Akkermansia Muciniphila : Bienfaits et Dangers

Akkermansia muciniphila est une bactérie qui a attiré l’intérêt des chercheurs depuis sa découverte. C’est une bactérie « commensale » assez abondante dans l’écosystème microbien intestinal d’un individu sain, présente entre 1 et 5% de la population bactérienne intestinale totale. Elle a été retrouvée dès les premiers jours de colonisation de l’intestin chez le bébé et est notamment présente dans le lait maternel. Cependant, elle se raréfie chez des personnes présentant des troubles métaboliques et digestifs.

Akkermansia muciniphila s’est fait connaître dans le domaine de l’obésité et du diabète. Les personnes qui en souffrent montrent généralement des taux très bas de la bactérie. La métagénomique des selles, à présent accessible à tout public, permet de connaître son taux. C’est un marqueur biologique intéressant de prévention, puisqu’une association est établie entre des taux réduits d’ Akkermansia muciniphila et le risque d’obésité, de syndrome métabolique et de mauvaise réponse pondérale à la restriction calorique.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de donner son feu vert à la commercialisation d’Akkermansia muciniphila dans sa version pasteurisée. Présente naturellement dans le microbiote intestinal humain, dans une proportion de 3 à 5 % dans un microbiote normal, A. muciniphila a été isolée pour la première fois en 2004 par le Dr Muriel Derrien dans le laboratoire du Pr Willem de Vos.

Comme son nom le laisse deviner, elle vit dans le mucus intestinal, se nourrissant des mucines sécrétées par les cellules caliciformes. Une sécrétion réciproquement stimulée par la bactérie. Cette position aux premières loges de la muqueuse intestinale lui permet de communiquer très facilement avec nos cellules. A. muciniphila participe directement à la fonction barrière de l’intestin, notamment en stimulant la synthèse des jonctions serrées, les portes entre les cellules intestinales.

Akkermansia muciniphila est une bactérie anaérobie stricte, c’est-à-dire qui se développe uniquement dans un milieu dépourvu d’oxygène. Le défi, à l’origine, était de la modifier génétiquement afin de lui permettre un séjour en gélule tout en conservant sa viabilité une fois absorbée. Mais certains mécanismes des probiotiques semblent ne pas dépendre de la viabilité des bactéries.

Passée l’étape des études d’innocuité sur l’homme et leur validation par l’EFSA, des études cliniques d’envergure vont pouvoir commencer, puis confirmer ou non l’intérêt de ce probiotique sur la santé humaine. D’ores et déjà, nous savons que la pasteurisation d’A. Des travaux comparatifs sur modèle animal ont montré qu’ A. muciniphila pasteurisée est au moins aussi efficace que la bactérie vivante sur l’état de santé général, l’intégrité de la muqueuse intestinale, la réponse immunitaire, le métabolisme des lipides et la composition du microbiote. Aucun effet indésirable n’a été observé.

La version pasteurisée montre même un effet plus prononcé sur l’amélioration des paramètres inflammatoires et la régulation de la fonction barrière. Pour l’équipe d’A-Mansia Biotech, la pasteurisation d’ A.

Les mécanismes d’action proposés sont la diminution des cytokines proinflammatoires, la production d’AGCC et l’inhibition de la prolifération des bactéries non symbiotiques sur la muqueuse. L’efficacité de la transplantation de microbiote fécal (TMF) dans le traitement des MICI est étroitement liée à l’augmentation de l’abondance d’ A.

Notre bactérie à tout faire pourrait aussi s’avérer utile là où on ne l’attend pas. Comme dans l’atopie (terrain allergique), les troubles du spectre autistique, l’épilepsie, où elle augmente l’efficacité du régime cétogène sur modèle animal, ou encore le cancer, où A. muciniphila est fortement représentée chez les patients qui présentent une meilleure réponse aux traitements. C’est pourtant logique, puisque toutes ces pathologies font intervenir les grandes fonctions métaboliques et, bien entendu, l’écosystème intestinal.

Les Bienfaits d'Akkermansia Muciniphila

Akkermansia muciniphila peut être envisagée comme un soutien intéressant, que ce soit en même temps qu'une prise en charge visant à rétablir l’équilibre métabolique, ou après. Quand on parle de métabolisme, on pense souvent à des paramètres comme la régulation de la glycémie, le profil lipidique, la gestion du poids, ou encore la manière dont l’organisme utilise l’énergie au quotidien. Ces éléments sont bien sûr importants, mais ils ne suffisent pas toujours à eux seuls. D’autres facteurs entrent en jeu, notamment l’intégrité de la barrière intestinale.

La présence d’Akkermansia muciniphila est associée à une meilleure sensibilité à l’insuline, à une barrière intestinale plus fonctionnelle et à un profil lipidique plus satisfaisant.

Voici quelques bienfaits potentiels d'Akkermansia muciniphila :

