Pourquoi les catholiques ne mangent pas de viande le vendredi : Explication

Le Vendredi saint est célébré par les fidèles catholiques partout dans le monde. Cette date, toujours située le vendredi précédent Pâques, marque pour les fidèles un temps de recueillement et de restrictions. Le vendredi saint est célébré ce vendredi par les fidèles catholiques partout dans le monde.

Comment jeûner et prier - Un guide simple et clair pour tous !

Une procession du Chemin de croix à Paris, lors du Vendredi saint.

Signification du Vendredi Saint

L'origine du vendredi saint renvoie à la fin de vie de Jésus. Jugé par Ponce Pilate, gouverneur romain et préfet de Judée, le Christ, un temps libéré, a finalement été condamné à mort dans une succession de souffrances, allant jusqu'à sa crucifixion, pour s'être proclamé «roi des juifs» rappelle L'Évangile selon Jean. Depuis, les fidèles marquent un temps de recueillement, et font preuve de pénitence.

Selon le site de l'Église Catholique de France, «les chrétiens sont ainsi appelés au jeûne», ou à une forme de jeûne, puisqu'il est d'usage de se «faire maigre», donc de renoncer à des aliments riches tels que la viande ou l'alcool. La messe célébrée le vendredi saint reprend la proclamation du récit de la Passion, qui constitue «la parole vivante que Dieu adresse à son peuple qui s’apprête à vivre dans le mystère de la foi les moments décisifs de l’histoire du salut», peut-on lire dans l'introduction de la traduction liturgique du texte.

La tradition du poisson

Dans un moment de privation de viande lors du vendredi saint, la consommation de poisson le vendredi s'est ensuite instaurée dans la tradition chrétienne. Le poisson fait aussi référence à une période plus ancienne pour les croyants. Durant le carême, les chrétiens sont invités à jeûner afin de mieux tourner leur attention vers Dieu.

Souvent synonyme de privation de nourriture, le jeûne implique davantage que la seule restriction alimentaire et se mue en véritable cheminement spirituel. Mais quel est sens du jeûne chrétien ? Véritable outil de résistance contre les excès du consumérisme, il a le vent en poupe et, en particulier, chez des personnes a priori « non religieuses ». Néanmoins, le jeûne est une pratique millénaire, bien connue des religions du monde.

Du latin jejenus (« qui est à jeun ») - qui a ensuite donné déjeuner (disjejunare) et dîner (disjunare) - le jeûne renvoie à une privation volontaire de nourriture pendant un temps donné. Dans la religion chrétienne, le fidèle est invité à suivre la voie proposée par Jésus et à conformer sa vie selon la sienne. Ainsi, de la même manière que le Christ s’est préparé à sa mission en allant jeûner quarante jours dans le désert, le chrétien est appelé à faire de même pendant les six semaines du carême.

Du grec askeo (« faire de l’exercice »), le jeûne est une forme d’ascèse, une discipline intérieure et corporelle qui invite à faire de la place pour mieux accueillir Dieu. En effet, le sens du jeûne et de la privation volontaire est de se libérer du superflu pour accorder plus de place à l’essentiel. À l’origine, le jeûne permettait aux catéchumènes de les accompagner vers le baptême, qu’ils recevaient lors de la vigile pascale.

Comme Jésus, qui a commencé son ministère en jeûnant quarante jours dans le désert et qui a su maîtriser ses passions, le jeûne les aide à préparer leur entrée dans une vie nouvelle, au même moment où l’on commémore la résurrection du Christ. Mais cela est aussi vrai pour les fidèles qui, pendant le carême, font à nouveau ce chemin de conversion intérieure, cette metanoïa qui ouvre à plus grand que soi.

À travers la discipline ascétique du jeûne, il est possible de prendre conscience de ce qui entrave sa relation entre le croyant et le Seigneur et de s’en libérer. Le jeûne fait ainsi apparaître nos attachements matériels et, comme Jésus qui a résisté à la tentation du diable, il est nous demandé de s’en délester au moins le temps du carême. Si l’on parvient à se libérer de ce qui nous encombre, alors il devient possible de donner plus de temps à autre chose et, notamment, aux autres et à Dieu.

En effet, dans le Sermon sur la montagne, Jésus nous enseigne que le jeûne doit être associé à la pratique de la prière et de la charité car celui-ci n’a de sens que s’il permet de servir son prochain, tout en s’unissant à Dieu. Dans cet effort régulier de purifier son corps et son esprit, ce que nous ne dépensons pas pour nous-mêmes doit être dépensé pour les autres.

Au début du christianisme, il était recommandé de jeûner tous les mercredis et vendredis de l’année. Ce jeûne bihebdomadaire imitait la tradition juive qui imposait aux Hébreux de jeûner chaque lundi et jeudi. En choisissant leurs propres jours de pénitence, les chrétiens ont pu se différencier d’abord de ses racines juives, tout en rappelant rituellement la symbolique de la Passion.

Au IIIe siècle, le carême se déroulait durant la dernière semaine avant Pâques. Puis, il a été étendu, le siècle suivant, à une période de quarante jours, en souvenir du séjour de Jésus au désert. Enfin, c'est au Ve siècle qu’il a revêtu son caractère institutionnel et qu’il a été fixé à six semaines.

Au fil des siècles, la pratique du jeûne a été adaptée aux besoins de l’époque et a progressivement décliné. Depuis 1966, l’Église recommande de jeûner seulement lors du mercredi des Cendres et le Vendredi saint, et de s’abstenir de manger de la viande les vendredis du carême. Aujourd'hui, l’Église incite davantage à une approche spirituelle du carême et se préoccupe moins de la fréquence à laquelle nous sommes censés jeûner. Ainsi, chaque chrétien est libre de jeûner comme bon lui semble.

Comme mentionné plus haut, l’Église aujourd'hui propose de s’abstenir de viande les vendredis de carême ainsi que le mercredi des cendres, et d’éventuellement jeûner d’un repas lors du Vendredi saint. Il est possible de la remplacer par du poisson. Le Vendredi saint est associé à la mort de Jésus sur la croix et les chrétiens sont donc appelés à faire maigre ce jour-ci, pour communier avec la souffrance du Christ.

Hormis ces recommandations, le jeûne est une pratique libre qui peut se vivre selon les besoins et la créativité de chacun, tant que celui-ci permet de se rendre disponible à Dieu. Ainsi, pour Charlotte, une jeune catholique de 27 ans, lors du carême, elle se prive volontairement de chocolat : « Je le fais pour orienter mon attention sur ma vie de prière et sur ma relation à Dieu. »

Le Carême est une période de quarante jours observée par les chrétiens, qui précède la fête de Pâques. C’est un temps de jeûne, de prière et de partage, inspiré des quarante jours passés par Jésus dans le désert.

Les pratiques du Carême

Les efforts de Carême relèvent d'une démarche spirituelle et personnelle et non d'interdits que l'on imposerait au fidèle. Il y a aussi des usages et des traditions propres au Carême.

1. Le jeûne durant le Carême

Les chrétiens sont invités à jeûner le mercredi des Cendres, premier jour du Carême, et chaque vendredi. Ainsi l’usage est de ne pas manger d’aliments gras et si possible de sauter un repas. Souvent synonyme de privation de nourriture, le jeûne implique davantage que la seule restriction alimentaire et se mue en véritable cheminement spirituel.

Le jeûne est une privation volontaire de nourriture ou une réduction de la quantité consommée. Le jeûne est obligatoire pour les catholiques âgés de 18 à 59 ans, sauf en cas de maladie, grossesse, allaitement ou situation particulière. Le jeûne aide à acquérir la liberté du cœur. Cela signifie que nous souhaitons ne pas être centrés sur nous-mêmes, sur nos désirs, sur nos besoins. En nous privant du nécessaire, nous nous rappelons que Dieu nous est encore plus nécessaire.

2. Abstinence de viande

Traditionnellement, on s’abstenait de manger de la viande et on consommait du poisson. De plus en plus de chrétiens se tournent vers un jeûne exclusivement végétarien. L’abstinence de viande est une tradition ancienne qui vise à renoncer aux aliments de luxe et à adopter une alimentation plus simple.

L’abstinence de viande le vendredi est une tradition profondément ancrée dans la foi catholique. Si l’abstinence du vendredi est recommandée tout au long de l’année, elle prend une dimension particulière pendant la période du Carême. L’Église demande aux fidèles de s’abstenir de viande tous les vendredis de Carême, ainsi que le Mercredi des Cendres qui marque le début de cette période, et le Vendredi saint, jour de la crucifixion du Christ.

