L'aide Alimentaire Suisse : Fonctionnement et Enjeux

La Suisse, à l'instar d'autres nations prospères d'Europe et d'Amérique du Nord, a mis en place un réseau de banques alimentaires plus ou moins étendu. Ces banques alimentaires ont pour mission de nourrir les nombreuses personnes confrontées à l'insécurité alimentaire.

Distribution alimentaire par le Secours Populaire.

L'aide Alimentaire en Suisse : Un Aperçu

L'aide alimentaire est définie comme un transfert de produits alimentaires d'un pays donateur à un pays bénéficiaire à titre de don pur et simple ou à des conditions de faveur exceptionnelles. Switzerland, like other rich countries, has joined the group of European and North American nations that have set up a system of food banks on a more or less large scale to feed people who live in food insecurity.

L'aide alimentaire suisse, comme d’autres dispositifs européens et nord-américains, tombe sous le feu de la critique d’un réseau de recherche qui défend un right to food, un droit inconditionnel à une alimentation digne et décente qui ne reposerait pas sur le secours apporté par les banques alimentaires.

Origines et Évolution

Les banques alimentaires locales et nationales existent depuis fort longtemps dans les pays dits riches. Elles ont généralement vu leur émergence liée aux guerres et aux crises économiques qui se sont succédé ainsi qu’à la non-existence ou au démantèlement de l’aide sociale.

Par ailleurs, la fondation de banques nationales qui suit le développement de dispositifs régionaux développés bien avant selon les pays, s’étale entre 1960 et 2015 : 1970 aux États-Unis ; 1980 au Canada et 1984 en France. Les autres pays européens suivent à peu près dans la foulée, sauf l’Allemagne (1993), la Finlande (1995), la Grande-Bretagne (2000) et la Norvège (2014) ainsi que la Suède (2015).

Fonctionnement des Banques Alimentaires

Le terme de banque alimentaire désigne des dépôts où sont stockés des surplus issus de l’agriculture locale (ou transnationale, pour l’Europe), des produits que fournissent différents grossistes au lieu de les éliminer et des dons émanant de la société civile.

Les banques alimentaires ne sont en principe pas en contact avec les bénéficiaires des produits récoltés. Elles transfèrent leurs collectes à différentes associations, lesquelles les redistribuent directement aux bénéficiaires (notamment par le biais des dispositifs de type « Colis du Cœur ») ou les utilisent pour fabriquer des repas offerts gratuitement dans des restaurants dits sociaux, avatars des « soupes populaires » (Lhuissier 2013).

En Suisse, grâce à un programme spécial subventionné par différents partenaires et la fondation Promotion santé suisse, les épiceries « Caritas » s’efforcent également de proposer un beau choix de fruits et légumes frais auxquels les populations démunies peinent généralement à accéder.

Caritas Markt.

Comme partout en Europe et en Amérique du Nord, la distribution de colis ou la fréquentation des épiceries sont conditionnées à la possession d’une carte ou de bons attestant que les bénéficiaires résident légalement dans le pays et ne disposent pas d’un revenu suffisant. Les personnes en situation de migration irrégulière n’accèdent, quant à elles, qu’à une aide inconditionnelle, dite à bas seuil, distribuée en nature sous forme de repas, douches, soins d’urgence, vêtements et parfois logement.

Le Droit à l'Aide en Suisse

C’est l’article 12 de la Constitution helvétique qui garantit ce « droit » d’obtenir de l’aide dans des situations de détresse : « Quiconque est dans une situation de détresse et n’est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine ».

Dans ce cas, les personnes ne peuvent pas choisir ce qu’elles mangent, ni d’ailleurs les convives, le lieu et les heures de leurs repas.

Critiques et Défis de l'Aide Alimentaire

Selon les partisan·ne·s d’un « right to food » pensant que l’aide alimentaire - en dehors des moments de crise qui justifient sa présence - permet aux gouvernements locaux, régionaux ou nationaux de poursuivre leurs politiques d’austérité et de réductions dans l’aide sociale sans vraiment se préoccuper des causes de la pauvreté.

En se définissant comme des entreprises de collecte et de redistribution évitant différentes formes de gaspillage, les banques alimentaires se conforment aux valeurs notamment écologiques défendues par maintes institutions et encouragent l’engagement de la société civile plutôt que celui de l’État.

Solidarité avec les victimes de pauvreté et écologie sont donc de plus en plus conjugués et font même l’objet de divers événements médiatiques de la part de stars de la cuisine qui proposent des « repas pour les pauvres », en argumentant non seulement en faveur du recyclage, mais aussi d’une convivialité plus respectueuse des bénéficiaires.

Lutte anti-gaspillage et systèmes de redistribution aux personnes démunies fonctionnent donc de concert pour donner l’impression que la pauvreté va pouvoir être éradiquée par ce moyen-là, alors que ce sont deux actions aux objectifs différents. Par ailleurs, l’écoulement des surplus pour une « bonne » cause incite à ne pas changer les modes de production alimentaires et à ne pas chercher globalement (localement et au niveau planétaire) des façons de faire plus écologiques et plus égalitaires.

Les banques alimentaires sont donc plutôt en conformité et même indirectement au service des valeurs et pratiques actuellement encouragées au sein des sociétés d’opulence. En fait, paradoxalement, le point de vue alternatif ou critique ne se trouve pas du côté des banques alimentaires qui fonctionnent, pour le dire un peu crûment, sur les surplus d’un mode de consommation typiquement néo-capitaliste.

Pour ces scientifiques, l’aide alimentaire est bien sûr utile, mais il faudrait empêcher que les gouvernements locaux, régionaux ou nationaux ne s’appuient durablement sur les banques alimentaires pour pouvoir nourrir les personnes démunies, maintenir la paix sociale et poursuivre leurs politiques d’austérité ainsi que de réductions dans l’aide sociale.

Le premier malaise découle de l’observation qu’un nombre croissant de familles issues du Quart Monde et de couches de populations toujours plus larges ont recours au « colis », alors que cette démarche est bien souvent source de honte et d’humiliation.

« C’est dur de faire un premier pas jusqu’à la banque alimentaire. On a quand même une fierté.

L'Aide Alimentaire Suisse dans un Contexte Global

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la Confédération n’a pas cessé d’apporter son aide humanitaire à l’étranger. Elle y parvient en soutenant les œuvres d’entraide suisses, le CICR, les Organisations internationales et le Corps suisse d’aide humanitaire.

Appliquant le principe de subsidiarité, l’aide humanitaire de la Confédération entre en scène au moment où d’autres instruments de secours se sont avérés incapables de prévenir un conflit ou une catastrophe.

L’aide humanitaire en tant qu’objectif de la politique extérieure de la Suisse doit en priorité œuvrer à la sauvegarde de la vie humaine et au soulagement des souffrances. Dans un deuxième temps, l’aide humanitaire permet de faciliter la réintégration des victimes et la réhabilitation de leur cadre matériel de vie.

Depuis plus d’une décennie, l’aide humanitaire de la Confédération a intensifié la fourniture d’une aide alimentaire par le biais d’un soutien financier, permettant d’une part un large recours aux achats de denrées locales (opérations triangulaires) et, d’autre part, de les distribuer plus efficacement grâce à la mise à disposition de fonds pour la logistique.

Sécurité alimentaire mondiale.

Les produits expédiés au titre de l’aide alimentaire se divisent en deux grandes catégories : les céréales et les produits non céréaliers. Les céréales comportent du blé, du maïs, du riz et des céréales secondaires telles sorgho et mil.

L’aide en céréales de la Suisse, presque exclusivement destinée aux cas d’urgence et aux réfugiés, est avant tout confiée à des organismes internationaux, en particulier le CICR, le PAM et l’UNRWA. Les denrées alimentaires de base sont achetées autant que possible au plus près de la zone de distribution ; ainsi ces opérations triangulaires contribuent à stimuler la production locale tout en assurant aux bénéficiaires un meilleur seuil de tolérance par rapport aux produits livrés.

Si, en tant que cadre de coopération internationale entre les donateurs d’aide alimentaire, la nouvelle Convention relative à l’aide alimentaire (CAA) vise à atteindre une efficacité accrue dans tous les aspects des opérations d’aide alimentaire, les donateurs sont invités à mettre d’avantage l’accent sur l’impact et le suivi de leurs opérations, et sont instamment priés de consacrer leurs contributions en espèces à des transactions triangulaires ou à des achats locaux.

Il n’en demeure pas moins que de profondes divergences subsistent entre les engagements souscrits par les membres de la CAA et les pratiques d’un certain nombre de pays donateurs.

Tableau Récapitulatif : Aide Alimentaire Suisse

Aspect Description
Définition Transfert de produits alimentaires d'un pays donateur à un pays bénéficiaire.
Objectifs Aide humanitaire d’urgence, aide à la balance des paiements, appui à des projets de réhabilitation ou de développement.
Canaux de distribution Accords bilatéraux, organismes multilatéraux (PAM, CICR, UNRWA).
Types de produits Céréales (blé, maïs, riz), produits non céréaliers (huiles, lait en poudre, sucre).
Principes Subsidiarité, achats locaux, opérations triangulaires.
Critiques Maintien des politiques d'austérité, gaspillage alimentaire, dépendance à l'aide.

En conclusion, l'aide alimentaire suisse joue un rôle crucial dans la lutte contre la faim et la malnutrition, tant au niveau national qu'international. Cependant, il est essentiel de prendre en compte les critiques et les défis associés à cette forme d'aide, et de s'efforcer de promouvoir des solutions durables et équitables pour assurer la sécurité alimentaire de tous.

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