La pâte de verre est une technique de modelage à froid utilisant du verre réduit en fragments ou en poudre fine, parfois lié en une masse pâteuse grâce à un agent agglutinant. Les fragments de verre concassé peuvent aussi être disposés dans des moules selon la technique de la cire perdue, permettant au verre fondu de s’écouler dans les espaces vides pendant la cuisson. Vous avez certainement déjà vu des objets en verre dont les détails et la finesse vous ont laissé sans voix.
La Pâte de verre est un procédé de mise en forme à froid de verre concassé ou broyé en poudre, parfois agglutiné en pâte par un liant, disposé dans des moules en matériaux réfractaires, puis recuit vers 800°. Le verre pulvérisé mélangé à des éléments agglutinants peut être directement mis en place au pinceau dans des moules qui restent souvent ouverts, selon le procédé de lestampage.
Cet art incroyable a été relancé en France pendant la période Art Nouveau par divers artistes. Il s’agit d’un travail artistique très compliqué et chronophage. Le développement de cet art a explosé durant l'Art nouveau, notamment avec l'École de Nancy.
Coupe "Gui" en pâte de verre par Amalric Walter.
La pâte de verre serait une technique de travail du verre qui a été pratiquée il y a trois mille ans en Egypte. Très ancienne, antérieure à la découverte du verre soufflé à la canne, cette technique fut superbement utilisée par les Phéniciens et les Egyptiens, avant de tomber en désuétude pendant plusieurs siècles. Les trésors des tombes pharaoniques en fournissent dabondants vestiges: amulettes, bijoux, décors précieux du mobilier funéraire. On estime que cette technique remonte à 3000 ans avant J.C. Elle fut découverte par les Chinois durant l’âge de bronze.
Le soufflage de verre fait son apparition entre le IIIème et le 1er siècle avant notre ère et va, petit à petit, prendre la place de la technique de la pâte de verre, jusqu’à la faire disparaître complètement. Ce savoir-faire était connu des Phéniciens et des Égyptiens puis il a été oublié pendant plusieurs siècles. Il est possible de retrouver des objets anciens dans les tombeaux égyptiens sous forme d’amulettes, de bijoux. Cette technique va être délaissée au profit du verre soufflé. Sa composition vitrifiée, colorée ou incolore qui permet notamment de remplacer les pierres précieuses.
Ce nest quà la fin du XIX siècle, en France, que la Pâte de verre fut redécouverte par Henry Cros (1840-1907), sculpteur symboliste passionné darchéologie, qui en fit son matériau délection. Grâce aux fouilles archéologiques réalisées durant la deuxième moitié du XIXème siècle, des objets en pâte de verre vont être redécouverts, et de nombreux créateurs notamment des céramistes vont s’atteler à retrouver cette technique perdue depuis longtemps. De longues et fastidieuses expérimentations permettront à certains de faire avancer la technique et de rendre plus précise la connaissance du procédé de la pâte de verre.
En France, elle va être redécouverte par Henri Cros à la fin du XIXe siècle, sculpteur symboliste et passionné d’archéologie. Certains artistes vont utiliser ce procédé comme Almaric Walter engagé par la maison Daum. D’autres vont s’illustrer pendant la période des arts décoratifs comme François Decorchemont ou Gabriel Argy - Rousseau.
Ses recherches suscitèrent dautres vocations, comme celle du céramiste Albert Dammouse,de lindustriel Georges Despret, de Ringel dIllzach, et dAmalric Walter engagé par les frères Daum à Nancy.A la suite de ces pionniers, deux grands artistes de la période Art Déco se sont illustrés dans cette technique, François Decorchemont et Gabriel Argy-Rousseau, chacun créant un style et des procédés originaux.Ils firent des émules aux Etats-Unis comme Frédéric Carder et au Japon comme Sotoichi Koshiba.
La pâte de verre fut au centre des arts décoratifs du XXè siècle, illustrant les dessins d’Henry Bergé, alors artiste décorateur à la manufacture. C’est ainsi à l’Art Nouveau que l’on doit la renaissance de la pâte de verre.L’idéal de l’Art nouveau se caractérise par la volonté de faire entrer les arts dans la vie quotidienne. Très vite, le bibelot s’impose comme un objet décoratif de prédilection, alliant l’utile au beau. Ces créations, peu onéreuses, produites en grande quantité, trouvent facilement acquéreur à travers une vaste clientèle.
