Le dioxyde de titane (TiO2), identifié comme additif alimentaire E171, était largement utilisé dans l'industrie agroalimentaire pour ses propriétés colorantes et opacifiantes. Il permettait de colorer les aliments, de les rendre plus opaques et d'intensifier leur brillance. On le retrouvait notamment dans les confiseries, les compléments alimentaires, les sauces et les produits de boulangerie fine.
Dioxyde de titane (TiO2)
Depuis le 1er janvier 2020, la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l'additif E 171 (dioxyde de titane - TiO2) est suspendue. En France, cette mesure a été mise en place par un arrêté du 17 avril 2019, reconductible annuellement. Cette suspension initiale visait les denrées alimentaires contenant du dioxyde de titane utilisé sous forme de nanoparticules.
Au niveau européen, le 6 mai 2021, l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA ou EFSA) a publié un avis relatif à la réévaluation de cet additif. L'EFSA a conclu qu'au regard des études et données actuellement disponibles, et notamment du fait que la génotoxicité des particules de dioxyde de titane ne peut être exclue, l'additif E 171 ne peut plus être considéré comme sûr.
En conséquence, le règlement n° 2022/63 de la Commission du 14 janvier 2022 a retiré le dioxyde de titane de la liste des additifs alimentaires autorisés dans l'Union européenne dans les denrées alimentaires.
Dans la mesure où la réglementation européenne ne prévoit aucune mesure de retrait des denrées alimentaires contenant du E 171, toutes denrées mises sur le marché avant l'entrée en application du règlement peuvent rester sur le marché européen jusqu'à la fin de leur durée de vie.
Plusieurs études ont mis en évidence des risques potentiels liés à l'ingestion de dioxyde de titane. Une étude de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) publiée dans Scientific Reports en 2017 suggère un lien entre le dioxyde de titane et plusieurs maladies, dont le cancer du côlon chez le rat. Cette étude a exposé des rats par voie orale au dioxyde de titane et a constaté la formation de lésions colorectales précancéreuses.
Après exposition par voie orale pendant une semaine, des nanoparticules ont été retrouvées dans plusieurs tissus et organes comme le foie, signifiant que les nanoparticules passent bel et bien la paroi intestinale vers le sang. Des expositions de plus longue durée ont aussi été réalisées. À cet endroit, les chercheurs ont relevé également une augmentation du nombre de cellules dendritiques (impliquées dans la réponse immunitaire) et la diminution des lymphocytes T régulateurs qui ont pour rôle de tamponner la réponse inflammatoire. Ce déséquilibre immunitaire persiste jusqu’à 100 jours après exposition.
Bien que ces résultats ne permettent pas de conclure à des effets sur l’homme, ils ont incité les autorités à prendre des mesures de précaution.
Exemples de produits contenants E171
Pour veiller au respect de cette suspension, la DGCCRF a effectué des contrôles tant en 2020 qu’en 2021. Le ciblage a principalement concerné des établissements qui utilisaient le dioxyde de titane avant son interdiction ou qui produisaient des denrées alimentaires susceptibles d’en contenir.
Ces investigations ont donné lieu au contrôle de près de 520 établissements, représentant l’ensemble de la chaîne, de l’importation ou fabrication jusqu’à la commercialisation (commerce de gros, de détail, marchés forains...).
Les enquêtes menées en 2020 puis en 2021 ont permis de constater que la mesure de suspension était connue et respectée par une grande majorité d’entreprises contrôlées. Toutefois, lors de leurs contrôles, les enquêteurs ont constaté une utilisation ou une commercialisation des produits contenant du dioxyde de titane malgré leur interdiction par certains opérateurs de petite taille : boulangers-pâtissiers, distributeurs de produits étrangers, vendeur de pâtisseries orientales.
Si les résultats de cette publication de l’Inra ne permettent pas à eux seuls de remettre en cause l’évaluation du E171 menée par l’Efsa, l’Anses souligne la nécessité de conduire, selon des modalités et un calendrier à définir, différentes études nécessaires à la parfaite caractérisation du danger associé au E171. Cette étude met en évidence des effets qui n’avaient pas été identifiés auparavant, notamment les potentiels effets promoteurs de la cancérogenèse du E171.
Par ailleurs, l’Anses rappelle l’existence d’autres études, financées par l’appel à projets PNR-EST piloté par l’Agence, en cours de publication et décrivant d’autres effets potentiels du TiO2. Ces études portent notamment sur le passage de la barrière hémato-encéphalique du TiO2. L’ensemble de ces résultats devra faire l’objet d’un examen par l’Efsa dans le cadre de son travail d’évaluation des additifs alimentaires.
Infographie sur le E171 par l'ANSES
Le TiO2 entre dans la composition d’une grande variété de produits finis tels que des peintures, des cosmétiques (crèmes solaires, dentifrices…), mais aussi des médicaments, des produits alimentaires ou des produits de construction (bâtiment et travaux publics).
Dans le secteur du BTP, la présence de TiO2 sous forme pigmentaire se retrouve principalement dans les formulations de peintures et d’enduits de signalisations de la route. La forme nanométrique a été introduite pour exploiter ses propriétés photocatalytiques transférables au produit dans lequel il est incorporé. Ainsi il est utilisé comme agent dépolluant de l’air ou d’auto-entretien de la structure considérée (verre, béton, bitume, céramique..).
L’exposition la plus forte au TiO2 nanométrique du salarié est celle liée à la manipulation de produits pulvérisés ou de suspension liquide lors de diverses activités professionnelles, comme des opérations de pulvérisations, de ponçages (vernis, peintures). Ces expositions ont été ou sont encore ignorées par les salariés concernés alors que ces professionnels devraient faire l’objet d’une sensibilisation et d’une surveillance ciblée.
L’Anses recommande des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour renforcer la prévention des risques pour les travailleurs et préconise une VLEP-8h de 0,80 microgramme par mètre cube sur une durée de 15 minutes.
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