Le Régime Alimentaire du Loup : Détails et Adaptations

Autrefois répandu dans toutes les campagnes françaises, le loup a bien failli disparaître. Aujourd'hui, on en compte quelques 500 en France. Pourtant, cet animal sauvage reste assez méconnu. Le loup est un animal territorial.

Son territoire s’étend sur de grandes surfaces (150 à 300 km2 pour les animaux sédentarisés en meute, parfois davantage pour les individus sédentarisés seuls). Le loup s’installe aujourd’hui également en territoire de plaine, comme ici en Haute Marne. L’espèce a effectué son retour en France sur des territoires de montagne. Il peut s’adapter à tous les biotopes compte-tenu de la diversité potentielle de son régime alimentaire. D’ailleurs, historiquement, le loup occupait toute la campagne française.

Le loup gris Canis lupus (qui d'ailleurs n'est pas forcément gris) est un canidé sauvage qui se décline en de nombreuses sous-espèces dont la taille et le poids varient. Il est un ancêtre du chien domestique, une étude récente appuyant l'idée qu'il se serait auto-domestiqué avec des loups sauvages plus dociles habitués à vivre à proximité d'humains pour bénéficier de leurs restes et se reproduisant entre eux. Le loup est aussi un animal persécuté à la mauvaise réputation.

En France, où il avait été éradiqué, son retour depuis les années 1990 crispe les éleveurs et pose des questions polémiques et complexes de cohabitation avec l'humain. Enfin des études récentes menées par le zoologiste américain Lucyan David Mech sont venues complètement remettre en question les concepts de mâle et femelle Alpha. Le loup est une espèce plastique.

Mais il faut savoir que les adultes meurent rarement de vieillesse. En effet, la plupart du temps, les blessures reçues pendant la chasse, la lutte contre d’autres loups ou encore le braconnage sont des facteurs qui écourtent prématurément sa vie. Le loup est un animal opportuniste dans le choix de ses proies. Il adapte son régime alimentaire aux différents habitats qu’il fréquente.

Le loup est un carnivore, c’est-à-dire qu’il se nourrit surtout de viande. Il se nourrit des proies qui vivent dans son environnement : chevreuils, cerfs, sangliers, chamois, mouflons, lièvres et petits rongeurs. Il dévore parfois des moutons et des chèvres et très rarement des chevaux et des bovins. Ce chasseur mange parfois des fruits et des champignons. En fait, il adapte sa nourriture à ce qu’il trouve ! Il est même capable de jeûner pendant une semaine s'il le faut.

Il serait faux de croire que l'alimentation du loup se résume à la viande. Cet animal extrêmement adaptable peut tout à fait diversifier son alimentation avec des baies sauvages (framboises, mûres ou myrtilles), en particulier à la belle saison.

Le Loup : Un Prédateur Social

Le loup est un animal social, qui chasse la plupart du temps à plusieurs. La traque en petit groupe de quelques individus est la plus efficace, car une grande meute a davantage de risques de se faire repérer. L’odorat du loup est peu développé, mais reste suffisant pour détecter le passage récent d’un animal.

Déroulement de la Chasse en Meute

Les loups localisent le gibier en meute et maintiennent toujours la communication entre eux, en se touchant le museau et en remuant la queue. Les loups se rapprochent le plus possible et en silence. Plus ils seront proches, plus l’attaque sera percutante !

Les loups chassent en poursuite, c’est-à-dire que c’est la fuite du gibier qui lance la traque. Un animal qui fait face n’est pas considéré comme une proie à attaquer et les loups s’en détournent souvent. Lorsque les loups passent à l’attaque, la poursuite se fait en meute et chacun connaît son rôle. Si l’assaut se fait sur un groupe, les prédateurs vont tenter de séparer un individu du troupeau et de l’isoler.

Dans le cas d’un animal de grande taille, les loups cherchent à fatiguer leur gibier. Le loup tue par morsure, en visant des points stratégiques choisis en fonction de l’animal. Une fois le repas terminé, les loups réduisent en pièces les restes, qu’ils transportent en lieu sûr pour les manger tranquillement plus tard. Opportunistes, les loups se nourrissent en fonction des ressources de leur territoire.

Les Besoins Alimentaires et la Composition du Régime

Les proportions des proies varient dans le régime alimentaire du loup, selon les individus les meutes et les périodes de l’année. Une étude réalisée sur neuf meutes des Alpes françaises a démontré que le régime alimentaire était composé en moyenne de 76 % d’ongulés sauvages, de 16 % d’animaux domestiques et de 8 % divers.

Les besoins alimentaires du loup sont plus importants en hiver, puis en période de gestation et d’élevage des jeunes (printemps/été). Généralement, l’animal chasse la nuit. Le suivi des attaques aux troupeaux montre que le loup peut attaquer plus de brebis qu’il ne va en consommer ensuite.

