La Bretagne, avec ses traditions, sa culture et son patrimoine, est riche de spécialités culinaires tant sucrées que salées. Parmi elles, la galette saucisse se distingue comme un emblème populaire, en particulier dans la région de Dinan. Ce "hot-dog breton", composé d'une saucisse grillée enroulée dans une galette de sarrasin, est bien plus qu'un simple en-cas : c'est une tradition ancrée dans l'histoire et le cœur des Bretons.
Plusieurs histoires relatent l’origine de ce met. L’une d’entre elles raconte que la galette saucisse est apparue lors d’un dimanche ensoleillé de printemps, lorsque l’abattage des cochons avait lieu dans la région. Une autre relate qu’elle serait la contemporaine d’une spécialité prénommée le « porchet », obtenu à partir d’abats de porc. On vendait alors les meilleurs morceaux de l’animal et on gardait les abats.
La galette de sarrasin était quant à elle très répandue dans les foyers. Aussi, les abats étaient probablement consommés enroulés dans la galette. Au XIXe siècle, alors que les foires se multipliaient autour de Rennes, cette recette s’est imposée comme un encas pratique pour nourrir vite et bien commerçants, paysans et badauds.
Au détour d’un marché du samedi matin à Rennes, entre deux étals de légumes de saison et les échos d’un bagad en répétition, l’odeur qui attire toujours les passants reste celle des galettes saucisses.
La présence de ce plat traditionnel dans les tribunes du Stade rennais a consolidé sa réputation. Les soirs de match, les chants « Galette saucisse je t’aime » résonnent dans le Roazhon Park, transformant un simple encas en bannière comestible de l’identité rennaise.
Aujourd'hui, pas une fête, pas un marché, pas un match de football sans galette-saucisse. Tous les samedis matins, c'est le même rituel sur le plus grand marché de Rennes : le marché des Lices. Des files d'attente à n'en plus finir devant tous les marchands de galette. Et l'histoire se répète lors des soirs de match au Roazhon Park.
En arpentant aujourd’hui la route entre Rennes et Vannes, on croise encore ces stands modestes installés à la sortie d’un bourg ou près d’un rond-point stratégique. On y retrouve toujours la même formule sobre : une galette de sarrasin, une saucisse de porc bien dorée, pas de sauce tapageuse, tout au plus un peu d’oignon ou de moutarde. Autrement dit, la fidélité au produit prime sur l’effet de mode.
La recette est simple et efficace : une galette tiède et une saucisse de porc grillée. La galette doit être de sarrasin (ou blé noir). La saucisse, de porc, et grillée.
Avant même de faire chauffer la poêle, la réussite d’une galette saucisse repose sur deux piliers indissociables : la qualité de la saucisse et celle de la galette. En Bretagne, il ne s’agit pas de prendre n’importe quelle chair à saucisse anonyme. La tradition privilégie une saucisse de porc fraîche, souvent légèrement fumée, avec un équilibre subtil entre maigre et gras.
La seconde base, c’est la galette elle-même, issue des crêpes de sarrasin typiques de la cuisine bretonne. La farine de blé noir apporte son goût légèrement torréfié et cette couleur brune qui fait immédiatement penser aux bords de mer du Morbihan ou aux Monts d’Arrée.
Pour obtenir une pâte souple, il est fréquent d’utiliser environ 250 g de farine pour 50 cl d’eau, avec 10 g de sel de Guérande. Le repos de la pâte joue un rôle essentiel. En la laissant au frais pendant plusieurs heures, la fermentation naturelle commence à agir, ce qui améliore la texture et la saveur. Avant la cuisson, il est recommandé de battre la pâte longuement, jusqu’à voir apparaître de petites bulles d’air à la surface. Cette aération permet d’obtenir des galettes souples mais résistantes, capables d’envelopper la saucisse sans se déchirer.
Certaines familles enrichissent la pâte avec une larme d’huile pour renforcer le moelleux, surtout si la cuisson se fait sur une poêle en métal classique. D’autres préfèrent graisser généreusement la surface avec du beurre salé, de l’huile neutre ou du saindoux, suivant les habitudes locales.
Le geste reste le même : verser une bonne louche, étaler en un mouvement circulaire sûr, puis retourner la galette une fois la première face cuite. En gardant ces repères en tête, l’achat des ingrédients devient un moment à part entière, presque une petite enquête gustative.
Une poêle large ou une billig préchauffée autour de 200 °C est alors légèrement graissée. La première face doit cuire jusqu’à ce que les bords commencent à se décoller et à croustiller légèrement. Un retournement délicat à l’aide d’une spatule permet de dorer brièvement l’autre côté. La galette est ensuite pliée en deux et réservée, encore souple, en attente de la saucisse chaude.
