Le diagnostic est tombé : vous souffrez d’un ulcère gastrique (estomac) ou duodénal (première partie de l’intestin grêle). En France, chaque année, 90 000 nouveaux cas d’ulcère de l’estomac ou du duodénum sont diagnostiqués. Ces plaies de la muqueuse ne sont pas graves et se soignent généralement très bien à condition de suivre un traitement adapté et d’éviter au maximum que la lésion ne s’aggrave ou ne saigne.
L'ulcère, souvent associé à des douleurs abdominales intenses, est une maladie qui touche de nombreuses personnes dans le monde. Particulièrement fréquents au niveau de l'estomac et du duodénum, les ulcères se développent sur la paroi interne de ces organes et provoquent une inflammation chronique accompagnée de divers symptômes. Même si le terme « ulcère » peut désigner des lésions sur d'autres zones du corps telles que la peau ou les vaisseaux sanguins, le focus reste sur les ulcères gastro-intestinaux.
Dans cet article, nous allons approfondir la compréhension de ce qu'est un ulcère, examiner ses causes, identifier ses symptômes, discuter des techniques de diagnostic et indiquer les traitements disponibles.
Les ulcères, qu’ils soient gastriques (estomac) ou intestinaux, sont des lésions qui se forment sur la paroi des organes.
Un ulcère est une plaie qui se forme dans la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'estomac ou du duodénum (la première partie de l'intestin grêle). L’ulcère se caractérise par une perte de substance importante de la paroi interne muqueuse gastrique ou duodénale. Cette lésion est causée par une combinaison de facteurs, dont l'acidité gastrique et la présence d'une bactérie appelée Helicobacter pylori.
Mieux comprendre l’ulcère: la muqueuse de l'estomac et du duodénum contient deux types de cellules clés :
Lorsque ce système de protection ne joue pas correctement son rôle, ou lorsque les sécrétions acides augmentent, l’équilibre est rompu. Le liquide gastrique agresse les muqueuses. Cela entraîne une inflammation, qui aboutit progressivement à la formation d’un ulcère qui creuse la muqueuse.
Les ulcères se classent selon leur emplacement :
Selon l’Assurance maladie :
Bon à savoir : l'ulcère de Buruli est une maladie chronique débilitante causée par une bactérie présente dans l'environnement, Mycobacterium ulcerans.
Les ulcères gastroduodénaux sont généralement provoqués par deux facteurs principaux :
Outre ces causes majeures, d'autres éléments peuvent favoriser l'apparition d'ulcères, à savoir :
Environ 90 % des malades atteints de gastrite chronique ont une infection à H. pylori.
Bon à savoir : environ 50 à 70 % des cas d'ulcères duodénaux et 30 à 50 % des cas d'ulcères gastriques sont liés à l’infection Helicobacter pylori. Cependant, plus de la moitié des ulcères gastroduodénaux sont liés à l’usage des AINS.
Les symptômes des ulcères gastroduodénaux varient grandement d'un individu à l'autre et peuvent, dans certains cas, être absents ou très légers, ce qui complique le diagnostic. Lorsqu’ils sont présents, les symptômes plus fréquents sont :
Un ulcère gastroduodénal peut provoquer une douleur au creux de l’estomac qui ressemble à une crampe ou à une sensation de faim, survenant environ une à trois heures après un repas ou encore la nuit. Parfois la douleur irradie dans le dos. Les périodes douloureuses se manifestent souvent par des poussées de quelques semaines, alternant avec des phases sans symptôme. La consommation d’aliments apaise souvent ces douleurs.
Chez l'enfant, les symptômes les plus fréquents de l'ulcère gastrique ou duodénal sont, comme chez l'adulte, essentiellement les douleurs ou brûlures épigastriques pouvant être rythmées par les repas, évocatrices lorsqu'elles réveillent l'enfant la nuit. Les nausées et vomissements, perte d'appétit, hématémèse ou mélæna, perte de poids ou anémie inexpliquée sont les autres symptômes retrouvés dans le contexte d'ulcère.
Bon à savoir : les personnes âgées ou celles souffrant de certaines comorbidités peuvent ne montrer aucun symptôme avant l'apparition de complications graves telles que des saignements digestifs, la perforation de l'ulcère ou un rétrécissement intestinal (sténose).
