Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales. Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la distribution.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne. Parmi ces déchets, 5,9 millions de tonnes ne sont pas comestibles (os, épluchures…) et sont assimilés à du gaspillage alimentaire.
Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne. Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées.
La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
En 2022, 9,4 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les ménages contribuent de manière conséquente aux déchets alimentaires en France : ils génèrent à eux seuls 42% des déchets alimentaires totaux. Les industries agro-alimentaires produisent quant à elles 25% des déchets alimentaires totaux. Les secteurs de la production primaire et de la restauration ont généré respectivement 12% de déchets alimentaires.
| Étape de la chaîne alimentaire | Pourcentage des déchets alimentaires |
|---|---|
| Production primaire | 76% |
| Transformation | 27% |
| Distribution | 37% |
| Restauration hors domicile | 49% |
| Consommation à domicile | 31% |
| Source des déchets alimentaires | Pourcentage des déchets alimentaires |
|---|---|
| Ménages | 42% |
| Industries agro-alimentaires | 25% |
| Production primaire | 12% |
| Restauration | 12% |
Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Quelles sont ces mentions ?
Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM).
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
La restauration collective représente 3,8 milliards de repas servis par an. Les données compilées par l'ADEME en 2018 ont permis d'évaluer le gaspillage alimentaire à 115 grammes par repas et par convive en moyenne, tous types d'établissements confondus.
Face à ces enjeux environnementaux, économiques et sociaux, des stratégies de lutte contre le gaspillage alimentaire sont mises en place par les collectivités dans leurs établissements de restauration collective sur la base d'une évaluation précise du gaspillage par composante.
La Commission européenne a mis en place un cadre de surveillance des niveaux de déchets alimentaires des États membres, dont un des objectifs est de suivre l’évolution des niveaux de déchets alimentaires incluant les niveaux de gaspillage alimentaire sur leur territoire et de mesurer l’efficacité de leurs politiques de lutte contre le gaspillage alimentaire. Le premier exercice de rapportage des données de gaspillage alimentaire a été réalisé en 2022 sur la base des données de 2020.
La réglementation européenne définit comme « denrée alimentaire » toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non transformé, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d'être ingéré par l'être humain. Ces denrées comprennent également les parties non comestibles, telles que les os attachés à la viande destinée à la consommation humaine, les peaux de certains fruits et légumes ou les coquilles d’œufs. Les déchets alimentaires comportent ainsi une fraction comestible et non comestible.
En France, le gaspillage alimentaire est défini par la loi comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée ».
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