  • Une meilleure sensibilité à l’insuline: Une supplémentation en Akkermansia muciniphila sous forme pasteurisée a été associée à une amélioration de la sensibilité à l’insuline chez des adultes en surpoids ou présentant une insulinorésistance. Une meilleure sensibilité à l'insuline contribue à limiter les pics d'insuline après le repas et à stabiliser la glycémie, ce qui favorise une meilleure énergie tout au long de la journée et limite les sollicitation du pancréas.
  • Une baisse du cholestérol total et des triglycérides: Une supplémentation en Akkermansia muciniphila aurait ainsi un impact favorable sur le profil lipidique, notamment le taux de cholestérol sanguin, en particulier chez les personnes souffrant de troubles métaboliques. Concernant les triglycérides, les résultats sont moins marqués que pour le cholestérol, mais indiquent toutefois une tendance à l'amélioration. Ces effets positifs sur le profil lipidique participent au soutien d'une bonne santé cardiovasculaire, les deux étant étroitement liés, en particulier chez les personnes les plus exposées en raison d'une alimentation déséquilibrée ou d'un manque d'activité physique.
  • Une diminution de l’inflammation métabolique: La présence d’Akkermansia est associée à une meilleure barrière intestinale, ce qui contribue à limiter le passage de ces composés et à prévenir l'inflammation métabolique qui en découle.
  • Une amélioration de l'imperméabilité intestinale: La prise d'Akkermansia muciniphila, grâce à son action sur la perméabilité intestinale, permet de limiter le passage des LPS dans l'organisme, ce qui peut s'avérer particulièrement intéressant lors d'épisodes de troubles digestifs.
  • Un soutien au maintien d'un poids stable après une perte de poids: plusieurs observations montrent que sa présence est associée à un profil métabolique plus stable, notamment une meilleure sensibilité à l’insuline, un facteur clé dans la régulation du poids à long terme. Rappelons toutefois qu'une bonne hygiène de vie comprenant une alimentation saine, un activité physique régulière et un bien-être émotionnel sont des prérequis essentiels à une meilleure gestion du poids.
  • Un complément aux traitements visant à stabiliser le métabolisme: La présence d’Akkermansia muciniphila est associée à une meilleure sensibilité à l’insuline, à une barrière intestinale plus fonctionnelle et à un profil lipidique plus satisfaisant.

Akkermansia Muciniphila et Cancer de la Prostate

Plusieurs études ont mis en évidence le rôle du microbiote intestinal dans le développement et la progression de certains cancers, ainsi que dans l'efficacité des traitements. Cependant, les connaissances de l’implication du microbiote intestinal dans le cancer de la prostate restent limitées.

Des investigations révèlent que l’AA serait métabolisé par les bactéries intestinales. Les composants issus de cette dégradation auraient un impact sélectif sur le microbiote intestinal caractérisé par la croissance d’A. muciniphila. Cette espèce reconnue pour ses bénéfices sur la santé et ses propriétés anti-inflammatoires est supposée jouer un rôle primordial dans la réponse au traitement d’après les auteurs. De précédents travaux avaient d’ailleurs mis en évidence son rôle bénéfique dans la réponse aux traitements de certaines immunothérapies.

Cette étude met en évidence le rôle clef du microbiote intestinal dans la réponse à un traitement anti-cancéreux pris par voie orale, par le biais de mécanismes qui doivent être encore précisés.

Akkermansia Muciniphila et Maladies Auto-Immunes

Un certain nombre de maladies auto-immunes, au cours desquels le système immunitaire s’attaque aux cellules de l’organisme, pourrait-il être lié à des anomalies de la flore intestinale ? C’est ainsi que les chercheurs ont découvert un excès de bactérie Akkermansia muciniphila associé à la maladie de Berger. Ironie du sort, cette bactérie est considérée comme protectrice des troubles métaboliques (obésité, diabète) et disponible dans le commerce sous forme de compléments alimentaires.

Une série d’expériences a en effet permis de montrer in vitro, in vivo chez la souris, et en fin chez l’humain, que la bactérie dégrade les sucres présents sur les immunoglobulines A situées au niveau du mucus intestinal, la couche protectrice qui tapisse la paroi digestive. Ces immunoglobulines « déglycosylées » repassent dans la circulation sanguine où elles sont perçues comme étrangères par le système immunitaire. Séquestrées par des anticorps, elles s’accumulent dans les reins avec les conséquences que l’on connaît.

« Ces travaux originaux apportent une preuve de concept inédite, clarifie Renato Monteiro. Cette observation pourrait en outre concerner d’autres maladies auto-immunes qui impliquent les immunoglobulines A, comme le purpura rhumatoïde par exemple, une maladie des petits vaisseaux. Voire, l’association avec le microbiote intestinal pourrait s’appliquer à d’autres maladies auto-immunes. Ces résultats suscitent un vrai intérêt dans la communauté scientifique et laissent aussi entrevoir de nouvelles possibilités thérapeutiques par la modulation du microbiote intestinal : par antibiothérapie, modification des habitudes alimentaires, ou encore à l’aide d’anticorps monoclonaux ».

Akkermansia Muciniphila et SOPK

Le SOPK, syndrome des ovaires polykystiques est très souvent lié à une insulino-résistance associée ou non un surpoids ou obésité. Il a donc aussi été montré une raréfaction d’A. muciniphila chez les personnes souffrant du SOPK.

Comment rééquilibrer et restaurer votre Flore Intestinale (Microbiote) ?

Comment Favoriser un Microbiote Riche en Akkermansia Muciniphila

La recherche d’Akkermansia à l’aide d’analyses de biologie fonctionnelle peut être un bon indicateur de la santé de la barrière intestinale, du métabolisme du glucose et des lipides, de la capacité des adipocytes à se régénérer.

On pensait que les effets bénéfiques de micro-organismes utilisés comme dispositifs médicaux ou compléments alimentaires disparaîtraient lorsque les bactéries étaient sujettes à des traitements thermiques tels que l’autoclavage ou la pasteurisation. Cependant, plusieurs études ont démontré que les bactéries probiotiques inactivées par pasteurisation peuvent conserver une grande partie de leurs effets bénéfiques. Cela a été démontré en particulier pour la bactérie Akkermansia muciniphila. Étonnamment, cette méthode d’inactivation par pasteurisation augmente même les effets de la bactérie. Sans que l’on comprenne encore complètement comment, mais des protéines spécifiques de la membrane externe et des véscules extracellulaires sont préservées.

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