Dans les Pyrénées-Atlantiques, les professionnels observent des tendances spécifiques en matière de consommation de viande. Cet article explore ces tendances, les défis rencontrés par les producteurs locaux et l'évolution des habitudes alimentaires dans la région.
Carte de l'Aquitaine, région du Sud-Ouest de la France.
Au nouveau rayon boucherie d’Auchan, la clientèle a vite retrouvé ses repères après la période de travaux, se félicite la responsable du commerce frais, Corinne Bourdales. Elle remarque que les clients apprécient de cuisiner et alternent entre les commandes directes auprès des bouchers et les rayons en libre-service, comme le soulignent Julien Lamare et Théo Dupouy, deux professionnels de l’atelier.
Inflation oblige, tous deux s’adaptent au succès grandissant du porc et du haché - moins chers - et des achats plaisir pour des morceaux plus nobles. Julien Lamare, qui ne travaille qu’à partir de la Blonde d’Aquitaine, explique que « Sur 1 000 euros de bœuf, 25 % partent pour du haché ». L’agneau des Pyrénées et le veau ainsi que le poulet ont un peu moins de succès que les deux têtes d’affiche, tandis que le canard reste un indétrônable malgré la grippe aviaire.
« Nous en vendons toujours plus à Pau, qu’à Bordeaux », assure la responsable qui insiste sur le choix d’une provenance française, voire locale pour péréniser les filières. « Nous préférons vendre du français au juste prix, tout en proposant des promotions qui font à chaque fois un carton. »
La qualité et le bouche-à-oreille assurent le succès des bouchers locaux. La société des Viandes Haut-Béarn témoigne d’une bonne dynamique. Selon Cyril Beudou, l’un des deux gérants, « Nos trois magasins à Oloron, Monein et Pau connaissent une hausse de leur activité ». Il ajoute que « il y aura toujours une clientèle quand la viande est bonne. »
Pour autant, ceux qui franchissent la porte de ses magasins optent assez souvent pour du porc. Une tendance que l’on retrouve au niveau national avec un taux de croissance annuel moyen entre 2012 et 2022 de +0,3 %.
| Type de Viande | Taux de Croissance Annuel Moyen |
|---|---|
| Porc | +0,3 % |
Plus généralement en France, la hausse de la consommation se traduit par une hausse des importations de viande, qui ont bondi en 2022 de +11,5 % par rapport à 2021, dépassant nettement celles des années d’avant Covid !
Maryvonne Lagaronne pointe du doigt nos nouvelles habitudes culinaires, notamment l’incontournable burger, qui a fait monter en puissance la consommation de haché : +60 % ! « Or cette viande baignée dans des sauces ne valorise pas vraiment le produit entier. Quid des 7 millions de touristes qui viennent s’attabler chez nous pour découvrir des plats emblématiques ? » interroge-t-elle.
Selon elle, nos choix ne sont pas sans risque pour la filière de la boucherie traditionnelle, « je crains que l’on perde un savoir-faire » déplore-t-elle. Elle suggère également un effort de nos commerçants pour nous ouvrir les papilles, en proposant la Blonde d’Aquitaine en viandes séchées, petits pavés grammés, carpaccios, tranches type jambon.
Race bovine Blonde d'Aquitaine.
Selon Lionel Imirizaldu, patron de l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie, ceux qui s’attablent pour un menu autour de 20 à 25 euros optent de plus en plus pour le poisson quand il est proposé au même prix que la viande. Les clients apprécient de pouvoir déguster des produits de la mer à prix raisonnables. Mais à la carte, ils opteront pour le plat de viande, s’il est plus abordable.
Adeline, membre de l'association Veg’Amis, témoigne : « Être vegan n’est pas facile en général, le véganistes installés en Béarn en ont bien conscience ». Elle ajoute que « La France a de toute façon beaucoup de retard par rapport aux autres pays nord européens ».
Cette association, qui prône de ne pas consommer ce qui est d’origine animale, a fêté ses dix ans à la Maison de la nature et de l’environnement au domaine de Sers. Parmi la vingtaine d’adhérents, certains sont d’abord devenus végétariens, ont changé de régime par convictions écologiques, éthiques, pour leur santé. « C’est souvent un peu pour toutes ces raisons en même temps », confie Adeline, vegan depuis 18 ans.
Elle constate que « Je ne constate aucune diminution des produits carnés. C’est désespérant de constater encore et toujours des menus steaks frites à tout bout de champs ! Pourtant nous arrivons très bien à associer légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses et oléagineux au quotidien. Et à condition d’acheter des produits bruts, donc non transformés, et de cuisiner, c’est tellement plus abordable pour le porte-monnaie et tellement bon pour notre santé ! ».
Dans le viseur des Veg’Amis, ce sont avant tout les élevages intensifs, la pêche industrielle, le marketing autour des produits type saucisses végétales ou encore les projets de steaks de laboratoire. Eux se régalent de « BBQ végétaliens ».
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