Vous vous êtes déjà demandé pourquoi une simple crêpe peut coûter entre 3,50 € et 9 € selon les lieux ? Que vous soyez sur un stand à emporter ou dans une crêperie traditionnelle, le mystère des prix des crêpes s’explique par des réalités insoupçonnées. Mon cher lecteur, on me demande souvent : « Mais enfin, comment une crêpe peut-elle coûter si peu de choses à produire, mais générer si peu de profit pour les crêperies ? » Savez-vous ce qui justifie cet écart ? Il ne s’agit pas seulement du Nutella ou du jambon ajouté. L'objectif de cet article est d'analyser en détail ce qui caractérise la rentabilité d’une crêperie.
La crêpe est souvent associée au repas « pas cher » en famille ou entre amis. Plusieurs experts de la restauration notent par ailleurs que la crêperie ne nécessite pas un matériel très élaboré. L'investissement de départ est faible. Le business de la crêpe n'est pas la poule aux œufs d'or, mais il y a de quoi faire si on a un concept, de bonnes recettes et si on est un bon gestionnaire.
Au pied de la Tour Eiffel, il y a des marchands de crêpes, 4 € pour la crêpe au sucre. La crêpe n'est pas réalisée avec des ingrédients de très bonne qualité, la pâte à crêpes est réalisée par un industriel, c'est de la pâte à crêpes lyophilisée, il faut juste rajouter de l'eau. Il y a également parfois des « restaurants » qui utilisent cette pâte à crêpes spécifique pour 5,27 € il y a 2,5 kilos. La crêpe coûte alors moins de 10 centimes et elle est revendue plus de 40 fois plus cher avec un prix de revient de plus de 98%.
Vous l’avez sûrement remarqué : une même crêpe peut coûter 3,50€ à emporter et jusqu’à 6€ en terrasse d’une crêperie. Qu’est-ce qui explique ces écarts ? La base d’une bonne crêpe réside dans ses ingrédients. Un œuf bio de poule élevée en plein air représente 0,30€ l’unité, contre 0,10€ pour un œuf standard. De plus, le savoir-faire du crêpier joue aussi un rôle crucial. Préparer des fruits frais poêlés à la perfection ou réaliser une sauce maison demande du temps et de la main-d’œuvre.
D'autres facteurs influencent le prix :
Malgré un coût matière modeste, la crêpe doit faire face à des réalités économiques incontournables.
En Bretagne, une crêpe au sucre achetée sur un stand à emporter tourne autour de 3,50 €, tandis que dans une crêperie traditionnelle, elle peut atteindre 5 €. Les crêpes garnies, comme celle au Nutella (6 € en crêperie) ou les galettes complètes (jusqu’à 9 €), voient leur prix grimper en fonction des ingrédients et du cadre.
Le faible coût de fabrication d’une crêpe comparé à son prix de vente fait croire que les crêperies attirent les foules. Pourtant, derrière cette idée reçue se cache une réalité plus complexe. Ce n’est pas la marge sur une crêpe qui fait la réussite d’une crêperie, mais bien le volume de crêpes vendues.
Une crêpe au sucre ne coûte que 0,35 € à produire grâce à des ingrédients simples : farine, œufs, lait. Mais savez-vous pourquoi ces coûts restent si bas ? Parce que les quantités utilisées par personne sont minimes, et que les stocks se conservent longtemps. Une galette complète atteint 1,75 €, restant sous 2 € grâce à des produits durables, et pourtant, elle se vend 5 € en crêperie.
« La marge brute sur une crêpe est très élevée, pouvant atteindre 80% à 90%. Sur le papier, la crêpe est l’un des plats les plus rentables en restauration. Une galette à 9 € génère 7,25 € de marge brute. Mais ce calcul ignore les charges fixes… et c’est là que tout bascule. »
La moitié des coûts d’une crêperie viennent du personnel et du loyer. Le ticket moyen tourne autour de 12 €, l’un des plus bas du secteur. Même avec une marge brute de 80%, il faut vendre en masse pour couvrir les coûts.
Prenons l’exemple d’une crêperie fictive standard : 45 places assises, 2 patrons, 3 salariés, ouverte 6 jours sur 7. Après déduction, la marge globale mensuelle s’équilibre à 3 320,13 €, soit un maigre 9,39 % de rentabilité. Ce chiffre contraste avec les 80 % de marge brute sur une crêpe unitaire, illustrant combien la réalité économique diffère des apparences.
Le choix d’une crêpière solide et performante reste un levier de rentabilité. Une crêpière professionnelle représente un budget raisonnable, surtout en gamme « Standard » (à partir de 296 € HT pour un modèle électrique 35 cm).
Voici un aperçu des prix que vous pouvez rencontrer :
Le coût de revient d'une crêpe au sucre est d'environ 0,35 € de matières premières. Avec du Nutella, cela monte à 0,64 €, et une galette complète (jambon, œuf, fromage) nécessite 1,75 € de fournitures. Toutefois, ces chiffres ne prennent pas en compte les charges fixes comme le loyer ou l’électricité.
