Lors d'une grossesse, les besoins nutritionnels d'une femme augmentent considérablement. De plus en plus de comprimés dits “spécial grossesse” sont disponibles sur le marché. Mais sont-ils vraiment utiles ? Sont-ils sans risques ? Il est essentiel de comprendre les risques potentiels liés à la consommation de compléments alimentaires pendant cette période délicate.
Pendant la grossesse, les besoins d’une future maman évoluent. En principe, un régime équilibré et diversifié apporte au corps tout ce dont il a besoin. Le Collège des Gynécologues-Obstétriciens Français (CNGOF) et la Haute Autorité de Santé (HAS) ne recommandent la supplémentation systématique que de deux vitamines au cours de la grossesse : la B9 (acide folique) et la D.
De nombreuses études ont montré que la vitamine B9 est essentielle au bon développement du système nerveux du fœtus. Si on trouve de la B9 dans de nombreux aliments, comme les légumes à feuilles vertes (épinard, choux, chicorée…) ou dans les œufs et le fromage, environ 25 % des femmes enceintes ne parviennent pas aux apports journaliers recommandés. Les médecins préconisent donc à toutes les futures mamans une supplémentation de 400 microgrammes par jour de folates. Il est même conseillé d’en prendre au moins deux mois avant la conception, car c’est dès le début du premier mois de grossesse que le système nerveux de l’embryon se constitue. Pour celles qui présentent un antécédent d’AFTN, la dose est d’ailleurs multipliée par 12,5.
L’autre vitamine recommandée officiellement par les médecins est donc la vitamine D. Elle aussi est essentielle durant la grossesse. Elle contribue au bon développement du squelette du bébé. Divers travaux semblent indiquer qu’un taux insuffisant jouerait un rôle dans la survenue d’une pré-éclampsie, d’un diabète gestationnel, voire d’un retard de croissance intra-utérin (RCIU). La prise de vitamine D par les femmes enceintes pourrait aussi réduire le risque de faible poids de naissance et d’accouchement prématuré. Cependant, lorsque vitamine D et calcium sont combinés, le risque d’accouchement prématuré est augmenté.
Certains aliments comportent un peu de vitamine D, notamment les sardines, le saumon, le thon et les produits laitiers enrichis, mais la majeure partie est synthétisée par la peau sous l’action des rayons ultraviolets B. Autant dire que pour les femmes qui vivent dans des régions peu ensoleillées ou qui accouchent entre les mois de mars à juin, elle fait souvent défaut à l’approche du terme !
Pour les autres vitamines ou minéraux, dont la vitamine C ou le fer, c’est uniquement après avoir mesuré une carence et sur prescription. En effet, les besoins s’accroissent considérablement au cours de la grossesse, non seulement pour permettre le développement du placenta et du fœtus, mais également en raison de l’augmentation du volume sanguin.
Selon l’étude NutriNet-Santé, menée à l’été 2013, près de 75 % de futures mamans absorbent des compléments alimentaires durant le 3e trimestre de grossesse. Sur trois années de mise en place de son dispositif Nutrivigilance, l’Agence a reçu près de 1 200 signalements d’effets indésirables liés directement aux compléments alimentaires. Si les produits minceur sont impliqués dans 15 % des cas, suivis par les compléments capillaires, anti-cholestérol puis vitalité/tonus, les cocktails “spécial grossesse” ne sont pas épargnés.
Face à la sévérité de certains effets secondaires chez les femmes enceintes, l’Anses a décidé de s’autosaisir afin d’évaluer les risques d’un apport supplémentaire en vitamines et minéraux au cours de la grossesse. Les conséquences d’une hypercalcémie sur la santé du nouveau-né, en cas d’hypersensibilité à la vitamine D, imposent de mettre en place des mesures de prévention appropriées. Chez les nouveau-nés, une hypercalcémie inexpliquée pourrait être liée à une hypersensibilité génétique à la vitamine D.
Des doses trop élevées de vitamines, d’iode ou d’autres molécules peuvent être problématiques, car nombre de ces substances passent la barrière placentaire. Ainsi, une surconsommation maternelle de vitamine A expose le bébé à des malformations. Le nombre élevé de femmes enceintes qui se supplémentent en vitamine E est également préoccupant : il est de l’ordre de 30 % au cours du 2e trimestre. Or, si une carence en vitamine E est dangereuse pour le fœtus, des taux trop élevés le sont tout autant.
Quant aux compléments alimentaires à base de plantes, environ 11 % des futures mamans en consomment, alors que certains actifs peuvent être toxiques. C’est le cas de la levure de riz rouge, de la psynéphrine, présente dans l’écorce de l’orange amère, et de la caféine.
Commercialisé par la société HairBurst, le complément alimentaire Chewable Hair Vitamins® se présente sous forme de gommes à mâcher aromatisées, et est utilisé pour la vitalité des cheveux. Malheureusement, ce produit ne serait pas sans risques. Dans le cadre de son dispositif de nutrivigilance, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rapporte ainsi avoir reçu en 2019 deux signalements d’hépatites aiguës menaçant le pronostic vital, et susceptibles d’être liées à la consommation de ce complément alimentaire.
“Les deux femmes, de 29 et de 36 ans, ont dû être hospitalisées et l’une d’elles a dû recevoir une greffe du foie en urgence. Selon l’Anses, la responsabilité du complément alimentaire dans la survenue de ces deux hépatites est “très vraisemblable”.