La saucisse, quant à elle, se cuit séparément. Une poêle épaisse ou un grill bien chaud permet de la saisir sans la percer, pour conserver tout son jus. Une cuisson lente, à feu moyen, assure une coloration homogène et une texture moelleuse au cœur. Certains préfèrent la cuisson au barbecue, surtout en été, pour retrouver ces notes légèrement fumées qui évoquent les soirs de fest-noz en plein air.
Vient alors l’assemblage, moment presque cérémonial. Une galette encore tiède est dépliée, la saucisse déposée au centre dans le sens de la largeur. Parfois, une fine couche de moutarde, quelques lamelles d’oignons revenus à la poêle ou un peu de fromage râpé viennent s’ajouter, mais sans jamais masquer le goût dominant de la viande et du sarrasin.
Pour un effet légèrement croustillant, certains repassent la galette saucisse ainsi formée quelques instants dans la poêle, à feu doux, avec un soupçon de beurre. La chaleur réactive les arômes de la farine grillée et fait chanter la peau de la saucisse.
Une fois le geste maîtrisé, la recette traditionnelle ouvre naturellement la voie à une foule de variations. Dans une version plus généreuse, il est courant d’ajouter un fromage fondant comme un comté bien affiné, un emmental breton ou même une tomme locale. Le fromage est déposé sur la galette encore chaude, sous la saucisse, pour qu’il fonde doucement.
D’autres variantes jouent la carte des légumes de saison. Au printemps, des oignons nouveaux et quelques feuilles de roquette apportent fraîcheur et piquant. En été, des lamelles de courgette grillée ou de poivron confit donnent une touche méditerranéenne inattendue mais harmonieuse. En automne, les champignons poêlés au beurre salé et relevés d’une pointe d’ail s’accordent parfaitement avec la profondeur de la farine de sarrasin.
La Bretagne actuelle n’ignore pas non plus les attentes de ceux qui ne consomment pas de viande. Des saucisses végétariennes ou végétales, bien travaillées, peuvent prendre la place de la saucisse de porc, à condition de choisir des références de qualité, à la texture ferme et au goût franc. Combinées à des galettes de sarrasin cuisinées dans une matière grasse végétale, ces versions permettent à tout le monde de participer à la fête sans se sentir à part.
Il existe également des interprétations plus audacieuses, où des touches épicées s’invitent dans la préparation. Une saucisse légèrement relevée au piment d’Espelette, par exemple, apporte un accent basque à cette spécialité de cuisine bretonne. Toutefois, il reste important de ne pas masquer complètement la saveur du sarrasin, qui fait partie de l’ADN du plat.
Même la manière de servir peut évoluer. Sur certains festivals bretons, on voit apparaître des mini galettes saucisses, plus petites, idéales pour une dégustation en mode tapas. Elles permettent de goûter plusieurs variantes au cours d’une même soirée, en alternant version classique et création plus moderne.
Spécialité culinaire de l’est de la Bretagne devenue emblématique, la galette-saucisse a aussi son record du monde. En juin 2025, une tentative de record de plus grande galette-saucisse du monde se prépare à Dinan (Côtes-d’Armor). Les membres du Club 41 de Dinan sont déterminés à battre le record du monde de la plus grande galette-saucisse du monde le 15 juin 2025.
Le précédent record, détenu à Rennes, est d’ailleurs récent, du 2 mars dernier, pour une galette-saucisse de 101 mètres.
« On travaille sur cette idée de record depuis près d’un an et on s’était aussi fixé une centaine de mètres. Aujourd’hui, il faut qu’on aille plus loin et on vise les 110 mètres », détaille Samuel Deleu, chargé de la communication de cet événement insolite.
Une idée un peu saugrenue de ce club qui anime régulièrement la vie locale tout en récoltant des fonds pour une association. « On ne fait pas quelque chose tous les ans car on est tous en activité, mais le but est de réunir les gens autour d’un événement sympa dans le secteur de Dinan et d’en tirer des bénéfices que l’on reverse à une association ».
| Événement | Date | Lieu | Objectif |
|---|---|---|---|
| Tentative de record de la plus grande galette-saucisse | 15 juin 2025 | Dinan, Côtes-d’Armor | Battre le record de 101 mètres et viser 110 mètres |
Les fonds récoltés durant la journée seront reversés à une association, “l’Outil en Main”, dont le but est l'initiation des jeunes aux métiers manuels, de l’artisanat et du patrimoine.
La galette saucisse, bien plus qu'un simple plat, est un véritable symbole de la Bretagne. Son histoire, ses traditions et ses variations en font un incontournable de la gastronomie bretonne, à savourer sans modération.
Elle accompagne aussi bien les grandes joies partagées que les pauses plus intimes. La galette saucisse se savoure toute l’année, partout en Bretagne.
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