Le grand retour du loup en France ! - C'est pas sorcier [Intégrale]

Structure Sociale et Reproduction

Le loup vit en meutes sédentariséessur un territoire donné. La meute est composée d’un couple reproducteur (le couple alpha) et de ses descendants de différentes générations antérieures. La cohésion est forte au sein de la meute, et l’organisation hiérarchique aussi.

Des loups non affiliés peuvent exceptionnellement être intégrés à la meute, notamment si la structure sociale du groupe est fragile. En effet, un individu peut quitter la meute (entre sa deuxième et sa cinquième année) jusqu’à une nouvelle zone de vie ou de reproduction. La dispersion s’explique principalement par la recherche de partenaires pour accéder à la reproduction, la compétition pour l’accès à la nourriture lorsque le groupe grandit ainsi que par des comportements d’évitements sociaux.

La dispersion caractérise la dynamique des populations de loups. Elle permet la colonisation de nouveaux secteurs, la création de nouvelles meutes, et un brassage génétique essentiel. Espèce monogame et reproduction réservéeau couple dominant.

Maturité sexuelle à environ deux ans, mais inhibition de la participation à la reproduction de la plupart des individus par le couple dominant, via des phéromones et des comportements de domination. Rut : février-mars (période de tension dans la meute du fait de cette inhibition). Gestation : 62 jours.

Naissance : mai-juin, dans la tanière. Les portées sont de 4 à 5 louveteaux, sourds et aveugles, sevrés à 4-6 semaines, puis nourris de viande régurgitée par les adultes sur les sites de rendez-vous. Les louveteaux participent à la chasse dès l’automne, à 5 mois.

Survie : 60 % l’année de naissance (mortalité due à la malnutrition, aux maladies et aux intempéries), 80-90 % par an les années suivantes (mortalité liée aux collisions, aux tirs légaux et illégaux, à la vieillesse et aux maladies). La taille des groupes varie au cours de l’année par le jeu des naissances, de la mortalité et de la dispersion de printemps et/ou d’automne des sub-adultes.

Avec des portées de 4 à 5 louveteaux, la population de loups s’accroît fortement à chaque printemps. Mais ceci n’est que passager. En effet, 40 % des louveteaux nés ne survivront pas à leur première année.

Le Loup en France : Historique et Protection

Le loup en France était très présent dans toutes les campagnes de l'hexagone au XVIIIe siècle. A cette époque, 20 000 individus vivaient en France. Mais, peu à peu, son habitat s'est résorbé. Et d'après les études, la population a décliné. Dans les années 30, le loup en France a pratiquement disparu.

Aujourd'hui, le loup est une espèce protégée en Europe. Notre pays compte plus de 500 individus répartis dans 40 départements. Etant donné son statut de conservation documenté à plusieurs échelles géographiques, le loup est une espèce protégée au niveau international, européen et français, depuis les années 1990. Pour autant, cette protection peut faire l’objet de dérogations.

À trois conditions :

  1. s’il y a un intérêt à agir (s’agissant du loup, la disposition mobilisée est celle visant à « prévenir des dommages importants à l’élevage ») ;
  2. s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante (dommages importants et récurrents malgré la mise en place des mesures de protection) ;
  3. Le loup fait l’objet de trois Plans nationaux d’actions (PNA) qui définissent les orientations en matière de politique d’accompagnement des impacts à l’élevage domestique et d’études et recherches permettant de caractériser l’état de conservation de l’espèce.

Actuellement, c’est le nouveau PNA 2024-2029 qui est mis en œuvre.

Depuis 2000, seuls des établissements d’élevage ou de présentation au public d’animaux d’espèces non domestiques bénéficiant d’une autorisation d’ouverture peuvent détenir des loups en captivité.

Un peu d'histoire...

Après Maître Renard présenté précédemment dans les espèces du mois, place à son acolyte Ysengrin le loup.

Perçu comme un prédateur parmi d'autres, vénéré en Grèce ou en Egypte, et même à l'origine de la fondation de Rome (la louve qui allaita Remus et Romulus), c'est avec l'essor de la chrétienté à la fin de l'antiquité et lors du Moyen-Age que le loup cristallisa toutes les représentations inconscientes des peurs de l'homme.

Animal nocturne pouvant s'attaquer aux brebis qui sont aussi l'image des chrétiens dans les Saintes Ecritures, il devient une créature diabolique....La littérature s'empara vite de cette image maléfique et voila comment naquit le Grand Méchant Loup de nos contes de fée.

En Île-de-France, le loup n'a pas encore été observé, les contacts les plus proches se situent en Haute-Marne et dans l'Aube. On peut cependant envisager qu'il pourra être contacté dans les années à venir dans les franges rurales de notre région.

Tableau récapitulatif du régime alimentaire du loup :

Type de ProiePourcentage Moyen (Alpes françaises)
Ongulés Sauvages76%
Animaux Domestiques16%
Divers (fruits, champignons, etc.)8%

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