Élevage de Porcs en Forêt : Avantages, Inconvénients et Biosécurité

L'élevage de porcs en forêt suscite un intérêt croissant en raison de ses nombreux avantages potentiels, tant sur le plan environnemental que sur celui du bien-être animal. Cependant, cette pratique présente également des défis et des inconvénients qu'il est essentiel de prendre en compte. Par ailleurs, dans le contexte actuel de menace de la peste porcine africaine (PPA), la biosécurité est devenue une préoccupation majeure pour les éleveurs et les vétérinaires.

Les Avantages de l'Élevage de Porcs en Forêt

Sur une ferme ou dans un potager, l’animal a toute sa place. La nature ne peut s’en passer dans n’importe lequel de ses paysages, du désert à l’océan, d’une manière ou d’une autre, il est omniprésent. En permaculture, nous ne perdons jamais de vue qu’un élément doit avoir plusieurs fonctions, il en va de même avec les animaux. Le porc et la volaille, considérés en général comme des animaux de consommation, ont une fonction extrêmement utile, celle de manger les restes ainsi que les fruits et légumes non consommables. Le cochon, comme nous l’avons évoqué plus haut, fait en amont d’une culture tout un travail du sol. Il est élevé du printemps à l’hiver, si vous l’achetez à l’état de porcelet, et lorsque le froid arrive, il sera tué et transformé afin de vous nourrir au moment où votre corps a besoin d’une pitance plus conséquente. Ses saucissons et lards seront également mieux conservés à la saison froide.

Un autre avantage des cochons que nous avons découvert il y a peu, en leur donnant vos branches d’arbres fraîchement taillées, ils vont se nourrir des feuilles et de l’écorce, qui soit dit en passant sont une belle source de minéraux et de vitamines, pour vous rendre des troncs d’une propreté inégalée sans oublier de s’amuser avec au passage. Il n’y aura plus qu’à les couper en bûches pour vous chauffer à la saison froide.

Les Inconvénients et les Défis

La plupart des animaux d’élevage sont issus du milieu forestier. Comme évoqué dans un précédent article les jeunes paysans que nous avons été à nos débuts l’avaient oublié. Pensant bien faire, laissant plus de place à nos volailles et nos porcs que dans le cahier des charges bio. Cependant cela n’a pas suffi à leur bien-être. Là encore, les humains que nous étions avaient oublié de regarder comment ces bêtes vivent dans la nature : en sous-bois !

Biosécurité et Peste Porcine Africaine : Les Mesures Essentielles

Pour les pays qui sont encore négatifs pour la peste porcine africaine (PPA), les stratégies nationales de bioexclusion (biosécurité externe) visent à empêcher que ce virus, transfrontalier et à déclaration obligatoire, franchissent les frontières internationales avec des mouvements de personnes, des importations de viande contaminée ou des mouvements de sangliers. Cependant, dès que la maladie atteint un nouveau pays ou une nouvelle région, et en particulier lorsqu'elle affecte déjà sa production porcine, l'approche passe à la bioexclusion au niveau de l'élevage et de nouvelles questions se posent: Comprenons-nous clairement ce que sont les mesures de biosécurité les plus efficaces pour prévenir la transmission de la PPA entre les élevage lorsque la pression d'infection augmente ? Quelles sont les principales préoccupations des producteurs et des vétérinaires confrontés à des foyers de la maladie proches ?

Le Dr Karbowiak et M. Corns conviennent qu'un même plan de biosécurité ne convient pas à tous les élevages. Ils partagent le point de vue selon lequel chaque élevage / entreprise / système individuel doit revoir en profondeur les concepts de base de la biosécurité avec ses équipements (c'est-à-dire les risques associés aux personnes, aux véhicules, aux déplacements et à la mortalité des animaux, etc.) et un plan de biosécurité complet spécifique à chaque élevage doit être conçu. M. Corns résume sa stratégie clé de formation pour les producteurs en ce qui concerne les plans de biosécurité spécifiques en élevage face à la PPA: "priorisation, développement et mise en œuvre". Trois mots qui résument très bien les trois actions les plus importantes de son point de vue.

