Rappelons une évidence : le cheval a été conçu pour les grands espaces. Même s’il a été domestiqué depuis des milliers d’années, le mettre dans un box perturbe son équilibre. Avec ce changement d’environnement, trois dimensions doivent être prises en considération : l’alimentation, la musculature et le mental.
Afin de comprendre comment les chevaux doivent être nourris, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement de leur digestion. Indépendamment de leurs besoins alimentaires différents, tous les chevaux ont le même système digestif, qui est particulièrement sensible. Le cheval est un herbivore dont le système digestif est complexe. À l’état naturel, le cheval broute jusqu’à 16 heures par jour.
Le cheval saisit sa nourriture à l’aide de ses lèvres, de sa langue et parfois de ses incisives. Les chevaux sont de vrais gourmets: leur cavité buccale peut comporter jusqu’à 35 000 papilles gustatives. À titre de comparaison: les humains n’en possèdent que 10 000. Dans la cavité buccale, les aliments sont écrasés entre les molaires et imprégnés de salive. Cette étape est très importante pour que les aliments puissent glisser correctement le long de l’œsophage afin de poursuivre leur digestion. Cependant, la salive ne contient pas d’enzymes de fractionnement de l’amidon, la pré-digestion dans la cavité buccale ne sert donc qu’à hacher les aliments. C’est notamment pour cette raison que le cheval a besoin de calme et de beaucoup de temps pour manger.
Un cheval a besoin de 40 à 50 minutes pour ingérer un kilo de fourrage et d’environ 10 minutes pour un kilo d’aliment concentré. Si le cheval n’a pas le temps de manger ou est stressé, il risque d’avaler tout rond. Si le cheval a tendance à se jeter sur sa ration (aliment concentré), placer de grosses pierres arrondies dans la mangeoire. Attention: ces pierres ne doivent pas être des pierres à lécher.
Le cheval a un estomac relativement petit par rapport à la taille de son corps. L’estomac du cheval a un volume de 7 à 10 litres et peut s’étendre jusqu’à doubler de volume. Cependant, cela représente un effort intense pour cet organe, un étirement excessif entraîne des symptômes de coliques. Pour éviter que cela ne se produise, on doit absolument savoir ce qui suit:
Si le cheval a eu suffisamment de temps pour se reposer et se nourrir, le bol alimentaire arrive dans l’estomac bien haché et imbibé de salive, ce qui lui permet de traverser l’estomac rapidement. Si les aliments n’ont pas été suffisamment hachés et imbibés de salive, les sucs gastriques ont plus de difficulté à les pénétrer. Ils restent alors plus longtemps dans l’estomac et causent un étirement anormal de la paroi de l’estomac.
Ce phénomène est particulièrement critique lorsque la ration est donnée avant le foin. L’aliment concentré est alors lourd dans l’estomac et y reste longtemps. Si le foin imbibé de beaucoup d’eau (salive) vient s’ajouter à cela, l’estomac est gonflé, ce qui provoque des maux de ventre: le cheval a alors une colique. C’est pour cela qu’il est recommandé de donner le foin au moins 30 minutes avant la ration afin que le cheval soit déjà relativement rassasié et que l’aliment concentré soit bien mâché avant d’être avalé.
L’intestin grêle du cheval a une longueur totale de 20 mètres, mais a une surface encore plus grande grâce aux villosités intestinales (replis en forme de doigts sur la muqueuse de cet organe). Dans l’intestin grêle, les protéines, les graisses et les glucides facilement solubles sont décomposés en de plus petites molécules afin que les nutriments puissent être absorbés par l’organisme. Pour cela, la bile est injectée directement du foie vers l’intestin. Comme le cheval n’a pas de vésicule biliaire, capable de stocker la bile, le foie libère en continu ces sécrétions.
En raison d’une faible activité enzymatique, la capacité du cheval à digérer l’amidon est relativement faible. Il est donc important que le cheval soit nourri avec peu d’amidon et que celui-ci soit facilement digestible, comme on le trouve par exemple dans l’avoine. Les aliments riches en amidon et difficiles à digérer (par exemple le maïs) doivent être transformés de manière hydrothermale, c’est-à-dire que les grains soient ramollis sous l’effet de la chaleur et de l’humidité et deviennent ainsi plus digestes pour le cheval.
L’amidon qui n’a pas été digéré dans l’intestin grêle se retrouve dans le gros intestin, où il détruit l’équilibre de la flore intestinale. Les micro-organismes qui s’y trouvent, essentiels à la survie du cheval, sont éliminés par l’abaissement du pH et le processus de fermentation. Il est donc important de s’assurer d’une bonne digestibilité pré-caecale (avant le gros intestin) de l’amidon lors du choix de l’aliment.
Le cheval dispose dans son gros intestin d’environ 20 kilogrammes de bactéries, une multitude d’aides digestives indispensables à sa survie. Les bactéries doivent être bien nourries, sans quoi la flore intestinale risque d’être déséquilibrée. En 33 à 44 heures, les micro-organismes décomposent la pulpe des aliments et les substances structurelles des végétaux peu solubles telles que la cellulose, l’hémicellulose et les pectines. Ce faisant, ils libèrent des acides gras volatiles, de la vitamine B et des oligo-éléments que la paroi du côlon absorbe.
L’alimentation fournie détermine la composition de la flore intestinale. Une fois habitués à certains aliments, les différents micro-organismes s’adaptent et se reproduisent en fonction de la composition de la nourriture. Les changements d’aliments doivent donc toujours être effectués avec précaution car ils peuvent, s’ils sont effectués trop brusquement, endommager la flore intestinale. De plus, des aliments inadaptés, tels que l’enrubanné et l’ensilage, peuvent perturber l’équilibre intestinal. Les aliments fermentés ne contiennent plus de composants végétaux bruts, dont les microbes se nourrissent, ce qui cause leur mort.
Plus la pulpe alimentaire se déplace dans le gros intestin, plus l’eau est récupérée par celui-ci. Vers l’extrémité du gros intestin, de gros renflements dans la paroi donnent aux crottins leur forme typique de boules.
Les aliments pour chevaux peuvent être classifiés en fonction de leurs constituants analytiques. Connaître les différents types d’aliments et leurs constituants est très utile pour élaborer la ration de votre cheval.
Les glucides (amidon et sucres) sont une source d'énergie essentielle. L’amidon est le constituant majeur des céréales (orge, maïs, avoine, riz). Les lipides et les glucides sont dans leur grande majorité digérés au niveau de l’intestin grêle en utilisant des enzymes. Si l’alimentation est riche en glucides et en lipides, le cheval va utiliser davantage le début de son tube digestif et la voie enzymatique. Pour le poulain à la mamelle, c’est normal puisque son gros intestin n’a pas encore eu le temps de se développer. Pour le cheval de course, ce type d’alimentation permet un apport d’énergie important dans un petit volume mais prédispose aux ulcères et aux coliques. Une alimentation riche en fourrage contient beaucoup de cellulose brute et privilégie la digestion microbienne du gros intestin. On se rapproche alors davantage de l’alimentation naturelle du cheval adulte. Cela lui procure un bon confort digestif et du bien-être.
Elles sont partie intégrante des muscles, des organes, des tendons mais aussi, ce qu’on sait moins, des os. C’est la base de la vie. Les protéines sont constituées d’acides aminés. L’organisme est capable de synthétiser certains acides aminés à partir d’autres, s’il ne les trouve pas dans l’alimentation. Ces acides aminés ne sont donc pas indispensables. Les acides aminés « indispensables », par contre, ne peuvent pas être synthétisés et la nourriture doit absolument les apporter en quantité suffisante. La lysine est un bon exemple.
Ce sont donc à la fois des sources d’énergie et des constituants de l’organisme. Ils sont constitués d’acides gras. Comme pour les acides aminés, certains acides gras ne peuvent pas être synthétisés à partir d’autres. Ce sont les « acides gras essentiels ». Les acides gras sont des constituants majeurs des membranes cellulaires et influent sur l’équilibre de l’ensemble de l’organisme.
Les minéraux majeurs comme le calcium, le phosphore, le sodium... On connaît le calcium et le phosphore pour leur rôle dans les os. Une carence en calcium entraîne une déminéralisation des os et donc leur fragilisation. Mais un excès de calcium favorise notamment les calculs rénaux. Le sodium permet de réguler l’eau dans l’organisme. À noter que le cheval n’est pas capable de synthétiser les minéraux qui doivent obligatoirement être amenés par l’alimentation en quantité adéquate. Cela peut se faire par le fourrage, l’aliment ou bien en utilisant des compléments spécifiques.
La pierre à sel blanche ou de l’Himalaya n’apporte que du sel et donc du sodium et du chlore. Le cheval la consomme spontanément quand il en a besoin.
L’équilibre de l’organisme est largement réglé par les hormones et les enzymes. Ce sont les outils de l’organisme. Les vitamines et certains minéraux qu’on appelle les oligo-éléments (oligo parce qu’il en faut peu) sont essentiels pour que l’organisme puisse fonctionner correctement. Pour le cheval, l’effet d’une carence dépend de l’oligo-élément concerné et de ses multiples actions au sein de l’organisme. Par exemple, le cuivre intervient à plusieurs niveaux : dans la fabrication de la kératine qui est le principal constituant du sabot, dans celle des globules rouges et dans la croissance osseuse.
Chez les chevaux, l’alimentation est largement liée au sol et à la région. On observe dans l’herbe et le foin des carences en cuivre (98 % des fourrages français), en zinc (très fréquent), en iode (régions éloignées de la mer) ou en sélénium (en fonction du sol). Mais on peut aussi avoir des excès par exemple en calcium avec certains foins. Le cheval ne peut alors trouver dans l’herbe ou le foin tous les oligo-éléments et les vitamines qu’il faut à son organisme.
Le cheval étant une proie à l’état sauvage, une surcharge ou insuffisance pondérale peut mettre sa vie en danger s’il doit fuir un prédateur. Bien que nos chevaux domestiques ne soient pas confrontés à cette menace, tout leur système mus...
Pour des chevaux avoisinant les 500kg et en période de chasse, il faut prévoir autour de 13kg par jour, soit 6kg de nourriture énergétique et 7kg à 10 kg de fibres (foin et/ou paille). Le foin doit représenter 50% du poids de la nourriture quotidienne soit 5 à 6kg par jour.
Voici un exemple de ration quotidienne pour un cheval de 500 kg en période de chasse :
| Type d'Aliment | Quantité |
|---|---|
| Nourriture énergétique | 6 kg |
| Fibres (foin et/ou paille) | 7-10 kg |
| Foin | 5-6 kg (50% du poids total) |
La vocation du mash est de nettoyer le système digestif. C’est donc une préparation utile pour rafraîchir le cheval. Attention aux idées reçues : évitez de le donner les soirs de chasse. C’est un laxatif, et après un gros effort, le cheval a besoin de se refaire et non de se vider. Il est plus utile l’été que l’hiver par sa concentration en électrolytes.
Vous préparez vous-même votre mash à l’ancienne ; il vous faudra juste une grande bassine en aluminium et un réchaud. Faites bouillir l’orge et l’avoine avec une poignée de graines de lin deux à trois heures.
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