L’engraissement de bovins nécessite une alimentation riche en énergie et en protéines pour assurer un gain de croît et un état de finition suffisants. Cet article explore les différentes composantes de l'alimentation des bovins en engraissement, les stratégies pour optimiser les rations, et les alternatives aux concentrés traditionnels.
L’utilisation de concentrés répond à cet objectif, mais rend les systèmes dépendants envers cette matière première achetée ou produite sur l’exploitation. Quand bien même les changements brutaux de régimes alimentaires ou des restrictions alimentaires sévères en cours d’engraissement sont à éviter, des marges de manœuvre existent néanmoins pour limiter le recours aux concentrés. Le levier d’action prioritaire est de maîtriser au mieux la qualité de l’ensilage de maïs.
Pour des rations à base d’ensilage de maïs complémentées entre 2,5 et 5 kg de concentré par jour, la réduction de 1 kg/j de blé économise entre 225 et 280 kg de blé/jeune bovin (JB) pour un poids de carcasse identique. En revanche, le bilan alimentaire augmentera de 280 à 370 kg MS/JB pour l’ensilage de maïs et de 17 à 60 kg/JB de tourteau de soja pour équilibrer la ration en protéines.
Pendant l’engraissement, il est recommandé d’apporter :
Le remplacement du blé par d’autres concentrés énergétiques et du tourteau de soja ou colza par d’autres concentrés protéiques est possible.
Voici un tableau présentant les équivalences entre différents aliments énergétiques et le blé, calculées sur les UFV :
| Aliments (kg brut) | Remplace (en kg brut) | Intérêts et limites |
|---|---|---|
| 1 kg de triticale | 1 kg de blé | Equivalent au blé |
| 1 kg d'orge | 0,91 kg de blé | Moins acidogène, seule en complément de l’ensilage possible mais indice de consommation détérioré de 10 à 15 % |
| 1 kg de maïs grain | 1,04 kg de blé | Riche en énergie, en sec : distribuer aplati, en humide à 65 % MS et moins : broyer à la récolte et ensiler, en humide à 70 % MS : stocker entier et inerter (absence d’air : big-bags,…), indice de consommation amélioré |
| 1 kg de betteraves fourragères | 0,15 kg de blé | Appétent, riche en énergie, 3 à 4 kg de MS/j en complément de l’ensilage de maïs, entières ou coupées, performances équivalentes |
| 1 kg de pulpe surpressée | 0,22 kg de blé | Appétent, riche en énergie, utilisable en plat unique avec apport de fourrages. Riche en Ca, pauvre en P, adapter l’AMV, bonnes performances |
| 1 kg de pulpe déshydratée | 0,85 kg de blé | |
| 1 kg de pommes de terre | 0,24 kg de blé | Appétent, riche en énergie, riche en amidon, limiter l’apport à 15-20 kg bruts/JB et apport indispensable de fibres. Co-produits intéressants. |
Voici un tableau présentant les équivalences entre différents aliments azotés et le tourteau de soja, calculées sur les PDIN :
| Aliments (brut) | Remplace le tourteau de soja 48 (brut) | Remplace le tourteau de colza (brut) | Intérêts et limites |
|---|---|---|---|
| Tourteau de colza | 1,5 kg | _ | Peut remplacer en totalité le soja, entraine une légère baisse énergétique de la ration, mais les performances zootechniques sont très proches. |
| Tourteau tournesol non décortiqué* | 1,9 kg | 1,2 kg | Peut remplacer en totalité le soja et le colza, mais pauvre en énergie. Entraîne une dilution énergétique de la ration et une baisse des performances. Riche en cellulose. |
| Tourteau de lin expeller | 1,5 kg | 1,0 kg | Peut remplacer en totalité le soja et le colza, plus riche en énergie que le tourteau de colza. Améliore les performances et l’efficacité alimentaire. |
| Pois, féverole crue | 2,9-3,1 kg pour le pois 2,3 kg pour la féverole | 1,9-2 kg pour le pois 1,5 kg pour la féverole | Peuvent remplacer en totalité le soja et le colza, teneur en UFV proche du tourteau de soja mais supérieure au colza. Distribuer aplati, avec un fourrage grossier (paille). Maintien des performances et de l’efficacité alimentaire. S’assurer de la valeur alimentaire des graines toastées (écart valeurs INRA 2007). A privilégier sur des rations à base d’herbe. |
| Pois, féverole toastée | 2,6-2,8 kg pour le pois 2,0 kg pour la féverole | 1,7-1,8 kg pour le pois 1,3 kg pour la féverole | |
| Graine de lin | 2,3 kg | 1,5 kg | Remplacement partiel du soja mais total du colza car forte teneur en matière grasse qui limite les quantités distribuées à 1,5 kg. Riche en énergie. A distribuer aplatie. |
| Tourteau gras de colza | 1,5 kg (si 20 % MG) | 1,0 kg (si 20 % MG) | Valeur dépendant de sa teneur en matière grasse. Peut-être utilisé seul pour remplacer le soja jusqu’à 15-20 % de MG (apport de 2,5 à 3 kg maxi). Plus riche en énergie que le tourteau de soja. Permet de maintenir une bonne densité énergétique de la ration et les performances. |
| Corn gluten feed | 2,6 kg | 1,7 kg | Riche en énergie, riche en amidon, apport complémentaire de fibres. Performances équivalentes |
| Drèches de blé (< 7 % d’amidon) | 1,45 kg | 0,96 kg | Riche en protéines, appétent. Permet de remplacer les ¾ du soja et totalement le colza. Drèches de brasserie moins riches en protéines et énergie |
| Luzerne déshydratée (18 % MAT) | 3,0 kg | 2,0 kg | Déficitaire en protéines et énergie. Remplace partiellement le soja. A privilégier sur bovins à faibles besoins. Riche en fibres et Ca. Adapter l’AMV. |
Pour les veaux nés à l’automne, un sevrage en juin plutôt qu’en mars permet au veau de profiter du lait de sa mère plus longtemps, notamment du second pic de lactation lié à la mise à l’herbe, mais aussi de la pousse de l’herbe printanière quantitative et qualitative. Une récolte d’herbe à un stade précoce assure une bonne valeur alimentaire, mais pénalise le rendement. Pour assurer une bonne conservation des ensilages, il faudra viser entre 35 et 40 % de matière sèche.
Dans une ration d’engraissement, l’utilisation d’herbe conservée peut nécessiter l’ajout d’un complément énergétique selon la valeur alimentaire de cette herbe, les objectifs de croissance et la catégorie animale. Pour des vaches de réforme, l’ajout d’herbe enrubannée, ensilée ou des méteils seuls ou associés à l’ensilage de maïs offre des croissances honorables (900 - 1300 g/j) dès lors que les rations contiennent plus de 0,8 UFV/kg de MS et entre 90 et 100 g de PDI/UF.
Ce fourrage réduit voire supprime totalement la dépendance au concentré protéique, mais augmente le besoin en céréales par rapport à des rations à base d’ensilage de maïs. La présence de légumineuses conservées comme l’enrubannage de luzerne permet de s’affranchir du tourteau comme le montrent les essais conduits à la ferme de Jalogny pour engraisser ses vaches de réforme.
Chez des jeunes bovins alimentés avec des rations à base d’ensilage de maïs, les croissances sont réduites de 130 g/j avec l’ajout de 35 % d’herbe et de 50 g/j avec 20 % d’herbe. Dans les deux cas, l’atelier dépend davantage des céréales, mais moins du tourteau. Avec des rations sèches, l’ajout d’herbe jusqu’à 35 % est une solution avantageuse, car elle réduit le concentré énergétique (-200 kg) et protéique (-330 kg) sans affecter les croissances. Quel que soit le système, l’ajout d’herbe nécessite d’augmenter sa sole dans l’élevage de 2 à 3 ha pour 30 JB engraissés/an au détriment d’une autre culture (maïs, céréales).
La finition des femelles peut être scindée en plusieurs phases :
Ce levier réduit la croissance pendant la 1ère phase, allongeant ainsi la durée de finition. La dépendance envers le correcteur azoté est réduite, mais le besoin en concentré énergétique est augmenté.
En cas de stocks de fourrages et/ou de concentrés limités, une restriction peut être envisagée sur tout ou partie de la finition de vaches de réforme. Il faut cependant conserver des densités énergétiques et protéiques habituellement utilisées en finition (0,85 UFV/kg MS ; 90 à 95 g PDI/UF). Pour une ration à base d’ensilage de maïs, une réduction de 35 % en moyenne des quantités totales offertes allonge de 16 jours l’engraissement pour atteindre un même gain de poids vif. L’économie par vache est de l’ordre de 200 kg MS d’ensilage de maïs, 29 kg MS de tourteau de soja et 23 kg MS de blé.
Pour atteindre et maintenir des croissances élevées au pâturage, il est nécessaire d’offrir une herbe de qualité. Un pâturage précoce au printemps jusqu’au stade « épi à 10 cm », puis de repousses feuillues de moins de 6 semaines assurent une croissance de 1000 g/j ou plus en vaches de réforme et génisses à l’engrais, sans ajout de concentré. Toutefois, selon la qualité et quantité d’herbe à disposition et les performances visées, un faible apport en concentrés ou en fourrages peut être envisagé.
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