Le diagnostic d'un ulcère se fait généralement par :
L’examen fondamental dans le diagnostic de l’ulcère de l’estomac ou du duodénum est la gastroscopie. Il s’agit d’un examen qui n’est pas douloureux mais un peu désagréable.
Le diagnostic repose sur la réalisation de l'endoscopie digestive haute, qui lorsqu'elle retrouve un ulcère, devra être l'occasion de faire des biopsies systématiques, notamment pour rechercher une infection à H. pylori.
La recherche de H. pylori nécessite la réalisation de 6 biopsies antro-fundiques sur lesquelles sont effectués un examen histologique (2 biopsies antrales et 2 fundiques), une culture bactérienne avec antibiogramme, et un autre test parmi le test à l'uréase rapide, une méthode PCR (polymerase chain reaction) ou FISH (fluorescent in situ hybridation).
Le traitement des ulcères vise à éliminer la cause et à soulager les symptômes. Il comprend généralement un traitement médicamenteux. Il consiste en la prise de médicaments pour réduire l'acidité gastrique, des antibiotiques pour éliminer la bactérie Helicobacter pylori et des médicaments pour protéger la muqueuse de l'estomac.
Le traitement de l’ulcère gastrique ou duodénal et aujourd’hui quasi exclusivement réalisé avec des médicaments. Le but du traitement dans l’ulcère de l’estomac est de prescrire des médicaments diminuant l’acidité dans l’estomac, en associant des antibiotiques pour détruire l’hélicobacter pylori.
Les antibiotiques sont prescrits pendant une semaine, alors que les antisécrétoires, le sont pour une durée de 1 mois.
En fin de traitement, une gastroscopie de contrôle est indispensable pour s’assurer de la cicatrisation de l’ulcère.
En ce qui concerne le traitement médical de l’ulcère du duodénum, le traitement antibiotique seul est suffisant dans la majorité des cas. Il est prescrit pour une durée de 7 à 21 jours, selon les cas.
Le traitement de 1re intention d'un ulcère gastrique ou duodénal associé à une infection à H. pylori est prescrit pour une durée de 14 jours, et tient compte des résultats de l'antibiogramme. Si la souche est sensible, en l'absence de traitement antérieur par clarithromycine, il associe IPP-amoxicilline-clarithromycine.
Pour éviter les échecs d'éradication et l'émergence de résistances bactériennes, il est essentiel d'insister sur la bonne observance du traitement. Un taux d'éradication satisfaisant n'est obtenu que si plus de 90 % du traitement prescrit a été ingéré.
Un contrôle de l'éradication de H. pylori est recommandé au moins 4 semaines après la fin du traitement.
En cas d'échec du traitement de 1re intention, le traitement de 2e intention tiendra compte des résultats de l'antibiogramme et du traitement initial reçu.
Lorsque les ulcères sont provoqués par la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), il est recommandé d'interrompre ces médicaments, si possible. Si l'arrêt des AINS s'avère impossible, les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) sont prescrits pour diminuer l'acidité gastrique et prévenir l'apparition d'ulcères.
La confirmation de la guérison et de l'éradication de H. pylori se fait via des tests comme le test respiratoire à l'urée, la détection antigénique dans les selles, ou une endoscopie digestive haute, réalisés au moins 4 semaines après la fin du traitement. Ce suivi est particulièrement important en cas de complications telles que les ulcères hémorragiques.
Quelle alimentation adopter en cas d’ulcère gastrique ? Les ulcères gastriques, caractérisés par des lésions de la muqueuse de l’estomac, peuvent être exacerbés par la consommation de certains aliments et de boissons. Il est donc important de prendre ses précautions et de favoriser les aliments qui apaisent l’inconfort et favorisent la cicatrisation de la muqueuse.
Une alimentation adaptée est donc indispensable pour limiter l’irritation et aider la blessure à cicatriser !
Dans un premier temps, rappelons que l’ulcère gastrique est généralement la conséquence d’une contamination à la bactérie Helicobacter pylori ou d’une prise chronique d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène. D’autres facteurs de risque peuvent entrer en compte : les stress, le tabagisme, une alimentation inadaptée, ou encore la coexistence d’une maladie chronique qui affecte les mécanismes de défense de la paroi digestive.
Fractionnez vos repas : prenez de plus petits repas, mais mangez plus fréquemment pour réduire la production d’acide gastrique et soulager les symptômes de l’ulcère.
Tenez un journal alimentaire pour mieux identifier vos éventuels déclencheurs alimentaires et les éviter autant que possible.