Vous vous demandez peut-être pourquoi le poisson est autorisé alors que la viande est proscrite. Dans la tradition catholique, le terme latin « carnis » utilisé pour désigner la viande interdite ne comprenait pas le poisson. Sont considérés comme « viande » uniquement les animaux terrestres (bœuf, poulet, porc, etc.) et les volatiles.

3. Autres aspects du Carême

Le Carême est un moment de recueillement et de recentrage sur la foi. C’est aussi un moment d’effort spirituel.

Ce qui est permis pendant le Carême

Pendant le Carême, l'Église recommande le jeûne et l’abstinence. Mais ces pratiques varient en fonction des traditions et des pays. Si l’on réduit la viande, il est essentiel d’assurer un bon apport en protéines et en nutriments.

1. Légumes et légumineuses

Les légumes sont les grands alliés du Carême. Ils apportent des fibres, des vitamines et des minéraux tout en étant peu caloriques. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots, pois cassés) sont également une excellente source de protéines végétales pour compenser l’absence de viande.

Exemple de repas : Un dhal de lentilles avec du riz complet, une soupe de légumes maison ou une salade de pois chiches à l’huile d’olive.

2. Poisson et fruits de mer

Puisque l’abstinence ne concerne pas le poisson, c’est l’occasion d’en consommer davantage. Riche en oméga-3 et en protéines, il constitue une alternative nutritive à la viande.

Idées de plats : Un filet de cabillaud au four avec des légumes rôtis, des crevettes sautées à l’ail ou un risotto aux fruits de mer.

3. Céréales complètes

Pain complet, riz brun, quinoa, boulgour… Ces aliments sont une excellente source d’énergie et apportent des fibres pour une digestion optimale.

Suggestion : Un taboulé au boulgour et légumes croquants ou un plat de quinoa aux champignons et noix.

4. Fruits et oléagineux

Les fruits frais ou secs (figues, dattes, raisins secs) sont parfaits pour apporter une touche sucrée naturellement. Les oléagineux (amandes, noisettes, noix) sont aussi une excellente source de bons lipides et de protéines.

À essayer : Une compote de pommes sans sucre ajouté, un mélange de noix et de fruits secs pour une collation énergétique.

5. Produits laitiers et alternatives végétales

Le fromage, le yaourt et le lait sont autorisés, sauf pour ceux qui suivent un Carême plus strict.

Les règles alimentaires pendant le Carême

Les règles alimentaires pendant le Carême varient d'une confession chrétienne à l'autre, mais elles partagent généralement un principe commun d'abstinence et de jeûne. Ces pratiques visent à symboliser le sacrifice et la pénitence, en se rappelant les quarante jours que Jésus a passés dans le désert avant de commencer son ministère public.

Pendant le Carême, les fidèles catholiques sont tenus de jeûner le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Le jeûne implique de s'abstenir de manger un repas complet, bien que des petites collations soient souvent autorisées. Le Vendredi Saint, en particulier, est un jour d'abstinence de viande pour commémorer le sacrifice de Jésus. Les autres jours de la semaine, l'abstinence de viande est souvent recommandée le vendredi, bien que certaines régions autorisent d'autres formes de pénitence.

Types de viande interdits

La viande rouge est généralement celle dont l'abstinence est prescrite pendant le Carême. Cela inclut la viande de bœuf, d'agneau et de porc. Cependant, les règles peuvent varier. Dans certaines traditions, la volaille est autorisée, tandis que d'autres encouragent l'abstention totale de viande.

Produits de la mer autorisés

Les fruits de mer, en revanche, sont souvent autorisés pendant le Carême. Le poisson, les crustacés et les mollusques sont généralement considérés comme des alternatives acceptables à la viande rouge. Certains fidèles choisissent de suivre une alimentation à base de poisson et de produits de la mer pendant toute la durée du Carême.

Autres aliments

Les œufs et les produits laitiers sont généralement autorisés pendant le Carême. Cependant, certaines personnes choisissent de s'abstenir de ces produits pendant le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint, en adoptant une approche plus stricte du jeûne.

Pendant le Carême, de nombreux fidèles optent pour des repas végétariens ou végétaliens, excluant la viande et parfois les produits d'origine animale. Cela reflète l'accent mis sur la simplicité, la privation et la réflexion spirituelle.

Origines et significations

Ces traditions et célébrations trouvent également leur origine dans le jeûne que Jésus a fait pendant les 40 jours et nuits qu'il a passés dans le désert, selon l'Évangile de Matthieu. Ainsi, au cours de cette période du cycle liturgique, certains rites et coutumes sont pratiqués, parmi lesquels le même jeûne et l'abstinence dans la consommation de différents les types de viande se distinguent. Une première version indique que, tout comme Jésus a résisté aux tentations du diable dans le désert, les fidèles doivent jeûner et s'abstenir de consommer toute sorte de viande sur les traces du Christ.

Il a également été expliqué que l'abstinence de la consommation de viande découle du fait que cette pratique était une activité plus accessible aux personnes de haut niveau socio-économique, c'est donc un moyen pour les riches d'être solidaires et de rejoindre le jeûne perpétuel des pauvres. Une autre explication donnée à cette tradition est liée à la croyance selon laquelle les animaux à sang rouge étaient considérés comme impurs, alors que ceux de la mer ne possédaient pas cette caractéristique.

Flexibilité et adaptation

Selon la religion catholique, le jeûne et l'abstinence de la consommation de viande rouge sont une forme de sacrifice, mais cette pratique n'est pas totalement fermée puisque les fidèles peuvent choisir la manière dont ils abordent cette tradition. C'est-à-dire qu'au lieu de s'abstenir de manger de la viande rouge, ils ne mangeraient pas certains aliments auxquels ils sont habitués, c'est-à-dire à leur préférence, en tant qu'action symbolique du Carême et de la Semaine Sainte.

En nous privant du nécessaire, nous nous rappelons que Dieu nous est encore plus nécessaire. Le jeûne aide à acquérir la liberté du cœur. Cela signifie que nous souhaitons ne pas être centrés sur nous-mêmes, sur nos désirs, sur nos besoins.

L’idée est aussi de se détacher des plaisirs de la chair (la viande étant souvent perçue comme riche et festive) c’est pratiquer une forme de maîtrise de soi, un acte de renoncement pour se recentrer sur l’essentiel : la prière, la charité, l’introspection. Pourquoi s’abstenir de viande pendant le jeûne chrétien, est-il considéré par l’église comme un geste de sobriété, de pénitence, et de purification du corps?

Le sens ultime du jeûne chrétien est de se détourner des plaisirs matériels pour se concentrer sur Dieu. La chair animale est perçue comme un aliment festif, lié souvent à l’excès. On s’abstient donc de viande animale pour des raisons de pénitence , de maîtrise de soi, de sobriété. C’est un acte de renoncement pour se recentrer sur l’essentiel : la prière, la charité, l’introspection.

Règles Canoniques

  • Can. 1251 - Le Carême est un temps de pénitence.
  • Can. 1252 - Sont tenus par la loi de l’abstinence, les fidèles qui ont quatorze ans révolus ; mais sont liés par la loi du jeûne tous les fidèles majeurs jusqu’à la soixantième année commencée.

Autres aspects du Carême

Plusieurs autres aspects et traditions sont associés au Carême :

  • Les relations sexuelles ne sont plus interdites pendant le Carême.
  • Le temps liturgique du Carême ne s’interrompt pas le dimanche, mais on peut se relâcher ces jours-là.
  • "Alléluia" est un mot qui n'est pas chanté durant le Carême car c’est un temps de pénitence.
  • Les efforts de Carême doivent rester secrets.
  • Il n'est pas interdit de se marier pendant le Carême, mais l’esprit n’est pas encore à la fête.
  • La confession est encouragée pendant le Carême.

Les premiers siècles du christianisme

Les premiers siècles du christianisme sont marqués ad extra par une double différenciation du christianisme d’avec le judaïsme et d’avec le monde gréco-romain (que le Nouveau Testament appelle « païen »). Ad intra, ils sont marqués par deux débats successifs : au ier siècle, il convient de savoir s’il faut manger casher pour être chrétien ; dans les deux siècles suivants, il convient de savoir s’il faut être végétarien pour être chrétien.

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