Les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) sont des affections psychiques qui induisent des perturbations des habitudes alimentaires. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) se manifestent souvent chez les personnes par une profonde dissociation sensorielle et émotionnelle. Les émotions sont essentielles dans la régie de notre vie. Chez les patients atteints de TCA, on constate également quelque chose d’assez récurrent : ils parlent de leur corps comme d’une chose repoussante et le dissocient de leur esprit.
Il y a urgence. C'est en tout cas comme cela que certains patients viennent évoquer le sujet et nous le confier avec, parfois, un sentiment de désespérance. Ainsi faut-il trouver le moyen d'en sortir, autant que le désir !
Dans ce dossier EMDR et TCA nous abordons les questions suivantes :
Les troubles du comportement alimentaire ou TCA les plus courants sont : l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Les principaux troubles alimentaires sont l’anorexie mentale - AM - (restriction alimentaire volontaire), la boulimie nerveuse - BN - et l’hyperphagie boulimique (« Binge-eating disorder ») - HB - (surconsommation alimentaire, avec perte de contrôle, mais sans adoption de stratégie de contrôle de poids).
L’anorexie est caractérisée par des restrictions alimentaires volontaires liées à une peur profonde de prendre du poids. On l’oppose souvent à la boulimie qui présente des crises de consommation excessive de nourriture suivies de comportements compensatoires comme des vomissements volontaires, des privations ou encore la prise de laxatifs.
Il existe d’autres troubles des conduites alimentaires plus rares : l’alimentation hypersélective ou évitante ou « Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder » (par exemple ne manger que des aliments jaunes), le pica (ingestion compulsive de substances non comestibles), l’hyperphagie nocturne (HN) ou « Night Eating Syndrome » (épisodes récurrents de consommation alimentaire nocturne après le réveil ou par une consommation alimentaire excessive après le repas du soir), ou encore le mérycisme (régurgitation volontaire et remastication du bol alimentaire). Sans oublier que différentes variantes d’un même trouble sont possibles.
Plus d’un trouble peut être présent en même temps et la nature du trouble peut changer avec le temps. Certains troubles ne sont pas classés dans le DSM-V, comme le grignotage (consommation répétitive et sans faim de petites quantités d’aliments en dehors des repas), la tachyphagie, l’hyperphagie prandiale (exagération des apports caloriques au cours des repas), les compulsions alimentaires ou « Craving »(impulsion soudaine et irrésistible de consommer un aliment en dehors des repas), mais participent à la genèse de l’excès de poids.
Les troubles des conduites alimentaires sont des pathologies fréquentes en France. Les principaux TCA - l’anorexie mentale (AM), boulimie nerveuse (BN), l’hyperphagie boulimique (HB) - concerneraient au total près de 10 % de la population mais les TCA pourraient atteindre 20% de la population (9). Selon les sources, 3 à 4 % d’adolescents souffrent de troubles graves du comportement alimentaire, à un âge de plus en plus précoce. Dans les cas sévères, le risque vital est de 5 à 10 % dans les 5 ans qui suivent l’apparition de la maladie.
Selon l’Assurance maladie, l’anorexie mentale touche entre 0,9 et 1,5 % des femmes et 0,2 à 0,3 % des hommes. Elle touche en majorité les filles (au moins 80 % des cas). Les pics d’apparition de la maladie se situent entre 13-14 ans et 16-17 ans. Toutefois, l’anorexie mentale peut apparaître dans l’enfance ou à l’âge adulte. Des troubles du comportement alimentaire sont parfois observés chez les nourrissons.
Selon les études internationales, la prévalence vie entière de la boulimie selon les critères du DSM-IV est de 1 à 3 % chez les femmes et de 0,1 % et 0,5 % chez les hommes. Tandis que l’anorexie et la boulimie surviennent davantage au cours de l’adolescence, l’hyperphagie boulimique apparaît souvent à l’âge adulte (âge de début médian 21 ans), et ce, tant chez les hommes que chez les femmes.
Les TCA trouvent leurs racines profondément ancrées chez les patients qui en souffrent. En effet, ils sont souvent le résultat de traumatismes ou d’événements particulièrement difficiles. La question de la méthode se pose alors. Il semblerait que la thérapie EMDR, couplée à la traditionnelle psychothérapie psychodynamique, ou psychanalytique, entraîne des résultats satisfaisants. Ainsi, l'EMDR constitue à mon sens un appui intéressant, et je dirais, à partir de mon expérience de praticien, qui fait ses preuves.
L’EMDR est alors un traitement indiqué pour trouver l’origine du TCA. La thérapie par désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires permet aux patients de trouver la paix dans leur relation avec l’alimentation et avec leur corps. De plus, les troubles du comportement alimentaire étant fréquemment liés à des événements traumatisants ou de l’anxiété, l’EMDR permet un travail en profondeur et un traitement efficace des différents troubles. Cette approche peut également s’avérer moins intimidante pour les patients qui redoutent parfois une approche psychologique.