Les Points Clés de la Biosécurité

  • Mouvement des animaux : La voie de transmission directe la plus importante est le mouvement incontrôlé d’animaux infectés et leur commerce illégal, considéré comme le facteur le plus important d’introduction de PPA dans de nouvelles zones.
  • Conception des quais de chargement : Concernant la transmission indirecte de PPA, il souligne l’importance d’une bonne conception des quais de chargement pour un mouvement correct des animaux de l'élevage au camion, qui garantit qu’ils ne se déplacent que dans un sens et qu’ils ne sont pas autorisés à retourner dans l'élevage.
  • Formation continue du personnel : Le Dr. Čepulis, souligne l’importance de la formation continue du personnel en matière de biosécurité afin qu’il joue un rôle clé dans la mise en œuvre du plan. Il est nécessaire de former le personnel afin qu’il comprenne vraiment pourquoi chacune des règles est nécessaire.
  • Contrats de travail : La plupart des grandes exploitations de sa région ont introduit une "Annexe de Biosécurité" dans la plupart des contrats de travail conclus avec les ouvriers agricoles ou tout autre travailleur de service lié à l'élevage. Ces élevages exigent maintenant que leurs travailleurs reconnaissent officiellement l'obligation de connaître et de respecter à tout moment les règles de biosécurité de l'élevage.
  • Contrôle aux frontières : Le Dr. Čepulis dit qu'on devrait rechercher des produits de porc aux différents postes frontières en utilisant des chiens dressés de la même manière que pour les drogues illégales.
  • Minimiser les contacts avec les sangliers : Dans le cadre de ce scénario de PPA, le Dr. Čepulis recommande également au personnel de l'élevage d'aller en forêt afin de minimiser les risques de contact avec les sangliers. C'est parfois un défi lorsque les activités en forêt, telles que la chasse et la cueillette de baies ou de champignons, font partie de leur culture.

Il focalise ses recommandations en matière de biosécurité différemment selon chaque scénario et les applique à la fois au niveau de l'élevage ou au niveau du pays (par exemple, la Chine par rapport à la Russie). M. Corns insiste pour que les priorités soient identifiées.

Enfin, je voudrais citer M. Corns: "Pour qu'une entreprise réussisse dans un scénario de PPA défavorable, la biosécurité doit être inscrite dans les fondements de la société. Si tel n'est pas le cas, la PPA trouvera ses points faibles".

Episode 1 - La biosécurité

L'Importance de l'Insertion Paysagère

L’insertion paysagère d’une exploitation ne se résume pas aux plantations d’arbres et de haies. Elle englobe des aspects bien plus larges comme l’organisation des espaces, la disposition des bâtiments, les couleurs et les matériaux, le soin apporté aux abords… Bref, tout ce qui constitue le paysage d’une exploitation. Pour Philippe Guillet, conseiller forêt-bocage-paysage de la chambre d’agriculture de la Sarthe, elle répond à trois enjeux pour l’agriculteur.

Le premier est de se constituer un beau cadre de travail. « L’éleveur doit se sentir bien dans son environnement quotidien. C’est sa bouée d’oxygène, lorsque l’élevage connaît des difficultés. » Lorsque la maison d’habitation se trouve sur le site de l’exploitation, l’insertion paysagère aide à bien séparer zone de vie et de travail. Cette notion va selon lui devenir déterminante quand on sait qu’une exploitation sur deux va changer de propriétaire dans les dix prochaines années. « Le critère qualité de vie devient un élément de choix des candidats à la reprise, d’autant plus lorsque le conjoint travaille à l’extérieur. »

Plus inattendu, le conseiller voit aussi dans l’insertion paysagère un enjeu de performances. « Du bazar partout ou des voies de circulation non optimisées sont forcément sources de contre-performances. Un chemin propre et bien assaini est plus stable dans le temps et n’obligera pas à combler chaque année les nids-de-poule… », illustre-t-il.

Enfin, l’insertion paysagère relève d’une démarche de qualité. « Le consommateur est de plus en plus curieux et exigeant sur ce qu’il achète. Lorsque les animaux ne sont pas visibles car élevés à l’intérieur, c’est l’extérieur des bâtiments et leurs abords qui influencent sa perception de la qualité d’un produit. Il y a aujourd’hui moins de dialogue entre les exploitants et le voisinage et le jugement se fait sur des petits détails.