Lors de la Chandeleur, les prix des crêpes sont également influencés par le coût de la main-d’œuvre et de l’emplacement du point de vente. Une habitante de Saint-Malo a récemment dénoncé les prix appliqués par un vendeur de crêpes en partageant une photo sur les réseaux sociaux. Sur le cliché, la crêpe beurre-sucre est affichée à 4 euros. À Toulouse, une crêpe est vendue à 2,50 euros dans un foodtruck contre 4,50 euros sur la Grand’Place de Lille.
Selon Bertrand, fondateur de Crêpes magiques, « le prix d’un produit se définit selon son environnement, selon le prix qu’un client est prêt à mettre. C’est l’offre et la demande qui régulent tout ».
Ouvrir une crêperie peut être une aventure entrepreneuriale passionnante et gratifiante. Ce projet combine l'attrait de la cuisine traditionnelle française avec la flexibilité d'adapter les offres aux tendances actuelles du marché. Les crêpes, tant sucrées que salées, offrent une variété presque infinie de possibilités culinaires. Cette diversité permet de répondre à une large gamme de goûts et de préférences alimentaires. Les consommateurs recherchent de plus en plus des expériences personnalisées et agréables. Les crêperies peuvent offrir un cadre convivial et familial, attirant ainsi une clientèle variée.
En France, les crêperies représentent une part importante de l'industrie de la restauration. Selon une étude récente, le nombre de crêperies a augmenté de 20 % au cours des cinq dernières années. Le budget pour ouvrir une crêperie se situe généralement entre 50 000 et 150 000 euros.
En général, il faut compter entre 6 à 12 mois pour finaliser toutes les étapes de la création de votre crêperie.
Il n'est pas obligatoire de posséder un diplôme pour ouvrir une crêperie. Toutefois, une formation en restauration ou en crêperie peut être très bénéfique.
Victor Lugger et Tigrane Seydoux, les fondateurs des pizzerias Big Mamma, s’étaient initialement lancés dans la crêpe avant de finalement ouvrir leur premier restaurant italien en 2015 en raison d'une meilleure rentabilité à l’échelle du restaurant !
La crêperie utilise des produits peu fragiles aux DLC longues (oeufs, jambon, farine, beurre, fromage, garnitures sucrées). À la différence d’une pizzeria traditionnelle qui va acheter une diviseuse bouleuse, une chambre de pousse, un laminoir et un four à 25 000 €, la crêperie a juste besoin d’un batteur mélangeur et de trois crêpières à 400 € pièce.
En crêperie on trinque autour d’une bolée de cidre vendue une grosse dizaine d’euros. La cuisson des crêpes et des galettes nécessite de disposer d’une extraction à l’installation souvent longue (autorisations de copropriété) et coûteuse.
Dans le pays de Lorient, le prix d’une crêpe de blé noir complète (jambon, œuf, fromage) peut varier du simple au double. S’il s’agit d’une recette simple, le prix varie selon la qualité des produits et de la charge salariale, que ce soit sur place ou à emporter.
À la crêperie du Port, à Lorient, le gérant, Georges, détaille son coût de production « entre 3,70 et 3,90 € » pour une crêpe complète vendue 7,85 €.
À 20 Minutes, on a décidé de se reposer sur un produit plus diététique pour créer notre propre index. Notre barème du coût de la vie sera donc basé sur la crêpe au sucre. Un incontournable du goûter attribué à la Bretagne mais que l’on retrouve dans presque toutes les cabanes roulantes, du port du Crouesty aux abords de la Tour Eiffel.
Après des rapides recherches, nous avons pu trouver un modèle à 2,50 euros dans un food-truck de Toulouse et une version à 4,50 euros sur la Grand’Place de Lille. « Le prix d’un kebab il fut un temps », comme le relève cet internaute. En bonne terre centriste, la Bretagne tape au milieu, affichant plutôt sa version autour de 3 euros. Mais on trouve parfois beaucoup moins cher, comme chez Reine Galette, foodtruck qui travaille autour de Rennes et la propose à seulement 1,20 euro.
Selon Morgan Hector, patron de la maison du même nom à Saint-Malo, « le problème, ce n’est pas le prix de mes crêpes, c’est celui du pouvoir d’achat. Mon prix, c’est un juste équilibre. Il sert d’abord à récompenser l’humain qui fabrique les produits ».
Certains commerçants utilisent une poudre de préparation "toute faite". Des clefs sont données pour apprendre à différencier les crêpes issues d'un mélange en poudre industriel et les crêpes "maison".
Les plats doivent être confectionnés sur place à partir de produits bruts.
Pour conclure, le coût de revient d'une crêpe est influencé par divers facteurs, allant des ingrédients à la localisation, en passant par les charges fixes et la main-d'œuvre. La rentabilité d'une crêperie dépend donc d'une gestion rigoureuse et d'une offre adaptée à la clientèle.
tags: #cout #de #revient #crêpe #recette
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic