Les boîtes alimentaires en plastique sont omniprésentes dans nos cuisines, offrant une solution pratique et abordable pour conserver, transporter et réchauffer les aliments. Cependant, leur utilisation suscite des préoccupations croissantes quant à leur impact sur la santé. Cet article répond aux questions les plus fréquemment posées par les consommateurs, afin de les aider à faire des choix éclairés.
De nombreux consommateurs s’inquiètent des substances chimiques potentiellement présentes dans les boîtes alimentaires en plastique. L'un des composés les plus controversés est le Bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien. Heureusement, les réglementations européennes ont évolué et interdisent désormais le BPA dans les contenants alimentaires destinés aux bébés.
Il faut souligner que les plastiques, même neufs, ne sont jamais totalement inoffensifs pour notre santé. Dès sa fabrication, les contenants alimentaires en plastique peuvent contenir des substances chimiques comme le bisphénol A (BPA) ou des phtalates. Ces composants, appelés perturbateurs endocriniens, peuvent migrer dans les aliments qu’ils contiennent, surtout s’ils sont en contact avec de la chaleur, des aliments gras ou acides.
Une vaste étude publiée dans The Lancet Child & Adolescent Health le 21/09/2025 alerte sur les dangers des substances chimiques présentes dans les plastiques courants. Les chercheurs pointent trois familles de produits : les phtalates, qui rendent le plastique souple, les bisphénols, qui le rendent rigide, et les PFAS, qui le rendent résistant à l’eau et à la chaleur. Ces substances perturbent le fonctionnement des hormones et peuvent occasionner des réactions inflammatoires durables, avec des conséquences cardiaques, neuro-développementales, des effets sur la respiration, le métabolisme ou encore la fertilité.
Vérifier l’absence de BPA est essentiel pour garantir une utilisation sans risque. Voici comment s’assurer qu’une boîte plastique alimentaire avec couvercle est sûre :
La dégradation du plastique libère des microplastiques invisibles qui s’accumulent dans le corps. Ils favorisent l’inflammation et ajoutent une couche de risque pour la santé. Les microplastiques sont des particules de plastique dont la taille est comprise entre 5 millimètres et quelques centaines de nanomètres, soit 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu. Ils peuvent être produits intentionnellement ou issus de la fragmentation de particules de plus grande taille (macroplastiques).
Il est important de souligner que les microplastiques sont présents sous différentes formes (fragments, fibres, billes, films etc.). Ils peuvent être composés avec plus de vingt polymères différents (polyéthylène, polypropylène, polystyrène, etc.) incluant des additifs (plastifiants, antioxydants, retardateurs de flamme, colorant). Ils sont ubiquitaires c’est-à-dire qu’on les trouve dans tous les compartiments de l’environnement (eau, terre, air) mais aussi dans notre environnement quotidien (alimentation, objets, contenants, etc.).
Ces particules s'accumulent dans les écosystèmes, même dans les habitats les plus reculés, comme les fonds marins, ou l’Antarctique, et sont transférées dans les chaînes alimentaires, ce qui conduit inévitablement à leur ingestion involontaire par l’être humain. De plus, certains emballages (gobelets, gourdes, boites alimentaires, etc.) et processus de cuisson des aliments ajoutent une contamination en microplastiques supplémentaire à notre nourriture.
Ainsi, les microplastiques ont été détectés dans nombre d’aliments, incluant l'eau potable, le lait, les boissons de consommation courante (sodas, boissons énergisantes, thé, bière, etc.), les sels de table, le miel, les fruits de mer et les fruits et légumes, mais également dans les biberons, les sachets de thé et les gobelets jetables. Des travaux de l’Anses ont confirmé la présence de microplastiques dans des moules et des coques.
La preuve irréfutable de l’ingestion de microplastiques par l’Homme vient de deux études (publiées dans Annals of internal medicine et Science of The Total Environment) qui ont recherché leur présence dans les selles humaines : des microplastiques ont été détectés systématiquement dans tous les échantillons testés. Par ailleurs, une autre étude a mis en évidence la présence de microplastiques dans le corps humain au niveau du placenta.
De nombreuses données montrent que l'ingestion de certains microplastiques entraîne une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote, et un dysfonctionnement intestinal chez plusieurs animaux, essentiellement des poissons et des coquillages. Des données récentes suggèrent que ces effets toxiques sur le microbiote et l’épithélium intestinal pourraient également atteindre des mammifères, suite à l’ingestion de certains types de microplastiques. Il faut souligner que ces travaux de recherche n’ont exposé ces animaux qu’à un seul type de polymère. Aucune étude ne s’est intéressée jusqu’à ce jour au cocktail de microplastiques qui contaminent notre alimentation.