Conseils pour une Insertion Paysagère Réussie

  • Il faut rechercher une certaine cohésion de l’ensemble du bâti (bâtiments d’élevage, hangars, bureau…).
  • Il conseille de s’adapter à l’architecture régionale dans le choix des matériaux et des couleurs, une couleur d’enduit ou de tôle adaptée à la nature du sol, des pierres locales pour les zones d’empierrement, une toiture grise pour rappeler l’ardoise des maisons locales, unité des couleurs entre les silos et les bâtiments…

L’embellissement ne nécessite pas forcément d’engager des dépenses importantes : il peut s’agir de repeindre un mur ou tous les silos d’une même couleur, d’ajouter du bardage en bois pour unifier des hangars juxtaposés. En résumé, il faut éviter de multiplier les couleurs et les matériaux. De même, il faut privilégier les couleurs de bâtiments foncés.

Si la topographie le permet, on peut jouer sur les reliefs pour faciliter l’insertion et couper l’effet longueur d’un bâtiment. Il est préférable d’aligner le bâtiment dans la courbe de niveau du terrain et non pas perpendiculairement. « Cela a aussi l’avantage d’économiser sur les frais de terrassement. »

Pour l’éleveur présent au quotidien sur son exploitation, il peut être difficile de prendre du recul sur l’insertion paysagère. Faire appel à un tiers (conseiller spécialisé) peut l’aider à construire son projet d’embellissement.

Réduction des Émissions de Gaz à Effet de Serre (GES)

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) dues à l’agriculture s’élèvent à 14 % dont 60 % proviennent de l’élevage. Pour l’élevage, trois GES sont principalement mis en cause, pour leur contribution au réchauffement global (calculée à partir de leur durée de vie dans l’atmosphère et de leurs propriétés radiatives) : le méthane (CH4) lié aux fermentations dues à la digestion des ruminants et aux émissions des effluents de toutes les espèces, le protoxyde d’azote (N2O) associé aux engrais de synthèse ou organiques (effluents d’élevage) utilisés pour la production de l’alimentation animale, et le gaz carbonique (CO2) lié aux transports, chauffage des bâtiments ou climatisation des outils (tanks à lait par exemple) et à l’utilisation de machines.

Dans le cas des volailles et des porcs, l’alimentation peut représenter 50 à 85 % des émissions de GES associées à leur élevage. La contribution de l’alimentation aux émissions de GES est moins élevée chez les ruminants, qui pour la plupart consomment aussi de l’herbe.

L’élevage contribue à 16 % des émissions de méthane (CH4) globales à l’échelle planétaire. Or ce gaz a deux particularités. Il a un pouvoir de réchauffement global très élevé, environ 28 fois plus que le CO2, mais il a une durée de vie dans l’atmosphère bien plus courte (10 ans contre 100 ans pour le CO2). C’est pourquoi les efforts pour sa réduction sont importants, car les effets en seront d’autant plus rapides.

Stratégies pour Réduire les Émissions de GES

Les plans de neutralité carbone de l’Union européenne et de la France s’appuient sur des émissions nettes de chaque gaz à zéro en 2050. La recherche travaille sur la réduction de l’intensité des émissions produites par les animaux en adaptant les pratiques d’élevage (amélioration génétique, alimentation, efficience des animaux pour réduire les pertes et périodes improductives, etc.) et en transformant les systèmes d’élevage pour en réduire les émissions nettes directes et indirectes.

Les chercheurs ont également évalué les services environnementaux apportés par les élevages, notamment les systèmes d’élevage extensifs. Les sols des prairies permanentes consacrées à l’élevage stockent environ 85 t de C/ha. Or ces prairies, enrichies des déjections animales et essentielles à la préservation de la biodiversité, ont tendance à disparaître.

Les animaux d’élevage permettent de valoriser des produits végétaux non consommables par l’homme tels que des coproduits issus de filières végétales, les résidus de culture et des fourrages issus de surfaces peu ou non labourables. L’élevage produit enfin des engrais organiques essentiels aux cultures, indispensables dans une trajectoire de décarbonation des économies.

