lait de vache, yaourts, fromages, crème fraîche… Certains nourrissons y sont plus sensibles et souffrent donc d’inconforts.
  • Aliments très épicés ou acides : ils peuvent modifier légèrement le goût du lait et (chez certains bébés sensibles) provoquer une gêne digestive.

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