Vous le comprendrez bien assez tôt, la meilleure diète pour prendre soin de son appareil digestif - et pour limiter les symptômes en cas d’ulcère à l’estomac - est la diète méditerranéenne.
En cas d’ulcère à l’estomac, mieux vaut privilégier des aliments protecteurs qui aident à réduire l’inflammation de la muqueuse. Des aliments riches en fibres, notamment les fruits et légumes frais riches en fibres solubles comme les bananes, les pommes, les poires, les carottes, les épinards, les haricots verts extra fins, les courges, les tomates ou encore les concombres épépinés et sans la peau.
Pour éviter d’irriter l’estomac, rien de mieux que l’eau plate, recommande Marie Behar. En complément, des jus de légume frais non acides (jus de carotte, jus de céleri) et des jus de fruits doux (bananes, mangues, papaye) dilués avec un peu d’eau peuvent aussi être consommés avec modération.
Comme indiqué ci-dessus, vous pouvez consommer jusqu’à deux produits laitiers non gras par jour. « En résumé, optez plutôt pour des boissons douces, non acides et non irritantes qui soulageront vos symptômes et favoriseront la guérison de la muqueuse gastrique !
Vous l’aurez sans doute deviné, l’alcool est tout à fait déconseillé en cas d’ulcère gastrique… Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il peut irriter la muqueuse gastrique, entraînant une inflammation et des douleurs abdominales. Mais sa consommation peut aussi augmenter la sécrétion d’acide gastrique et aggraver les symptômes tels que les brûlures d’estomac.
Pour améliorer un ulcère gastrique, il est crucial d’éviter certains aliments irritants.
Le sucre blanc a une action corrosive et inflammatoire sur la paroi intestinale. Préférez le miel ou le sucre de coco pour sucer vos plats.
Les mauvaises graisses transformées et saturées doivent être évitées au profit de graisses mono-insaturées et riches en Oméga-3 (huile d’olive, huile de lin, huile de colza).
Les épices (piment, poivre, curcuma, paprika) et les fines herbes peuvent irriter l’estomac. A Remplacer par des herbes fraîches pour assaisonner vos plats.
Les fibres solubles sont présentes dans les fruits, légumes et légumineuses.
Voici un tableau récapitulatif des aliments recommandés et à éviter en cas d'ulcère gastrique :
| Aliments recommandés | Aliments à éviter |
|---|---|
| Fruits et légumes frais (bananes, pommes, carottes, épinards...) | Alcool |
| Jus de légumes non acides (carotte, céleri) | Sucre blanc |
| Jus de fruits doux (banane, mangue, papaye) dilués | Graisses transformées et saturées |
| Produits laitiers non gras (avec modération) | Épices (piment, poivre, curcuma, paprika) |
| Aliments riches en fibres solubles | Boissons gazeuses |
La prévention des ulcères gastroduodénaux repose sur des mesures visant à diminuer les facteurs de risque :
Elles justifient une surveillance continue et une endoscopie oeso-gastro-duodénale qui précisera si l'hémorragie est « en nappe » ou artériolaire et permettra d'assurer si besoin l'hémostase (sclérose artériolaire, électrocoagulation, thermocoagulation, laser, etc.).
Les IPP sont recommandés pour la prévention des récidives des hémorragies digestives hautes d'origine ulcéreuse, plus particulièrement après hémostase (spontanée ou secondaire à un traitement local endoscopique). Ils sont administrés en IV à la phase aiguë pendant 48 à 72 heures, avec relais par voie orale.
La prise en charge d’un ulcère à l’estomac dépend de sa cause. Elle vise généralement à soulager les symptômes, à favoriser la guérison de la muqueuse gastrique et à prévenir les complications à l’aide de médicaments protecteurs de la muqueuse gastrique, de médicaments réducteurs de l’acidité gastrique et d’antibiotiques.
Le temps de guérison, lui, peut varier d’une personne à l’autre en fonction de la gravité de l’ulcère, de sa cause, de la réponse individuelle au traitement et des habitudes de vie de chaque malade.
L’avis des experts de MédecinDirect sur l’ulcère : Les ulcères sont des lésions qui peuvent être traitées efficacement si elles sont diagnostiquées et prises en charge à temps. Il est important de ne pas ignorer les symptômes comme les douleurs abdominales et les nausées, et de consulter un médecin.
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