L'Alimentation : Un Levier Majeur

L’utilisation en alimentation animale de ressources non utilisables pour l’alimentation humaine, aussi appelées les coproduits, est une pratique déjà largement adoptée. Une autre piste majeure est celle des aliments à faible bilan carbone, surtout pour les monogastriques (porcs, volailles, lapins) qui ne pâturent pas. Ceci est d’autant plus important que certains aliments peuvent provenir de loin et pourraient voir leur production réduire sous l’effet du changement climatique (soja au Brésil, par exemple).

Pour évaluer le bilan carbone de l’alimentation animale, INRAE a développé l’outil Ecoalim. Il permet aux fabricants de concevoir les aliments à partir des analyses de cycle de vie de plus de 190 matières premières agricoles françaises. « Notre calculateur indique le meilleur compromis entre coût, impact environnemental et besoin nutritionnel des animaux », explique Aurélie Wilfart de l’unité Sol, agro et hydrosystèmes, spatialisation (SAS) à Rennes.

Les premiers essais sur les porcs ont montré que les performances de l’animal ne sont pas réduites par l’utilisation d’un aliment éco-formulé. Côté transfert, « depuis 2-3 ans les fabricants ont bien saisi l’urgence climatique et se sont emparés de la base de données, pour faire un affichage environnemental voire éco-formuler leurs aliments », souligne Aurélie Wilfart.

L'Efficience Alimentaire

L’impact environnemental des animaux se joue également lors du processus de digestion des aliments. INRAE étudie l’efficience alimentaire des animaux, c’est-à-dire les mécanismes biologiques qui améliorent la transformation de l’aliment en matières assimilables, avec pour corollaire la réduction des pertes de nutriments dans l’environnement, et donc des rejets polluants.

Chez les ruminants, manipuler grâce à l’alimentation le microbiote du rumen (1 des 4 estomacs de la vache), c’est-à-dire les microorganismes qui vivent dans cette portion du système digestif, pourrait s’avérer un levier efficace pour diminuer la production de méthane. Cécile Martin, à l’unité Herbivores près de Clermont-Ferrand, travaille sur la caractérisation de ce microbiote et pour développer, notamment dans le cadre du projet METHANE 2030 de nouvelles stratégies alimentaires.

La Génétique

La diversité domestique est vaste : que ce soit entre les races ou au sein des races, les caractéristiques individuelles des animaux d’élevage sont variables. Cette variabilité est en grande partie sous-tendue par des facteurs génétiques.

Didier Boichard, de l’unité Génétique animale et biologie intégrative (GABI) à Jouy-en-Josas, explore le levier de la sélection génétique pour réduire les émissions de méthane des vaches. Le spectre infrarouge du lait - mesuré lors des contrôles laitiers -, fournit des informations qui permettent de calculer les émissions de méthane de chaque vache, d’identifier les animaux les moins émetteurs et les caractéristiques génétiques liées à ces moindres émissions. Ces informations serviront alors pour la sélection.

Les modèles de prédiction des émissions de méthane seront prêts prochainement et permettront aux sélectionneurs la diffusion d’une génétique bovine caractérisée pour les émissions de méthane à l’horizon 2025. « En progressant de 1 % par an sur la production de méthane, on pourrait arriver à - 20 % en 20 ans, soit passer de 500 à 400 g méthane/jour/vache ».

Outre la génétique, les recherches se développent aussi sur l’épigénétique. Celle-ci consiste à étudier comment l’environnement d’un animal modifie (ou non) l’apposition de marques sur le génome, et donc l’expression d’un gène et du caractère lié et la transmission de ces marques entre générations.

Élevage et Bouclage des Cycles Biogéochimiques

Émetteur de GES, l’élevage est également au cœur de cycles naturels et de régulations qui le rendent indispensable. Les animaux représentent une étape nécessaire au bouclage des cycles biogéochimiques en agriculture (voir schéma) : ils excrètent sous forme minérale l’azote et le phosphore des aliments qu’ils ingèrent. Cette forme étant mieux assimilée par les plantes, elle peut donc servir de fertilisant pour les cultures.

Cependant, ce rôle pivot des animaux dans les cycles de nutriments et de matières est mis à mal par la très forte spécialisation des régions. Ainsi, des régions européennes spécialisées en élevage, comme la Bretagne, la Catalogne ou la plaine du Pô, produisent de grandes quantités d’effluents et les terres y sont fertilisées en excès.

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