L'élevage de kangourous en France : Quelle est la réglementation ?

En France, il est tout à fait légal de posséder un kangourou, mais sous certaines conditions. Contrairement à la détention d'un animal domestique, qui ne nécessite aucune autorisation préalable, ce n'est pas le cas pour les animaux sauvages. Un arrêté ministériel détermine quels animaux sont considérés comme domestiques ou non. Par exemple, le chat, le chien, le furet, le cochon, le chinchilla, le cheval, le cochon d'Inde et le poisson rouge sont des animaux domestiques. Cependant, le propriétaire doit respecter certaines obligations légales, telles que les vaccinations et l'identification.

Le wallaby de Bennett, un marsupial originaire d'Australie et de Tasmanie, proche du kangourou, est assez fréquemment rencontré en captivité dans les parcs animaliers (zoos et certaines fermes pédagogiques) et chez des éleveurs. En France, la détention de cette espèce est soumise à une réglementation précise.

Alors, quelles sont les conditions pour avoir un wallaby en France ? Voici un aperçu de la réglementation en vigueur.

Le statut du wallaby de Bennett en France

Le wallaby de Bennett, également appelé wallaby à cou rouge ou Macropus rufogriseus, est un marsupial originaire du sud-est et de l'est de l'Australie, présent également en Tasmanie. En France, il est possible pour un particulier de détenir un kangourou, plus précisément un wallaby de Bennett, avec une simple déclaration de détention réalisée en préfecture.

La détention de cette espèce est soumise à une réglementation précise. Un élevage d'agrément de grenouilles rousses, par exemple, est possible jusqu'à 40 bêtes sans autorisation. D’autres, en revanche, nécessitent une déclaration obligatoire à la préfecture du département du lieu de détention des animaux. Enfin, certains animaux sauvages sont soumis à autorisation et certificat de capacité. Ce dernier s’obtient auprès de la Direction départementale de la protection des populations.

La Wallaby de Bennett fait partie des espèces qu’on peut détenir en tant que particulier, mais on doit déclarer impérativement sa présence aux services de la préfecture, sous peine d’amende.

En France, l’arrêté du 8 octobre 2018 prévoit que l’on peut garder jusqu’à 6 individus avec une déclaration de détention. Au delà de ce seuil, le propriétaire des animaux doit être titulaire d’un certificat de capacité et son élevage doit obtenir une autorisation préfectorale d’ouverture. Chaque individu doit recevoir un marquage. Pour ces mammifère, cette identification se fait par la pose d’un transpondeur, que l’on nomme aussi puce électronique. Cette marque est placée par un vétérinaire, avant que l’animal ne quitte son établissement d’origine.

Petite précision, ces marsupiaux ne doivent pas être détenus à des fins lucratives ou de négoce.

En dehors de cette espèce, les autres marsupiaux (kangourous, koalas…) ne peuvent être détenus sans ce certificat.

Il est important de noter que ces dispositions sont inscrites dans le Code de l'environnement, et que le Code rural impose des conditions strictes pour les animaux sauvages. Les installations doivent éviter les souffrances inutiles et garantir la sécurité des animaux et des humains.

De son côté, la convention de Washington régule le commerce des espèces menacées d’extinction. En France, elle est mise en œuvre par les douanes et la Direction de l’alimentation. Toute introduction ou exportation d’espèces protégées nécessite une autorisation.

Chez lui, il accueille trois wallabys

Conditions de détention des wallabies de Bennett

Le wallaby de Bennett est une espèce qui s'adapte facilement sous un climat tempéré. Pour preuve, des individus échappés d'un parc animalier des Yvelines il y a cinquante ans se sont naturalisés en Forêt de Rambouillet.

Il est donc possible de garder des wallabies toute l'année en extérieur dans la plupart des régions de France. Mais pour le confort des animaux et afin de répondre aux exigences légales, il est nécessaire de mettre à disposition des animaux un abri dans lequel les individus peuvent s'abriter de la pluie. Ils y trouveront aussi un abreuvoir et un ratelier chargé de foin.

En aucun cas le wallabies est un animal de compagnie qui vivra à l’intérieur d’une habitation. Il s’agit d’une espèce qui a besoin d’espace et qui l’on ne peut pas garder dans une maison ou un appartement. Il faut donc aménager un enclos pour un petit groupe d’individus. Pour garder trois à cinq wallabies une surface minimale de 600 mètres carrées est indispensable. Et si l’on peut offrir plus d’espace, c’est encore mieux.

L’enclos doit disposer de zones ensoleillées et de zones ombragées. Il doit être protégé des vents dominants et surtout des vents froids d’hiver par une haie ou d’une palissade. Ainsi chaque animal peut choisir l’endroit qui lui est le plus confortable. Les wallabys - comme les kangourous - sont capables de long saut. Pour empêcher leur évasion, une clôture de 1 mètre et demi au plus bas est indispensable.

Avant de pouvoir papoter avec les marsupiaux en provenance de la ferme de Beaumont à Eu (Bretagne), pour ce qui est le couple initial, Grégory Jacquot a dû se plier à la réglementation sur les wallabies de Benett dont la détention est soumise à autorisation préfectorale jusqu’à six individus. Au-delà, il faut obligatoirement un certificat de capacité.

Il a ainsi dû clôturer le parc d’un hectare, installer une cabane et amener l’eau. « J’ai aussi cherché un vétérinaire qui accepte de les soigner. J’en ai trouvé un à Essey-lès-Nancy mais cela a été compliqué car les wallabies restent des animaux sauvages. »

Les services de l’État s’assurent ainsi que vous êtes en mesure, par exemple, d’offrir à l’animal de bonnes conditions d’hébergement. Le particulier se verra alors attribuer le statut d’établissement d’élevage non professionnel. Il devra se soumettre à des inspections régulières et prendre des mesures de sécurité spécifiques pour prévenir les risques.

L’arrêté du 10 août 2004 fixe les conditions de détention des animaux d’espèces non domestiques, définissant les exigences pour la taille des enclos, les soins vétérinaires et la sécurité des installations. Pour détenir un reptile ou un mammifère sauvage, le propriétaire doit prouver ses compétences et garantir des conditions de vie conformes aux besoins de l’animal.

Alimentation et soins

Le wallaby de Bennett est un mammifère herbivore. Dans la nature, il s'alimente des feuilles des arbustes et des plantes herbacées. En captivité, on peut garder les wallabies sur un régime de foin de bonne qualité et d'un complément sous forme d'extrudés. Il existe des granulés formulés pour les wallabies et les kangourous. Les granulés apportent tous les éléments nutritifs indispensables pour les wallabies.

Mais la quantité apportée doit être rationnée, pour éviter la suralimentation. Afin que chaque individu puisse consommer une quantité égale, il est préférable de disposer la ration individuelle dans autant de plat que l'on a d'animaux. Et de placer les plats dans des endroits différents. L'emploi de granulés n'exclu pas l'apport de feuillages verts tous les jours.

Comme tous les herbivores, les wallabies ont besoin d'une quantité importante d'eau. Celle-ci est présentée dans un abreuvoir. Elle est changée chaque jour.

« Ils se nourrissent d’herbe, de granulés spécial “lapin “, de pommes, de feuilles, de racines… Un lapin des Flandres mange plus qu’un wallaby », indique Grégory Jacquot.

« Avec mon épouse, on passe beaucoup de temps auprès d’eux. Je vais les voir tous les jours, je leur demande comment ça va quand ils sont malades. Ils ne comprennent rien mais ils connaissent le son de ma voix. Ce sont des animaux qui se stressent très facilement et qui peuvent en mourir ; il faut prendre des précautions po ur ne pas les effrayer.

Reproduction et élevage des jeunes wallabies

Les wallabies comme les kangourous présentent une forme de reproduction originale. La gestation est en elle-même brève. Elle ne dure qu’une trentaine de jours. À la naissance, le jeune wallaby est très petit. Il mesure quelques centimètres, sa peau est nue et ses poumons sont trop petits pour qu’il puisse respirer normalement. Il va donc achever son développement et accomplir une grande partie de sa croissance dans la poche marsupiale de sa mère.

L’élevage des très jeunes wallabies est particulièrement compliqué. Le jeune wallaby - que les anglophones nomment un joey - tant qu’il n’est pas couvert de poils est généralement incapable de survivre. Le lait qu’il reçoit de sa mère a une composition particulière. Il ne contient pas de lactose. Les laits de substitution sont en vente en Australie, mais sont plus difficiles à trouver en Europe.

Nous vous déconseillons donc de vous lancer dans le sevrage d’un jeune wallaby.

Dans la nature, les wallabies vivent en petits groupes de quelques dizaines d'individus. En captivité, il est important de garder ces animaux au moins par groupe de trois. Ce qui garantit de ne jamais avoir un animal seul en cas de perte. Les wallabies de Bennett se reproduisent bien sans que l'éleveur n'ait à intervenir d'une manière ou d'une autre. Et dans les groupes composés de mâles et de femelles, les naissances peuvent parfois être trop nombreuses.