Le ou la thérapeute devra aider le patient à recevoir de nouveau les émotions. À mieux les analyser, à mieux les exprimer, à les accepter sans qu’elles ne deviennent déstabilisantes. De plus, le thérapeute devra faire comprendre que la culpabilisation vis-à-vis de la nourriture ne prend pas origine uniquement dans le simple rapport à la nourriture. Il devra également aider le patient à reprendre contact avec ses sens, en le poussant à se focaliser sur des sensations agréables dans le but de « rétablir » les connexions entre le corps et l’esprit.
Bouger les yeux pour guérir l'esprit? C'est le pari de l'EMDR. Le principe consiste précisément à faire reproduire au patient les mêmes mouvements rapides des yeux que pendant le sommeil paradoxal. Car c’est dans cette phase de sommeil que sont retraités les souvenirs des événements vécus la veille et les émotions qui y sont liées.
«Un traumatisme est un souvenir figé dans les réseaux neuronaux», explique Raphaël Loiselot, psychologue à l’hôpital Henry Gabrielle- HCL spécialisé dans la rééducation. En reproduisant les mêmes mouvements oculaires que pendant le sommeil paradoxal, l’EMDR retraite et reprogramme le souvenir. Une séance peut durer entre 45 minutes et une heure.
"L’EMDR aide à remonter jusqu’à la cause", explique le Dr Sylvain Iceta, psychiatre au centre de référence des troubles alimentaires des HCL. "La technique permet aussi de surmonter le traumatisme lié à l’obésité elle-même, comme les humiliations, la perte d’estime de soi.
La thérapie EMDR vise la désensibilisation du patient à certaines situations de tension ; situations en lien avec l'alimentation, propre à provoquer des émotions débordantes, ou bien situations traumatiques appartenant au passé, mais qui restent agissantes dans le présent, au creux du sujet. Cette thérapie est fondée sur la pratique d'un balaiement occulaire, dont il est prouvé qu'il va stimuler une certaine activité neuronale, liée aux émotions, à la mémoire, au langage. L'EMDR comprend également un volet de "reprogrammation" des pensées négatives. En effet, tout trauma entraîne inexorablement la construction de pensées négatives sur soi-même.
Le traumatisme à pour effet de figer l'appareil psychique, de geler la mobilisation potentielle des ressources et la capacité d'élaboration psychique. La compulsion de répétition, écho de l'évènement traumatique, va alors bon train, comme c'est d'ailleurs le cas dans les problématiques alimentaires, où il s'agit de répéter quotidiennement la même pratique boulimique, la même mécanique de restriction anorexique, les mêmes schémas de pensées incessants.
Plusieurs protocoles ont également été publiés :
Aujourd’hui encore, il est difficile de définir précisément les origines d’un TCA qui sont rarement uniques et qui sont étroitement liées à l’histoire personnelle, les facteurs génétiques et biologiques, aux éléments psychologiques, à l’environnement familial et au cadre social (horaires, repas familiaux, règles de convivialité, finir son assiette… qui peuvent venir perturber la cascade de la satiété, et faire oublier les sensations de faim, de rassasiement qui doivent guider le comportement alimentaire) de la personne concernée. Il s’agit donc d’éléments multifactoriels, ce qui en illustre bien toute la complexité.
Environ 40% des personnes anorexiques souffrent de troubles psychiatriques : anxiété, phobies, trouble obsessionnel compulsif, addictions (alcool, abus de substances) ou troubles de la personnalité. Ils peuvent apparaître avec l’anorexie ou être exacerbés par celle-ci. Ils peuvent aussi être indépendant du trouble de la conduite alimentaire : l’intrication est très complexe à évaluer pour les cliniciens.
Les études scientifiques internationales ont montré :
Les troubles du comportement alimentaire font partie des conséquences psychotraumatiques des violences, plus particulièrement des violences subies dans l’enfance et des violences sexuelles.
Les spécialistes recommandent une prise en charge multidisciplinaire et la plus précoce possible de ces troubles des conduites alimentaires. Ainsi, la thérapie doit associer médecin traitant, médecins spécialisés (pour veiller aux systèmes digestifs et cardiovasculaires notamment), médecin psychiatre ou psychologue, médecin nutritionniste ou diététicien. Son objectif est de limiter les conséquences somatiques des troubles des conduites alimentaires et les complications à long terme, et de comprendre les mécanismes psychologiques pour guérir et enrayer une évolution vers la chronicité. La dimension sociale (scolarisation, insertion professionnelle) doit aussi être envisagée.
Selon l’INSERM, 50% des cas d’anorexie mentale pris en charge à l’adolescence guérissent, un tiers est amélioré, 21% souffrent de troubles chroniques et 5 à 6% décèdent. Après 5 ans d’évolution, deux tiers des patients guérissent, pour les autres, on parle d’anorexie mentale chronique. Le taux de suicide associé à l’anorexie est le plus important de toutes les maladies psychiatriques (2).
Un nombre croissant de publications indique que l’EMDR peut être utile dans le traitement des TCA. Les recherches scientifiques publiées sur l’utilisation de l’EMDR avec les patients souffrant de TCA nous donnent des pistes sur comment utiliser l’EMDR avec ce type de patients.
tags: #EMDR #trouble #alimentaire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic