Métaphysique de la Viande : Définition et Enjeux Philosophiques

La métaphysique de la viande est une réflexion philosophique profonde sur la signification culturelle et anthropologique de la viande. Cette approche dépasse la simple considération de la viande comme source de protéines, explorant sa dimension sacrificielle, ses liens avec des structures archaïques et son rôle dans la société.

Définition de la Viande

Qu'est-ce que la viande ? Les définitions varient. Marylène Patou-Mathis, paléontologue, la décrit comme « un muscle strié enveloppé d’un tissu conjonctif, de tendons, de nerfs et de vaisseaux sanguins » (2009, p. 13). Cependant, l'anthropologue Noëlie Vialles souligne que la viande est aussi une « notion normative », une « catégorie alimentaire » (2007, p. 198). Elle existe en tant que destinée à être mangée, excluant parfois les chairs de poissons et de volailles.

Prix Sade 2019 : "Métaphysique de la viande" de Christophe Siebert

En 2019, le Prix Sade a conjointement récompensé "Métaphysique de la viande" de Christophe Siebert et "Querelle" de Kevin Lambert. L'œuvre de Siebert, comprenant deux textes, explore la genèse et les fantasmes d’un tueur en série ainsi qu'un climat de fin du monde et de délire complotiste. Le récit est direct, précis et sans contraintes, reflétant un esprit sadien. Le Prix Sade récompense depuis 19 ans un « auteur singulier et honnête homme, selon la définition de son siècle ».

Récemment auréolé du Prix Sade, le romancier Christophe Siébert délivre avec Métaphysique de la viande le livre le plus chic et choc de l’année, réunion de deux romans à ne pas mettre sous toutes les pupilles : Nuit Noire, plongée scabreuse dans la tête d’un tueur en série bas du front et Paranoïa, transe psychotique dans une France en mal de vivre.

Pour la suite, il n’appartient qu’à vous de plonger dans les eaux troubles de ce roman à la couverture signée Stéphane Blanquet. Incarnation de l’esprit du livre, elle montre une rencontre dantesque entre des êtres au-delà de la norme qui se mélange en un tout impalpable et grotesque. Quand certains choisissent de mettre leur imaginaire aux services d’elfes ou de nains, d’autres préfèrent prendre part aux errances des désaxés de toutes sortes qui font aussi la chair de notre belle nation France. Christophe Siebert est de ceux-là, un acharné, un fou.

Celui qui le consacre aujourd’hui, réunit deux courts romans. Le premier, raconté à la première personne, est loin d’être une partie de plaisir. Quand il ne raconte pas un inceste, n’évoque pas un suicide, il délivre les pensées déviantes de son héros pour qui le meurtre est devenue une normalité et sa seule raison d’être On peut se lasser de ce déchainement de violence, de cette exploration ardue des sexualité marginales, de cette volonté salace de plonger le lecteur dans un inconfort permanent.

Christophe Siebert : Parcours et Influences

Siebert, âme solitaire, décide à 17 ans de se mettre derrière une machine à écrire pour combler l’ennui d’une vie provinciale sans relief. Il va en faire un sacerdoce, une semi-religion. Détailler tout ce qui fait le sel de la personne ne sert à rien, grâce à sa plume qui roule comme un trente-six tonnes lancé sur une route de campagne, le Diable Vauvert a édité en petit format, le texte qui raconte ses débuts.

Au moment de le contacter pour parler de son livre, Christophe Siebert est devenu directeur de collection pour la maison d’édition La Musardine, spécialisée dans les publications érotiques et pornographiques, ou il tente de donner un nouveau visage à un genre en perte de vitesse : le roman porno. Il explore le domaine du fanzinat, performe aussi.

Un bar dans Paris pour le lieu, l’été et sa canicule pour l’ambiance lourde. L’homme arrive, l’air détendu, sourire torve et chemise à fleur qui scintille. Christophe Siebert est drôle, engagé, ne parle pas pour ne rien dire et a le débit de Ricard aussi mitraillette que celui de ses paroles.

Quand je me suis décidé, en 2009, 2010, je voulais faire mon grand roman noir comportementaliste à la Jean-Patrick Manchette, qui e...

Consommation : la viande au cœur du débat - Reportage #cdanslair 10.08.2023

Évolution et Valorisation de la Consommation de Viande

La consommation de viande a évolué avec les âges, passant du charognage à la chasse au Paléolithique, puis à la domestication au Néolithique. Aujourd'hui, les animaux d'élevage dominent la classe des vertébrés en poids total. La production de viande est intégrée dans un système agricole et économique complexe, influençant les sociétés humaines sur les plans technique, social et symbolique.

La viande est à la fois valorisée et régulée. Son obtention par la mise à mort d’animaux et sa similarité avec la chair humaine posent un problème fondamental. La légitimité de sa consommation est construite par des règles sociales, comme la catégorisation des animaux consommables, les rites propitiatoires et les techniques de découpe et de cuisson. La viande symbolise la vitalité, la force et le pouvoir, tout en apportant des nutriments essentiels.

Transition Nutritionnelle et Banalisation de la Viande

La consommation de viande est influencée par la richesse des sociétés et l’efficacité des systèmes de production. La « transition nutritionnelle » montre une augmentation de la consommation de viande avec le pouvoir d’achat. En Europe et en Amérique du Nord, des changements techniques et agricoles ont favorisé la hausse de la production de viande, transformant une pratique cérémonielle en une pratique banalisée.

Consommation mondiale de viande

Dans les pays riches, la viande rouge cède du terrain au poulet. La consommation mondiale reste concentrée dans les pays riches, avec des niveaux bas en Afrique centrale et en Asie du Sud. Des facteurs culturels et sociaux, comme les prescriptions religieuses et les préoccupations de santé, influencent également la consommation.

Aujourd’hui, la croissance de la demande (notamment de poulet) a lieu principalement au sein des classes moyennes des pays dits « émergents ». Cependant, des variables autres qu’économiques ne doivent pas être négligées. Les données géographiques (ressources, espaces disponibles pour l’élevage), mais également des facteurs culturels et sociaux ont une grande importance dans les variations de consommation. Les prescriptions religieuses expliquent la faible consommation de porc dans le monde musulman ou de bœuf dans le monde hindou ; de nombreuses préoccupations de santé peuvent éclairer le ralentissement de la croissance de la consommation en Chine, en Amérique du Sud ou au Moyen-Orient.

Tableau de la consommation de viande par région

Région Viande la plus consommée
Amérique (Nord et Sud) et Australie Bœuf
Europe Porc
Pays du Nord Volaille
Océanie, Afrique du Nord et Asie centrale Mouton

Controverses et Limites du Système Actuel

Le système de production et de consommation de viande est critiqué pour ses limites économiques, écologiques, sanitaires et éthiques. L’élevage intensif a créé une nouvelle alliance entre les grains et la viande, exigeant une production spécifique d’aliments pour le bétail.

Vache folle, viande de cheval dans les lasagnes, difficultés des éleveurs français, scandales au sujet des pratiques dans les abattoirs, propriétés supposément cancérogènes de la viande, dégâts écologiques de l’élevage, audience croissante du végétarisme* militant… Les modalités de production et de consommation de la viande semblent aujourd’hui fortement remises en cause, du moins dans les pays riches où la consommation a atteint à la fin du siècle dernier des niveaux sans précédents. Quels problèmes la viande pose-t-elle ? Cet article propose d’envisager les controverses actuelles portant sur la viande comme une crise des dispositifs légitimant la production et l’absorption de cet aliment très particulier.

La viande fait question en raison du soupçon pesant sur son caractère impérieux, vital, nourrissant. L'ouvrage vise à reconsidérer sa définition, car en impliquant l'entretien de la vie, rien ne paraît requérir que l'aliment nommé viande provienne obligatoirement d'un organisme animal. Viande est " tout ce qui entretient la vie ".

Perspectives Philosophiques et Alternatives

La métaphysique de la viande interroge notre identité et notre rapport au monde à travers notre alimentation. Les philosophes du XIXe siècle ont souligné l'importance de l'alimentation dans la définition de l'être humain, remettant en question la primauté de la pensée sur le corps.

Dans ses Méditations, René Descartes proclamait : « Je suis une chose qui pense. » Mais une révolution philosophique a balayé, au XIXe siècle, cette présomptueuse affirmation. « Je suis une chose qui mange », rétorqueraient volontiers les esprits modernes. C’est ainsi que le très épicurien Brillat-Savarin déclare, dans son célèbre traité de gastronomie, La Physiologie du goût (1825) : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Chez le matérialiste Ludwig Feuerbach, rebelote : « L’homme est ce qu’il mange », assène ce féroce adversaire des religions dans ses Manifestes philosophiques (1839-1845). Quant à Friedrich Nietzsche, il enfonce joyeusement le clou quelque temps plus tard : « Il est une question dont le “salut de l’humanité” dépend beaucoup plus que de n’importe quelle subtilité de théologien : c’est la question du régime alimentaire » (Ecce Homo, 1888).

Une telle révolution métaphysique donne une importance toute nouvelle à l’alimentation. Si je ne suis rien d’autre qu’un amas de matière, alors je dois être attentif aux objets que je fais entrer en moi, à la manière dont je régénère mes tissus, dont je fais varier le cours de mes pensées par l’absorption d’alcool, dont je m’excite par le café, et dont je renouvelle mes forces par les sucres et les viandes. La religion recommandait de prendre soin de sa vie spirituelle, de faire chaque jour son examen de conscience pour veiller à ce que nos pensées ne soient pas mêlées d’impuretés. À l’époque moderne, ce souci se reporte sur la nourriture.

L’agriculture cellulaire, produisant de la viande et du poisson par culture de cellules, offre une alternative prometteuse. En complément des protéines végétales, elle pourrait transformer le paradigme alimentaire mondial vers un modèle plus rationnel et moins violent. Cette biotechnologie vise à répondre à la demande croissante de produits carnés sans les absurdités énergétiques et éthiques de l'élevage traditionnel.

Agriculture cellulaire

Les véganes ne constituent pas le public-cible de cette biotechnologie. L'agriculture cellulaire n'est pas destinée à celles et ceux qui sont déjà convaincu-e-s par les arguments antispécistes et qui se passent volontiers des produits issus de l’exploitation animale. Les personnes visées sont celles qui ne deviendront jamais véganes, pour diverses raisons plus ou moins complexes et légitimes. Ce sont notamment les habitant-e-s des pays en voie de carnisation massive.

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