Le succès est immédiat, et Amalric Walter sera nommé Chef décorateur. L’intérêt du bibelot est tel que de grands artistes à l’instar de Louis Majorelle, ébéniste de l’École de Nancy, n’hésitent pas à en proposer à la vente au sein de leur magasin d’exposition.
La Pâte de verre connut encore une période de purgatoire avant dêtre de nouveau mise à lhonneur en France par Daum, faisant appel à des artistes internationaux comme Salvador Dali dans les années 60, puis par les petits-fils du grand Decorchemont, Antoine et Etienne Leperlier, dans la décade suivante. Dans le monde entier, de la France au Japon, en passant par la Nouvelle Zélande, des artistes se passionnent pour la pâte de verre et tentent den élargir le champ artistique comme laméricain James Watkins dans ses natures mortes oniriques si proches de lunivers du peintre Morandi et comme David Reeckie, metteur en scène impitoyable de personnages clownesques et dérisoires.
L’Art nouveau laisse place à l’Art déco dans les années 1920.Il est toujours très difficile de donner une période précise au mouvement « Art Déco » qui provient de l’exposition Arts Décoratifs de Paris en 1925. « Art Déco » est l’abréviation « Arts Décoratifs ».Il évoque les années folles 1920-1930. En réalité, ce mouvement artistique est appelé « Style Moderne » initialement. C’est dans les années 60 qu’il prend la dénomination « d’Art Déco ». Ainsi, on fixe la période 1925-1935 pour parler du style « Art Déco ».
Au moment où, revenant de la guerre, les verriers et les décorateurs reprennent leur art, une coupure radicale apparaît dans l’évolution des conceptions chez les créateurs et dans le public.Il faut, très vite, tourner le dos à l’Art Nouveau, renier la décoration colorée qui rend le verre opaque, remettre en valeur sa transparence, abandonner les formes typiques de l’art 1900, et concevoir un dessin plus simple.Un changement de style, plus épuré.C’est alors que se produit un retour aux lignes droites, aux matériaux sobres, clairs, sans complexité de décor, que l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925 a manifesté à nos yeux avides de repos.
La pâte de verre commence par la mise en place à froid de verres en poudre, concassé ou broyé dans un moule réfractaire qui va être chauffé à 800 °C. Il est également possible de procéder à la technique de fonte à la cire perdue. Celle-ci offre la possibilité d’obtenir diverses formes ainsi que des détails précis. Les morceaux de verre se transforment en pâte en remplissant le moule en creux. Une fois la pièce refroidit, elle est dégagée de son moule puis elle est nettoyée à l’eau.
La pâte de verre, c’est la quintessence de l’art, l’expression artistique unique de grands noms comme durant la période des arts décoratifs. Le critère commun : l’unique ou la série limitée.Ce matériaux se prête à merveille à la sculpture et à la couleur.
La réponse se trouve dans le processus de production. La pâte de verre est un mélange de groisil, c’est-à-dire un mélange de morceaux de cristaux concassés, inséré dans un moule en plâtre. Les groisils peuvent alors être de différentes couleurs, produisant un tableau coloré unique à la sortie du four. L’artisan verrier ne peut jamais savoir à l’avance le résultat final.
Si la pâte de verre peut reproduire toutes les formes, toutes les sculptures ne s’adaptent pas nécessairement à la pâte de verre. La pâte de verre se définit par un procédé de moulage à la cire perdu.
La première étape consiste à faire des modèles. Le modèle est ensuite entouré de plâtre. C’est ce qu’on appelle l’investissement. Lorsque le revêtement durci, la cire est fondue pour former le moule négatif. L’intérieur du moule négatif est couvert avec la pâte de verre de couleurs appropriées. C’est ce qu’on appelle « l’estampage ». Cette première couche mince forme le relief. Ensuite, une couche plus épaisse de n’importe quelle couleur est appliquée. Une troisième couche de quelque chose comme du plâtre est utilisée pour maintenir le dessin en place. Le tout est placé dans un four et cuit à haute température.
Les pièces sont laissées dans le four pendant que celui-ci refroidit et permet de recuire le verre. Si le refroidissement est soudain, le verre peut se fissurer. Une fois le verre refroidi, il est séparé du moule et nettoyé. Beaucoup de travail à froid est nécessaire pour égaliser les bords.
Il existe également une autre technique pour travailler la pâte de verre. Certaines verreries n’utilisent pas le liant. Mais le moule négatif est peint légèrement avec un adhésif. Ensuite, plus de poudre de verre est versée pour le remplir. Un plâtre est utilisé pour maintenir la poudre de verre en place avant de placer le tout dans le four.