Pour éviter la survenue de ces effets indésirables, voire graves, il est donc recommandé de ne prendre que ce qui est vraiment utile et prescrit par le praticien ou la praticienne qui suit votre grossesse. Pendant la grossesse, l'utilisation de compléments alimentaires à des fins thérapeutiques n'est pas anodine et peut se révéler dangereuse dans certains cas, pour la mère comme pour l'enfant à naître.
Si la grossesse est un état naturel temporaire et non une maladie, il s’agit tout de même d’une période pouvant présenter certains désagréments : nausées, constipation, maux de tête, jambes lourdes, etc. Pour éviter les accidents, il est indispensable de consulter un médecin avant de prendre un complément alimentaire, quel qu’il soit. En effet, les compléments alimentaires ne sont pas sans danger pour le fœtus. Les mêmes précautions s’imposent pendant l’allaitement.
Le médecin prescrit, en fonction des cas, un médicament ou un complément alimentaire adapté. L'intérêt des compléments alimentaires multivitaminés est mal défini. Les doses de vitamines et de minéraux varient beaucoup selon les produits. En outre, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), a mis en garde contre la multiplication des sources de vitamines et minéraux, en l’absence de besoins établis.
Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Les besoins sont particulièrement importants pendant les deuxième et troisième trimestres. En France, il est fréquent qu’une femme ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Pour cette raison, le médecin effectue systématiquement un dosage du fer dans le sang lors des premières semaines.
Les folates (acide folique ou vitamine B9) participent à la multiplication des cellules de notre organisme. L’embryon, dont les cellules se divisent très rapidement pendant les trois premiers mois de la grossesse, est particulièrement sensible à une carence en folates. L’apport en folates est capital dans la prévention d’une malformation du système nerveux de l’enfant, le spina bifida. Idéalement, l’apport en folates doit être optimal plusieurs semaines avant le début de la grossesse, en particulier chez les femmes de moins de vingt ans, chez celles qui fument et chez celles dont la grossesse suit immédiatement l’arrêt des contraceptifs oraux (pilule). Le médecin peut prescrire des compléments riches en folates.
La vitamine D favorise la fixation du calcium sur le squelette du fœtus. Dans certains cas, le médecin peut prescrire une supplémentation en vitamine D, soit sous forme de gouttes à prendre tous les jours, soit sous forme d'une dose unique prise au septième mois de la grossesse. Cependant, un excès de vitamine D présente un risque pour le fœtus. Pour cette raison, l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a affirmé qu'« il convient par prudence de déconseiller aux femmes enceintes ou désireuses de procréer la consommation de foie (quelle que soit l'espèce) ou de produits à base de foie », le foie étant un aliment très riche en vitamine D et A.
Une étude a montré qu’en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d’entre elles étaient en état de carence avérée. La consommation de sel iodé et de produits de la mer bien cuits (crustacés, moules, poissons de mer...) est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde pendant la grossesse et au développement du cerveau de l’enfant.
Certains ingrédients courants des compléments alimentaires peuvent poser des problèmes :
La chute de cheveux est un phénomène incontournable du post-partum. Pendant la grossesse, les futures mamans ont une chevelure bien plus dense qu’à l’accoutumée. Cela est dû aux hormones de grossesse qui bousculent le processus habituel des cheveux.
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, deux à cinq mois après l’accouchement, la chute hormonale relance la phase télogène, tant est si bien qu’elle redouble d’intensité ! Un phénomène impressionnant pour les jeunes mamans, bien qu’un peu moindre pour les femmes allaitantes, pour lesquelles la désimprégnation hormonale est moins brutale. Mais tout de même, une chute a lieu, et quand on en avait perdu l’habitude, ça surprend.
Toutefois, lorsqu’on allaite, il est important d’apporter une attention particulière à ce qu’on avale, compléments alimentaires compris. « L’ingrédient à éviter pour ce type de produit, c’est le MSM. Il s’agit d’un composant à base de soufre. Or, lorsque la mère allaite, il peut donner un goût amer au lait, pas très agréable. Il est donc préférable d’aller vers la Biotine (vitamine B8), par exemple.
Si l’on ne connait pas les conséquences potentielles pour le bébé allaité, certains effets indésirables sont bien connus, comme les nausées, la diarrhée ou encore les maux de tête.
Et le diététicien de conclure « en cas de chute de cheveux très massive, une prise de sang est nécessaire. Elle peut révéler une anémie, comme un manque de fer, par exemple. » Bonne nouvelle : une supplémentation en fer est compatible avec l’allaitement !
Pendant la grossesse, la perturbation de l’équilibre hormonal entraîne parfois une perte de cheveux, particulièrement les premiers mois. L’augmentation de votre taux d’oestrogènes et de progestérone peut également rendre vos cheveux cassants. Prendre les bons compléments alimentaires fait partie des solutions pour éviter la perte de cheveux si vous êtes enceinte.
| Nutriment | Bienfaits pour les cheveux | Précautions |
|---|---|---|
| Fer | Essentiel à la croissance du cheveu | Surveillance du dosage sanguin |
| Vitamine D | Limite la perte de cheveux | Ne pas dépasser les doses recommandées |
| Vitamines B | Maintiennent une bonne pousse et une chevelure saine | Privilégier la biotine (B8), B6, B3 et B5 |
| Oméga 3 et 6 | Renforcent les follicules pileux et stimulent la croissance | Privilégier l'alimentation ou les compléments |
Pour éviter la perte de cheveux pendant la grossesse, il est possible de réaliser une cure de compléments alimentaires.
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