Avec le temps, le plastique s’abîme : les lavages répétés, surtout au lave-vaisselle, l’exposition au micro-ondes ou même des rayures créées par les ustensiles finissent par fragiliser le matériau. Résultat ? Le plastique peut libérer encore plus de substances nocives dans la nourriture. Et si, en plus, il est fondu ou déformé, comme cela arrive parfois après un passage mal géré au micro-ondes, les risques explosent.
Si une boîte présente des fissures, des rayures, ou une vieille odeur de plastique malgré plusieurs lavages, c’est un signal d’alarme. Elle est trop usagée pour continuer à être utilisée en toute sécurité. Selon Bryan Quoc Le, consultant en sciences alimentaires interrogé par le Huffington Post, « les récipients en plastique de qualité alimentaire ont un nombre estimé de lavages au lave-vaisselle ou à l’eau chaude de 100 fois ».
Tout dépend du type de plastique. Certains récipients plastiques alimentaires, comme les boîtes hermétiques pour micro-ondes, sont spécialement conçues pour supporter la chaleur sans libérer de substances nocives. Pour s’en assurer, il faut vérifier le symbole micro-ondes sur la boîte, souvent représenté par des ondes ou un pictogramme de micro-ondes.
Conseils d'utilisation :
Ne fermez jamais hermétiquement une boîte avant de la chauffer, sous peine d’explosion due à la pression interne.
Stéphanie Drieu, diététicienne, met en garde contre les risques de transfert de particules dans les aliments. Une solution simple : privilégier des contenants en verre ou en céramique.
Les boîtes alimentaires en plastique peuvent retenir les odeurs et les taches alimentaires. Pour un nettoyage efficace :
Oui, à condition d'utiliser des boîtes alimentaires réutilisables conçues pour la congélation. Assurez-vous que le plastique reste flexible à basse température pour éviter les fissures.
Astuces :
Non, sauf mention contraire. Le plastique ne supporte pas les températures élevées et peut libérer des substances toxiques.
Si vous souhaitez une alternative durable, considérez :
A la maison, dans nos placards et nos frigos, nos aliments sont traditionnellement conservés dans des boîtes en plastique. L’alternative saine au plastique : le verre.
| Type de plastique | Utilisation | Problèmes |
|---|---|---|
| PP (polypropylène) | Barquettes réutilisables, gobelets, bouchons de bouteille, tasses… | Pas considéré comme dangereux mais des additifs lui sont ajoutés pour lui rajouter des propriétés. Ces additifs pourraient migrer dans les aliments. |
| PET (polyéthylène téréphtalate) | Bouteilles d’eau, sacs plastiques de cuisson, barquettes… | Migration de traces de trioxyde d’antimoine : cancérigène si exposition à la chaleur. |
| PEHD (polyéthylène haute densité) | Bouteilles de lait, boîtes alimentaires rigides… | Migration de substances chimiques vers les aliments non égale à zéro. |
| PVC (polychlorure de vinyle) | Film étirable | Peut contenir des phtalates et du Bisphénol A, migration de substances chimiques toxiques. |
| PEbd (polyéthylène basse densité) | Sacs de congélation, sacs de grandes surfaces, bols jetables… | Migration de substances chimiques vers les aliments non égale à zéro. |
| PS (polystyrène) | Gobelets, couverts jetables, emballages yaourts… | Contient du styrène qui migre lors du chauffage, cancérigène pour l’humain. |
| Divers autres (polycarbonate…) | Biberons | Migration de Bisphénol A dans les aliments. |
Source : voir bibliographie en fin d’article
Les spécialistes conseillent quelques gestes simples pour limiter l’exposition des enfants : remplacer les contenants en plastique par du verre ou de l’inox, ne pas chauffer d’aliments dans du plastique, éviter le lave-vaisselle pour les ustensiles en plastique. Informer et sensibiliser dès le plus jeune âge permet aussi de créer de bonnes habitudes pour l’avenir.
Si les plastiques restent indispensables dans certains usages médicaux comme les ventilateurs ou les sondes, leur utilisation dans les objets du quotidien mérite d’être réduite. Les experts appellent à des réglementations plus strictes, dans la lignée des discussions actuelles autour d’un traité mondial sur les plastiques.
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