Le wallaby de Bennett est un marsupial intéressant dont les individus peuvent s'apprivoiser progressivement. Par contre, il ne s'agit pas d'un animal de compagnie que l'on peut sortir en laisse ou garder à l'intérieur d'une habitation. Cette espèce est suffisamment prolifique pour que l'éleveur se retrouve rapidement avec plus d'individus qu'il ne peut en recevoir.

Souvenez-vous que l’arrêté du 8 octobre prévoit d’un certificat de capacité est obligatoire partir de 7 wallabies.

Problèmes de santé courants

Il faut toutefois rappeler que ces animaux peuvent se montrer sensible au stress. Ainsi, les wallabies ne doivent pas vivre à proximité d’animaux qui pourraient les effrayer.

La seul problème que l’on rencontre avec les wallabies de Bennett est une infection des gencives causée par des bactéries. Cette infection - nommée nécrobacillose de la mâchoire - semble se produire chez des animaux dont l’alimentation est trop dure. Les blessures laissées dans la bouche seraient des portes d’entrée pour ces agents pathogènes. Des abcès se forment et empêche les animaux de s’alimenter convenablement. Il semble que ces infections surviennent lorsque les animaux consomment leurs aliments à même le sol.

Règles générales de détention d'animaux non domestiques

Dans le cadre de la protection de la nature, des lois réglementent le commerce et la détention des animaux. Les animaux sont classés selon différents niveaux de protection au niveau mondial, européen et sur le territoire national.

Cela leur confère un statut réglementaire qui détermine des conditions et obligations pour pouvoir détenir les animaux chez soi.

Ces règles sont différentes selon que l’on est un particulier (qui détient les animaux en nombre limité sans en tirer un revenu) ou un professionnel (qui a une activité professionnelle liée aux animaux, en présentation, élevage ou vente). Nous allons présenter ici les règles de détention pour les particuliers.

Dans tous les cas, accueillir des animaux chez soi se prépare. Il est absolument nécessaire de disposer de structures d’hébergement et d’installations qui garantissent le bien-être des animaux et la satisfaction de leurs besoins physiologiques et comportementaux.

En outre, il convient de se renseigner afin de disposer des connaissances nécessaires pour que ceux-ci soient maintenus en bon état de santé et d’entretien. Il faut assurer sa sécurité ainsi que la sécurité et la tranquillité des tiers. Enfin, il faut prévenir l’introduction de ces animaux dans le milieu naturel et la transmission de maladies (humaines ou animales).

Communément cette catégorie regroupe tous les animaux qui n’existent pas à l’état sauvage et qui ont subi des transformations à force de sélections de la part de l’homme qui se transmettent sur plusieurs générations ainsi que quelques espèces présentes depuis très longtemps en élevages. Typiquement on parle essentiellement des animaux de ferme, de compagnie tels que les chiens ou les chats, ou de collection avec les mutations de couleurs obtenues à la suite de sélections survenues en élevage. Toutefois elle peut être soumise à certaines obligations, telles que le marquage par boucles et la déclaration de détention pour les moutons et les chèvres.

La caractéristique de cette catégorie d’animaux est qu’ils existent ou ont existé à l’état sauvage.

• Au niveau mondial, la Convention de Washington attribue à chaque race d’animal, espèce ou groupe d’espèces un classement selon leur vulnérabilité et leur abondance dans la nature.

• Un nombre limité d’animaux : le particulier peut détenir en général jusqu’à 99 animaux non domestiques adultes. Pour certaines espèces, le nombre maximal d’individus est plus limité.

Pour certaines espèces, la détention est soumise à une déclaration de détention en captivité, à faire à la préfecture du lieu de détention. Outre cette déclaration, les conditions de détention sont les mêmes que pour la détention libre.

À partir de 100 individus d’espèces non domestiques, ou pour certaines espèces dès le 1er individu il faut obtenir un certificat de capacité : c’est un examen à passer auprès de l’administration de son département qui reconnaît la capacité à détenir des animaux non domestiques. Il convient aussi dans ce cas de déclarer son élevage comme un établissement d’élevage.

Certaines espèces doivent être déclarées dans un fichier national I-FAP, et sont identifiées avec une bague homologuée. Il convient aussi de déclarer le changement de propriétaire lorsque les animaux sont vendus. Cela selon le même principe que le registre national pour les chiens et chats I-CAD.

Toute infraction à cet arrêté est passible de six mois de prison et de 9 000 euros d’amende.

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