Chaque moule en plâtre doit être cassée pour découvrir le résultat final. Et croyez moi, la fabrication d’une pâte de cristal demande plus de cinq étapes différentes pour l’artisan.
L’aspect des matières est aussi différent : le verre est lisse, la pâte de verre laisse apparaître un objet à l’aspect plus ou moins céramique. Afin de déterminer si votre vase est en pâte de verre, il faut prêter une grande attention aux détails. Un vase ou une sculpture en pâte de verre va présenter des détails infimes. Ces précisions sont impossibles à retranscrire dans le cas d’un verre moulé ou soufflé bouche.
La présence de bulle est inhérente à la fabrication. Certaines sont au coeur du cristal, d’autres à la surface.
Ce travail du verre est extrêmement difficile nécessitant des années d’expérience avant d’être maîtrisé à la perfection. C’est la différence majeure avec des cristalleries comme Baccarat, qui utilisent des moules en fonte réutilisables, ou bien comme Lalique, inventeur du soufflé-moulé pressé ou à décor.
Il ne faut pas confondre la pâte de verre et le verre opaque. Ce dernier est composé de plusieurs couches où sont incorporées pendant la cuisson plusieurs couches d’émaux. Ces deux matières se distinguent notamment par leurs aspects, la pâte de verre est plus lourde que le verre.
En France, la pâte de verre est redécouverte par Henri Cros à la fin du XIXe siècle. Des artistes éminents comme Amalric Walter perpétuent brillamment cette technique. Engagé par la verrerie Daum, Walter est une figure de proue dans ce domaine. Ses œuvres en pâte de verre sont particulièrement recherchées, et les prix de vente varient considérablement, allant de 80 euros à 14 000 euros.
D’autres artistes notables spécialisés dans la pâte de verre s’illustrent également pendant la période des arts décoratifs, entre autres François Decorchemont, Gabriel Argy-Rousseau - dont les œuvres sont souvent comparées à celles de Lalique -, François-Xavier Lalanne, Étienne Leperlier, Salvador Dali et Georges Despret.
Émile Gallé, scientifique et artiste accompli, travaillait le verre de multiples façons, étant toujours à la pointe des innovations techniques à l’instar de la marqueterie sur verre. Il n’a jamais travaillé la pâte de verre, ni utilisé le moulage à la cire perdue.
Quant à François-Théodore Legras, c’est pareil. Moins sur le devant de la scène, ce verrier, homme d’affaires, suivait de près les évolutions techniques pour ensuite les appliquer au sein de son usine.
L’histoire de la verrerie/cristallerie Daum commence à la fin des années 1870, lorsque Jean Daum hérite d’une verrerie en difficulté à Nancy. Ce qui distinguait la verrerie Daum de ses concurrents était leur désir constant d’expérimenter et d’innover dans leurs conceptions. C’est cet esprit d’innovation qui a poussé les gérants de la Maison Daum à investir dans la méthode de la pâte de verre coulée en 1906 - technique dont les racines remontent à l’Antiquité. Cette énergie inventive a continué à définir les conceptions en pâte de verre Daum pendant tout le vingtième siècle. Ce savoir-faire durable est si remarquable qu’il possède sa propre collection de 600 pièces au Musée des beaux-arts de Nancy.
La Maison Daum continue d’éblouir avec ses créations en verre contemporaines, comme le magnifique paon en cristal créé en collaboration avec la designer belge Madeleine van der Knoop, dont le prix est affiché à six chiffres.
La valeur d’une pièce dépend du type d'objet, du travail de décoration et de son état général. En 2020, une coupe en pâte de verre polychrome, dite « Aux scarabées » et mesurant 9 cm de hauteur, est estimée entre 5 600 et 6 000 euros.
Une sculpture intitulée « Oiseau de verre » conçue par François-Xavier Lalanne en 1979 pour Daum est notamment adjugée 16 250 euros lors d'une vente aux enchères en mai 2012. Cette pièce, réalisée en pâte de verre blanche et bronze, avec un bec tenant une perle de cristal, est signée « Lalanne » et « DAUM FRANCE », numérotée 189/300.
Les pièces créées fin XIXe - début XXe siècle appartiennent aux premiers travaux de la pâte de verre, et sont par conséquent plus rares et plus précieuses sur le marché. La période de l'Art nouveau, par exemple, est particulièrement recherchée.
Les objets en pâte de verre réalisés en édition limitée ou en pièces uniques ont encore plus de valeur. François Émile Decorchemont conçoit par exemple un grand vase à décor floral, adjugé 20 000 euros par la maison MILLON. Cet objet de forme balustre est réalisé en pâte de verre épaisse, moulée selon la technique de la cire perdue. Il présente des motifs floraux stylisés, avec un contraste de couleurs brun, orange et jaune. Ce modèle, portant le numéro 167, est créé en 1922 et diffusé jusqu'en 1923, avec une production limitée à trois exemplaires. Le vase est signé avec le cachet « Decorchemont » et numéroté « 0119 1-22 » ;
Un remarquable vase de François Émile Decorchemont nommé « Grand vase motifs » est adjugé 60 000 euros au sein de la maison MILLON. Ce modèle créé en 1921 et diffusé la même année est réalisé en seulement 4 exemplaires. Le vase présente un corps ovoïde avec un grand col et un talon circulaire en retrait. Il est fabriqué en pâte de verre épaisse, moulée à la cire perdue, et orné de coquilles stylisées aux teintes nuancées de rose, brun et vert. Le cachet « Décorchemont » est apposé sur l'œuvre.
François Émile Decorchemont réalise également un vase exceptionnel intitulé « Grand vase vipères » adjugé 59 000 euros, lors d’une vente aux enchères organisée par la maison MILLON également. Ce vase ovoïde, en pâte de verre épaisse, est moulé à la cire perdue et présente un décor tournant de vipères dressées, gueule ouverte. Il est doté de deux anses latérales en forme de tête de vipères. Le contraste des couleurs crème, brun, mauve et jaune apporte une richesse visuelle à l'ensemble. Le modèle 128, créé en 1920, est produit en seulement deux exemplaires. Il est signé.
Lors d’une autre vente aux enchères, un vase conique avec un corps galbé, réalisé en pâte de verre de couleur verdâtre conçu par François Émile Decorchemont est adjugé 45 700 euros. Le décor en haut-relief présente des motifs de trois lucarnes marron et vert. Le vase porte le cachet habituel, moulé en creux dans la masse.
Parmi les autres pièces exceptionnelles vendues par notre maison figurent d’autres objets :
Les objets anciens en pâte de verre se distinguent par une grande diversité de décors, surtout influencés par les mouvements Art Nouveauet les styles décoratifs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Cette pièce signée par l’artiste, avec une hauteur de 25,5 cm et une largeur de 20,5 cm, est estimée entre 500 et 600 euros.
En collaboration avec Henri Bergé, Amalric Walter crée également des pièces remarquables comme :
Ces exemples illustrent comment la variété et la complexité des décors influencent considérablement la valeur des objets.
Pour préserver l'intégrité des œuvres en pâte de verre, il est essentiel de suivre des mesures spécifiques lors de leur manipulation et de leur stockage. Ce matériau de nature amorphe présente une certaine fragilité, notamment au niveau de ses couches superficielles, qui peuvent se détériorer avec le temps. Des altérations comme des fissures, des craquelures ou encore une exsudation peuvent survenir, compromettant la qualité de l'objet et réduisant ainsi sa valeur. Les experts examinent méticuleusement l’objet pour repérer les éventuelles microfissures.
Une broche papillon de Daum se vend aujourd’hui environ 30 euros, un vase Murano non signé environ 100 euros mais les plus beaux objets, comme une broche de Lalique en pâte de verre jaune, sont estimés plus de 100 000 euros.
Vous vous demandez encore combien vaut votre objet en pâte de verre ? Les experts ANAD de la maison MILLON, en activité depuis 1928, sont prêts à vous aider. Nos experts spécialisés en objets Art Nouveau- Art Déco vous proposent leur expertise du marché pour évaluer gratuitement vos objets en pâte de verre. En remplissant simplement notre formulaire en ligne, vous pouvez obtenir une estimation fiable et rapide.
Nous vous invitons également à vous rendre dans l'un de nos bureaux situés à travers la France pour une évaluation directe de votre pièce.
| Artiste | Objet | Prix d'Adjudication |
|---|---|---|
| François Émile Decorchemont | Grand vase motifs (1921) | 60 000 euros |
| François Émile Decorchemont | Grand vase vipères (1920) | 59 000 euros |
| François Émile Decorchemont | Vase conique verdâtre | 45 700 euros |
| François Émile Decorchemont | Vase Plumes de paon (1912) | 24 000 euros |
| François Émile Decorchemont | Bouteille décor floral (1922) | 30 000 euros |
| François-Xavier Lalanne | Oiseau de verre (1979) | 16 250 euros |
tags: #pates #de #verre #technique
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic