Covid, guerre en Ukraine, sécheresse… différents événements sont venus aggraver une situation d’insécurité alimentaire qui ne cesse de croître depuis plusieurs années, partout dans le monde. La crise alimentaire désigne une situation où l'accessibilité et la disponibilité des aliments sont gravement compromises, entraînant des niveaux élevés d'insécurité alimentaire dans la population.
En réponse, comme à chaque nouvelle crise, certains demandent l'abaissement des normes environnementales au nom du “produire plus pour nourrir le monde”. Mais est-ce vraiment la solution pour éviter le pire ? Y a-t-il d’autres alternatives ? Pour démêler le vrai du faux autour de la crise alimentaire que nous traversons, nous publions avec 5 autres ONG un décryptage en 11 questions.
On entend souvent parler de faim dans le monde, parfois de famines dans les cas extrêmes, voire de malnutrition, mais alors la définition de « l’insécurité alimentaire » ? La « sécurité alimentaire » et son contraire « l’insécurité alimentaire » sont des termes qui renvoient à une définition et à des situations que l’on sait décrire et mesurer avec précision.
La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. La sécurité alimentaire est également très différente de la « souveraineté alimentaire » que vous avez peut-être entendue également.
La souveraineté alimentaire renvoie à une dimension militante selon laquelle les peuples disposent du pouvoir de choisir leurs agricultures et leurs systèmes alimentaires. La souveraineté alimentaire interroge ainsi les moyens et les politiques pour parvenir à la sécurité alimentaire. La faim dans le monde renvoie plutôt à un registre politique et de communication, et la façon de mesurer la « faim » n’est ni établi, ni stabilisé.
La plupart des rapports se limitent à l’évocation des causes primaires de l’insécurité alimentaire, et citent année après année, les conflits toujours plus nombreux, le changement climatique et les chocs économiques.
Dans notre monde globalisé, un conflit armé dans un pays, peut avoir des conséquences sur la sécurité alimentaire d’un autre comme c’est le cas par exemple avec le conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui sont respectivement 2 des 3 principaux exportateurs de blé mondiaux. La spécialisation des pays dans un type de production agricole ou d’aliments menace la sécurité alimentaire d’autres pays dépendants de leur production.
Les conséquences d'une crise alimentaire peuvent être dévastatrices et se manifestent à différents niveaux, affectant non seulement la santé des populations, mais également leurs conditions économiques et sociales.
Les crises alimentaires révèlent souvent ou aggravent les inégalités sociales et économiques, touchant plus durement les populations les plus pauvres. En période de crise, de nombreuses personnes peuvent être contraintes de quitter leur région ou leur pays de manière à chercher de la nourriture ou des conditions de vie meilleures, entraînant des mouvements de population massifs.
L’agroécologie est à la fois une science, qui se base sur le savoir paysan, et un ensemble de pratiques, qui permet de produire de la nourriture sans dégrader la nature et de renforcer la résilience des paysannes et paysans face aux chocs climatiques. Souvent porteuses de solutions agroécologiques, qui allient sécurité alimentaire accrue et lutte contre la crise climatique, les femmes sont malheureusement trop peu soutenues.
Les interventions en « sécurité alimentaire et moyens d’existence » contribuent à prévenir l’insécurité alimentaire bien sûr, également la malnutrition et la surmortalité des enfants principalement, en agissant sur l’accès à une alimentation suffisante, saine et nutritive. La plupart du temps, nos interventions prennent la forme de programmes agricoles, de développement économique local, de services pour le retour à l’emploi, menés avec et au travers de partenaires locaux.
Il est urgent et fondamental de changer notre système humanitaire si nous voulons freiner l’accélération de la crise alimentaire. Les fonds doivent être utilisés pour équiper les pays pauvres à se préparer et à faire face aux chocs économiques et climatiques récurrents avant qu’ils ne se produisent, et les donateurs riches doivent injecter immédiatement de l’argent pour répondre à l’appel de l’ONU.
| Mesures proposées | Description |
|---|---|
| Doubler l'aide humanitaire | Augmenter l'aide financière pour répondre aux crises alimentaires, en particulier dans les régions du Sahel et de la Corne de l'Afrique. |
| Soutenir l'agroécologie | Promouvoir des pratiques agricoles durables qui améliorent la résilience des systèmes alimentaires et réduisent la dépendance aux énergies fossiles. |
| Lutter contre les inégalités | Redessiner les systèmes alimentaires pour protéger les populations de l'impact de la hausse des prix alimentaires et assurer un accès équitable à la nourriture. |
L'insécurité alimentaire n'est cependant pas une fatalité. La solution se trouvera dans une alimentation durable accessible à tous. Il est temps d'agir pour garantir une alimentation saine et suffisante pour tous.
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